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 Hope (a skylan meeting)

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date d'arrivée : 05/11/2012
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What about the town ?: Indiquez ici si votre personnage est au courant ou non du secret de la ville.
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MessageSujet: Hope (a skylan meeting)   Mar 5 Fév - 3:34


it's such a boring and lonely day. (skylar & dylan)


Je m’ennuie. Comme d’habitude. Ça ne changera probablement jamais, avec le peu de fois où l’on me permet de sortir. Il pleut dehors, depuis un bon petit moment. C’est le bruit des goûtes d’eaux tombant dans ma petite fenêtre qui m’a lentement réveillé en ce matin plus que nuageux, aussi monotone que les autres. Si seulement je pouvais sortir et ne plus jamais revenir dans ce foutu centre ennuyeux et merdique. Si seulement. Mais faut pas rêver, ce n’est pas demain la veille que ça se produira. Je pousse un soupire las et frissonne : Bordel, est-ce qu’ils nous mettent le chauffage, ici? J’ai l’impression qu’ils font tout pour nous faire mourir à petit feu. Ou c’est que j’ai cette impression avec tous les gens que je côtois. J’aurais toujours une opinion négative sur cet endroit. Peut-être pas sur Caswell. Huhum. En fait, si, même si j’essayais de me convaincre qu’il n’y a pas du mauvais ici, ce serait faux. Y a que la marina, qui en vaut un minimum la peine. J’y suis déjà allé, un soir. Là, je m’étais assise en tailleur au bout d’un quai et je m’étais laissé bercé par le son des vagues, le vent froid venant caresser mon visage, me murmurant à l’oreille que je partirais bientôt d’ici, que tout n’était qu’une question de temps, qu’il fallait que je sois patiente. J’étais rentrée tellement tard qu’on m’avait à nouveau grondé, ce qui ne fait pas changement. On trouve toujours un moyen de me faire sentir comme de la merde. Peut-être que je vaux pas mieux que ça, aussi. Cette pensée est plus que déprimante et je remonte mes couvertures chaudes sur ma tête, comme pour garder cette chaleur qui, à tout moment, pourrait m’abandonner. J’ai envie de dormir, de ne rien faire de ma journée, qu’aucun intervenant de vienne passer sa tête par l’embrasure de la porte pour me dire que le petit déjeuner est prêt. Ouaip, ce serait une journée parfaite. Et je suis sûre que j’arriverais à dormir tout ce temps, même après douze heures de sommeil profond, j’arriverais à faire ma nuit comme si je j’étais une insomniaque sur le point de fermer les yeux et de tomber dans un état comatique. Je ferme les yeux, me laissant bercer par le doux son des goûtes de pluies terminant leurs vies contre cette fenêtre du centre, essayant de m’endormir à nouveau.

Too bad, Karma’s a bitch! On vient cogner à ma porte au même moment que je sens mes yeux bleus se fermer pour m’emporter au pays des songes. Je grogne de mécontentement alors que la porte de ma petite chambre s’ouvre, dévoilant un intervenant au grand sourire. Je repousse mes couvertures et grimace en voyant le visage tout heureux de cet homme : j’ai envie de vomir, y’a trop de bonheur qui émane de lui ce matin. De sa voix tout aussi joyeuse que son sourire, il m’annonce que mademoiselle Rosenwood vient d’arriver et qu’elle m’attend dans un des bureaux inoccupés d’une ancienne travailleuse sociale. Je fronce les sourcils et réalise enfin qu’on est mercredi et que oui, j’ai bien une rencontre avec elle, comme on avait convenu ensemble y’a deux semaines. Je pousse une petite plainte et me redresse dans mon lit simple, puis, lentement, je dépose mes pieds nus sur le sol froid de la chambre. Je me lève et reste planté là, jetant un regard lourd de reproche à l’intervenant et il réalise qu’il vaudrait mieux pour lui de sortir et de fermer la porte derrière lui. C’est pas comme s’il allait avoir le privilège de me voir me changer devant ses yeux. Me mordant la lèvre, j’entreprends d’ouvrir le tiroir dans lequel contient quelques morceaux de vêtements pas très originaux et de sortir un chandail noir col en v, un slim gris foncé et sur le bord de percer aux genoux ainsi que des sous-vêtements. J’enlève mon chandail trop grand et met mon soutien-gorge avant d’enfiler l’autre chandail. Je fais la même chose avec le bas. Bordel, même décrire ça, c’est ennuyant. Même dans la vie de quelqu’un d’autre, donner des infos sur la couleur de sa petite culotte c’est plus palpitant que ça. Je termine d’enfiler mon jean et cherche une paire de bas avant de les mettre et de prendre mes vieux Converses noirs et troués à plusieurs endroits, que je chausse rapidement avant de prendre du bout des doits un élastique pour nouer mes longs cheveux bruns et ondulés en une haute queue de cheval. J’ai l’air de rien, mais j’ai pas besoin d’être jolie. On fait pas attention à mon apparence dans ce foutu établissement. J’ouvre la porte et la referme bruyamment pour signaler au gars que je suis sortit et ensemble, nous nous rendons jusqu’au petit bureau. Je me fais accompagner comme si j’étais une petite de huit ans, c’est tout sauf plaisant. Et lui qui sifflote, j’ai envie de lui coller mon poing à la figure. Par chance, il n’en faut pas long pour arriver au lieu de rencontre et il m’abandonne rapidement, me souhaitant une bonne rencontre. Bon débarra! Je reste plantée devant la porte close quelques secondes avant de finalement tourner la poignée et de pénétrer dans la pièce.

