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 Inevitable Feat. Trajan

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MessageSujet: Inevitable Feat. Trajan   Lun 18 Fév - 17:24

Rester enfermée du matin au soir, Evy n'en pouvait plus. Alors, comme à son habitude depuis près de cinq ans, pendant les jours où la pluie ne tombaient pas, la brunette s'éclipsait de sa maison pour aller au cimetière de Caswell. Bien que le chemin qui y menait était un passage actif de la ville, c'était l'un des seuls endroits ici où elle pouvait être dehors, sans avoir à se soucier de ressentir quelconque émotion d'autrui. Elle pouvait se permettre d'être complétement à l'aise, excepté quand quelques habitants venaient pleurer leur mort. A ce moment, elle pouvait ressentir toute la douleur qu'ils avaient. Cette douleur qui se mélangeait à la sienne. Pas seulement celle de l'empathie, mais celle qu'elle éprouvait en voyant le prénom de sa mère inscrit sur la tombe, juste en face d'elle. C'était pour ça, aussi qu'elle venait ici. Evy avait cette sensation étrange d'être plus proche de sa mère, morte à la naissance de celle-ci. Mais ce n'était qu'une impression. Elle voulait juste y croire. Rien de plus.

Sur le chemin, elle longeait les murs, évitant le plus autant les regards que les contacts. C'était déjà peine perdue pour les regards. Elle pouvait même entendre quelques conversations en passant à côté d'eux. "La folle", "la cinglée" et bien d'autres surnoms du genre. Evy préférait ne pas y penser. Elle détestait totalement son empathie devenue incontrôlable. Elle n'avait plus sa vie d'avant, elle n'avait plus rien. Juste son père, qu'elle n'avait bien sur pas mis au courant. La jeune fille arrivait enfin à l'endroit où elle s'installait à chaque fois. Un banc qui se trouvait non loin de sa mère. Elle sortit un livre de son sac et reprit la lecture. Cela faisait un bon moment qu'elle était plongée dans l'histoire quand une ombre se posa devant elle. Evy relevait la tête. Trajan. Ce fameux Trajan. Qu'elle détestait depuis toujours, sans vraiment savoir pourquoi. Et bizarrement, son empathie ne lui faisait pas défaut pour une fois. C'était comme si, même, qu'elle n'en avait pas. C'était la première fois en cinq ans, qu'elle ne ressentait aucun malaise en la présence d'une personne. Elle referma son livre et le fixa.

- Trajan, besoin d'aide ou tu vas rester planté devant moi comme un con j?
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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Lun 18 Fév - 18:57


Il se sentait nu, complètement dénudé. Seul. Il n’y avait personne autour de lui alors ce sentiment s’amplifiait. On venait encore une fois de le bafouer. Pourquoi venait-il ici couramment ? Il savait qu’à chaque fois qu’il voyait cette tombe, il souffrait. Il en avait mal. Il tremblait de savoir que c’était lui qui avait provoqué la mort de cet homme. Qui était, de plus, son propre père. Il n’était pas triste, il souffrait uniquement. Il n’avait jamais versé de larmes pour cette mort. À l’enterrement il avait croisé le regard de sa mère qui ne pleurait pas elle non plus. Les habitants semblaient choqués de voir que cet homme était mort, voire désolé. La plupart me trônaient de courageux. Ma mère et moi savions très bien que c’était une joie intérieure qu’il soit mort. Elle ne m’a même jamais posé de questions sur ses conséquences. Elle continuait à rester droite et se masquait d’un visage plissé, comme lorsqu’une personne se retenait de partir en sanglots, c’était uniquement le visage qu’elle empruntait lorsqu’elle devait affronter des choses qu’elle n’aimait pas. Sa mère devenait une comédienne fascinante à ses yeux, il pouvait se vanter d’admirer un des traits de personnalité de la femme qui l’avait porté pendant 9 longs mois et qui n’avait pas su le sauver de tout malaise pour le reste de sa vie. Alors, Trajan continuait juste à souffrir, il le sentait au fond de son âme. Sa propre âme qui se rongeait de l’intérieur, comme sa malédiction. Il se sentait tout autant incapable de repousser ce mal. Tout comme il était incapable de repousser son père qui lui avait fait si mal. Comme s’il s’empêchait de sourire, d’être heureux. Alors il continuait à engendrer le portail de ce cimetière pour se rappeler tous ces mauvais moments. Il savait pertinemment qu’il n’irait jamais mieux tant qu’il irait ici. Mais cela devenait un besoin nécessaire pour qu’il comprenne qu’il avait eu mal, qu’il avait été frappé, qu’on l’avait rabaissé bien plus bas que terre. C’était son nouvel instinct.
Son esprit refusait de dire qu’il était heureux que ce soit finis, que tout cela était du passé. Il se retourna pour balayer du regard le cimetière. Il n’était plus seul à présent. Il replongea son regard sur les caractères incrustés sur le marbre et fermer les paupières un instant pour l’aider à souffler. L’air était frais, il sentait l’humidité se déposer sur ses yeux fermés. Il continua en rapprochant ses mains de son corps pour atteindre ses poches qui lui fournirait un peu plus de chaleur. Il déposa un pas sûr l’herbe mousseuse afin de s’éloigner de son chagrin. Il marcha en essayant de penser à autre chose, sans même regarder où ses jambes le menaient. Il continua, se frayant un chemin entre chaque tombe qu’il croisait. Des tombes, des sépultures qui devenaient des murs au fur et à mesure qu’il avançait. Parfois elle lui barrait le chemin, parfois elle lui montrait la fin. Un autre mur à sa gauche frôla son épaule. Il fit un léger sursaut comme s’il se réveillait de son monde. Les murs étaient toujours là. Il n’avait plus qu’une cible à présent. Un long couloir qui le mènerait vers la lumière éblouissante du soleil. Il semblait courir à présent. Le temps s’accélérait jusqu’à ce qu’il sorte de ce labyrinthe mental. Et, elle était là. Que faisait-elle ? Assis sur ce banc, un livre déposé sur le bout de ses mains. Qui viendrait lire dans ce genre de lieu. Caswell disait qu’elle était folle. Il ne le pensait pas réellement, à vrai dire il ne savait pas vraiment quoi penser d’elle. Il n’arrivait pas à savoir ce qui lui faisait la détester. Peut-être la haine qu’elle avait envers lui. Ils ne se connaissaient pas vraiment et pourtant leurs relations semblaient incruster depuis des décennies. Une relation tendu, voire électrique. Lorsque ses yeux se déposèrent sur lui. Il sentait la jeune demoiselle se cramper comme un instinct de survie. Se brusquer. Elle déposa quelques mots dans l’air qui devenait brulant à présent. Elle venait d’électriser l’atmosphère. Au moins il ne pensait plus à son père, juste à la façon qu’il aurait de lui répondre : « Arrête d’être comme ça avec moi Evy. Tu es détestable. » Trajan n’aimait pas être méchant, mais avec elle c’était différent. C’était la seule personne avec qu’il ne s’empêchait pas de faire souffrir. « C’est normal que tu squattes le cimetière pour te morfondre sur un livre d’enfant, qui te rappelles le temps où on s'aimait éperdument ? ironisait-il. Ou alors c’est uniquement pour oublier les moqueries des habitants de Caswell ? Ah oui c’est vrai, t’es complètement débile, ça explique ton comportement défectueux. »




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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Lun 18 Fév - 19:59

