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 INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »

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date d'arrivée : 22/05/2012
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MessageSujet: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Dim 28 Oct - 20:44


INTRIGUE N°1
Octobre - Novembre

« must be the season of the weird »






« C’est bon, ça tourne ? Ouais alors nous voilà enfin arrivés à Caswell après plusieurs heures de bus depuis Portland. Je maintiens qu’on aurait dû prendre le ferry, mais mon ami ici présent a le mal de mer. Tes premières impressions Jimmy ? »

« C’est définitivement la ville des sorcières ! Regarde-moi ces façades crades ! T’as vu la gueule du type qui nous a indiqué le chemin de l’hôtel ? Il nous regardait comme s’il nous avait déjà balancés depuis la falaise. On m’avait dit qu’ils n’aimaient pas trop les étrangers mais je ne pensais pas à ce point. En plus t’as vu, on est pas les seuls, y’a foule partout c’est impressionnant ! Sérieusement rien d’étonnant à ce que ce coin paumé ai fait la une. Y’a rien d’plus malsain que de laisser les gens s’isoler et gérer leurs affaires tous seuls. Et surtout, ça profite bien à nos amies les crochues tout ça. Tiens par exemple, ce type-là, il a démembré sa femme non ? Puis y’a eu la lycéenne qui s’est mise à vomir du sang en plein examen, où ces deux gamins de maternelle qui se sont plantés des crayons de couleur dans les mains. Si ce genre d’incidents c’est pas le résultat de malédictions ! Non sérieux Robb, je pense que cette fois, on va la trouver notre preuve paranormale ! Coupe la caméra, je veux voir ce que ça donne. »

« Tout ça c’est la faute de l'amiante dans les murs. P't'être bien qu'y'en a plein dans les bâtiments qu'ils construisent là bas au chantier que ça m'étonnerait pas ! Ou p't'être bien qu'c'est la radioactivité nucléaire. Vous savez, les centrales-là qui produisent de l’énergie. Ça fait des années que je dis aux gens du coin qu’il faut qu’ils se liguent contre la centrale du comté voisin. Personne m’a jamais écouté, oh non, personne ne croit jamais le vieux Ray. Maintenant ils l’ont bien profond. »

« J’étais là quand la fille a vomis ses tripes sur sa copie. C’était vraiment horrible. Elle avait les yeux révulsés et n’arrêtait pas de marmonner des choses incompréhensibles entre deux hoquets sanglants. Elle est tombée de sa chaise et elle s’est roulée par terre à cause des spasmes puis tout s’est arrêté net comme c’était venu. Un peu comme dans l’exorciste, sauf que ça, c’était réel. »

« J’en ai rien à faire de toutes ces conneries de rumeurs pseudo-surnaturelles. M’enfin de ce que je vois grâce à ça la ville prend un petit coup de fouet niveau économie. Y’a tous ces pigeons qui viennent dans l’espoir de voir des fantômes et des psychopathes, moi ce que je vois c’est que notre communauté est en train de subir un bien triste temps. Je connais Owell, il n’aurait jamais fait de mal à Cathy, il l’aimait bien trop pour ne serais-ce que poser la main sur elle, et pourtant. Non, j’vous dis, tout ça c’est une bien triste histoire, toutes ces vagues de folies ne sont rien d’autre que l’expression de notre pauvre ville malade. Et les étrangers avec ça ramènent encore plus de tensions. Comme si les gars étaient déjà pas assez à couteaux tirés entre eux. »

« Nous sommes actuellement devant la maison des Preston, récent théâtre d’un meurtre abominable. L’horreur des faits ne saurait cependant se démarquer dans la liste des récents actes de violence inexpliquée qui ont secoué la petite ville de Caswell dans le Maine. Ici on tente de surmonter l’épreuve chacun à sa manière. Une soudaine popularité morbide a depuis peu frappé la région. Comme vous pouvez le voir derrière moi, les gens affluent de toute la nouvelle Angleterre et plus encore dans l’espoir de capter la lourde ambiance qui s’est installée ici. Certains parlent de manifestations surnaturelles, d’autre encore de malédictions. Vampires, sorcières ou encore revenants vengeurs, tout le monde a son hypothèse sur ce qui peut bien se tramer. Quelques soient les raisons de ces tragiques événements, on peut vraiment affirmer que Caswell connait une « season of the witch ». Nous avons cherché à contacter les membres du conseil de la ville pour avoir plus d’informations sur les festivités qui vont bientôt se dérouler en dépit du deuil, mais ils n’ont pas voulu répondre à nos questions. C’était Shirley Jenner pour KFN news. »


« Des extraterrestres ! »

« C’est parce que la ville est bâtie sur un cimetière ! »

« N’importe-quoi, c’est la dame blanche qui a chuchoté aux oreilles des gamins de maternelle ! »

« Et le mec qui a disparu dans la forêt alors ? »

« Avec toutes ces rumeurs, on ne saura jamais la vérité. »



