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 La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]

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MessageSujet: La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]   Mer 12 Juin - 22:58





Temps de merde, journée de merde. Rien qui ne bouge, quasiment aucun patient, ni au cabinet, ni en allant faire un tour aux urgences de l’hôpital. Seuls les mêmes patients depuis des mois, voire des années en service de réa. Rien qui ne bouge, rien qui ne meurt. Si l’un des patients avait passé l’arme à gauche, je me serai au moins occupé un peu, mais nan, rien, pas moyen. Je suis allé faire un tour près d’Annie, ma secrétaire idiote, entre quarante pauses clopes. Je me suis dit que ça pourrait être le bon moment d’apprendre un peu à la connaître, de lui demander si elle va bien, voir comment elle se porte, si elle a trouvé quelqu’un, si elle se sent bien dans sa vie, dans son boulot. Mais faut dire qu’avec l’importance que je lui accorde d’habitude, elle a été clairement sceptique. Ses yeux se sont levés vers le ciel, elle a posé la souris sur son tapis. « Si vous ne savez pas quoi faire Docteur Blacks, je vous conseille de mettre vos dossiers à jour, parce que j’ai beau être votre secrétaire, je ne peux pas inscrire les diagnostics à votre place, je suis incapable de mettre un nom sur la maladie des patients en fonction de leurs noms ! ». La regardant droit dans les yeux, je lui avais lâché que moi non plus. C’est vrai quoi, je suis incapable de reconnaître mes différents patients les uns des autres. Ils ont tous les mêmes problèmes, les mêmes gueules de cons. Elle m’a regardé droit dans les yeux, s’est mise à souffler comme un buffle, et m’a donné un dossier dans les mains, l’air de dire que je l’emmerdais. Accoudé sur son bureau, je l’ai pris en main et j’ai commencé à le feuilleter. En le regardant du coin de l’œil seulement. Une fois ce rapide coup d’œil lancé sur le fameux dossier (rouge, comme la plupart des dossiers que j’aime pas, chiant , et plat, avec des rhumes et des rhumes, c’est pour ça que j’ai choisi la couleur rouge, histoire de savoir à l’avance que le dossier allait m’emmerder, et là c’est clairement le cas). Je commence à regarder par-dessus l’épaule d’Annie, tentant de regarder ce qu’elle fait sur l’ordinateur. Me faisant comprendre que je la dérange, elle soupire, je lève les bras au ciel et je retourne à mon bureau, pour m’occuper de mon fameux dossier, et de tous les autres qui m’attendent sur la table que j’ai dû amener exprès pour eux.

Parcourant les premiers pages du coin de l’œil, je tente de rattraper mon retard, en soupirant. Priant pour qu’un patient décide de se ramener, quelqu’un, n’importe qui, histoire de m’occuper. Juste pour pouvoir ne pas avoir à faire ces foutus dossiers à faire. N’importe qui, seigneur, je vous en prie. Quelque chose, quelqu’un, même un rhume, même un malade imaginaire, je prends !  juste quelqu’un…

La porte s’ouvre et Annie entre. « Vous avez une patiente. » Je lève la tête, heureux comme jamais. Un doute s’empare de moi. « Euh, c’est une blague ou c’est sérieux ? » » Elle se contente de souffler et de retourner à son bureau. Je me lève, premier patient de la journée, halleluiah, y’a des jours sans ! Et voilà enfin de l’action ! le dossier retourne rejoindre ses congénères, pour une prochaine fois, et je vais chercher la demoiselle, qui je l’espère sera plutôt jolie. J’ai pas pensé à demander qui c’était à Annie, faut dire qu’elle est partie tellement vite aussi. Le visuel ne me dit rien, je l’ai probablement jamais vu, ou alors je m’en rappelle plus, ce qui m’étonnerait pas venant de moi. Je lui tends la main, geste que j’ai toujours trouvé stupide, parce que les personnes qui vont chez un médecin, sont, par définition malade, or, la transmission se fait par les mains, donc je me chope tout !m’enfin bref, c’est le rituel alors go.


« Docteur Blacks. Veuillez me suivre s’il vous plait mademoiselle… madame ? » » Manière purement stupide de lui demander son nom, plus par curiosité personnelle que par intérêt médical. Je connais pas sa gueule, ni son nom, je veux m’assurer si c’est une étrangère ou non. Si ma seule patiente de la journée est une étrangère, c’est que je suis vraiment maudit ! Une fois dans mon bureau, je lui désigne la chaise en face de mon bureau et m’assois, ou plutôt me vautre, sur mon fauteuil. C’est parti.