Pour une fois, la seule chose qu'elle ressentait était la haine qu'elle avait envers lui. Enfin, ce n'était pas réellement de la haine, elle ne l'aimait juste pas. Au point d'en être désagréable, comme il le lui avait si bien dit. Evy avait toujours été comme ça avec Trajan. Du moins, depuis l'école primaire. Elle ne se rappelait juste plus le pourquoi de ce sentiment. Cela faisait bien trop longtemps que leur semblant de relation était devenue comme ça. Tout aurait pu être différent. Si elle n'avait pas eu d'empathie, il aurait été possible qu'à ce jour, elle ne lui parle pas comme un chien, elle lui aurait juste sourit légèrement avant de prendre son sac et de partir. Mais avec le temps et son "don", Evy était devenue ronchon, même pire. Il n'y avait qu'une seule personne à qui elle ne parlait pas aussi méchamment. Son père. Mais Trajan... Il était tombé sur un mauvais jour, encore. Elle l'écoutait débiter son tas de conneries, qui au final, venait de la blesser. Les yeux brillants, elle prit simplement son sac et se leva du banc. Se retrouvant face à Trajan. Elle était bien plus petite que lui d'une tête. Il ne lui faisait pas peur, mais il avait touché un point sensible. Evy détestait qu'on l'appelle la folle. Mais au moins, c'était toujours mieux que de connaitre la vérité. Elle allait lui dire d'aller se faire voir mais se ravisa en fermant sa bouche, et préférait s'en aller, le bousculant au passage. Elle fut surprise de ne rien sentir. Se retournant pour le regarder à nouveau, elle se pinça les lèvres.

- Tu sais quoi Trajan ? Je préfère que les gens disent que je suis folle. Au moins, ils savent qui je suis. Et je n'ai pas besoin de me cacher parce que je couche avec des hommes et que j'ai honte de m'afficher.

La brune l'avait déjà aperçu sortir - et même rentrer - chez lui avec des hommes. Elle le savait. Mais elle n'avait jamais rien dit. Sa vie ne la regardait pas. Tout comme sa vie à elle ne regardait personne. Seulement, bien qu'Evy voulait partir d'ici parce qu'elle ne souhaitait plus voir la face de rat de Trajan, elle avait envie de rester. Juste parce que ça lui faisait du bien de parler avec quelqu'un sans que l'empathie prenne le dessus. Elle réalisait combien cela lui manquait. Avoir des amis. Parler avec eux. Leur faire des calins. Mais surtout, marcher dans la rue, normalement, les mains dans les poches, le sourire aux lèvres. Elle ne connaissait plus ça. Et elle commençait à comprendre qu'elle ne connaitrait plus jamais cette tranquilité.

- Excuse-moi, je ne voulais pas, je... Elle ne savait plus quoi dire. Et préférait lui tourner le dos, pour pouvoir s'éclipser d'ici le plus vite possible.



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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Ven 22 Fév - 0:57


Lavait-il blesser ? Peut-être que Trajan y avait été un peu fort pour les premières paroles qui lui adressaient depuis un certain moment. Mais il en était à la limite de s'en foutre royalement. Il n'avait pas l'habitude d'avoir autant de repartie alors il aimait se laisser aller ainsi. Il n'avait absolument pas peur d'Evy, c'est sans doute pour cela qui n'hésitait pas à lui rendre la monnaie de sa pièce. Il se sentait pratiquement supérieur par rapport à elle. Il était plus grand, certainement plus intelligent. Face à elle il semblait devenir le plus narcissique des hommes. Le machisme l'enveloppait. Elle le rendait complètement différent, c'était donc logique qu'il la déteste.

Il détestait ce genre de comportement entre deux personnes, il ne voulait pas perdre son temps à faire ce genre de chose, des conflits puérils. Mais comment pouvait-il arrêter la machine en route ? Elle se leva, il crispa ses yeux un instant pour la suivre plus profondément du regard. Ses lèvres s’en trouvèrent comme pour s'exclamer, il pensait immédiatement à lui dire de se la fermer. Rajouter une couche n'aurait servi à rien à part vouloir tourner ses nerfs en rond et le faire éclater. Mais, elle se tue, elle retroussa son chemin. Elle paraissait avoir agi plus intelligemment que toutes les autres fois. Elle le bouscula de l'épaule, sans savoir si elle l'avait fait exprès ou non. Mais il ne s'attardait pas un instant sur ce détail. Un léger rictus se dessina sur son visage, et il ferma les yeux un instant. Quelques pensées revenaient lui défaire toute son attention, il secoua la tête comme si elles pourraient être expulsées ainsi. Mais il se rendit uniquement compte dont elle s'était retournée et qu'elle avait commencé à cracher quelques foutaises. Jusqu'à ce que les foutaises se transforment en inquiétude et en vérité. Le rythme de la phrase venait de scotcher Trajan, qui essayait tant bien que mal d'éviter de rougir d’humiliation. Un couteau venait de se planter dans son esprit. Elle venait de le toucher comme peu de monde arrivait à lui faire mal. Il était à la fois frustré et d'accord avec ces propos. Le mélange devenait un cafouillage incompréhensible dans la tête de Trajan déjà tourmenté par de mauvais souvenirs. Il ravala sa salive pour essayer d'articuler : "... Comment ?" demanda-t-il avec un léger soufflement qui essayait de se convaincre qu'elle racontait n'importe quoi. Un faux sourire s'étirait jusqu'à ses oreilles alors que ses yeux réfléchissaient le doute qui l'envahissait. Il se sentait mal. La nausée commençait à pénétrer parmi les sentiments. Il essayait tant bien que mal de se dissuader du contraire en essayant de se fixer sur quelques choses. Il voulait des réponses. Alors lorsqu'elle lui tourna le dos, il décida de la rattraper. Il fit un pas sûr elle, attrapant son bras pour la retourner. Brusquement. Il ne voulait plus la laisser fuir maintenant. Il devenait anxieux. Il avait peur. " Comment tu sais ça ? Tu m'as vu avec qui ? " Il ne sentait pas la force qu'il exerçait. Son rythme cardiaque s’accélérait petit à petit. On pouvait sentir ses palpitations dans les gestes de Trajan. Il la fixa dans les yeux. Il aurait voulu lui arracher ses pensées à l'instant même. A vrai dire il ne savait plus du tout comment réagir, il se laissait aller. Il laissait son corps choisir à sa place. Là où la colère commençait à se loger. Il n'était pas impulsif à ce point, mais il sentait ses nerfs s'ébranler petit à petit, tout comme l'envie de vomir qui s'intensifiait. " Répond-moi. " Commençait-il à insister. Sa voix devenait saccader, tremblante. Il voulait des réponses immédiates. Il voulait accélérer le temps pour qu'elle lui réponde immédiatement. Il répéta encore une fois, en haussant une nouvelle fois le ton " Répond-moi, je t'ai dit. " la paume de sa main se contractait de plus en plus intentionnellement. Et Elle devenait la personne la plus détestable qu'il connaissait.




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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Ven 22 Fév - 15:31

Elle se sentait prise au piège. L'espace d'un instant, lorsqu'il l'avait attrapé par le bras, elle avait cru qu'il allait lui arracher, complètement. Elle n'avait qu'une envie, c'était que Trajan la lâche et qu'elle puisse s'enfuir, se réfugier dans sa chambre. Mais au lieu de ça, l'emprise du garçon ne faisait qu'augmenter. Au point, qu'Evy ne sentait même plus son bras tellement il serrait fort. Des larmes lui venaient aux yeux, d'un ton gémissant, presque suppliant, elle sortit un " lâche-moi, tu me fais mal." Elle pensait même qu'il n'avait pas entendu. Elle pouvait lire dans ses yeux toute la haine qu'il éprouvait à son égard pour avoir oser lui révéler qu'elle savait. Mais elle ne la ressentait pas. Evy en fût presque soulagée. Ressentir de la haine était déjà quelque chose qu'elle ne supportait pas elle-même, alors si c'était contre elle, le malaise s'installerait. Quoi que... Il était peut-être bien déjà là.