Entre Dylan et moi, ça a jamais été horrible, comme relation. Elle est gentille, je pense qu’elle veut vraiment m’aider. J’aime bien cette idée. Y’a moi, au début, qui a fait ma sauvage, comme je sais si bien le faire. Au fil des rencontres, j’ai quand même baissé la garde et je me suis ouverte un peu plus, laissant de côté ce caractère de cochon que je tiens fort probablement de mon putain de père. Maintenant, ça va, entre elle et moi. Quelques fois, je vais encore être bête, mais bon, on arrive à s’entendre sur le fait que je suis naturellement comme ça le matin : d’humeur massacrante. Je lui offre un petit sourire, le meilleur que je peux faire par un avant-midi merdique et pluvieux, avant de m’asseoir sur la chaise devant le bureau. « Salut. » j’articule de ma voix cassée. C’est toujours comme ça le matin, surtout qu’il faisait froid dans ma chambre. C’est des plans pour que je chope la crève. Mon regard se pose sur la petite horloge bleu poudre posée sur le mur à ma gauche et remarque l’heure : 9h35. Pas mal, après la rencontre, je pourrais peut-être arriver à avoir de quoi à grignoter avant le déjeuner.




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MessageSujet: Re: Hope (a skylan meeting)   Jeu 14 Fév - 3:03







Je déteste cet endroit. Il est encore tôt et la brume ne s’est pas encore totalement dissipée, elle flotte mollement, fantomatique entre les arbres qui entourent l’établissement. Je hais ce bâtiment qui se veut accueillant, la pelouse parfaitement entretenue et les murs d’un blanc immaculé. Je déteste les sourires calmes des infirmières et l’odeur de désinfectant qui s’imprègne partout, dans mes cheveux, sur mes vêtements, cette odeur écœurante qu’ils utilisent pour cacher celle de la mort. Le parking est désert, les heures de visites n’ont pas encore commencé. Mon SUV gris métallisé est le seul véhicule garé sur les graviers devant le centre de repos. Je contemple la silhouette du bâtiment, quelques fenêtres sont illuminées contre les premières lueurs de l’aube. Je jette un coup d’œil à l’horloge numérique sur le tableau de bord. 9 h 17. Il est presque l’heure. L’habitacle sent encore le tabac froid et l’aftershave. Je ferme les yeux et presse mes paumes contre mes paupières closes. Je les rouvre avec un soupir, de petits blancs dansant dans mon champ de vision. Je contemple mon reflet dans le rétroviseur. Mes cheveux encore mouillés collent contre ma nuque et les cernes violacés sous mes yeux me donnent l’air d’une junkie en manque. La vérité c’est que je n’ai pas vraiment fermé l’œil de la nuit. J’aurais préféré regarder de mauvaises téléréalités, mais j’ai compté les heures défiler en contemplant une fissure au plafond en écoutant la respiration d’Ash dans le noir. Je suis revenue vers lui. Rien de surprenant, rien de glorieux non plus. Je sais ce qu’il a fait pendant mon absence, mais je n’ai rien dit. Il n’a rien dit non plus. Les choses sont plus faciles ainsi. Sauf qu’elles ne le sont plus tout à fait.

J’ouvre la portière et sors de la voiture. Je fais quelques pas en direction du bâtiment, mes talons crissant sur le gravier, avant de m’arrêter quelques secondes surpris. Il n’y a pas le moindre bruit. La forêt est muette, pas de vol d’oiseaux, pas de criquets. Le silence semble étrange, presque surnaturel. Je jette un coup d’œil vers la forêt et réprime un frisson. Les arbres semblent immobiles, imposants, une masse menaçante qui projette son ombre sur le centre de repos. Je secoue la tête en me rendant compte du ridicule de mes pensées et accélère le pas pour pénétrer dans l’enceinte. Je salue les quelques visages fatigués à l’accueil et récupère mon badge que j’accroche bien en vue sur mon cardigan, le même que celui que je portais la veille.

L’aile qui me concerne se trouve au sud du bâtiment, celle qui a vu sur la mer. Pour y accéder, je dois traverser des couloirs sans fin, passé devant des portes closes sans oser imaginer ce qu’il se passe derrière. Je sais qu’on est bien loin de « Vol au dessus d’un nid de coucou », mais l’endroit me mets mal à l’aise. La plupart des gens sont ici de leur plein gré, alors pourquoi il y a-t-il des barreaux aux fenêtres ? Je baisse la tête et me concentre sur le bout de mes chaussures qui racle le linoléum aux couleurs criardes. J’ai plusieurs rendez-vous ce matin et la seule chose qui me retient de tourner les talons est la perspective de prendre des nouvelles des jeunes dont je m’occupe.