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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]   Ven 14 Juin - 12:06

La nuit avat été désastreuse, entre cauchemars et insomnie. Plus d'une fois, Jodie s'était réveillée, alors en sueur, convaincue que sa mère l'appelait pour avoir ses médicaments. Le temps que son cœur retrouve un rythme normal, et la jeune femme se souvenait aors que la cancéreuse était morte, belle et bien morte à présent. Il lui fallait alors trouver une position plus confortable dans son lit d'adolescente, et regarder le plafond triste à crever jusqu'à ce qu'elle puisse s'endormir pour se réveiller à nouveau, soit en proie aux cauchemars, soit à entendre encore et encore, sa mère...


Et puis il y avait les migraines. Il suffisait que Jodie sorte acheter le pain, que son pouvoir se déclenche et elle pouvait être sûre de passer le reste de la journée dans le noir total, à essayer de ne pas vomir tripes et boyaux. Epuisée, mal nourrie (affronter trop de mondes d'un coup pour faire les courses ne l'inspirait pas plus que cela), et les nerfs à vif, la jeune femme se décida enfin à consulter un médecin. Dans le petit répertoire téléphonique tout frippé -ou son propre numéro ne figurait pas, bien que Jodie l'ait laissé malgré tout à sa mère avant de s'enfuir, il y a des années de cela-, elle trouva les coordonnées du Dr Blacks. Il lui semblait avoir eu quelqu'un de ce nom là avec elle à l'école, mais cela ne datait pas d'hier. Peut-être était-ce un père, un oncle ? Jodie doutait fortement qu'un homme étranger à la ville puisse exercer une telle profession. Non, pas ici... Relevant l'adresse, la jeune femme essaya de se redonner forme humaine malgré tout, et prit son sac avant de claquer la porte et d'affronter le monde extérieur.
Elle baissa la tête dans son foulard tout en marchant, ne voulant rien voir du ciel ou de la terre. Il y avait peu de monde sur les trottoirs, de toute manière depuis son retour en ville, peu l'avaient reconnus. Et puis ce n'était pas comme si elle avait eu des amis par ici... Ecrasée par le dédain de sa mère et la mort de son père, Jodie n'avait toujours eu pour seule idée que de partir loin d'ici. Partir pour mieux revenir on dirait, chienne de vie.
Elle ne voulait pas penser à tout ça, trop de choses d'un coup, sa fuite, la maladie de sa mère, son pouvoir, l'enterrement, la solitude.... Une chose était claire : Jodie avait complètement raté sa vie et ne savait pas quoi faire pour arranger les choses. D'ailleurs, le voulait-elle vraiment ? Les mécanismes d'autodestructions n'étaient pas à prendre à la légère, pas chez elle, habituée aux brimades et au dédain depuis son plus jeune âge.



Le trajet jusqu'au cabinet médical fut sans incident. Une fois sur place -la salle d'attente vide parut une incongruité pour le reste de citadine qui se cachait en elle-, la secrétaire alla prévenir le médecin, et dès lors les choses s'enchaînèrent. Elle lui serra la main, comme demandé, et ce geste ne la dérangea pas plus que cela, car elle portait des gants qu'elle enleva aussitôt après. Son nom ? Un petit sourire lui tordit alors la bouche, peut-être serait-elle prise pour une étrangère ? Sa mère, Martha Hobbs, avait été connu fut un temps, pour sa grande sévérité et rigueur morale. La maladie l'avait néanmoins laissé dans la solitude la plus extrême, jusqu'à sa mort. Quelque chose qui n'avait pas surpris Jodie, on a l'abandon que l'on mérite après tout.


 « Hobbs...Mademoiselle suffira »


Le bureau lui sembla neutre, classique, un bureau « témoin » de médecin. L'huluberlu en face d'elle donnait cependant peu envie de lui confier sa vie.


