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 PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan

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date d'arrivée : 22/07/2013
mensonges : 267
multicomptes : //
âge : 22
adresse : Chez l'oncle, Northern Hills. Mais chut.
humeur : Shitty

sneak peek
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What about the town ?:
Je sais tout de la vérité
Pouvoir: Casse-couille de compétition, caniche professionnel, mangeuse de cornichon et pétasse en service


MessageSujet: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Sam 5 Oct - 20:33



DAY TWO.

Le soleil ne brule pas sur ma peau. Y’a plus rien dans ma tête, y’a plus rien dans mon corps. On aurait pu s’attendre à ce que le soulagement face place à toute la douleur et la culpabilité, mais non. Tout est empiré, multiplié. Là, dans ce lit, je fais semblant de dormir, le seau tout près, pour éviter de dégueulasser. Aël ne parle pas. Il s’est occupé de presque tout. Je ne veux pas y penser, mais c’est la seule chose qui s’articule dans mon esprit. J’aurais presque envie qu’Ethan me serre dans ses bras. Mais, traîtresse, je ne pourrais plus. Je crois. Je vais devoir faire semblant. Cette seconde fois fut pire que la première, marquée à vif. Je ne m’en remettrais pas. Alors pour oublier j’avale les cachets de morphine. Aël me les enlève. Je dors. Et je prends la morphine. Rien d’autre ne me fait subsister. Je n’ai même pas la force de me jeter dans le fleuve. Ce qui est bien dommage. Cette jolie falaise que nous avions vue avec Tyler, ferait parfaitement l’affaire. Je disparaitrais, on dira que c’est Croatoan. Je ne souris plus. Vidée. Partie, ailleurs dans le monde des cachets, je me repose dans un flacon de gélules, pourtant les douleur persistent à sculpter mon ventre dans la matière première de la culpabilité. J’ai honte, et j’ai froid. Je supplie dans la nuit, Aël me réveille. Je dors, ou fais semblant. Je m’exile. Reclue dans le coin de lit, même si je lui suis reconnaissante de sa présence et de son aide précieuse, de la responsabilité qu’il a prise, j’évite le contact, aussi bien oral que physique. Je suis encore habitée par la tâche ensanglantée que j’ai laissée dans le fond des chiottes. J’ai l’impression d’être cette chose. Je suis devenue mon pire cauchemar. Faite de douleur et de sang. De cris et de larmes. Je regrette de ne pas avoir eu le courage de mettre fin à mes jours plutôt qu’à ceux de cette créature rouge sang. Translucide. J’ai vomis.

LATER.  Trois heures du matins. Début DAY THREE.