L’aile des enfants n’est pas médicalisée, la plupart sont ici parce qu’ils n’ont pas d’autre endroit où aller, certains vont rapidement se trouver en famille d’accueil, d’autres attendent simplement de pouvoir rentrer chez eux après une fugue. Et puis il y a Skylar.

Je m’installe dans le petit bureau que m’indique le responsable. Je sors le dossier de ma mallette et l’ouvre distraitement. Rocket Skylar Hallowell, préfère se faire appeler Skylar, compréhensible. Mère décédée, père inconnu, aucune famille en vie connue, n’a déjà fugué de plusieurs familles d’accueil, a eut la malchance de se retrouver à Caswell. On a dû lui dire des dizaines de fois qu’elle n’avait pas d’avenir, pas d’espoirs. Elle n’a rien sur quoi se construire, pas de fondation à son identité, personne n’attends Skylar, nulle part. Elle avait tout pour être la représentation parfaite, la démonstration des théories de mes livres de sociologie. On ne peut pas aider les gens qui ne veulent pas s’en sortir. Il aurait été si facile d’abandonner et je suppose qu’elle l’a fait, à plusieurs reprises. Mais la jeune fille qui entre dans la pièce en me lançant un sourire n’est pas un cas désespéré. Il y a des gens comme ça, qui vous touche sans que vous arriviez vraiment à savoir pourquoi, qui provoque en vous une réaction alors que vous essayez d’être le plus détaché possible. J’ai de l’affection pour Skylar et je crois qu’au fond, c’est parce qu’elle me rappelle un peu Ash. Je lui souris en retour et ferme son dossier.

« Bonjour Skylar, comment tu vas depuis la dernière fois ? »

Je ne lui en voudrais pas de me dire encore une fois qu’elle veut sortir d’ici. Je comprends le sentiment. Mais le psychologue insiste. Elle doit rester encore un peu plus longtemps, juste un peu plus longtemps. Je comprends sont points de vue. Ses 18 ans approchent. Et une fois ses 18 ans atteins Skylar pourra faire ce qu’elle veut. Partir de Caswell sans se retourner si ça lui chante. Et je ne pourrais plus l’aider, plus l’atteindre si elle s’en va. Je prends mon stylo et mon calepin dans mon sac à main. J’en sors également un livre que je pose sur le bureau avant de le faire glisser vers elle.

« Je t’ai apporté ça, je me suis dit que ça te ferait passer le temps. L’Attrape-Cœur, tu connais ? C’est l’édition d’un ami, tu peux la garder aussi longtemps que tu veux. »

J’ai trouvé le livre chez Ash, en essayant de rattraper une de mes boucles d’oreilles tombées sous le lit. C’est une vieille édition cornée et usée par le temps. J’ai questionné Ash sur sa provenance et il m’a jurée ne pas savoir d’où il pouvait venir en s’outrant du fait que je puisse penser qu’il l’ait lu. « Ça doit être à Travis. » Pourtant, je sais qu’il est à lui. Je trouve ça étrangement adéquat. L’histoire d’un adolescent qui prend la fuite, un adolescent différent et un peu paumé, persuadée d’être seule au monde. Je lui souris une nouvelle fois. Oui, étrangement adéquat.



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MessageSujet: Re: Hope (a skylan meeting)   Mer 13 Mar - 4:00


it's such a boring and lonely day. (skylar & dylan)


J’observe les aiguilles de l’horloge encore et encore, comme si j’étais obnubilé par celles-ci, sans savoir vraiment pourtant. Je sais pas quoi ajouter de plus à mon «salut», qui fut, étonnement, plus gentil que ce à quoi je m’attendais. Ce qui est sûr, c’est que j’ai beau vouloir donner cette image de fille-qui-se-fou-de-tout-mode-badass, mais avec Dylan ça ne fonctionne jamais vraiment. C’est peut-être parce qu’elle est jeune, qu’elle est pas chiante comme les autres travailleuses sociales que j’ai pu croiser dans ma vie. Ou qu’il y a simplement ce truc qui fait que je me sens plus à mon aise avec qu’elle qu’avec n’importe qui ici. Elle a l’air de vouloir m’aider et elle a l’air sincère. Pas comme certaines qui le disent, mais qui le pensent pas. Elle, je pense qu’elle croit que je peux m’en sortir. Je sais pas, j’en sais rien. J’aimerais croire que je peux changer, que, si je me prend en main, il pourra m’arriver de bonnes choses dans le futur. Mais j’ai peur. Vraiment peur. Parce que ma vie a jamais été facile, alors pourquoi elle le serait plus dans quelques années? J’avoue, j’ai jamais vraiment fait quelque chose pour me prendre en main. J’aurais aimé, sincèrement. Sauf que seule, on arrive à quoi, au bout du compte? On termine encore dans une fête à boire n’importe quoi, à fumer n’importe quoi. À faire n’importe quoi. Encore et encore. C’est un cercle vicieux et pour s’en sortir, on a besoin de l’aide de personnes qui croient en nous. Vous pouvez chercher, dans ma vie, y’a pas de traces de ce genre de personnes là. Elles se sont fait invisibles à chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque journée, chaque semaine, chaque mois, chaque année. En fait, je raconte n’importe quoi : je sais même pas si j’ai la détermination pour faire ces efforts-là. Et pourtant, la vie serait tellement meilleure. Faut croire que j’y suis attachée à cette vie de solitude. « Bonjour Skylar, comment tu vas depuis la dernière fois ? » La voix de Dylan me sort de ma rêverie et je détourne mon regard de l’horloge avant de le poser sur elle, haussant les épaules. Comment je vais? Moi-même, je sais pas mettre de noms sur les émotions que je ressens. Y’a comme un grand vide dans ma poitrine, mais en même temps, toute cette colère, cette tristesse. Ça me gruge de l’intérieur, un peu plus à mesure que le temps passe. Les secondes passent sans que je ne donne une réponse. J’y réfléchis sérieusement. Je peux pas dire que je vais mal, parce que rien de bien horrible ne m’est arrivé. Je peux pas dire que je vais bien, parce que je ressens pas ce bonheur en moi. C’est vide. Je soupire et pianote sur le dessus du bureau avant de finalement lui répondre : « Bien, si on ne prend pas en compte le fait que j’ai toujours pas envie d’être ici. » Par « ici », je veux dire au Centre. C’est une plaie, cet endroit. Aucune liberté, rien. Les quelques temps libre que j’ai, j’en profite pour sortir d’ici, sinon j’étouffe. J’aime mieux m’ennuyer dans cette ville que m’ennuyer dans ma chambre trop petite et pas chaleureuse. Des fois, il m’arrive de traîner avec les enfants présents au centre. Ça m’apaise un peu, d’être avec eux. J’aime bien les faire rire, j’aime qu’ils me reconnaissent en me voyant arriver, en étant heureux que je sois avec eux. Ça me donne l’impression d’être aimée par quelques personnes, au moins.