Mes chers amis, le conseil municipal a décidé de maintenir la commémoration de la fondation de notre chère ville et ce, malgré les récents événements. Comme chaque année la célébration s’étendra sur toute la dernière semaine d’octobre selon le programme habituel. Des jeux, des repas, de la musique, des bals costumés, tout ce que nous habitants de Caswell savons mettre en œuvre pour rendre hommage à cette terre qui nous a fourni l’équilibre. Veuillez je vous prie être courtois avec nos visiteurs, on m’a encore reporté aujourd’hui une altercation entre un membre pourtant éminent de notre communauté et un jeune homme de l’extérieur. Je tiens aussi à vous rappeler les consignes de sécurités concernant les Burning Men : comme le veut la tradition les effigies de bois seront réparties à travers toute la ville puis enflammées pendant toute la durée du festival. En raison de l’accident de l’année dernière nous avons renforcé la sécurité pour le clou de la semaine alors rassurez-vous, nous pourrons les jeter à l’océan du haut de la falaise comme prévu. Mes chers concitoyens je tiens à vous rappeler ce pour quoi notre ville prend les lumières de la fête. Caswell s’est bâtie sur des cendres, alors ne laissez pas les rumeurs les plus farfelues tenter de vous détourner de votre foyer. Les récents faits de violence et d’horreur, ne sont que l’œuvre du malaise qui nous secoue tous depuis que les finances de la ville vont au plus mal. Le seul démon dehors est le poids des comtés voisins qui veulent la centralisation. Caswell est et demeurera. Je vous souhaite une joyeuse saison.

Le maire



Dernière édition par CITY COUNCIL le Jeu 31 Jan - 16:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Jeu 31 Jan - 15:58


EPISODE N°1

« the man who knew little »





Madame Sullivan a toujours aimé les ragots. Comment pourrait-il en être autrement quand on effectue un travail aussi passionnant que femme de chambre dans un motel crasseux ? Ce sont bien là les seules joies de la tâche ingrate de ceux qui passent derrière les incivilités du commun. Alors quand madame Sullivan peut entendre échapper une vulgarité, une magouille frauduleuse, ou encore frapper à la porte d’un homme d’affaire décidément bien occupé, elle ne se gêne pas. Mais quand elle a prit son service ce matin du dix octobre, madame Sullivan était loin d’imaginer qu’on allait lui détruire tout le « fun » du job.

« Le sénateur Littleton est mort. Le corps de celui que l’on surnomme encore dans toute la Nouvelle-Angleterre le « faiseur de polémique » a été retrouvé hier matin dans la chambre de son motel sur la route 234 à la sortie de Caswell dans le comté de Knox. A cette annonce, la surprise a saisit tout le corps politique qui se remémore encore vivement son discours sur « l’économie et les valeurs arriérées des régions isolées du Maine » de l’année passée. Mais les raisons de sa présence à proximité de la ville prennent sens en la personne de Jena Summers, prostituée, retrouvée elle aussi morte aux côtés du sénateur. Reconnue comme sa maitresse depuis plusieurs mois déjà, Mlle Summers était originaire de la région. Littleton a déjà par bien des déboires brillé de cette mauvaise manière, serais-ce le faux pas de trop pour l’enfant terrible de la politique ? Un peu plus tard ce matin le caractère homicide de l’affaire a été confirmé par les enquêteurs de la police de Portland, présents sur les lieux depuis hier soir. C’est encore un sombre cas à rajouter à la série noire pour Caswell qui rappelons-le, subit une vague de violence sans précédents depuis quelques semaines. Espérons que l’enquête de ce meurtre sordide prenne son envol dans les prochains jours. Tout de suite, les autres titres de ce journal. »

Les mains sur son chariot de ménage, elle peste sans retenue. Encore un client trop plein pour avoir la force de refermer la porte de sa chambre. Pas faute d’avoir un système de cartes magnétiques simple. Et quand surviennent des vols, c’est toujours les femmes de chambre que l’on blâme, pas la stupidité du client. Reposant son produit à vitres elle s’approche de l’entrebâillement. Le bruit de l’eau l’interpelle. Elle appelle une première fois, frappant de ses doigts noueux sur le battant. Second appel. Elle finit par entrer dans la chambre. Ses cris ont alerté le réceptionniste. Pour madame Sullivan aussi, c’était le faux pas de trop.

« Hey, t’as entendu ce qu’il s’est passé ce matin ? Ma mère et mon père en ont parlé ce midi. Tu sais qu’ils connaissent le propriétaire du motel où ils ont retrouvé le type mort là ? Ouais le politicos. Ben figure-toi qu’ils ont pas tout dit aux infos. Parait qu’yavait du sang partout comme si on avait mis des pétards dans la tête du type. La femme de ménage a eu une attaque. TU-M’ETONNES. J’ai entendu dire qu’il y a eu un incendie et que tout a cramé. Tu crois qu’ces à cause des bougies ? Bah ouais, des bougies quoi. Ils faisaient des pratiques sado-maso tu paries ? »

« Littleton a crevé dans la chambre d’un motel du fin fond d’une de ces régions qu’il décrivait comme arriérées. Moi j’appelle ça la justice. Y’a même rien d’étonnant à ce que ce soit arrivé. Il avait plus d’un ennemi depuis son discours de l’an passé. Nous vendre comme des bouseux pour gagner les voix de ces connards de riches de droite de Portland, moi j’dis, il a que ce qu’il mérite. »

« Encore un problème. Comme si la ville avait besoin de ça en ce moment ! »

« Les inspecteurs trouveront rien, personne aimait Littleton par ici. »

« Et alors ? Il est mort sûrement après une bonne bourre. Moi j’dis il est pas à plaindre. »

Madame Sullivan évanouie sur le sol, le réceptionniste à juste le temps de pousser un cri à son tour. Dans les mares de sang le reflet des flammes s’élève. Elles se propagent rapidement, presque surréelles et viennent dévorer les deux corps. A cet instant, il arrive souvent que l’on pense à des choses futiles pour parer le choc. « Y’avait L’incroyable famille Kardashian à la télévision. » dira-t-il plus tard aux enquêteurs.