J’ai abandonné l’idée de rester à l’appart d’Aël. J’ai pris le peu d’affaire que j’ai emmenées, et j’ai titubé jusque la voiture, en silence. J’ai espéré ne pas l’avoir éveillé. Avant de partir, j’ai posé ma main sur son épaule, dans un autre contexte je lui aurais sauté dessus pour baiser ensuite. Ce mot me dégoute. J’ai emporté des sacs plastiques au cas où s’il m’arrivait un accident vomitif. Mon corps est fébrile. Je ne tiens plus en place, je tremble et les douleurs désormais estompées, il me reste l’empreinte d’un corps entre les cuisses, la nausée, et la drogue. Dans les vapes, j’avance en croyant marcher droit, alors que je marche sur les platebandes voisines. Caswell,  trois heures du mat, il n’y a personne. Je peux rouler en contre-sens personne ne viendra me faire chier. Mais il faut que je me casse.
Je suis montée dans la voiture, et ai pris soin d’enfourner deux gélules de morphine du flacon que j’ai piqué à Aël, après avoir repéré ou il les avait rangés et/ou cachés. Je me déteste de plus en plus. En roulant, je me suis rendue compte que j’avais tendance à piquer du nez. Alors j’allais doucement. Quelque part l’homme est triste, et vraiment couillon. Nous nous infligeons des peines incroyables, et nous recommençons. J’entends déjà les moralistes dire que c’est en faisant qu’on apprend. Je n’avais pas envie d’apprendre à créer la vie, je l’ai fais contre mon gré, j’ai surtout appris à la détruire. L’autodestruction comme matière première à l’école de la vie. J’ai du m’arrêter un instant, prise d’un violent vertige. Je ne me remettais pas des douleurs et du côté éreintant de la catastrophe. Une bombe nucléaire entre les cuisses. J’errais, hagarde, dans les rues et à la périphérie de la ville. Demi-tours, passages en deux fois, perte, étaient mon lot de routier aujourd’hui. Je conduisais sans regarder ou j’allais, je braquais quand l’envie me prenait, passais trois fois par la même rue après avoir oublié y être allée. Et je me suis dis, tiens, si j’allais voir Tyler. Alors j’ai roulé, et roulé encore. Sans m’en rendre compte, je suis partie bien loin. Je me suis arrêtée faire de l’essence, avec le reflexe de couvrir mon ventre comme si j’avais eu la bosse des six mois. Mais non. L’impression que tous les regards étaient tournés vers moi me hantait. Je ne me sentais en sécurité que dans l’habitacle de ma dodge. En arrivant au docks, j’ai avancé, tranquillement, piquant du nez de temps en temps. J’ai failli percuter un docker lorsque ma tête s’est effondrée sur mon bras la première fois. Je ne voulais pas me faire remarquer. Et puis j’ai finis par le voir et dès lors, j’ai abandonné l’idée d’aller lui parler. La clef du contact défaite, j’ai attendu, fondue contre le siège pour ne pas me faire remarquer. Je l’ai regardé longtemps faire son travail, il disparaissait parfois dans une bâtisse puis revenait. Je ne sais pas ce que je foutais là, les liens mentaux dans la tête des camés ne sont jamais représentatifs de leur intelligence. Sauter du coq à l’âne, faire ce qui bon me semblait. Mais j’étais là maintenant et je me sentais conne. Regarder ce type censé être mon pote, et ma couverture pour ces trois jours, me rendait mal à l’aise. S’il me voyait. Pire, s’il me voyait fuir. Aurait-il l’idée d’appeler Ethan ? Pourtant j’avais envie d’aller lui parler. «  Allez Ty, s’il te plaît arrête de travailler. Allez, tu veux pas qu’on aille en Californie ? Tyler, tu me racontes Croatoan ? Je viens d’avorter, j’ai besoin d’un câlin, tu veux pas t’occuper de moi ? Sois gentil, Tyler, qu’est-ce-que je vais dire à Ethan. Faut que tu dises que j’étais chez toi. Tais toi, dis jamais rien à personne. Tu veux vraiment pas t’occuper de moi ? Parle. Parle comme d’habitude s’il te plait, et ne t’arrête pas. »

J’ai tourné la clef dans le contact, et subtilement je suis repartie à l’autre bout le ville, à l’endroit ou j’étais certaine de ne croiser ni Ethan, ni Tyler, et je me suis mise sur la banquette arrière pour y dormir, après avoir gerbé dans le bois d’à côté. Décidemment.

DAY THREE.