Voyant que Trajan ne réagissait pas et qu'il était littéralement entrain de broyer son bras, il n'en fallut pas plus à Evy pour lever la main sur lui. L'impacte de sa main sur la joue du garçon résonna royalement dans le cimetière. Elle fut elle-même étonnée par son geste. Jamais elle n'avait giflé quelqu'un. Mais la, ce n'était pas quelqu'un. C'était Trajan. Vu de l'extérieur, les habitants auraient pu croire à une dispute de couple. Mais il n'en était rien de cela. Elle commençait à le haïr aussi fort qu'il lui faisait mal. Les larmes coulaient à présent sur ses joues. La brune désespérait presque. Elle avait beau tirer, essayer de se dégager, il la tenait fermement. Il voulait une réponse, il allait en avoir une.

- Tu peux être hétéro gay, zoophile, nécrophile, je m'en tape ! Je me fiche d'avec qui tu t'envoies en l'air. Je veux juste que tu me lâches!

Elle avait presque hurlé ces mots. Ainsi, si quelqu'un était dans les parages ou passait à coté de ce lieux sinistre, il aurait entendu. La peur l'envahissait, sa poitrine se soulevait au rythme de ses pleurs. Evy aurait voulu disparaître. Les conséquences de cette baffe allait sûrement être désastreuses pour elle. Mais ce qui était fait ne pouvait être défait. Elle allait le regretter, si tant bien même que c'était déjà le cas. Elle déglutissait difficilement.

- Je t'en supplie, lâches moi... Sa voix se cassa.


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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Dim 10 Mar - 2:02

Attaché, lié à elle. Il ne sentait plus sa force, son regard fixe voulait lui hurler dessus, sa tête tournait de plus en plus, un puits profond se creusait dans sa tyrannie. Il sentait une légère brise se lever et fouetter ses iris qui devenaient déjà rouges de colère. Un nuage grisonnant s’emparait de l’horizon, il n’avait pas besoin de le regarder pour le sentir. Il pouvait sentir la pluie arriver à des milliers des kilomètres et même quand il devrait concentrer ces pensées sur la façon dont elle allait réagir. Poupée mensongère. Trajan leva la tête avant même de sentir l’impact. Ses yeux avaient fixé le dernier creux de liberté que s’offrait le ciel avant de finir recouvert par le bruit austère qui semblât ébranler le cimetière. Ébranler Trajan. Peut-être plus lui qu’autre chose, peut-être plus sa fierté que la terre. Son bras ne bougea pas d’un pouce, elle lui servait pour tenir à la secousse. Et sans vraiment s’en rendre compte. Une impulsion força une nouvelle fois sur la chair qui se tassait sans déclin. Il n’avait jamais pensé que l’on pourrait forcer sa paume sur quelqu’un aussi fort comme cela. Une larme tomba sur le visage de la poupée ingrate, de la poupée sorcière. Elle pleurait, elle avait mal. Mais maintenant Trajan ne voyait plus la souffrance qu’il lui faisait subir. Elle allait parler. Il allait arriver à lui faire avouer. Il l’avait emprisonné. Déposer dans sa cage. Son corps était devenu sa cellule. Malgré sa résistance, les barreaux étaient plus forts qu’elle. Une corde l’avait attaché sur place et elle ne pouvait plus la couper. Elle était trop faible aux yeux de Trajan.

Et enfin, elle parla. Ses fines lèvres laissèrent s'écouler quelques mots tremblants, des mots intrigants et justes à la fois. Mais ils arrivaient comme des insultes aux oreilles de Trajan. Personne ne lui avait jamais dit qu'il était homo. Il ne se l'était s'en doute jamais dit lui-même. Un autre souffle parcourut le cimetière en faisant virevolter les feuilles qui venaient danser au sol, juste derrière le duo. Les feuilles venaient enflammer l'esprit de Trajan. Le vent venait éteindre la braise. Elle continua en quémandant de la lâcher. Il n'était pas homo. Il était lui. Il était comme personne d'autre. Il ne faisait pas partie de cette case sociale que sa famille mettait dans un sac et qu'ils balançaient à la mer en espérant que le baluchon se noie à cause de son propre poids. Damian n'était pas pareil non plus. C'était un être perdu. On s'était croisé dans ce chemin sans lumière que l'on avait essayé de longer. Non. Non. Non. Ses yeux se plissèrent et sans s'en rendre compte, sans le sentir. Il lâcha sa proie. Il ouvrit les barreaux de la prison. Une expression silencieuse resta campée à son visage. Ses yeux avaient perdu son rouge de colère et avaient pris un teint de questionnement. Parfois il avait l'impression que le monde tournait sur une autre plate-forme que la sienne ou alors c'était lui qui était ailleurs. Il la regarda profondément dans les yeux sentant le bien-être qu'elle pouvait ressentir lorsqu'il la lâcha. Qu'avait-il fait ? Un battement de paupières lui effaça cette vision et il regarda rapidement au niveau du sol. Il voulait rapidement se cacher. Refermé l'armoire où il se protègerait, retourner dans l'obscurité où personne ne pouvait poser un pied. Regrettait-il ? Il ne savait pas vraiment, il n'avait pas eu le temps de ressentir cette expression. Il savait plus quoi dire. Alors, il ne dit rien. Pendant un instant.

Pourtant, ses yeux exprimaient une autre chose, de la compassion, de la peine… il ne savait pas. Ses sourcils s’étaient resserrés sur son arcade. Ses yeux toujours plissés. Son esprit lui chuchota : « Ne pars pas. » Il savait qu’elle allait fuir, mais il ne voulait pas. Il n’était pas comme ça. Ce n’était pas lui. C’était quelqu’un d’autre. Une image traversa sa vision. Un homme se mit à courir derrière Évy. Une ombre, quelque chose, quelque part. Sa vision se détacha de la jeune femme pour essayer de suivre sa chimère. Est-ce qu’il hallucinait ? Il pensait, pensait, pensait… Il se souvenait, il se terrifiait. Il ne comprenait plus rien à rien. Il avait beau chercher. Qu’est-ce qu’elle lui avait fait ? Est-ce qu’elle se vengeait. Sa voix se décrocha de son corps lorsque l’image de son père apparut devant lui. Il ferma les yeux instantanément. Il avait peur. Qu’est-ce qu’elle lui avait fait ? « Ne pars pas ! répétait l’homme à présent terrifié. »



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Dernière édition par Trajan E. TempleSmith le Lun 11 Mar - 3:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Dim 10 Mar - 18:33