Mes chers concitoyens. C’est une fois de plus par un drame que notre ville s’illustre. Je vous prie à nouveau d’éviter d’alimenter la ferveur des journalistes en vous concentrant sur les préparatifs de la fête de la commémoration. La mort d’un politicien de Portland n’est pas du ressort de notre ville mais pour que le calme revienne vite, j'incite chacun d'entre vous à faire son devoir et à collaborer avec la police pour que cette affaire soit résolue. Je profite aussi de ce message pour vous remercier des hommages et des dons effectués au profit des victimes des récents événements et de leurs familles suite à l'appel du précédent communiqué. Je souhaite pour finir saluer Gloria Hartwell pour son retour dans sa ville natale. Nous sommes fiers et rassurés qu’une éminente membre de notre communauté soit l’une des personnes en charge de ce meurtre. Citoyens, réjouissez-vous, l'heure de la fête est proche !

Le maire.



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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Mar 5 Mar - 5:10

PORTLAND HERALD
25 OCTOBRE 2012



Caswell, quand toute une ville veut votre peau.

“ Les gens ici, à Caswell, ils aiment pas ceux qui sont pas d'ici... Les garçons ici, ils m'aiment pas, même les filles. Et pourtant, j'ai pas dit du mal de la ville. ” – T. 12 ans, écolier.

On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, pourtant nous les punissons pour trop de franchise, parfois plus que pour un simple mensonge. Mais jusqu’où peut-on aller dans la vérité, et qu’est-on prêt à sacrifier pour la cacher ?

« Offend one. And you offend them all.* » Qui ne connait pas cette célèbre citation ? Caswell, comté de Knox. Environ deux mille habitants au dernier recensement, isolés par la mer et les forêts. Pourtant vous avez forcément entendu parler de cette petite ville. Oh nous ne nous intéresseront pas à son port antique ou ses arbres centenaires, ni à la production locale de homards. Car si Caswell aujourd’hui s’illustre par-delà l’état même du Maine, c’est de la plus sordide manière. Vous avez forcément entendu le bouche à oreille concernant la frénésie d’incidents rapportés ces dernières semaines. Mais aujourd’hui cette série noire a atteint son paroxysme avec un double meurtre brutal perpétré dans son enceinte. Le corps du sénateur Littleton ainsi que celui d’une jeune prostituée de sa fréquentation ont été retrouvés dans un état innommable dans la chambre d’un motel il y a de cela plusieurs jours. Vidés de leurs sangs, mutilés, brûlés. Les détails ont fait le tour de la région malgré les précautions de la police. Mais ces détails n’intéressent plus personne aujourd’hui. Qui ? Pourquoi ? Comment une telle chose a pu se produire ? Et autant de questions sans réponses qui font stagner l’enquête au point mort. Quelle ironie pour le sénateur que de trouver sa fin au sein d’une de ces régions dont il faisait le fer de lance de ses discours détracteurs. L’économie des campagnes arriérées, ces villes oubliées du Maine ou règnent encore les lois du silence et du talion. Les concernés se sont offusqués. Et les spectateurs ont ri avec légèreté aux évocations, inconscients des choses, brouillés par les fictions de ces familles américaines redneck qu’on leur offre au journal du soir : au final plus pathétiques que menaçantes. Mais cette fois c’est la vérité qui dépasse la fiction. Ironie ? Littleton n’aurait pas pu trouver meilleur moyen pour tout faire éclater au grand jour que de se noyer au cœur même du banc de requins. Car il est à Caswell, une réalité qui se doit d’être dénoncée. Alors qui est le meurtrier ? Anthropomorphisme de la violence, il se pourrait bien que ce soit la ville elle-même.

Une région marquée par des croyances obsolètes et le culte des ragots.


“ Ce sont les rumeurs qui courent. On est dans une petite bourgade, avec ses légendes et ses croyances. Les gens d'ici sont étranges et aiment les choses étranges, ils y croient dur comme fer et veulent convertir ceux qui leur rient au nez. Rien de plus, rien de moins. ” – J. 26 ans, policière.

“ A Caswell, les rumeurs vont bon trains. Personnellement, je ne crois pas à ces conneries. C’est sûrement des adolescents qui souhaitent faire peur à leurs amis qui inventent ce genre de rumeur. ” – E. 31 ans, vétérinaire.

Oui les rumeurs vont bon train. Les dernières en date ? Toutes plus paranormales les unes que les autres. Probablement des blagues d’adolescents en effet. Mais il y aurait alors de sérieuses questions à se poser puisque la plupart de ces rumeurs vraies ou fausses débouchent sur des tragédies. Des gens sont blessés et d’autres sont morts rappelons-le. Mais les locaux d’ici vous diront sûrement que c’était mérité. Que le karma les a rattrapés ou que le tout puissant les a punis. Mais plus que la croyance de dieu, les plus anciens croient en la ville. En son tout. A l’image des paysans égyptiens qui croyaient en la divinité du Nil pour leur apporter bienfaits, les habitants de Caswell semblent tout faire pour honorer leur cité. Car après tout, Caswell était encore il y a quinze ans la micro-city la plus florissante de tout le comté de Knox. « Caswell a raté le coche de la césure post-industrielle, son autorité a refusé l’aide de systèmes plus grands et modernes par peur de perdre son monopole. Il en résulte une stagnation de l’évolution des modes de pensées et des priorités économiques. » Disait Littleton. Comme un vieux royaume à la dérive qui aurait fermé ses remparts, la ville continue d’ignorer l’extérieur. Le conseil municipal trône en bons seigneurs et guident les brebis bien à l’intérieur des murs et des tranchées. Les gens fonctionnent toujours sur l’honneur et les on-dit, les familles se connaissent presque toutes et comme il y a lieu dans de pareils huit-clos, ils pètent les plombs.