J’observe Dylan qui prend un crayon ainsi que son calepin dans son sac à main puis, elle sort ensuite un livre qu’elle dépose sur le bureau et qu’elle glisse vers moi. Je me redresse de sur la chaise où je suis assise pour observer un peu mieux la couverture du bouquin et je peux y lire le titre, L’Attrape-Cœur. Ça me dit un truc, peut-être qu’on avait du le lire en cours et que je l’ai tout simplement pas lu. C’est sûrement ça. « Je t’ai apporté ça, je me suis dit que ça te ferait passer le temps. L’Attrape-Cœur, tu connais ? C’est l’édition d’un ami, tu peux la garder aussi longtemps que tu veux. » Ce petit geste me fait sourire, étrangement. Dylan a vu ce livre et elle a pensé à moi. Elle a pensée que j’aimerais peut-être le lire. Comme ça. Ça me fait chaud au cœur. Il y avait longtemps qu’on ne m’avait pas prêté un truc simplement pour le plaisir, sans que je doive rien en retour. « Merci. », j’arrive à lui dire après quelques secondes de silence durant lesquelles j’observe encore la couverture du livre. Elle peut être sûre d’une chose, c’est que je le lirais, ce livre. Peut importe qu’il s’avère intéressant ou pas. Ça va m’occuper pour quelques temps, ça va faire passer les heurs plus rapidement. Déposant ma main sur le livre, je le glisse vers moi et le prend avant de le regarder à nouveau. La couverture est simple, mais l’usure du temps la rend un peu plus fragile. Il n’est pas récent, mais on s’en fou. J’ai toujours aimé les choses plus vieilles, usagées. Comme si les nouvelles choses étaient trop parfaites. Comme si j’avais besoin d’objets ayant été brisés ou ayant traversé les mois, les saisons, les années. « Je commencerais à le lire cet après-midi… » Je passe mes mains froides sur la couverture et lève la tête pour offrir un petit sourire à Dylan. Je lui suis reconnaissante pour cette petite attention. Suite à mes paroles, un léger silence s’installe entre nous, un silence calme, sans malaise. Je me sens bien avec elle, comme si, même si son travail est d’être gentil avec ceux qu’elle aide, elle veut vraiment m’aider. Qu’elle ne faisait pas semblant de m’apprécier. Où c’est peut-être moi qui me fait des idées, mais, bizarrement, j’aime mieux m’en faire que persister à croire que toute la Terre est lignée contre moi. « Et vous? Vous allez bien? » Politesse, quand tu nous tien. Oui, ce matin, j’ai envie d’être gentille avec quelqu’un. Parce qu’on le sait tous, au fin fond, que je suis pas la plus méchante des adolescentes.