J’ai décidé de rentrer. Préparation mentale. L’homme revient toujours à son point de départ. Il nous fallait un repère, et je n’avais pas le choix. Ethan travaillait ce soir, je le savais. Alors j’aurais le temps d’y passer, de prendre des affaires, de m’imprimer l’image de l’appartement, et j’allais partir. Il le fallait. Ma décision est prise. J’ai embrayé, accroché les avenues aussi vite que mes réflexes ramollies par les médocs me le permettaient. Et en plus de temps qu’habituellement je me suis rentrée dans le parking en bas de l’immeuble, garant la voiture n’importe comment. L’important était d’aller vite, et de rassembler des affaires. Vingt et une heure. Il ne rentrait pas avant deux ou trois heures du mat, parfois plus, alors je n’aurais pas de mal à tout préparer, même dormir une heure avant de partir. La gorge serrée, la main et cœur, la deuxième dans la serrure, j’ai enclenché dans ma tête le petit loquet de sécurité, le même que notre… que la salle de bain d’Ethan. J’ai soupiré, le corps encore tremblotant de temps en temps, il m’arrivait de vomir. Les séquelles resteraient encore plusieurs jours. Tant pis pour le travail, tant pis pour tout. Désolée Tyler, Ophélia s’en va. J’évitais de penser à Ethan pourtant en entrant dans l’appartement, l’odeur de son parfum fraichement déposé sur les murs embaumait. Il devait être parti depuis peu de temps, la chaleur de la salle de bain ne s’était pas totalement refroidie. Il avait une nouvelle fois laissé une tasse sur le bord du comptoir. Tasse lavée et rangée, j’ai attrapé mes affaires que je préférais, à la va-vite, et les ai balancées dans un sac de sport qui lui appartenait. Avant tout ça, je voulais prendre une douche. Mais la salle de bain me rebutait, je n’arrivais pas à en passer la porte. Et puis. Pas le choix. J’ai passé la porte la boule au ventre, les restes du miroir avaient été jetés. Peu m’importait. Il n’aurait plus à se soucier de rien, je m’en allais. Douche prise, avec précaution puisque fragile et à deux doigts de me casser la gueule, je suis sortie, me suis habillée, et ai laissé mon bordel de douche superflu pour emporter dans mon sac l’essentiel. Je ne réfléchissais même pas où j’allais aller, rien ne m’importait moins à ce moment là. J’ai choppé un de ses t-shirts, foutu du parfum dessus et me suis habillée. Vingt-deux heures trente. Un bon timing. J’ai rempli ma mission avec brio, et me suis dis qu’il ne valait mieux pas que je dorme ici. Au risque de ne pas me réveiller. Les yeux embrumés, les cheveux relevés, la grosse écharpe et le trench noir, je me suis avancée vers la porte, puis posé la main sur la poignée. Un instant d’arrêt. J’ai fermé les yeux. Inspiré longuement, le souffle court. Allez. Trois, deux… un.

J’ai couru.
Oui, j’ai couru droit vers les toilettes, lâchant mon écharpe et mon sac à terre, comme un chemin vers ces dernières pour aller vomir tripes et boyaux. Les larmes brulantes asphyxiaient ma vue, le dégueulis me brûlait l’intérieur, mais ça ne s’arrêtait pas.

Dépressurisation.
Allez dépêches toi Bonnie, c’est l’heure de te barrer, maintenant.
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Sam 5 Oct - 22:46

Troisième jour. Troisième putain de jour qu’elle n’était pas là. J’ai pour habitude de m’en foutre royalement lorsqu’elle se tire pendant plus de 48 heures mais là, je deviens dingue. La patience n’est pas mon fort, n’est pas une qualité chez moi. Elle est inexistante, au point néant. J’ai essayé de me changer les idées mais j’avais à chaque secondes cette boite en carton qui revenait par flash avec le mot « Pregnancy test ». Deux mots révélateurs de toute une vie. Une vie. Une existence. Un cœur. Un souffle. Dans SON ventre à ELLE. L’improbable c’était pourtant produit. Grâce à ce fils de pute. Je donnerais ma main au feu que c’était sa putain de semence qui l’avait foutu enceinte. Merde, Bonnie. Qu’as-tu fais ? Pourquoi t’es pas venu me voir putain. J’suis ton pote, tu fais chier. J’te connais depuis que tu portes des couches et tu t’es barré comme une putain de fumée de cigarette. Comme ça, d’un coup, une tornade et puis s’en va. J’l’avouerais jamais, mais j’sais pas ce que j’aurais fais si Tyler n’avait pas été là hier parce que quoi que l’on puise dire, ce p’tit con m’avait un peu aidé à me gérer. Ou pas. Non, c’était un foutu mensonge, j’en savais rien bordel. J’ai l’esprit en bordel mais j’crois qu’il m’a un peu aidé. Il m’a proposé d’aller bouffer chez lui, j’ai refusé. J’avais pas envie, j’voulais être seul. Prendre l’air et remettre les choses à leur place. Parce que pareil, quoi qu’on dise, j’ai cette putain de phrase qui me revient dans la tête :

« Le souci c’est que Bonnie est sûrement enceinte de toi »