Des habitants virulents, pourtant peu bavards.



“ Oui bien sûr, tout le monde le connaissait ici, vous savez. C'était pas quelqu'un de très apprécié d'ailleurs, beaucoup de choses se disaient sur lui, mais rien de bien sérieux... ” – J. 19 ans, écrivaine.

“ Évidemment, Littleton faisait souvent la une. Surtout quand il nous a fait passer pour de gros arriérés, d'ailleurs. Tous les abrutis du village étaient enragés. ” – J. 26 ans, policière.

La nature humaine comporte sa part de ténèbres. Caswell n’est pas bien différente en cela de n’importe qu’elle autre ville. Les gens ont tous leurs petits secrets et tiennent à leur sphère privée. Il y a ici des commerçants, des avocats, des médecins en apparence respectables. Et chacun mène sa petite vie comme il la mènerait n’importe où, ou presque. Dans ces régions isolées habituées à faire face à de rudes tempêtes, des crises sociales et l’isolement, l’individualisme et le capitalisme ne se sont pas implantés aussi profondément qu’ailleurs. A Caswell, la valeur première après « travail » et « famille » est la « communauté ». Et lorsque vous touchez de près ou de loin à cette communauté, ce système qui soude les citoyens, il faut s’attendre à de virulentes représailles de la part de l’ensemble. Et ça, Littleton l’avait bien comprit.

“ Ça aurait été difficile de le louper ce connard ! On parlait de lui partout, et on parle encore de lui partout ! Ouais je prends pas des gants, mais un type qui a parlé comme ça de ma ville, j'ai aucune pincette à prendre avec lui ! Ce type était un enfoiré, y'a rien d'autre à dire sur lui, et franchement, je suis pas mécontent de sa mort. A l'heure où ce type s'est fait saigner comme un porc, je devais être pété comme un coin ! Des rumeurs sur lui ? Y'a que ça ! Partout ! Suffit de sortir un peu, d'aller dans les bars, les langues se délient, se déchaînent ! Vous croyez quoi ? Que les gens d'ici aiment se faire insulter ? Ils se défendent comme ils peuvent, donc ouais, des rumeurs y'en a ! ” – A. 31 ans, médecin.

Car paradoxalement à cette sensation d’appartenir à un groupe et de croire s’épanouir, l’individu se retrouve prit dans un carcan, une toile qui emprisonne sa libre expression. Car ici il faut suivre un code et un certain respect des mœurs. Il faut faire comme tout le monde et surtout mieux réussir que tout le monde. Notre pays étant déjà très puritain, à Caswell on peut voir les lignes historiques et sociales non évoluées des origines. Modèles de vertu, fréquentation assidue de l’église, banlieue agréable où élever ses enfants, tout est fait pour nous faire croire à la perfection. Ici plus qu’ailleurs il y a cette fierté qui délie les langues mais qui scelle en même temps les lèvres sur ce qu’il s’y passe vraiment. Mais toujours avec politesse on vous écartera d’abord, gare à vous si vous insistez.

Car il est inutile de donner un coup de poings dans un filet, il se déformerait sans céder. Oui, Caswell est comme l’un de ces nombreux filets de pêche que l’on voit au loin remonter du fond des mers : on ne garde que les bons poissons et on rejette le reste à la mer. Ici le ton est donné d’entrée, on n’aime pas les étrangers.

Lois du silence et de la honte : rejets et appels à la violence.


Mais les personnes extérieures à la ville ne sont bien souvent pas les plus maltraitées. Car dans de tels paramètres sociaux, les premières failles que l’on cache, sont celles de sa propre maison. Que dirait mon voisin s’il savait. Que dirait ma mère, que dirait mon père. Et toutes ces raisons castratrices qui font de Caswell le modèle extrémiste de nos sociétés humaines. Tout du moins la parfaite relique des systèmes catholiques antiques.


“ Où j’étais ? Je…je ne sais pas, j’étais sûrement alité. Mon père pourra sans doute le confirmer, je…c’est mon lot habituel vous savez, je ne quitte pas souvent le domicile familial… Assez ! Laissez-moi ! ” – L. 20 ans, groom.

Loi du silence, culture de la honte, les habitants ne font pas que se cacher de l’extérieur mais se cachent d’abord entre eux. Comme une mère écartant le rebut de sa portée, les familles cachent l’infamie nommée enfant, les manquements aux règles ou les déviances sociales. Car ici comme ailleurs, l’être humain fait des erreurs qu’il n’assume pas.


“ Vous devriez faire attention et laisser cette ville en paix. Comme vous l’avez si bien dit, qu’est-ce qu’une femme respectée comme moi ferait dans un motel en bordure de la ville ? Je n’ai rien à me reprocher, mais si vous comptez m’accuser de quoi que ce soit, il va falloir faire un petit peu mieux qu’une voiture qui pourrait être la mienne à un endroit où je n’étais pas. Et si vous voulez des infos, essayez de trouver de vrais suspects plutôt que d’emmerder les gens respectables. D’ailleurs la prochaine fois dites le moi à l’avance que je puisse prévenir mon mari, celui qui est avocat au barreau de P. ” – D. 26 ans, assistante sociale.

Car il y a bien un envers du décor. On ne peut pas indéfiniment tout cacher derrière une porte close. Alors Caswell exulte la violence. De pars son animosité constante envers tout ce qui n’est pas né sur son sol, mais aussi par des problèmes hebdomadaires de conflits dans les rues les plus défavorisées de la ville. C’est que les grands manoirs siègent sur des ruines. La région refuse le déficit de la crise et se cache les yeux de sa misère. Attirant dans ses tréfonds tous ceux qui sans foi ni loi, jouent celle du plus fort.