 « Je viens pour des céphalées, cela fait environ quinze jours, depuis le décès de ma mère en gros donc oui je suis consciente que ça peut être psychologique, mais une ordonnance pour avoir quelque chose pour dormir, et aussi pour ces maux de tête, cela m'aiderait.... »


Le ton était calme, perdu aussi un peu, peut-être, et Jodie donnait l'impression d'errer entre deux rives, pas tout à fait partie, pas totalement arrivée non plus. Quelque chose dans ses traits tirés et l'éclat de son regard trahissait sa fatigue, ainsi que l'état de tension extrême dans lequel se trouvait la jeune femme. Elle avait son propre enfer et y attendait désormais la fin des temps...

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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]   Lun 24 Juin - 20:42



Je la vis enlever ses gants du coin de l’œil. Encore une de ces hypocondriaques à la con. Madame doit probablement avoir juste le nez bouché et tout de suite elle s’imagine avoir un cancer des poumons. Foutu internet ! si ces connards ne pensaient pas pouvoir se soigner tous seuls, ils auraient moins d’emmerde ! rien de plus emmerdant que ceux qui viennent avec un diagnostic tout près, qui ne correspond absolument pas à ce qu’ils ont ! j’ai juste envie de leur dire qu’ils aillent se taper toutes les années d’étude que j’ai derrière moi et qu’on n’en parle plus ! je sens que cette nana va être de ce genre. C’est dommage parce qu’elle n’est pas si moche que ça en fait. Y’a mieux, bien évidemment, mais y’a pire ! Y’a toujours pire ! C’est pas non plus trop mon genre, mais si jamais c’était la dernière femme sur terre, je pourrais arriver à lui faire une descendance sans trop de problème.

Elle a le regard perdu, avant même de parler elle m’emmerde déjà. Son regard me semble presque hautain, presque méprisant. Froid. Comme doit probablement lui être le mien en ce moment. Alors que je devrais lui être de me sortir de mes dossiers à la con ! Mais quoi alors ? Sa voix me fait sortir de ma rêverie. « Hobbs...Mademoiselle suffira ». Hobbs. Hobbs ? Pourquoi ce nom m’est familier ? Pourquoi je connais ce nom ? Hobbs… Je lève la tête vers elle, je la fixe droit dans les yeux. Je connais cette voix, ces sonorités hautaines, ce regard. Hobbs. Jodie Hobbs. Retour en arrière, je me rappelle parfaitement cette fille. Sa voix continue à parler, tandis que les souvenirs me reviennent en mémoire. Cette fille… Un sourire mesquin s’affiche sur mon visage sans que je n’arrive à le retenir. Garce. Elle est revenue… « Je viens pour des céphalées, cela fait environ quinze jours, depuis le décès de ma mère en gros donc oui je suis consciente que ça peut être psychologique, mais une ordonnance pour avoir quelque chose pour dormir, et aussi pour ces maux de tête, cela m'aiderait.... » Hypocondriaque ! J’avais raison ! Elle peut pas dire migraine ou mal au crâne comme tout le monde ?! Non faut qu’elle se la pète et qu’elle se mette sur le même niveau qu’un professionnel en utilisant les termes scientifiques ! Céphalées de mon cul ! Elle se prend pour qui ? Sa mère est morte ? J’en suis fort aise ! Cela lui servira probablement de leçon ! Elle pensait quoi ? Que le passé s’oubliait ? Moi je ne l’ai pas oublié. Toujours ce même côté hautain, ce même côté prétentieux, genre elle n’a besoin de personne. Sauf que là, elle a besoin de moi. Des années après, elle a besoin de moi. Est-ce qu’elle se souvient de moi ? se souvient-elle de moi ? J’ai beaucoup changé depuis cette époque, autant sur le caractère que sur le physique. Encore heureux d’ailleurs que j’ai changé de gueule par rapport à quand j’étais môme ! les photos de cette époque me rappelle sans arrêt qui j’étais à l’époque. Je ne suis plus le même aujourd’hui, et ses foutus céphalées, je vais les lui montrer !

Comment fait-elle pour rester aussi calme face à moi ? Après ce qu’elle avait fait ? Ou alors elle est juste shootée ? Le regard froid, tiré, les traits fatigués, elle ne dort plus. Je suis obligé de lui fournir quelque chose pour l’aider ? Frottant ma barbe naissante de la main gauche, je la fixe, hésitant sur ce que je dois lui dire.

«Votre mère est morte ? C’est pour ça que vous êtes revenue ici, dans cette ville, mademoiselle ? »

J’insistais un peu plus sur le dernier mot, parfaitement conscient que ma question était tout sauf professionnelle. La rage passée qui remontait, j’étais si jeune, si fragile, et elle si… garce ! Je me redresse sur mon fauteuil, croise les mains au-dessous de mon menton et me penche vers elle.