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MessageSujet: Re: Hope (a skylan meeting)   Jeu 14 Mar - 21:47



Tout se brise. C’est dans l’ordre des choses. Rien ne reste jamais intact, parfait, neuf. Rien ne reste entier pour toujours. On peut briser une confiance, une promesse, un cœur. On peut briser une personne en quelques mots. C’est ce que Gloria a fait, sans remords, sans regret. Je me demande si elle s’est souciée des conséquences de ses actes, si elle s’est rendu compte que plus que des lignes dans son article, les gens qu’elle a interrogés étaient des personnes, des gens avec une vie, un travail, une famille. Elle doit être tellement fière, de son coup de maitre. Tellement fière d’avoir réussi à humilier la ville et ses habitants. Pour quoi au final ? Pour le plaisir malsain des ceux qui vont lire son article, pour rassurer quelques hauts gradés à l’autre bout de l’état. Ravager des vies, disloquer une communauté, on ne se rend compte de ce que l’on a qu’une fois qu’on la perdue. C’est bien cela l’expression consacrée. On ne peut savoir à quel point ont tiens à quelque chose qu’une fois qu’on est sur le point de vous l’enlever. Quelques parts, le long de la longue route que j’ai parcourue avec Ash, je pense avoir acquis la certitude que nous étions invincibles. Que rien ne viendrait perturber notre petite routine bien huilée, que les obstacles n’étaient rien d’autre de plus que des incidents sans conséquences, des nids de poule dans le goudron. Je n’avais, bien sûr, aucune idée de l’endroit où cette route pouvait nous mener. Mais parfois le voyage est plus important que la destination. Et quel voyage ! Des réconciliations et des disputes, des jours de « Je t’aime » couplés aux jours de « Moi non plus ». Il est tellement facile de se penser indestructible quand on joue avec le feu pendant aussi longtemps sans se brûler. J’avais torts, bien entendue. C’est une constante chez moi. Je pense détenir la vérité, je pense tout savoir, tout connaitre, tout prévoir, jusqu’au moment où tout s’effondre.

J'essaye de sourire, mais je sais que je n'arrive à produire qu'un rictus douloureux. Comment je vais ? Si j'en avais la moindre idée. Je suis étrangement vide, presque détachée de l'énormité de la situation, comme si une autre personne était en train de la vivre à ma place. Je contemple de l’extérieur Dylan, la femme si sûre d’elle et de ses capacités, Dylan qui pensaient être invincibles, je la regarde partir en morceaux, je la regarde disparaitre doucement sous le poids de toutes ses erreurs. Je la regarde essayer de garder un visage indifférent et professionnel quand il suffirait simplement d’une brise pour faire s’écrouler son château de cartes.

« Ces derniers jours ont été un peu... Difficiles. »

Skylar n'a certainement pas lu la presse, pas ici. Elle l'apprendra bien assez tôt. Elle est loin d’être stupide, je n’ai pas besoin de lui apprendre comment sont les habitants de Caswell. La rumeur viendra jusqu’ici, j’en suis certaine. Rien ne reste secret bien longtemps. Et bizarrement cette idée me déplait. Je ne veux pas qu’elle perde l’estime qu’elle a pour moi. Pour Skylar, je ne suis certainement qu’une assistante sociale de plus, quelqu'une qui essaye de remettre de l’ordre dans sa vie. Mais j’ai gagné sa confiance, gagné peut-être un petit peu de son respect. Je me soucie de ce que les gens pensent de moi, trop certainement. Si ce n’était pas le cas il y a longtemps que j’aurais quitté mon mari pour être avec Ash, si ce n’était pas le cas il y a longtemps que j’aurais fait mes bagages et quitté cette ville. Mais j’y accorde beaucoup d’importance, énormément d’importance. Et ce que Skylar peut bien penser de moi… je m’en soucie aussi. Étonnement plus que ce peuvent penser les vieilles mégères du club de macramé qui se réunissent à la salle des fêtes tous les jeudis soirs. L’avis de Skylar compte, sans que je sache vraiment pourquoi. Peut-être que l’on ne prend conscience de sa vraie valeur qu’à travers les yeux de ceux à qui on tend la main.

« Les choses vont s'arranger, elles s’arrangent toujours. C'est ma philosophie. Enfin, assez parlé de moi. “

Je balaye le sujet d’un geste de la main. Oui, les choses vont s’arranger, peu importe la manière. Je lui souris, plus facilement cette fois et parcours rapidement mes notes de la séance précédente il y a quinze jours.

« Je pense qu’il serait peut-être temps de réfléchir à ton avenir scolaire. On est encore en octobre tu pourrais reprendre les cours si tu veux, en aménageant des leçons supplémentaires tu pourrais rattraper ton retard. Ça voudrait dire t’inscrire au lycée de Caswell. Je sais que l’idée n’est certainement pas des plus réjouissante, mais je pense que voir du monde te ferait du bien. Tu pourrais sortir d’ici… mais si tu préfères on pourrait essayer l’enseignement par correspondance si c’est ce que tu veux. Le choix t’appartient et je sais que tu es capable de réussir. »


J’attrape mon sac sur le sol et en sors une pochette cartonnée jaune.