“ Ouais j’suis un habitué des bas-fonds, j’préfère ça à faire semblant d’être honnête. Ouais je mens, je bois, je baise. Ouais j’ai faillis crever un type dans un bar. Mais vous savez quoi ?! C’était un sale con, un sale con comme tous les habitants de cette ville qui se croient meilleurs que n’importe qui. Qui vouent un culte aux faux-semblants et à l’argent et qui ne sont pas dérangés par l’idée de marcher sur les autres pour y parvenir. Ouais j’suis pas tout blanc moi aussi, j’suis même plutôt noir. Mais au moins j’poignarde pas les gens dans le dos, ils savent à quoi ils ont à faire avec moi. Ma réputation fait le reste. J’ai un panneau « attention connard » placardé sur la gueule. Et pour rien au monde j’y collerais un masque. J’ai déjà payé mon temps, pas la peine d’vous faire jouir en m’relisant mon casier judiciaire. Et si vous aviez des preuves j’aurais déjà les menottes aux poignets. Mais allez-y arrêtez moi. J’suis sûr que vous savez déjà que j’y étais à ce motel quelques heures avant. Parce que ouais, j’y étais à ce putain de motel. Avec ma nana. Et j’ai rien à voir avec toutes ces conneries de meurtre. Un type comme moi à rien à cacher puisque tout devient toujours affaire d’état dans cette ville. Alors allez vous faire foutre avec vos putains de conneries connards de flics. ” – A. 36 ans, homme à tout faire.

Dans de telles conditions on comprend mieux les difficultés des autorités pour mettre la main sur un quelconque début de piste. Attitude passive-agressive des habitants, manque de volonté des dirigeants plus préoccupés par le respect de leur tradition de commémoration que par la résolution de l’enquête, c’est bien là une impasse qui attendait les inspecteurs de Portland. Et ils n’étaient pas au bout de leurs surprises.


“ J'ai battu presqu'à mort le meurtrier de ma sœur. J'ai payé pour ça. Le fait que je le laisse vivre, même respirer, dans la même ville que moi montre que j'ai changé non ? ” – S. 35 ans, officier de police.

Y a-t-il encore une rédemption possible pour Caswell ? Comment rattraper le schéma quand des années d’obstination ont perdu une ville dans un autre espace-temps ?

L’enquête dans une impasse. Actuel manque de preuves ou complète incompétence et manque de volonté des autorités locales ?


Il est un dernier point qui semble important de soulever et pas des moindres : la compétence des autorités de Caswell. Débandade annuelle et habituelle ou impuissance identique à celle des autorités de Portland ?


“ Quant à savoir ce qui se dit aux comptoirs des ivrognes de Caswell, je suis la mauvaise personne pour vous renseigner, je n’y mets jamais les pieds. En revanche, je vous conseillerais d’aller consulter l’officier S. à ce sujet, je le crois bien informé. ” – B. 18 ans, lycéenne.


“ Le plus bizarre, peut-être, c'est qu'il n'y avait personne qui patrouillait dans le secteur ce soir-là. Alors que j'avais entendu le chef dire qu'il fallait renforcer la surveillance de ce coin-là, depuis les derniers incidents. Je suis du genre à détendre l'atmosphère, même quand il ne faut pas. Le soir du 18... je devais être au bar, noyer les dures journées. ” – S. 35 ans, officier de police.

Je tenais à être honnête sur les méthodes employées pour m’infiltrer au plus près de la vérité de l’affaire. Je me suis en effet fait passer pour l’une des inspectrices en charge, au nez et à la barbe des véritables inspecteurs et des policiers de Caswell. Je me suis servie du fait que j’étais originellement née ici pour pouvoir obtenir naturellement leur confiance. Je me suis servie de leur système contre eux. N’est-ce pas là la preuve que celui-ci est défaillant ? Je n’ai utilisé aucune fausse identité ou faux badge. J’ai suivit la véritable loi en flouant la leur. A aucun moment on n’a mis en doute mes paroles ni effectué la procédure de vérification qui aurait dû être menée. N’est-ce pas là la preuve de l’incompétence complète des autorités locales ? Voire de la naïveté de ce système basé sur les rumeurs ? C’est à se demander si même les bonnes vieilles lois de notre pays ont encore lieu ici. De là à crier à la corruption, il n’y a qu’un pas. Après tout, toute la ville aurait pu vouloir en finir avec Littleton. Et qui que soit la ou les personnes coupables de cet acte inhumain, elles n’auront fait que lui donner raison.

Littleton, un martyr d’une culture violente à la dérive qui devrait être recadrée au plus vite et dont chacun doit prendre conscience de l’existence. La réalité dépasse parfois la fiction. Et certains sont prêts à tout pour la camoufler.

Photos et propos recueillis auprès des locaux par Gloria Hartwell.
*« Offensez-en un. Et vous les offensez tous. » Tod Browning’s « Freaks », 1932.