Trajan l'avait enfin lâchée. Elle ramenait son poignet contre elle, rouge à cause de la pression qu'il avait exercé dessus. Elle avait mal, mais au moins, il ne la tenait plus. Evy était étonnée qu'il finisse par la lâcher. Elle s'était imaginée recevoir une baffe en retour de celle qu'elle lui avait infligé. Mais rien. La brune l'observait, le détaillait dans les moindres détails. Ce n'était à rien y comprendre. Trajan et elle se détestaient. Il était donc normal pour elle, qu'il finisse par répliquer un jour, et non qu'il se stoppe. Et alors que Trajan restait planté là, sans bouger, elle se dit qu'il valait mieux qu'elle s'éclipse, qu'elle s'en aille avant qu'autre chose ne se passe. Lentement, elle se mit à reculer, ne lui tournant pas le dos. Une distance se formait entre eux deux, devenant de plus en plus grande. Elle ne voulait pas rester une seconde de plus en sa présence, elle ne voulait rien risquer. Evy voulait rentrer chez elle, et oublier, elle en ressentait le besoin. Mais la voix de l'homme la fit sursauter. Les mots qu'il avait prononcé l'étonnaient du plus haut point. Elle se figea. Quelque chose l'empêchait de continuer son trajet, et Evy s'empêchait d'aller vers Trajan. Bloquée. Prise entre deux feux. Que faire ? Elle se pinça les lèvres et le regarda avec plein d'incompréhension. Pourquoi est-ce qu'il voulait qu'elle reste ? Ce retournement de situation déstabilisé Evy. Elle le fixait toujours, ne le quittant pas une seule seconde du regard. Et si jamais c'était un piège ? Et si elle restait et qu'au final, il lui sauterait à la gorge ? Elle savait que Trajan n'était pas comme ça, elle le connaissait un minimum, après toutes ces années. Elle resta donc, tout en restant méfiante. Et elle y repensait. La présence de Trajan, le contact avec lui. Rien ne s'était passé. Absolument rien. Etrange, troublant. Mais cela faisait tellement de bien. Seulement, à ce moment précis, pour la première fois, elle aurait aimé savoir ce qu'il ressentait. Uniquement pour savoir à quoi s'attendre. Ne pas être surprise, ne pas être prise au dépourvue. Elle baissa le regard sur son poignet, il était encore rouge, mais beaucoup moins douloureux, elle le massa avant de poser les yeux à nouveau sur le brun. Prise d'un frisson douteux lorsque leurs regards se croisèrent, Evy ne savait pas où se mettre. Alors elle détourna sa tête, passant à côté de lui, pour retourner sur le banc, non loin d'eux. Elle déposa son sac, à nouveau par terre, et ramena ses jambes contre son torse, les entourant de ses bras.

Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Ne sachant quoi dire. Ou plutôt, ne voulant pas casser ce silence, qui n'était pas froid, pour une fois. Du moins, elle le ressentait comme ça. Et d'ailleurs, quoi dire de toute façon ? Cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas eu une vraie conversation - les conversations qu'elle avait sur le net ne compter par à ses yeux, de plus, il était tellement plus facile de parler derrière un écran - qu'Evy ne savait même plus comment se comporter en présence de quelqu'un. Continuant de le fixer, elle remarquait que Trajan n'avait toujours pas bougé. Sans vraiment réfléchir, elle lui tendit la main.

- Viens, dit-elle enfin.

Ses propres yeux se posèrent sur sa main. Elle s'étonnait elle-même, mais après tout, s'il lui avait demandé de rester, c'était peut-être le moment pour que les choses changent entre eux. Il était évident qu'elle le détestait encore plus qu'avant, après ce qu'il s'était passé, mais il était la seule personne avec qui son empathie ne fonctionnait pas. Elle finit par se lever, ne le voyant toujours pas bouger. Evy s'approchait lentement de lui, écrasant cette fois la distance. Et doucement, elle glissait sa main dans celle de Trajan. Courant électrique traversant entièrement son corps. Pulsion soudaine. Elle se hissa sur la pointe de ses pieds et déposa ses lèvres sur les siennes. Fermant les yeux, elle le détestait pour le fait qu'elle se sentait bien avec lui en cet instant.



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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Lun 11 Mar - 4:20


Il sentit la pulsion de soulagement envahir le corps d’Evy. Il aurait pu sentir ses barreaux se défaire en dehors du cimetière s’il serait passé par là. Le vent déposait sa joie sur les tombes endormit et sur le sol aussi poussiéreux qu’il soit. Il ferma les yeux un instants pour se rendre compte qu’elle était toujours là. Elle avait choisi comme domicile un banc où se recroqueviller. Ce banc ressemblait à son logis, il la découvrait toujours ici. À croire qu’elle dormait toujours ici. La chimère avait disparu. Il avait véritablement cru apercevoir la silhouette de son père, son âme, con corps, peut-être les deux. Comme les vautours tournent autour de leur proie avant de faire acte de cannibalisme. Comme les corbeaux viendraient lui crever les yeux. Un frisson lui parcourut la nuque rien que d’y penser. Il n’osait plus bouger. Il ne pouvait plus bouger. Il ne pouvait plus rien faire à part dissimuler sa faiblesse, dissimuler sa détresse, dissimuler qu’il avait peur. Une peur bleue. Une peur rauque et profonde. Pourtant il sentait le regard d’Evy déposer sur lui, comme un poids, une fixation. Elle le regardait. Il ne voulait plus rien dire. Il était coupable dans le tribunal de la mort. Il devait se prosterner à présent. Il devait lui confirmer. Il avait abusé, c’était certain. Il ne voulait plus faire de mal. Et si son pouvoir s’était déclenché et si la vibration dans son bras avait emporté avec elle son fléau. Il n’aurait pu se contrôler. Il n’aurait pu la sauver. Cette idée se creusait une place dans son esprit. Et si, et si, et si. Il l’aurait tuée. Il l’aurait tuée. Sans le vouloir cette fois-ci. Sans vraiment le vouloir. Peut-être que cette notion lui avait parcouru l’esprit l’espace d’un instant, mais il avait rapidement réussi à la gommer de ses mains ensanglantées. Il n’aurait pu commettre un crime pour la deuxième fois. Il serai resté cette poussière humaine dans la boue d’un cimetière. Son corps serait retourné à Terre. Le comble de mourir dans sa future demeure. Heureusement, rien de tout ça n’avait eu lieu. Il n’avait pas ressenti ce sentiment d’évanouissement qu’il avait exprimé ce soir-là. Ce sombre soir-là. Il ne voulait même plus en entendre parler. Du coin de l’œil il observa la poupée blessée. Qu’allait-elle faire ? Si elle restait ce n’était pas pour se planter là à attendre. À attendre quoi ? Un geste de ma part ? Des excuses ? Des pardons ? Des supplications ? Des pleure à son tour ? Il ne sait pas s’il en aurait été capable. Il ne savait rien à cet instant. Il avait oublié le reste de sa vie, il avait oublié cette ville qui l’entourait, qui l’encerclait, qu’il l’empêchait certainement d’avancer. Il avait encore utilisé sa gomme imaginaire pour faire ce bond en arrière. Mais elle lui parla, elle lui adressa la parole. Lui demandant de venir. Sa main s’était penché vers Trajan. Une main. Une main levée vers lui. Une main qui n’allait pas le frapper. Une main pour lui.

Que cherchait-elle à faire ? Elle ne lui en voulait pas ? Une chose était sûr : il ne la comprenait pas. Il se mettait à sa place un instant pour éprouver de la haine dont il était l’interlocuteur. Il voulait rire. Ce n’était pas pensable. Pourquoi lui tendrait-elle sa fichue main ? Il n’en voulait pas. Il la voulait. Il ne savait toujours pas à vrai dire. C’était un tour. La vengeance était bien là. Ce n’était pas un signe affectueux, mais un signe facétieux. Elle se foutait complètement de sa gueule. Un rictus carnavaleux se plissa sur le coin de ses lèvres alors qu’elle semblait regarder sa propre main. Elle ne souriait pas non plus. Il se perdait. Elle était censée au moins exprimer de la colère, de la haine, du dédain. Mais non, rien de cela. À quoi jouait-elle à la fin ? Son rictus se pansa par une porte close. Qu’allait-il se passa si sa main se déposait dans la sienne ? Qu’allait-elle faire ? Son pouvoir à lui. Ses émotions. Il n’arrivait pas à se défaire de cette boîte vide qui l’empêchait de se pencher dans le futur. À son habitude il s’imaginait des cents et des milles. Il exploitait tous les scénarios possibles. Toutes les solutions. Toutes les explications. Mais la boîte était fermée à clé par un double cadenas à code. Il fallait qu’il trouve les chiffres, les malheureux chiffres. Au nombre de cinq, comme les doigts de leurs mains. Il était là. Il savait qu’en déposant sa main dans la sienne la boîte s’ouvrirait. Il se tâta un instant. Il se mordit la lèvre inférieure pour espérer être dans un rêve, mais la douleur l’empêcher de s’auto-flageoler. De faire faiblir ses lèvres. Alors il entrouvrit la boîte. Il sentit le contact délicat de la paume de sa main contre la sienne. Il avait certainement la peau un peu moite lorsqu’elle sembla lui saute dessus pour lui décrocher ce baiser. Ce baiser si soudain, sans réflexion. Ce baiser si sobre et sans émotion. Il sentait très bien le gout de ses lèvres, mais la seule émotion qu’il ressentait était le dégout qui venait se loger au fond de sa gorge. Et l’ombre revenu. Flou et sans fond. Elle assistait à la scène, se tenant debout derrière le banc. L’ombre savait ce qu’il ressentait. Il fermait les paupières pour éviter que l’ombre ne lise plus longtemps dans son esprit.