« C’est de la documentation à propos des universités du coin. J’ai pensé que tu pourrais commencer à les feuilleter. Je ne sais pas si veux aller à l’université et encore moins si tu veux rester par ici, mais je pense que tu devrais sérieusement l’envisager. Tu es une fille intelligente Skylar, tout à fait capable. Tu pourrais choisir pour toi-même et décider de ton avenir, prendre en main ta vie. Toi seule peux en décider. Quoique tu choisisses, je te soutiendrais et j’essayerai de t’accompagner au mieux... Enfin sauf si tu décides de devenir ‘danseuse exotique’ c'est mal payé et les possibilités d'évolutions sont limitées. »





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MessageSujet: Re: Hope (a skylan meeting)   Sam 8 Juin - 23:10


it's such a boring and lonely day. (skylar & dylan)


Elle a pas l’air d’aller. J’en connais un rayon, d’ailleurs. Mensonges, cachoteries, faux sourires. J’ai vécu ça, je le vis encore. En permanence. On peut pas me cacher beaucoup de choses. Je remarque, j’observe. Mais je dis rien. Parce que, de toute façon, on m’écoute pas. On finit par me couper la langue, on me tait. Et quand je m’exprime, le flot des paroles de révolte se déverse sur les gens, les engloutit avec moi. Comme un tourbillon qui me ferait sombrer au font de l’océan, l’eau froide et sombre remplissant mes poumons seconde après seconde, pour m’étouffer, me noyer avec mes propres paroles. Comme si j’avais la corde au cou depuis ma naissance. Fuck. J’inspire grandement, brisant un silence lourd de sens. J’attend sa réponse, j’attend qu’elle ouvre la bouche, pour me mentir sur la cause de son mal être, pour me dire que, « non, non, je vais bien ! » Puis, bon, si elle me ment, je lui en tiendrais pas rigueur. Je suis jeune, j’ai la vie devant moi, j’peux pas comprendre des trucs d’adultes, hein ? Si, j’peux comprendre. Je comprend mieux que la plupart des adultes. « Ces derniers jours ont été un peu... Difficiles. » Je lève la tête ; Nos yeux bleus se croisent. Je la fixe, sans sourire. Je suis pourtant heureuse qu’on me mente pas. Quand j’étais jeune, on me mentait toujours. On m’a toujours menti, à chaque seconde de ma vie. Et là, y’a Dylan. Dylan, qui me ment pas, qui m’avoue que, non, ça va pas très bien dans sa vie. Mon cœur se serre, il n’aime pas ça. ‘chier, pourquoi les trucs comme ça arrivent aux gens qui le méritent pas ? Pourquoi ? Des gens comme elle, ça mérite pas de vivre des trucs de merde, peut importe ce qui lui arrive. Parce que c’est une femme qui veut aider, qui veut le bien des gens. La vie devrait s’acharner que sur les gens qui le méritent vraiment, les mauvais, les bons à rien. Pas sur des gens qui essaient d’aider les autres, pas sur elle, qui me tend la main et qui espère que je la prenne pour qu’elle puisse me sortir de cette merde. J’voudrais, oh oui, j’voudrais. Mais j’y arrive pas. Pas encore. C’est trop tôt, et pourtant… « Les choses vont s'arranger, elles s’arrangent toujours. C'est ma philosophie. Enfin, assez parlé de moi.» Un petit sourire se dessine sur mes lèvres ; J’adorerais pouvoir penser comme elle, pouvoir être positive et me dire que tout va s’arranger. Ne pas passer ma vie à me dire constamment que j’vais terminer comme ma mère, six pieds sous terre, abandonnant une gamine à son propre sort. Je ne sais pas trop quoi dire, quoi ajouter, alors j’hausse les épaules et ouvre la bouche : « Sans doute. J’espère pour vous. Sincèrement. » Je ne mens pas, je voudrais que sa vie soit la plus paisible possible, qu’il n’y ai plus aucun malheur, juste le calme, la paix. Elle le mérite.

Je l’observe, qui parcourt les notes dans mon dossier. De quoi traitera la rencontre d’aujourd’hui ? J’ai rapidement ma réponse. Quand le sujet de l’école s’incruste dans la conversation, j’en ai des frissons. Je n’ai jamais vraiment aimé les cours. Ou étais-ce les gens qui étaient dans mes classes, qui m’empêchaient de bien apprécier la matière donnée, que je comprenais souvent très rapidement. Des idiots par-ci par-là qui s’amusaient à lancer des boules de papier mâchés au plafond, des filles superficielles qui jacassaient de choses futiles comme la couleur de leur vernis à ongle ou un après-midi passé au centre commercial. Un blabla perpétuel qui résonnait dans ma tête alors que j’essayais de me concentrer, d’écouter ce que le prof avait à dire. Mais c’était souvent ennuyeux, tout ça. Tellement ennuyeux que j’en venais à dormir en cours. Le front contre le bois froid du bureau, la tête ailleurs, la tête pleine de rêves. Quand je ne dormais pas, je séchais. C’est bien plus amusant traîner avec ses amis et rire que d’être coincée dans une classe à apprendre quelque chose que j’avais assimilé plus rapidement que la moyenne. Alors, pour bousiller un peu plus la mince chance d’avoir un bon avenir, je criais au monde ma colère, ma rage. Sur les murs de l’école, sur les murs des bâtiments, en manquant de respect aux gens qui n’avaient pas de respect pour moi. Crier au monde entier que je le détestais pour que, peut-être, un jour, mon père finisse par l’entendre de vive voix. Crier à en perdre haleine pour que ma mère, bien au chaud dans son cercueil, puisse entendre le hurlement de ma voix. Parce que même l’école me donnait envie de hurler. Alors, m’imaginer en cours, à Caswell, c’est aussi tentant que de me faire tirer une balle dans le pied. Ça fait mal. Je secoue vigoureusement la tête en signe de négation. Elle ne le sait pas, je ne lui ai jamais dit, c’est la première fois qu’on aborde le sujet. Déjà, les cours par correspondance m’intéressent un peu plus. Pas d’horaire fixe, pas de bruits parasites, un prof, un élève, internet. La magie de la technologie. « Je crois que j’préfère les cours par correspondance, honnêtement… » Elle voulait peut-être me voir aller en cours, me voir sortir d’ici, mais j’ai pas envie. Pas pour l’instant, en tout cas. Je veux rester le plus loin possible des habitants de cette ville qui m’ennuie, qui pompe mon énergie. Y’a qu’elle, que j’aime bien. J’aime sa voix rassurante, j’aime qu’elle ai confiance en moi, qu’elle soit là pour me soutenir, me pousser. Mais j’ai peur. Peur de la décevoir. C’est horrible, comme sentiment. Ça m’arrive rarement, pourtant.