Dernière édition par CITY COUNCIL le Mar 5 Mar - 5:42, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Mar 5 Mar - 5:11


EPISODE N°2

« my fair lady and the tramp »




« Michael, j’ai un mauvais pressentiment. Je ne suis plus très sûre que ce soit une bonne idée. Rien que de voir ces vieilles façades ça me donne des frissons. J’ai envie de rentrer, je le sens mal, et si on s’était trompés ? Et si tout ce baratin qu’on a prévu ne marchait pas ? J’aurais aimé que tu viennes avec moi. Je ne me sens pas en sécurité ici, je ne m’y suis jamais senti. »
« Arrête Gloria, tu sais très bien que ça va marcher. Tu sais comment ils sont, les années auront rien changé à ce que tu sais d’eux. Tu l’as dit toi-même quand tu es arrivée, c’est comme si tu n’étais jamais partie. Ça doit marcher. C’est ton occasion en or, ton chef-d’œuvre, ton coup d’éclat ! Je suis sûr qu’ils ne savent même pas que t’as échoué à l’école de police. Je sais combien t’as envie de faire tes preuves, alors saisie ta chance putain. Ils te tendent une perche là. Moi aussi j’aimerais être avec toi bébé… Mais tu sais que je dois rester là en backup pour que la parution soit plus rapide. Tu as reçu les dossiers judiciaires que j’ai obtenus du central ? T’as une connexion internet au moins ? »
« Oui… t’en fais pas, j’ai tout sous les yeux. J’ai le wifi de l’auberge, je t’enverrais le compte rendu le vingt-quatre pour la parution du lendemain. Je t’aime Miccah’. »
« Moi aussi je t’aime bébé, je te rappelle après-demain. Souviens-toi, le gros coup de ta carrière ! »


***

« … Et toujours des nouvelles de l’affaire Littleton. Les inspecteurs de la police de Portland sur place n’ont toujours obtenu aucune piste. Certains détails restent non-élucidés comme l’origine du départ de feu dans la chambre du motel qui a brûlé les corps. La collaboration avec la police locale ne semble pas non plus donner d’éventuels suspects… »

***

« Je… je t’ai tout envoyé sur l’adresse du herald… J’y ai ajouté quelques photos... »
« Merci ma belle, je fais partir tout ça en correction et en mise en page et ça devrait être ready dans les temps. Tu comptes rentrer quand ? »
« Je ne sais pas… par le premier train je pense. Avant la parution… Je pense que c’est mieux. Je t’aime tu sais Miccah’. »
« Moi aussi. …Bébé ?... Rah elle a raccroché. »


***

« Cette salope nous a entubés ! J’arrive pas à y croire ! Si je la croise je vais lui expliquer ma manière de penser ! »

« Alors elle était de mèche avec Littleton ?! C’est immoral de faire des choses pareilles ! »

« J’ai passé l’après-midi à quadriller les rues dans l’espoir de la croiser, j’ai même fait tous les hôtels mais aucun n’a voulut me dire où elle loge. Elle doit bien se terrer dans son coin cette garce ! Mais on va la trouver, et elle va ravaler son article à la con ! »

« Non seulement elle a tourné en ridicule les habitants, les policiers, mais c’est toute notre ville et nos valeurs qu’elle a piétinées ! »

« Je vais me la faire cette pute. »

« Qu’elle crève ! »


Mes chers concitoyens. Nous avons été abusés par celle que nous pensions être encore une enfant de notre Caswell. Nous avons accueillît à bras ouverts et l’on a saisi l’occasion pour nous poignarder en plein cœur. Mais ne soyez pas plein de haines, ce n’est là que la prolongation de ce que l’extérieur pense de nous. Ne tombez pas dans le piège qui vous est tendu en répétant ces mots de violence. Ne ternissez pas l’image pure de notre ville. Mieux que quiconque vous connaissez sa valeur et c’est tout ce qui importe. Mieux que quiconque vous aimez ces rues et c’est tout ce qui importe. Laissez Gloria Hartwell en paix, laissez-la seule avec ses paroles de haines. Car Caswell est une ville pleine d’amour, pleine de joies. Quoi qu’en dise les rumeurs, quoi qu’en disent les malheurs qui nous frappent. Il n’est pas refuser la vérité que de festoyer sur des cendres. Il est de croire encore à l’espoir et à la pérennité. Et la ville croira toujours en les flammes de la commémoration de son 400ième. Sous peu elle renaitra de ses cendres dans la célébration et prouvera à tous, qu’elle est bien plus du phénix que du corbeau. D’ici-là je vous le rappelle, ne donnez pas raison aux vautours.

Le maire.



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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Mar 26 Mar - 21:52

PORTLAND HERALD
31 OCTOBRE 2012



Gloria Hartwell introuvable !
La vérité, une pente plus glissante que le mensonge.
La vérité a un prix. Et si on se dit toujours prêt à en assumer les conséquences, c’est parce qu’il est rare qu’il en requiert de notre vie. Gloria Hartwell en bonne professionnelle a toujours accepté l’éthique de son travail. Et si en larguant la bombe au nez de tout le comté de Knox et en particulier de la ville de Caswell suite à l’affaire Littleton il fallait s’attendre à des remous, personne n’aurait pu imaginer que les choses aillent aussi loin.

“ Mlle Hartwell louait une petite chambre dans notre établissement depuis son arrivée. Comme nous l'avons déjà dit à la police lorsqu'elle est venue nous questionner hier soir, Mlle Hartwell a rendu les clés le 25 au matin. Elle est ensuite partie avec sa voiture de location, elle avait l'air tout à fait normale. Par la suite, plusieurs habitants sont venus nous demander si elle logeait ici, nous n'avons rien voulut dire. Les gens d'ici peuvent parfois réagir de manière disproportionnée vous savez. ”

C’est le petit ami de la journaliste Michael Dewitt, policier resté au central de Portland qui a donné l’alerte le vingt-six octobre. Sans nouvelles de sa compagne depuis le vingt-quatre, il attendait son retour par le premier train le lendemain. Il a d’abord essayé de la contacter plusieurs fois mais le portable de Mlle Hartwell ne semblait pas dans une zone couverte par le réseau. Après être tombé sur la messagerie, Mr Dewitt a finalement appelé la gérante qui lui a appris son départ.