«J’ai du mal à comprendre… pourquoi est-ce que vous venez voir un médecin si vous avez déjà votre propre opinion sur ce qui vous arrive, mademoiselle Hobbs ? Pourquoi ne pas vous rendre directement dans une pharmacie et demander les médicaments que vous désirez exactement ? Pourquoi ce besoin de venir voir un doc ? Histoire de vous rassurer ou simplement pour me donner le plaisir de vous aider ? »

Sourire magnifique, sourire hypocrite, sourire va te faire foutre bitch !



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Dernière édition par Andreas Blacks le Mar 2 Juil - 17:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]   Lun 24 Juin - 22:46

Non, Jodie ne pouvait dire migrain, tout simplement car cela n'était pas la même chose qu'une céphalée et que rien ne l'énervait plus que d'utiliser des termes fallacieux. Elle sentait le rejet et le dédain de la part d'Andreas, heureusement la jeune femme savait comment construire des murs pour se protéger, du moins en partie.
Il étai tout à fait normal de décrire ses symptômes à un médecin, afin que celui ci puisse donner son diagnostic. Jodie ne se pensait pas atteinte d'un cancer ou quoi que ce soit, au contraire elle acceptait que tout cela puisse n'être que psychologique, seulement une série de tests, sans grand appareillage, était nécessaire. Les somnifères ne se prescrivaient pas sans ordonnance, ordonnance qu'un médecin devait donc délivrer, mais Andreas Blacks semblait au delà du moindre de ses devoirs. A Caswell, le serment d'Hyppocrate est une moindre chose.


 « Malheureusement, si vous ne comprenez pas, je ne peux rien faire pour vous. »


Calme, Jodie remit ses gants et le salua d'un léger signe de tête. Elle avait évidemment occulté la questions sur sa mère, ne voyant aucun intérêt d'y répondre. Si la méchanceté d'Andreas était choquante, elle tâchait de ne pas s'y arrêter. Des émotions trop fortes pouvaient réveiller son pouvoir, quelque chose qu'elle ne voulait pas. Il y avait des cernes sous ses yeux, malgré le maquillage léger, celui d'une femme qui prend soin d'elle un petit peu, juste un petit peu. Pas assez pour séduire, jamais assez, comme un fantôme que l'on croise et qu'on oublie. On se souvient d'une distance, d'une fierté, mais rien d'autre...


 « Passez donc une bonne journée »


L'idée de repartir les mains vides lui faisait tourner la tête magré tout. Cela avait quelque chose d'absolument terrifiant, être seule dans cette ville, malade (penser au pouvoir comme à une maladie la réconfortait), à l'écart... Bien sûr, Jodie n'avait jamais été heureuse à Caswell, elle se souvenait parfaitement de chaque insulte de sa mère, chaque reproche aussi, de lasolitude qui s'accrochait à ses petites chaussures vernis comme une ombre, des autres enfants plus loin, toujours souriants, qu'elle n'apprenait pas à connaître. Qu'elle ne voulait pas connaître, déjà beaucoup trop noyée dans ses propres douleurs psychologiques.

Peut-être restait-il dans la salle de bain, un flacon d'anti douleur aux opiacés ? Elle ne voyait que cela à présent. Bien sûr, Jodie pouvait toujours reprendre sa voiture, partir, peut être même retrouver son ancien amant ou tout simplement changer de direction, mais comme enchaînée à ses échecs, elle n'y arrivait pas.
Quelque chose ici les bouffait tous, la jeune femme ne s'agitait pas pour autant à se complaire dans une quelconque vulgarité pour échapper à une vie ennuyeuse. Au contraire, bien que se sachant condamner (à quoi ? Ca elle ne savait pas), Jodie gardait ce même ton de voix calme, égal, sans chercher à hurler ou jurer à tout va.

Ne voulant plus imposer à Andreas un dialogue dont il ne voulait pas, Jodie lui tourna donc le doc après l'avoir salué. Aerienne, transparente, elle posa malgré tout une main contre le chambranle de la porte, préférant prendre le temps de respirer plutôt que de s'écrouler. Les maux de tête pouvaient se réveiller à tout instant, elle les sentait tapis dans l'ombre de son cerveau, comme une horde de chiens noirs carnivores. He bien qu'ils la dévorent de l'intérieur et que l'on en parle plus. La douleur, on ne s'y habituait jamais, mais il fallait faire avec pour autant.