Assistant et jubilant sur la scène que son fils était en train de vivre. S’excitant. Fantasmant. S’imaginant un crie de jouissance entre les draps et les jambes de la jeune femme. Un cri d’excitation au contact de ses seins, dans la pénombre d’un hôtel coquin. Dans cette pièce sombre de satin, dans ses drapes rouge et soie. Lorsqu’elle lui tendait sa main pour la guider vers la boîte de pandore. Lorsqu’elle le baisait et parsemait son parfum de femme le long de son corps nu. L’ombre jubilait encore à l’idée qu’elle le dominait dans son essor. Trajan se tordit la nuque comme pour la satisfaire. Il rouvrit soudainement les yeux pour bien se rendre compte qu’elle l’embrassait. L’ombre avait disparu. Le dégout était toujours là. Il montait jusqu’au fond de sa gorge. Il détachait brusquement les lèvres de la poupée des siennes. Ses pupilles dansaient de mille feux. D’un feu blessant, d’un feu renversant. Il sentit l’envie de vomir à l’instant où il se détacha d’elle. Son ventre se retourna. Il pivota sa tête dans l’autre sens en pensant à d’autres. Il posa un pied en arrière pour créer cette frontière. Pour s’éloigner d’elle. Alors il lui vomit ces quelques mots, ces mots qui n’avaient pas de sens, qui cherchait toujours des réponses. Des mots qui n’étaient même pas reliés entre eux. Il ne la regardait même plus : « Pourquoi ? Tu m’as… Pourquoi as-tu fait ça ? Je… Il y a … je ne peux pas… Je ... ». Il secoua sa tête une nouvelle fois. Un frisson lui parcourut à nouveau la nuque. Le dernier rayon de soleil quitta le cimetière. L’énorme nuage gris l’avait recouvert. Il trônait au-dessus de leurs têtes maintenant. Il ne voulait pourtant pas lui faire mal. Les choses ne changeraient certainement pas.



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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Jeu 14 Mar - 17:28

Frustration. Ce qu'Evy ressentait ressemblait en tout point à de la frustration. Pas parce qu'il avait cessé ce baiser, pas parce que le regard de ce dernier la fuyait après l'avoir presque tuée sur place. Pas parce qu'il lui crachait des mots à la gueule pour lui faire comprendre que ce qu'elle venait de faire était une erreur - ce qu'elle savait d'ailleurs. Elle était frustrée mais surtout blessée, parce que Trajan avait mis cette distance entre eux. Du vide. Un immense vide, un grand fossé, un puit profond. Le néant se trouvait à présent entre l'homme et la jeune femme. Et bien qu'elle le haïssait à cet instant, encore plus fort que d'habitude, elle ne pouvait s'empêcher d'émettre un bruit de surprise mélangé à de la tristesse. Elle venait de faire fuir la seule personne avec qui son empathie restait muette. Elle s'en voulait. Mais elle pouvait le comprendre aussi. Après tout, se faire embrasser par son pire ennemi était la pire des insultes qui pouvait exister pendant une guerre entre deux personnes. Evy baissa la tête. Trouvant un intérêt soudain à ses converses noires, elle pleurait en silence, déglutissant la lente agonie qui s'emparait de son corps, petit à petit, à chacune de ses expirations. Comme respirer un parfum empoissonné, qui rendait le corps incapable de bouger, de faire le moindre mouvement. L'air devenait irrespirable pour Evy. Elle avait cette sensation que le sol s'écroulait sous ses pieds, que d'un instant à l'autre, elle allait se retrouver dans les abymes de l'Enfer. A moins, qu'elle n'y était déjà. Elle relevait d'un geste lent sa tête et posait son regard sur Trajan, qui lui tournait le dos. Les sourcils froncés, le regard plein de désespoire, elle finit par crever la bulle de silence qui les avait englobé.

- Je... Je ne m'excuserai pas pour ça. Et... Elle souffla un grand coup. Okay, je vais te dire un truc, mais tu ne le répètes à personne. Je te déteste, c'est certain. Mais tu es intriguant parce que j'arrive pas à ressentir tes émotions. T'es comme un bloc de béton. Et je me disais que peut-être si je t'embrassais, ça débloquerait une vague de sentiments. Et que je saurais sur quel pied danser... Tu es le seul, Trajan, avec qui ça ne fonctionne pas. Je ne sais même pas pourquoi et c'est déstabilisant !

Elle l'avait enfin dit. Ce n'était peut-être pas la personne appropriée, mais Evy avait ce besoin de se confier à quelqu'un. Et quoi de mieux qu'un ennemi qui la prenait déjà pour une folle ? A coup sur, ce qu'elle venait de lui confier renforcera son image de folle auprès de Trajan. Elle posa ses mains sur ses tempes. Et réfléchit un instant. Et si elle venait de faire la plus grosse erreur de sa vie ? Et si le brun allait répéter ce qu'elle lui avait dit à tous les habitants de Caswell ? Sa vie serait ruinée à jamais. Même pire. Son père se rangerait du côté des gens d'ici et la renierait. La peur se lisait dans ses yeux. Trajan était un ennemi, son ennemi. Et elle venait de lui donner les cartes pour gagner. Evy ferma les yeux. Elle voulait se cacher, s'enterrer même. Le plus profond possible, pour ne plus à avoir à toute cette méchanceté gratuite, pour ne plus subir les regards de hontes sur elle. A subir son empathie. Parfois, elle haïssait tellement les gens, qu'elle aimerait qu'ils soient à sa place pour voir le calvaire qu'elle vivait. C'était pire qu'une apocalypse dans sa tête. Evy voulait fuir. Disparaitre. Renaitre. Planer. Voler. Rire. Mais elle ne pouvait pas. Elle n'avait rien sur elle, et quelque chose la retenait ici. D'un geste de rage, elle s'essuya de la manche les larmes qui avaient coulé sur ses joues, renifla un coup et fixa Trajan, les yeux noirs de colère.

- Peu importe ce que je te dirais, de toute façon, tu ne me croiras pas. Je suis la folle de Caswell. Considères que tout ce que j'ai dis c'était de la folie, comme ce baiser.