“ Je suis fou d'inquiétude. Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il y avait quelque chose dans ses mots. Elle avait l'air étrange au téléphone, comme sur le qui-vive. Elle ne voulait pas faire cet article vous savez, et c'est moi qui l'ai poussée. Je n'aurais jamais dû. Et maintenant elle a disparu. Les choses comme ça ne devraient pas arriver. Merde putain, elle ne faisait que son travail ! Je vous jure putain, si qui que ce soit lui a fait du mal, j'en aurais plus rien à foutre de perdre mon insigne ! ”

C’est dans les quarante-huit premières heures que les chances d’un disparu se calculent. Et Michael Dewitt le sait bien. Après son coup de fil à l’auberge, il s’empresse de contacter ses collègues en charge de l’affaire Littleton pour leur demander de bien vouloir déléguer deux personnes à la recherche de sa compagne, peu confiant en la police locale. Mais sa requête se voit refusée et ce n’est que le vingt-neuf octobre, alors que des citoyens faisaient du repérage pour l’organisation de la fête de la commémoration de leur ville, que la voiture de location abandonnée de Mlle Hartwell est retrouvée. Sa disparition est alors confirmée et enfin les autorités s’y intéressent. Mais l’absence d’indices sur les lieux, réduisent encore les chances.


La voiture que la jeune femme louait à une agence de Rockwell, gisant vide dans la forêt de Caswell.
Seuls son portable et son sac à main ont été retrouvés sur le siège passager. Il n'y a apparemment aucunes traces de violence.

“ Elle l'a mérité cette poufiasse. J'veux dire, j'ai pas particulièrement quelque chose contre elle, mais à avoir ouvert sa gueule comme elle l'a fait, elle s'est dessiné une grande cible entre les deux seins. Dans l'coin il vaut mieux se méfier vous savez, surtout quand on est une femelle. Elle aurait mieux fait d'la fermer, et même si elle a fait que du vent de paroles, m'étonnerait pas que deux ou trois gars lui aient réglé son compte si vous voyez c'que j'veux dire. ”

Mais avec l’absence de traces de lutte, et la présence insolite de sa voiture à l’opposé des voies de sortie de la ville, le mystère reste entier. La vengeance est bien sûr la raison première sur toutes les lèvres, et les revendications d’un tel acte seraient connues de tous. Mais jusqu’où s’arrête l’hypothétique fiction et commence l’horrible vérité ? L’enquête débute tout juste en parallèle de celle de l’affaire Littleton qui n’a connue aucune avancée. Certaines langues superstitieuses tendent à dire que les deux dossiers seraient liés. L’histoire reste à suivre et ne semble pas ébranler Caswell. Aujourd’hui jour d’Halloween, la ville fête dans sa démesure habituelle, la traditionnelle fête de la commémoration de sa fondation. L’œil du cyclone ? Les rires de certains n’effacent pas les larmes d’autres. Mais où est passée Gloria Hartwell ?

Article par Wade Tucker. Photos : courtoisie de la police de Portland sur place et de Mr Dewitt.


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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Mar 26 Mar - 21:54


EPISODE N°3

« fire walk with me »




Mes chers frères, citoyens, cette année encore notre ville va allumer les flammes de l’anniversaire de sa commémoration. Mais cette année différente des autres verra la célébration du quatre-centième. C’est avec encore plus de joie pour combler les peines, plus de flammes pour briller dans les ténèbres, que nous ferons entendre notre voix pour remercier cette terre qui nous porte depuis déjà quatre siècles. Cette terre où nos ancêtres pèlerins ont décidés de s’établir. Cette terre qui a bu nos malheurs mais ne nous en a pas tenu rigueur en faisant grandir notre bonheur. Les flammes de notre fierté s’élèveront encore une fois du haut des falaises, nous brûleront l’effigie de bois, nous brûleront l’homme. Car l’homme seul n’est rien, l’homme seul se brûle à sa folie. Et nous souffleront les bougies par la mer en poussant ensemble l’être de bois. Feu et eau, Caswell est l’indomptable océan. Cette année en raison de l’incendie qui nous a menacés l’an passé, les pompiers et policiers de notre ville seront encore plus présents un peu partout dans les rues. Veuillez rester alerte du moindre risque. Cette année aussi, avec la collecte auprès du conseil et le volontariat du lycée et de certains citoyens, nous avons été en mesure de préparer une fête comme jamais encore notre ville n’en a connue. Habitants de Caswell, c’est l’heure de notre Sabbat. Montrons notre force, montrons nos clameurs de joie, amusez-vous jusqu’à ce que le soleil vienne rivaliser de ses flammes ! Mes frères, le jour tant attendu est enfin là !

Le maire.