Elle attrape son sac au sol et en sort une pochette cartonnée jaune, qu’elle me tend. Je la prends, l’écoutant parler de ce qui s’y trouve à l’intérieur : de la documentation pour les universités du coin. Ça aussi, ça me fait peur. Ça me glace le sang. C’est un choix pour mon avenir, un choix pour ma vie future. Je dépose la pochette sur le bureau d’un geste brusque, comme si la seule pensée de ces années futures me brûlait. C’est étrange, voir qu’une personne se soucie autant de moi, de mon sort. Qui veut me voir réussir. Dans ma tête, j’en avais pas, de futur. Zéro. En même temps, j’ai jamais voulu terminer comme ma mère ou comme mon père. Des cons qui n’ont rien fait de leur vie, qui ont foutu une vie en l’air, la mienne. Pourtant, plus je grandis, plus mon comportement est une reproduction du leur. Alors, j’ai encore peur. J’suis une grande peureuse, faut croire. Une peureuse qui se mène seule vers le précipice, l’air de rien. Je rigole à sa remarque sur le métier de danseuse exotique. Elle me fait rire, elle arrive à détendre un peu l’atmosphère. « Rassurez-vous, c’est pas dans mes projets d’avenir, d’être danseuse exotique. » C’est assez étrange, m’entendre plaisanter comme ça, ce ton de voix que j’ai pas souvent. Je prends une bonne inspiration, pour essayer d’assimiler les informations au travers de ce qu’elle m’a dit. Elle me trouve intelligente, elle a confiance en moi, en mes capacités. Si je pouvais, j’en pleurerais. Mais je pleure plus aussi facilement qu’avant. Avec les années, je me suis endurcie, j’ai remplacé la tristesse par la rage. Je voudrais qu’elle voie à quel point ça me touche, les efforts qu’elle fait pour moi. « Je… Je sais pas ce que j’aimerais faire plus tard… » J’ai la voix cassée, la voix qui tremble un peu. J’ai jamais pensé à ce que je voudrais exercer comme profession. J’y ai jamais accordé d’importance. Parce que dans ma tête, si je pouvais, je resterais éternellement adolescente. Sans responsabilités, sans rien. Juste le vide, la vie, puis moi, qui gueule encore ma rage, mon désespoir, jusqu’à ce qu’un jour, j’y arrive plus. Le jour de ma mort. Je me suis toujours vue comme ça. La possibilité d’un futur pas trop moche, j’y avais pas pensé avant maintenant. Ça me fou encore la trouille. « Je veux pas terminer comme ma mère et je veux pas terminer comme mon père, même si j’sais pas trop ce qu’il fait dans la vie. J’sais pas ce que j’aime, j’sais pas ce que je voudrais faire. J’veux pas me retrouver à exercer un métier de merde et trouver ma vie pathétique. Mais j’sais pas… » Ma voix se brise, je serre les poings. Y’a ce vide, en moi, qui grossit, qui serre mon cœur dans un coin de ma poitrine, pour me montrer gentiment que, même si j’donne l’impression d’être une dure à cuire, j’veux juste pouvoir finir ma vie en étant fière de moi, de ce que j’suis devenue. Et ça, je crois que Dylan l’a comprit.





and despite everything i'm still human but i think i'm dying here.
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MessageSujet: Re: Hope (a skylan meeting)   Dim 8 Sep - 20:05