Une nausée lui déformait l'estomac mais ça, Jodie savait pourquoi : elle avait toujours eu peur des autres. Toujours...
Trop de peurs et de souffrance pour une simple vie, la tragédie de beaucoup d'êtres humains.

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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]   Mar 2 Juil - 17:12

Mon regard planté dans le sien, une légère lueur d’amusement doit s’y trouver. Je sais que j’y ai été fort, mais il ne fallait pas me chercher non plus… Enfin me chercher, à l’époque quoi, parce que là maintenant, elle ne m’a rien fait. Enfin rien fait de spécial, ou de préjudiciable. Mis à part venir me casser les pieds dans mon cabinet pour me demander un médoc à la con, alors que je me fiche complètement d’elle et de ses problèmes. A part ça, elle ne m’a rien fait de mal. Bon ok, j’y suis peut-être allé un peu fort. Et pis merde, je vais pas commencer à me prendre la tête avec des subtilités comme ça. Venir dans mon cabinet, même si c’est des années après, comme ça, comme une fleur, et me demander de l’aider à régler ses céphalées, c’est se foutre de la gueule du monde…

Sa voix, son timbre de voix, tout en elle m’est désagréable. J’aimerais tellement lui foutre sur la gueule, simplement pour qu’elle comprenne qu’on envoie pas les gens bouler comme elle l’a fait. « Malheureusement, si vous ne comprenez pas, je ne peux rien faire pour vous. » Pourquoi est-ce qu’elle est si calme ? Comment est-ce qu’elle arrive à rester aussi calme face à moi, face à ce que je lui ai dit ? En plus, elle me prend de haut. La faire redescendre sur terre, oui, il faut que je la fasse redescendre sur terre, parce que là, c’est du grand n’importe quoi… cette nana m’horripile… faire d’elle mon jouet, la prendre entre mes mains et la broyer, la détruire, l’écraser. Je la regarde se lever, j’aime à m’imaginer qu’elle s’enfuit. Qu’elle part, qu’elle me fuit. Je souris, cette femme est agaçante, tellement agaçante. « Passez donc une bonne journée ». Alors quoi ? C’est tout ? Elle me dit ciao et elle fout le camp en me faisant un geste de la tête ? Et on en reste là ? Sans rien de plus ? C’est ça ma vengeance ? Non mais non ! C’est hors de question ! Je n’en ai pas fini avec elle. Je ne veux pas qu’elle s’en aille, pas comme ça. Non mais attend, ne pars pas ! Reste là ! Reviens !

Sa main est déjà sur la porte, je peux pas la laisser partir comme ça, je dois la rattraper, je dois l’empêcher, je dois… un moment, juste un moment. Si elle part, je vais me retrouver seul face à mes dossiers, tout plutôt que la solit… plutôt que ces dossiers ! je ne veux pas retourner à ces dossiers,  j’aimerais juste… qu’elle reste encore un petit peu… Si elle part maintenant, qu’est-ce que j’aurai gagné ? Une vengeance ? non, même pas. J’aurai gagné quoi à ces putains de cinq minutes à peine qu’elle avait passées dans mon bureau ? Des regrets, des remords. Continuels. Incessants. Je ne m’en sortirai jamais, je ne l’oublierai jamais si je la laisse partir. L’humiliation, le goût de la révolte que j’avais senti ce jour-là face à elle. Je ne veux pas la laisser s’en aller. Jodie Hobbs. Son nom qui reste sur mon passé, comme une ombre, comme un spectre. Jamais oublié, jamais réellement effacé. Toujours présent. C’est maintenant que je dois m’en débarrasser, saisir cette chance, ne pas la laisser passer. Prendre ma revanche dirait mon père. Sauf que je ne suis pas lui, si ? Je lui ressemble pourtant de plus en plus. Mes yeux se ferment, comme pour m’empêcher de voir la réalité. Trop tard, je l’ai déjà entrevue. Elle ne me plait pas cette saloperie de réalité. Ce passé, face à moi, cette personne, je sais ce que j’ai été, je sais ce qu’elle a été. J’ai pas l’impression qu’elle ait tellement changée. Moi si…

Mes jambes se lèvent d’elle-même, sa main s’est posée sur la porte, comme un malaise. Aujourd’hui, plus encore qu’avant, elle a besoin d’un putain de doc. Je suis un putain de doc. Mes pas me guident vers elle, j’aurai du rester derrière ce bureau, ne pas me mouiller.