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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Dim 24 Mar - 10:44


Les corps se divisaient, s'éloignaient de plus en plus, leurs regards s'étaient quittés. Ils s'en allaient l'un de l'autre, le gouffre devenait profond, si profond. L'éloignement leur donnait une rémanence amère et acide. Un goût aigre parcourait les quelques tremblements que Trajan ressentait. L'air frais le poussait à dérober ses mains vers sa veste. Longer le long de ses jambes et de sa nuque qui semblaient toujours bloquer vers le sol. Seul le sifflement de quelques bourrasques résonnait dans le cimetière à présent, même les tombes restaient silencieuses. Ses cheveux frissonnaient dans le vent et s'envolaient dans la bise. Mais elle lança une corde pour le rattraper au plus profond du ravin, si seulement il avait eu les outils pour construire un pont. Un pont pour effacer ce gouffre qui s'était créé depuis bien plus longtemps que ça, un gouffre immortel. Depuis quand s'étaient-ils amusés à le creuser ? Qui avait donné le premier coup de pelle ? Qui avait continué à assécher la rivière qui semblait s'y être incrustée. C'était un désert, un désert de roche qui les séparait, même pas un mirage, ni une oasis les reliaient. La lutte serait longue pour le traverser et même pour retrouver un ancien lien qui avait été entaillé. Les pieds dans le sable elle lui parla, elle l'interpella. Malgré les dunes et le timbre du désert. Le timbre qui s'orne toujours dans le silence du soleil. Un bruit que l'on ne peut déterminer mais qui est toujours présent. Il l'entendait. Il l'écoutait. Elle déposait une fragrance délicate sur la corde qu'elle lui avait dédiée. Ce n'était pas une corde qui allait la conduire à elle, mais qui semblait les réunir. Il ne comprenait pas exactement ce qu'elle disait, elle était vague, sinueuse. Elle cachait, elle se dissimulait dans son réceptacle de cristal. Dans un cristal si profond, tellement profond que l'on ne pouvait y parvenir. Où le menait-elle ? Que signifiait le chemin qu'elle lui traçait . Elle semblait se confier, se délaisser sur lui. Sur Trajan. Sur celui qu'elle venait d'embrasser, sur celui qu'elle venait de pleurer, de crier, de souffrir. Comment un bloc de béton pouvait avoir des sentiments pour elle ? Comment pouvait-il émettre un sentiment pour n'importe qui ? Elle ne semblait pas mentir pourtant, même sans la regarder il sentait que c'était la vérité. De quelle machine parlait-elle ? Elle n'arrivait pas à déclencher l'engrenage qui percerait le béton. Elle avait ouvert une brèche, un étendu plat, une plaine sans obstacle. Pourquoi avait-elle fait ça ? Trajan savait comment faire fonctionner cette machine et s'il était une personne normale il l'aurait allumé depuis longtemps pour la faire saigner, pour l'enterrer vivant. Pour exulter de ses cris d'enfants. Pour se réjouir de la voir souffrir. Pour la balancer au-delà du phare, l'enfermer dans le crépuscule et la noyer dans le néant. Mais il ne pouvait pas. Il semblait, il pensait avoir compris son message. Un message qu'elle reniait une seconde après. Elle n'était pas folle. Même si Trajan ne pouvait renier le fait que ce baiser aurait mérité d'offrir à la jeune femme un séjour dans un hôpital psychiatrique.

Il redressa sa tête pour découvrir ce regard rempli de colère. Un regard trop profond certainement. Trop haineux, trop exacerbé pour être vrai. Que dissimulait-elle ? La vérité ? Pourquoi se confier à lui et ne pas aller plus loin ? Son regard à lui était indescriptible, peut-être qu'il ne le comprenant tout simplement pas. Il essayait de lire en elle, d'en savoir plus. Une chose était sûre : elle avait éveillé l'enfant curieux qui jouait en Trajan. Il savait de quoi elle parlait, il semblait saisir la réalité. Il voulait lui redresser la tête à cet instant, lui effacer ses quelques larmes. C'était de la pitié qu'il ressentait, une partie pour elle et une autre pour lui-même. Il avait du mal à penser que quelqu'un pouvait faire une chose pareille à lui. Même s'il s'en doutait, Caswell était à part, ce n'était pas la première fois qu'il avait éprouvé l'intuition de ne pas être seul. Qu'avait-elle au fond d'elle ? Si émotive et si délicate. La poupée absorbait, ressentait . Pourquoi était-elle triste parfois ? Est-ce qu'en ce moment elle éprouvait ses propres sentiments ? Mais l'obstacle se forgea dans son esprit. Un mur se dressa dans le désert, la corde semblait céder, quelques fils avaient été arraché. Il n'allait pas lui dire « oui ». Il ne pouvait pas se confier, la confiance était inexistante. Les enfants ? Que penserait le centre de repos s'il apprendrait qu'un homme capable de tuer tout Caswell était censé s'occuper d'eux . Non il ne pouvait pas. L'idée de lui avouer qu'il avait quelque chose en lui où il ne pouvait pas contrôler lui avait effleuré l'esprit. Mais il ne pouvait pas lui avouer. C'était une chose inconcevable.

Le ravin était toujours là, le pont n'avait toujours pas été construit. Il se perdait une nouvelle fois, il allait sauter dans le vide, le corps inerte. Il s'était une nouvelle fois perdu. Diviser entre l'accuser de folle ou lui dire qu'elle n'était pas seule. Diviser entre continuer à creuser ce fossé ou risquer de se tuer en lui dévoilant sa maladie. Alors, il laissa ses lèvres décider par elle-même. Il laissa se déverser ses quelques mots. Ces notes qui allaient, soi, reboucher la dentelure, soi, entaillé une nouvelle fois la plaie. Ses prunelles miroirs qui regardaient les cotons gris qui berçaient l'univers trop près du gouffre. Une indigestion de l'univers. De la moisissure qui emplissait le ciel. Qui assombrissait Caswell. Un manteau de parasite, un virus aussi sombre que les entrailles de l'océan. L'océan qui semblait enlacer la couverture pleine de crimes et de défauts. Ses mots se noyaient jusqu'aux oreilles d'Evy : « Je... Tu n'es pas folle. Tu es juste différente. te crois... mais je ne te comprends pas, en déversant une odeur âcre de mensonge. Pourquoi parles-tu de sentiments ? Je ne te comprends pas Evy . Tu es incompressible, perdu dans ton univers de tristesse, perdu... ». Il s'arrêta avant même de continuer, il faisait le mauvais choix. Sa main se lia au niveau de ses yeux comme pour se cacher de ce qu'il allait rectifier et il ne lui laissa pas la parole, il continua à déverser ce qu'il ne voulait pas. « Je ne saurais pas comment débloquer cette vague de sentiment qui te détache de moi, je ne saurais pas comment t'aider. M, je te crois... je... il fit une pause comme pour se remettre en question. Caswell n'est pas comme les autres villes, nous le savons tous, disait-il avec un sourire affligé et implacable de rester sur place, balançant ses mots dans le vide et laissant s'écouler un léger voile le long de ses yeux. Un sentiment. Peut-être que si je te déteste aussi, c'est que nous sommes pareils. Peut-être que l'on est plus proche qu'on ne le croit. Je ne dirais rien à personne, si toi tu fais de même... Je suis dangereux Evy, je préférerais être comme toi. Tu es tout ce que je ne suis pas. Et je t'en veut d'être ainsi, je t-en veut stupidement... Tu es si fragile et si délicate, tu ressens ce que je n'arrive même pas à éprouver. 'aurais tellement aimé être comme toi, plutôt que le monstre que je suis... » Le sentiment ressurgit une nouvelle fois, c’était une larme qui s’écroulait le long de sa joue jusqu’à l’océan qui était creusée en lui. Il se tut. Il n’arrivait plus à parler, de peur de s’effondrer. Il arrêta le temps l’espace d’un instant. Il était Trajan à présent. L’ombre n’était plus là.
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Dernière édition par Trajan E. TempleSmith le Mer 3 Juil - 11:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Sam 30 Mar - 21:37

Elle avait envie de pleurer, encore. Pas de colère, ni de tristesse, mais de soulagement. Juste parce que Trajan la croyait. Elle n'était pas folle et ça lui faisait du bien de le voir dans un regard, tant bien même que c'était celui de TempleSmith. Alors elle l'écoutait, la haine dans ses yeux s'en allant, Evy ne clignait pas des yeux, absorbant chaque mot de son aîné. Il avait raison, Caswell n'était pas comme les autres. Evy s'en était rendu réellement compte à partir du moment où elle était devenue un monstre aux milles sentiments. Avant, tout ça lui était égal. Elle était comme les autres, elle était dans la normalité. Elle n'avait rien à craindre... Contrairement à aujourd'hui. Les sourcils légèrement froncés, Evy posait ses yeux complètement intrigués sur le brun. Comment pouvait-il l'envier ? Être comme elle, c'était devenir une sorte de démon. Une anomalie de la nature. Une simple erreur à éviter le plus possible. Un rictus se dessina sur les lèvres de la jeune fille.