La rancœur est le pire des poisons. Elle s’infiltre dans les cœurs, insidieuse et bien plus dangereuse que la colère qui la précède. Elle s’accumule doucement, comme les métaux lourds qui empoisonnent le sang au fil du temps. Elle tue à petit feu, elle ronge et corrode jusqu’à l’âme. J’ai de la rancœur pour Ash, je crois que j’en aurais toujours. De la rancœur mal placée de ne pas avoir été la seule femme dans sa vie ou justifiée lorsqu’il me fait du mal. Je suis la reine de la rancœur, du moins je l’étais, je pensais l’être. Je me suis forcée à pardonner, sans jamais oublier. Quand j’étais encore au lycée, j’avais lu cette citation sur la porte des toilettes des filles, certainement écrite par un cœur brisé en dérive ; « La confiance est comme un miroir brisé, on peut le réparer, mais on en verra toujours les fissures. » Je ne peux m’empêcher de trouver une certaine vérité dans cette poésie d’urinoir. Alors, comment en vouloir à Skylar de balader sa rancœur ? Envers son père, envers sa mère, envers le monde ? J’aimerais me dire que je la comprends. Je n’ai jamais manqué d’empathie, mais je crois que j’ai manqué d’expérience. Ash et Thomas se sont chargés de mon éducation dans la souffrance, mais je ne pourrais jamais totalement comprendre ce que ressent Skylar. J’ai eu des parents, une famille qui malgré leurs travers ont été là pour moi. Ma mère m’invite encore tous les dimanches à venir dîner chez elle après la messe même lorsqu’elle sait que je ne viendrais pas. Je n’ai jamais été seule, jamais totalement, même lorsque je pensais n’avoir plus personne, même lorsque le désespoir prenait le dessus. Quelqu’un m’a toujours tendu la main, même inconsciemment, on m’a toujours aidé à ramper lorsque je ne pouvais plus marcher. Peut-être ai-je un complexe du sauveur, peut-être que je surestime l’impact que je pourrais avoir dans sa vie. Pourtant, j’ai envie d’être la main tendue pour Skylar. J’aimerais qu’elle se sente moins seule. Je crois que j’aimerais qu’elle retrouve un peu d’espoir. Qu’elle comprenne que les adultes ne finissent pas tous par vous abandonner. Alors je lui souris et acquiesce avec bienveillance.

« C’est normal à ton âge de ne pas savoir ce qu’on veut faire de sa vie. Pour être honnête, je crois que je ne suis pas tout à fait certaine de ce que je veux faire de la mienne non plus. Tu as encore le temps d’y réfléchir. »

L’aveu est sorti spontanément, il n’en est que plus vrai. Et il a fallu que je me confronte à Skylar pour me rendre compte qu’elle n’était pas la seule à être perdue. Paumée, je le suis aussi. Non, je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. Mon métier, c’est la seule chose qui me donne l’impression d’être une bonne personne. Non, une bonne personne ce n’est pas exactement vrai, je sais que je ne serais jamais une bonne personne. Une personne passable, quelqu’un de pas trop mauvais. Si on m’avait dit qu’un jour, je réussirais à me contenter du médiocre. Je crois qu’au fond, si j’avais fait autre chose, j’aurais toujours ressenti le besoin de compenser ma personnalité pourrie jusqu’à l’os. Alors, si je ne doute pas de mon travail, je doute du reste, de ma manière de gérer ma vie, des choix que j’ai pu faire et que je ferais encore. J’ai menti. Il existe pire poison que la rancœur ; le doute. J’ai toujours essayé d’être sûre de moi, un choix est un choix après tout, il faut toujours quelqu’un pour le faire. Mais je doute, je doute sans cesse. Sur ce qui est bien, sur ce qui est mal, sur ce que je devrais faire, ce que j’aurais dû faire. Je bois les paroles de Ash sans en croire un mot, parce qu’au fond de moi subsiste toujours le doute que tout çà n’est pas réel pour lui, que rien de ce que nous vivons n’a d’importance pour lui malgré les preuves qui s’accumulent. Et si ce que j’essaye de faire n’avait aucun impact ? Si tout çà n’était qu’un coup d’épée dans l’eau ? Je perds pied, je sais que je ne vais pas tout à fait bien sans pour autant être au plus mal. Gloria a ébranlé mon équilibre, soufflé sur ma maison de paille. Et à l’intérieur, le petit cochon a peur et regrette de ne pas avoir construit une maison de briques comme son frère… ou un mur sur son cœur comme sa sœur. Non, je ne suis sûre de rien, je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait à mon grand regret. Mais je suis sûre d’une chose. Pour construire une maison, qu’elle soit en paille ou en brique, il faut des fondations, même branlantes, même rongées par la pourriture. Il faut se construire sur quelque chose. La passée a beau être un boulet au pied, il est aussi important pour édifier une vie. Et Skylar en a besoin, du moins je le pense, un arbre a toujours des racines.

« Skylar, nous sommes ce que nous décidons d’être. »

Je lui souris et me racle légèrement la gorge, tentant d’invoquer le courage de lui dire ce à quoi je pense depuis notre première séance. J’attendais le bon moment pour l’évoquer, mais je ne sais pas si un tel moment existe. Alors, je lisse un pli imaginaire sur ma jupe et inspire profondément.

« J’ai la possibilité de retrouver ton père si tu le souhaites. Il me suffit d’un simple courrier à l’hôpital où tu es née pour qu’ils me fassent parvenir l’acte de naissance où figure son identité. Je me doute que tu ne veux rien avoir à faire avec lui et c’est compréhensible. Mais peut-être que le poids serait moins lourd à porter, peut-être que tu pourrais te libérer de son fantôme et désacraliser son image dans ton esprit. Tu ne seras jamais comme lui Skylar, le sang ne fait pas une famille. Tu ne seras jamais comme lui et peut-être que pour te le prouver, tu as besoin de savoir. »

Désolée d'avoir été aussi longue. J'ai énormément de mal à me remettre à RP donc la qualité est loin d'être au rendez-vous. Désolée ;_;



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