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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°1 - « Must be the season of the weird »   Ven 24 Mai - 21:02


EPILOGUE

« must be the season of the weird »



« Mes chers enfants. Quels mots saints trouver pour panser autant d'horreur ? Quel psaume au nom du seigneur trouver pour apporter la paix à ces âmes tourmentées ? Puisse nos disparus dans les eaux trouver la paix. Puisse ceux qui se sont immoler demeurer dans l'enfer le plus doux. Car dieu condamne le suicide même de sa plus pure brebis. La vie est un trésor à ne pas gâcher »

« T’y crois vraiment toi à l’accident électrique qui a causé l'incendie de la salle des fêtes ? C’est quand même gros. Tu vas pas me faire croire que d’un coup le câblage a planté et a ravagé la moitié de la salle. Mon père est électricien, il sait de quoi il parle. »

« Gloria Hartwell. J’aurais dû parier deux millions de dollars que des gens l’avaient séquestrée depuis sa disparition. J’veux dire, c’était obligé. C’est obligé que ça soit ça. Y’a aucune preuve je sais. Mais parait qu’elle avait tellement la gueule déformée qu’elle en a fait défaillir un gros loup de mer. Le feu ? Ah ça, j’ai aucune hypothèse. »

« Combustion spontanée par effet de mèche. J’ai vu ça dans un livre où à la TV je sais plus. Parait que c’est les cellules du corps qui réagissent entre elle, avec les médocs, la drogue, l’alcool, j’sais pas. Et d’un coup, pouf, on prend feu comme une bougie d’anniversaire. »

« J’ai entendu Harry Stiles dire que c’était Marc Adams qui a mis le rat mort dans le champagne à la salle des fêtes. Mais à mon avis il dit juste ça parce qu’il a envie qu’il ait des ennuis. »

« C’est honteux ! Proprement honteux ! Mettre des lames de rasoir, du verre pilé et du poison dans des sucreries ! C’est inhumain ! Comment peut-on faire ça ?! Blesser des enfants innocents ! »

« Mon frère m’a dit qu’ils ont mis en garde à vue tous les forains. Pff ils devraient les passer sur la chaise électrique ces foutus connards. Ils méritent pas de vivre. Ils viennent dans notre ville pour tuer nos enfants. »

« On a retrouvé que les vêtements échoués sur la plage des disparus en mer. Dana Weiss m’a dit que c’était pas des suicides. Qu’ils avaient marchés comme ça vers la mer. Tout seuls. Ça fait froid dans le dos… »

« Moi j’pense que c’est une attaque terroriste. Rigolez pas crétins. J’parle pas de ce genre de terrorisme. J’veux dire, un terrorisme local qui en voudrait à la ville. P’t’être que c’est pour ça qu’on a plus l’droit d’nous réunir. S’ils croient que ça va m’empêcher de boire avec mes potes leurs conneries de réformes. »

« Ils avaient trop bu et ils se sont noyés, c’est tout, faut pas chercher plus loin. »

« Tout ça c’est à cause de leurs bonbons made in China et compagnie. Ou alors à force de fabriquer ça dans des conditions déplorables dans leurs camions pourris. »

« Tout ça c’est la faute des étrangers. Ils faut toujours qu'ils foutent la merde. Tout ça c'est de leur faute. On devrait tous les expulser de notre ville. »

« CROATOAN. »

« Et cette tempête de tous les diables qui nous est tombée dessus, comme si ça suffisait pas ! »

« J'ai reçu des messages bizarres. Pas toi ? »

« Qui que ce soit, ils vont payer. »




Citoyens de Caswell. C’est avec du retard que nous communiquons cette missive. Comme vous le savez malheureusement, les derniers événements et la tempête ont semé la discorde dans notre chère ville et le conseil a dû s’organiser pour soigner nos blessés et lancer les recherches de survivants via nos bateaux de pêche. A ce jour nous faisons état de treize morts et de huit disparus. Ces chiffres s’ajoutent à ceux déjà connus des précédentes semaines. C’est le deuil qui tombe sur la ville et nous ne pouvons que nous sentir coupables de notre manque de vigilance lors de la fête. Si aujourd’hui aucune véritable cause de cette barbarie n’a été mise en lumière, nous faisons tout notre possible pour élucider ce massacre honteux. Ce crime innommable ne sera pas impuni. Mais nous vous demandons concitoyens, de ne pas chercher à faire justice vous-même. Car c’est un couteau planté au cœur de notre communauté que nous devons affronter. A partir de ce jour Caswell ne sera plus jamais la même. C’est pourquoi nous avons décidé de suspendre pour toujours nos traditions commémoratives. Et je pense, concitoyens, amis, que vous approuverez cette mesure. De trop douloureux souvenirs ont entaché cette fête pour que nous continuions à l’évoquer. Je tiens aussi à vous faire part des nouvelles mesures de sécurité qui prennent effet dès aujourd’hui.

- Toutes personnes surprises se réunissant sans autorisation en groupe de plus de quatre âmes seront signalées et dispersées.
- Un couvre-feu est instauré à partir de 21h. Aussi toute personne se déplaçant seule risque un contrôle d’identité.
- Les patrouilles de police seront renforcées.
- La vente d’alcool sera interdite sans autorisation. Cette mesure s’applique aux bars qui devront venir chercher la leur à l’hôtel de ville.
- Les parents devront systématiquement accompagner leurs enfants à l’école.
- Il est recommandé de se déplacer toujours par deux dans les zones excentrées.
- Toute personne surprise à répandre la violence passera une nuit en cellule de dégrisement.
- Toute personne surprise à répandre des élucubrations grotesques sur la soirée du 31 sera emmenée au poste.

Sachez que ces nouvelles règles sont faites pour la protection de tous. Nous ne voulons pas prendre de risques tant que nous n’avons pas le fin mot de cette tragédie. Enfin, sachez que la reconstruction de la salle des fêtes et la réouverture du jardin public, de la plage principale et du mémorial ne seront pas pour tout de suite à cause des enquêtes de police. En revanche les dégâts matériels causés par la tempête devraient vite rentrer dans l'ordre. En espérant vous voir tous à la veillée du père Jones à l’église. Habitants de Caswell, soyez forts dans cette adversité.

Le maire.




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