«Encore une fois, vous comptez refuser mon aide mademoiselle… Alors que vous avez fait tout ce chemin… que vous êtes sortie de chez vous, que vous êtes venue jusqu’ici… Vous feriez marche arrière, sans avoir de quoi vous soigner ? Soyez raisonnable Jodie, on va voir ce qu’on peut faire pour vos céphalées… »

Un sourire se dessine sur mon visage. L’emploi de son prénom, qu’elle ne m’a pas indiqué. Il m’est revenu en mémoire. Après toutes ces années. Elle n’a pas changé, mais j’espère bien inverser les rôles cette fois-ci.



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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]   Mer 3 Juil - 15:22

Il y avait dans ce cabinet une atmosphère étouffante sur laquelle Jodie ne pouvait mettre de noms. Inutile de dire qu'Andreas lui était antipathique, seulement la jeune femme ne voyait pas l'intérêt de le montrer. Déjà, ses douleurs reprenaient, aigues, lancinantes, et elle n'aspirait à rien d'autre qu'une pièce sombre sans bruit ni éclat.
L'homme la fit revenir à lui, pourtant. Il utilisa son prénom, mais aucune des deux syllabes ne lui évoquèrent quoi que ce soit. Pour elle-même, Jodie estait une inconnue, une silhouette brumeuse vu de loin et qui ne peut faire que s'éloigner.
Etre raisonnable, lesourire lui tordit les lèvres, dévoilant pour un peu toute la souffrance qu'elle contenait à l'intérieur d'elle-même. Pas celle des maux de crâne, non, mais bien quelque chose de plus profond, enraciné comme une fleur déjà fânée, et qui s'épanouissait pourtant sans jamais amener rien de bon. Il y avait en elle un parfum de solitude, de vieux livres et de pages que l'on tourne, mais après ?
Personne pour jamais vraiment s'intéresser à ce à quoi elle pouvait penser ou bien même les pleurs qui pouvaient la secouer soudain, comme une toute petite fille. Ce n'était pas de la séduction, le concept même de plaire lui était inconnu, et Jodie abandonnait trop de batailles avant même de les commencer pour ête considérée comme sexy ou attirante.

Elle se rassit sur le siège, fermant les yeux en s'excusant un peu. Juste quelques secondes, que la nausée n'empire pas. Ce n'est rien, respire donc, oui respire. Lorsque Jodie rouvrit les yeux, il y avait moins de couleurs sur ses joues. Elle remercia l'homme en face d'elle, à nouveau prête à lui faire face.
Que ressentait-il de la voir ainsi, seule, détachée du monde, détachée de tout, lui qui semblait lui vouer une haine sans nom alors même que la jeune femme n'en prenait pas conscience ?
Convaincue de ne rien pouvoir, de ne rien mériter, il n'y avait que cela dans son monde : la solitude.

Le regard qu'elle porta alors à Andreas était pareil à celui d'une enfant. Une petite fille sage, attendant les ordres d'un adulte sur ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Parce que Jodie n'était rien d'autre, ne serait jamais rien d'autre, coincée à un âge qui ne lui avait jamais appartenu vraiment. Grandir ? De corps, non d'esprit, la fillette terrorisée était toujours là, celle qui se faisait hurler tous les jours en songeant combien il serait simple de faire comme papa. Une corde, un suicide,on en parle plus. Sauf qu'elle n'était même pas assez dégourdie pour savoir faire le nœud coulant....

Elle ratait tout.

 « Je vous remercie » Peut-être ne pourrait-il rien contre la douleur, mais au moins il essaierait, et en cela, Jodie lui était reconnaissante. Cette ville la tuerait, quelque chose le lui soufflait au creux du cœur, mais que pouvait-elle faire d'autre sinon revenir ?
De toute façon, rien n'avait jamais eu de sens, il fallait avancer, avancer jusque tomber.


Pâle, calme, Jodie attendait les instructions, les questions. Elle n'était pas là pour questionner le médecin, le mettre en doute ou quoi que ce soit. Il y avait bien pire comme patient, qe Jodie Hobbs, tout comme il y avait mieux également.
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La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. [Joddie]

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