- Je t'assure que tu n'aimerais pas ressentir tout ce que je ressens. C'est un vrai bordel dans ma tête. C'n'est pas uniquement mes sentiments... y'a aussi ceux des autres... Elle préférait baisser la tête. Alors tu sais, tu es loin d'être un monstre. Tu n'as rien à m'envier. T'es ni dangereux, ni un monstre. Tu es la personne la plus censée de Caswell que je connaisse !

Relevant le regard, Evy se demandait pourquoi il lui était aussi simple de se dévoiler auprès de lui. C'était à la fois un apaisement, mais aussi une répulsion. Bizarrement, depuis le moment où elle avait levé les yeux sur lui dans le cimetière, elle avait eu une sorte d'impression, comme si ce que venait de dire Trajan, n'était que la pure vérité. Peut-être que si je te déteste aussi, c'est que nous sommes pareils. Peut-être que l'on est plus proche qu'on ne le croit. C'était affligeant de croire ça, mais au fond, quelque chose lui disait que la probabilité qu'ils se ressemblent plus qu'ils ne le voudraient se rapprocher de la certitude. Evy retourna s'assoir sur le banc en pierre. Son premier réflexe avait été de fouillé instinctivement dans son sac à la recherche du bonheur factice, mais elle se souvenait qu'elle n'était pas seule. Elle inspira donc un grand coup avant de fixer la silhouette de Trajan. Les souvenirs de leur enfance étaient vague. Mais elle se rappelait du temps où ils étaient petits. A se prêter leurs jouets quand leurs parents se rendaient visite. Elle préférait simplement oublier ça. C'était juste le passé... Le présent comme l'avenir étaient complétement différent et aucun retour en arrière n'était possible.

- C'est plutôt moi qui devrais t'en vouloir. Tu es entouré de personne avec qui tu peux partager des choses. Tu es juste normal. Moi... Moi je ne peux même pas être en contact avec les gens... Ce que tu fais, pour ces enfants, ça veut dire que tu es quelqu'un de bien... Moi, je ne fais rien. Je passe mes journées à éviter les gens... Elle lacha un rire nerveux. Je ne sais même plus ce que c'est que d'avoir une conversation banale, rire en groupe ou même juste aider quelqu'un. Toi, tu as cette possibilité là. C'est ce que fait qu'aux yeux de tout le monde, tu es normal. Elle marqua un temps de pause, avant de reprendre sur cette phrase. Et tu es loin d'être dangereux.



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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Lun 24 Juin - 19:49

Il lâcha un soupir, il était à la fois déçu et triste. Il avait vu dans le regard profond de la demoiselle qu'elle éprouvait aussi de la tristesse. Au moins la colère dans leur conflit s'était évadé, plus aucun d'eux deux ne devrait s'emporter à présent. Il l'écouta sans exprimer quoi que ce soit sur son visage, son esprit était ailleurs et il récoltait uniquement les mots qui lui seraient utiles. Il éprouvait toujours de la pitié pour elle. Celle qu'il éprouvait pour lui-même venait de s'en aller aussi. Il comprenait qu'elle ne ferait pas le pas pour aller plus loin. Ces choses qu'elle lui disait il les avait compris bien avant, même si au fond de lui il ne pouvait s'empêcher d'en être attristé. Il avait évidemment remarqué qu'elle créait des barrages autour du monde extérieur et elle-même. Le diamant devenait complètement insociable, torturé et c'était de pire en pire chaque jour. Il l'imaginait parfois rentrer chez elle seule. S'accroupir dans son fauteuil seul lorsque les mêmes larmes qu'il avait aperçues plus tôt coulaient sur les joues de la jeune femme seule. En train de se morfondre dans un étendu rocailleux et sombre. Aucune lumière ne lui parvenait, juste le sifflement de centaines de sentiments qui la rongeaient de l'intérieur. Elle était réellement de l'autre côté du ravin, ce ravin sans pont que la terre avait détruit. Elle avait dû apercevoir la légère lumière qui émanait de l'autre côté de la falaise, le côté de Trajan, pour lui lancer cette corde qui s'était brisé. Mais elle, elle ne semblait pas vraiment tout savoir sur lui. Elle paraissait voir la lumière du côté de Trajan tellement chaleureuse qu'elle semblait y voir la vie. Elle avait tristement tort, la lumière qui y créchait était tamisé, voilé par de sombres nuages gris, des pluies de rouilles déversaient leur haine à longueur de journée, les seuls sentiments qui y naissaient provenaient de quelques arbustes épineux. Mais tout cela n'avait plus aucun sens, il avait compris que c'était lui qui devait construire ce pont, qu'il devait relier les ravins pour ne former qu'une terre :

" - Tu as tort sur beaucoup de points, je n'ai aucun ami Evy, je suis seul. J'aurais aimé pour me lier avec beaucoup plus de personnes, mais mon passé semble toujours me rattraper. Toi... tu as réussi à me parler, on a eu notre conversation, tu es toujours là. Tu es courageuse Evy, beaucoup plus que moi. Je m'efforce de continuer à avancer prenant les aléas de la vie comme ils viennent. Parfois j'arrive à m'accrocher à quelque chose... et pour toi je peux être cette chose où tu pourras t'accrocher si tu le veux, s'essoufflait-il en fermant les yeux un instant pour retenir ses quelques larmes, la rivière commençait à couler à nouveau pour remplir le ravin, Et tu as encore faut quand tu dis que je ne suis pas dangereux, je le suis et tout ce que tu diras ne prouvera jamais le contraire. Même si c'est dur pour toi d'approcher les gens, c'est dur aussi pour moi de toujours avoir peur de leur faire du mal. n'as pas ce problème, car toi tu as peur d'avoir mal... Il s'arrêta un instant pour reprendre son souffle et la regarder une nouvelle fois dans ses yeux en espérant qu'elle comprenne ce qu'il lui dira. J'ai quelque chose en moi : une maladie, un fléau, j'ai toujours peur lorsque je touche quelqu'un, que je lui dise bonjour en lui serrant la main, que je donne un baiser sur les joues de ma mère, lorsque je veux toucher les personnes que j'aime... j'ai affreusement peur qu'ils meurent. Evy, j'ai fait du mal à quelqu'un à cause de ce qui est en moi... je m'en voudrais à jamais même si cette personne m'a toujours fait du mal. Je n'arrive même plus à vivre avec cela, j'ai peur chaque instant. Chaque fois que je me lève j'y pense. Je crois que l'on sature Evy... Dis-moi seulement que tu me comprends. Parfois je suis perdu.... Et il se tut, c'était à son tour de baisser la tête et de pleurer. Il prenait le rôle de la jeune femme, pourtant le ravin avait disparu. La corde avait été lancée une nouvelle fois pour construire ce pont. "

Des larmes écrasantes tombaient sur lui et sur le sol, sur les tombes, sur le cimetière en entier. Non, il ne pouvait plus s'arrêter. Il n'avait jamais craqué pour cela. Alors les larmes continuèrent...



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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Sam 28 Sep - 19:07

Il venait de lui tendre une main. Il venait de lui donner une occasion de sortir de sa triste destinée. Lui, son ennemi, la personne qu'elle haïssait et qu'elle admirait à la fois, venait tout juste de lui proposer d'être un pilier pour qu'elle puisse tenir debout un peu plus longtemps. Une vague de sentiments la prenait au coeur et elle savait que c'étaient uniquement les siens. A la fois triste, Evy sentait que pour une fois, depuis plusieurs années, quelqu'un s'intéressait à elle. Elle était tout simplement bien. Trajan la faisait se sentir de la sorte. Elle détestait ça, que cela provienne de lui, mais elle ne disait pas non à un moment de répit. Être en sa compagnie, c'était un grand soulagement. Elle avait beau avoir la vague des autres, celle-ci semblait se trouver à des milliers de kilomètres. Du plus profond de son coeur, elle remerciait Trajan, sans pour autant le lui dire. Elle préférait se taire et le laisser continuer son récit, qui lui allait droit au coeur. Bien qu'elle ne ressentait rien de lui, la jeune fille voyait clairement qu'il était difficile pour lui de se dévoiler de la sorte. Mais il le faisait, avec une difficulté extrême. Tellement, que les larmes habitaient ses yeux.

Un instant encore, le silence revenait. Mais il était de courte durée. Trajan avait encore besoin de se révéler, comme si c'était la première fois qu'il pouvait le faire librement. La brunette l'écoutait toujours attentivement. Peut-être même trop. Buvant chaque mot, elle réfléchissait. Elle n'était donc pas la seule à être un monstre. Ils étaient deux. C'était à la fois un soulagement, mais aussi un questionnement. S'ils étaient deux, combien y en avait-il encore, comme eux, à être différent ? Mais pour le moment, Evy préférait se concentrer uniquement sur le jeune homme à côté d'elle. Trajan se mit à pleurer. Il n'en pouvait plus non plus. Elle avait de la peine pour lui, pour eux. Chacun avait enfin pu se délivrer d'un énorme poids sur les épaules. Evy le prit dans ses bras, le berçant doucement. Elle ne supportait pas le voir dans cet état. Ca lui brisait le coeur.

- Je te comprend. Je ne te comprend que trop bien... Elle continuait de le bercer. Allez, calmes toi.

Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas été aussi proche de quelqu'un, que ce contact lui paraissait bizarrement agréable.Trajan et Evy se ressemblaient plus qu'elle ne le souhaitait. Ils avaient ce secret, cet affreux secret qui les rongeait et dont ils ne pouvaient faire part à personne. Apparemment, pour Trajan, cela avait toujours été le cas. Pourquoi est-ce que c'était arrivé bien après à Evy ? Pourquoi est-ce que c'était tombé sur eux ? Etait-ce également pour ça, qu'inconsciemment, ils se détestaient ? A présent, elle se fichait même de savoir si elle ne l'aimait pas ou si elle voulait l'éviter. Traj' avait été là, il était resté pour l'écouter, il lui avait tendu la main. Evy l'avait juste saisie.

- Tu n'es plus seul Trajan. On n'est plus seuls.
rassurait-elle le jeune homme.

C'était sa façon à elle de lui dire merci, aussi. Merci de ne pas la prendre pour une folle, merci de la comprendre comme elle le comprenait. Merci de rester lui-même.

- On ne sera plus jamais seuls.

Elle l'espérait de tout son être. Elle n'avait plus envie d'être dans son coin. Mais dès qu'ils sortiraient de ce cimetière, tout redeviendrait comme avant. Evy retrouverait sa maison vide de son père qui travaillerait probablement et Trajan... Trajan retournerait à ses occupations. Comme si rien de tout ça n'était arrivé. Et elle se mit à pleurer avec lui...


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MessageSujet: Re: Inevitable Feat. Trajan   Mer 16 Oct - 22:58





Et il est là, la marionnette morose, il comprend petit à petit, elle lui fait comprendre que ce n'est qu'un jouet, un pantin, un prisonnier de son pouvoir. Et là au-dessus de lui, il y a d'énormes cordes et une énorme main qui juge de ses mouvements. Il commence à voir flou tout autour de lui, il essaye de regarder en l'air, elle est bien là . Il y a bien cette main géante. Il voudrait rendre un ciseau pour en couper ses liens, mais il dépose juste ses mains sur ses paupières pour en refermer une dernière fois ses yeux. La dernière fois, après il ne reculera plus. Il ne faut pas voir cette atrocité qui pèse sur son âme. Il écrase ses yeux au fond de ses orbites. La main le fait un peu basculer, il ressent violemment les à-coups. Mais, il n'a pas vraiment le temps d'y réfléchir. Il lit la peine sur le visage d'Évy, elle le prend dans ses bras, il en a besoin. Il sait parfaitement qu'elle le comprend à présent. Elle essaye de le calmer. Il y a une berceuse qui se met en route dans sa tête. Elle tourne et plane, les notes divaguent un peu mais elles sont joyeuses. Dans sa pénombre interne il ne laisse pas sa peine l'envahir, non, c'est fini. Il doit se ressaisir. Elle l'aide. Il ne sait plus trop quoi penser d'elle à vrai dire, il ne sait plus comment il doit lui parler. Il préfère ne rien dire, il ne veut pas être vexant et désespérant. Elle lui répète qu'il n'est pas seul, bien su qu'il ne l'est pas. Elle le sert. Elle est comme toi, elle est tout. Elle représente tellement de choses à cet instant. Tu ne lui réponds toujours pas. Ces mots sont si réconfortants. Ils accompagnent sa berceuse. Ils viennent s'envoler avec les notes-sourire. Notes euphoriques. Notes puissantes.

Puis, tout d'un coup tu ne sais pas pourquoi, y a un truc qui se gonfle dans ta cage thoracique, ça te démange, ça éclate, ça explose. Il y a cette chose. Tu as envie de crier, de pleurer de joie. Ça circule en vague dans ton corps, ça te réchauffe. Ça remplace des larmes par des perles. Ça adoucit tes mains, ça rend joyeusement roses tes joues. Et, sous tes paupières tu vois bien que tes yeux changent de couleur, ils prennent une teinte douce, gaie. Tu la prends dans tes bras à ton tour, tu ne veux pas la lâcher. Tu t'y sens si bien. Elle t e réchauffe, tu la réchauffes. Tu la sens, elle te sens. Tu sens son âme, tu sens ses pulsations dans ses veines, tu sens ses battements de cœur, sa respiration. Tu l'accompagnes, tu prends son rythme. Tu respires en même temps qu'elle, ton cœur emprunte la même danse. Tu desserres ta mâchoire. T'ouvres à peine les yeux justes pour voir ce que tu vas faire. Y'a pas vraiment cette main de géant au-dessus de toi. Elle est partie un instant, tu la jettes en sachant qu'elle reviendra, mais ça fait tellement de bien de se sentir libre réellement, ça t'enivre au point d'expulser, de ne plus te contrôler. Et là, tes lèvres caressent à nouveau les siennes. Mais cette fois-ci avec quelque chose de plus, un sentiment. Pas vraiment de l'amour, mais ça t'empêche pas de vouloir lui dévorer ses lèvres. Tu tournes légèrement ta lèvres pour voir si de l'autre côté de ses lèvres elles ont le même goût. Le goût de pétale. Le goût de la légèreté. T'aurais envie d'y rester accrocher pendant des heures. Et tu la sers encore plus fort contre toi, tu veux sentir tout son corps contre le tien. Sans t'en rendre compte les corps basculent. Il la tient encore et l'embrasse de plus en plus fort. Il a chaud, il est bien. Les corps reculent. Elle dépose son corps contre une tombe humide. Ils ne t'ont pas oublié ces nuages menaçant quand tu entends le léger murmure des gouttes d'eau contre ta peau. Ce n'est pas comme toi, toi tu as même oublié où tu es. Tu as même oublié qui tu étais, y'a plus rien autour de toi. Tu gardes les yeux fermés, tu es même pas sûr que ce soit elle. Que ce soit evy. Tu t'arrêtes un instant pour la laisser respirer, pour la laisser avoir une réaction. Réagis evy.

nyah:
 



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