La blague. Moi le père ? Jamais d’la vie. C’était impossible… Et pourtant, j’ai cette conscience, au creux des tripes qui est entrain de se foutre de ma gueule. Bien sûr que si c’était possible connard. On en avait fait des parties de jambes en l’air, à n’en plus savoir qui nous étions. A nous cramer nos âmes comme deux amants foutrement amoureux de l’autre. Et pourtant, c’était pas le cas. Elle était ma putain d’héroïne, ma drogue, lorsque nous couchions ensemble. On atteignait le Nirvana. Elle était ma déchéance. Elle était maintenant SA déchéance.
J’ai refusé la proposition de Tyler. J’avais fumé deux joints en le raccompagnant chez lui et j’crois que sans ça, je n’aurais jamais accepté à ce qu’il m’apprenne un peu à faire du Skate. Change-toi les idées, grand con. Oubli qui tu es, oubli qu’elle existe. Il n’y a plus que toi et cette planche qui roule sur le bitume. C’était un moment sympa, ouais. C’était cool, on a un peu rigolé. J’étais grandement aidé par Marie, mais peu importe. Il fallait que je me perde dans quelque chose, parce que lorsque j’étais entrain de me faire du mourront pour elle, j’étais du genre psychopathe et violent. J’supporte pas l’angoisse, j’supporte pas l’attente. Voilà pourquoi j’aime pas les gens, voilà pourquoi j’aime pas leur sentiments à la con. Que d’la merde. C’était qu’une putain de gangrène qui venait vous bouffez le cœur comme les petits vers qui viendront vous bouffer la gueule lorsque vous serez les bras en croix dans votre cercueil. Bande de porc.

J’suis et j’me suis couché. J’ai pas fermé l’œil de la nuit. Ni de la journée. Je taffais, ce soir, jusque 2 heures du mat’. Je me suis levé. 14 heures. Troisième jour. Elle doit rentrée aujourd’hui. Elle l’avait stipulé sur ce petit bout de papier chiffonner, griffonner à la va-vite. 14h05. Le temps est long lorsque nous avions l’angoisse planté dans les viscères. Il faut que je bouge. Que je m’occupe. J’allume la console après avoir nourris Monsieur le prince de mes couilles Ea. Ouais, tu peux miauler, j’sais qu’elle te manque ta maitresse mais moi j’y suis pour rien. C’pas moi qui lui a fait pousser un gnome entre les reins. Merde. T’étais où putain. Mon cerveau est un vrai carnage et mes pensées ne cessent pas de se bousculer, de se rentrer dedans comme un mec le fait avec une pute. J’m’agrippe à la manette mais ça ne dure pas plus de dix minutes. Le jeu m’agace et j’ai toujours cette haine et cette rancune au fond de mon cerveau. J’ai cette sensation d’avoir été trahis.

14h30. Putain, il y a un connard qui recule les aiguilles, j’en suis certain. Dormir ? Essayons. Je m’allonge, je tourne à droite, puis à gauche. Dans la chambre, c’est Tchernobyl, parce que depuis qu’elle est partie et que je sais qu’elle est en cloque, j’ai plus rien envie de foutre. Ca me blase, moi qui en général, est un grand insensible des évènements extérieurs. Mais ici, c’était Bonnie. Bonnie Jane portait un enfant dans son ventre. Un enfant. Son enfant. Leur enfant. Crise. Je regarde le plafond en agitant les orteils, un bras sous la tête. Je m’impatiente. Je n’avais jamais été dans un état pareil d’angoisse et de colère. Oh et puis merde, en quoi ça me regarde. ? Justement connard ça te regarde. C’est BONNIE, putain ! Eh oh, atterris : B-O-N-N-I-E.

Travailler. Me bouger le cul pour aller servir des verres à des ivrognes misérable qui passent leur temps à se masturber devant les pubs qui s’enchainent à la tv, à se branler d’avoir le tout dernier écran high tech a 900 dollars. Tu comprends, ça fait mieux, plus fun, t’es à la page et t’as sûrement le meilleur écran de tout le voisinage. A gerber. Nous étions au plus bas du tréfonds de la nature humaine. Là, en bas , dans le gouffre, nos corps reposaient sur les tonnes de déchets de consommation. Ah qu’ils  aiment s’abrutir devant leurs petites émissions de beauf’, leurs infos qui leur présentent sur un plateau toute la merde que l’on bouffe, toutes les guerres, les morts, les larmes, les cris et la souffrance. Mais ces gros porcs continuent de mastiquer leur rumsteack en regardant tout ça, sans pour autant en être dégouter. Je vous déteste, vous, genre humain. Je déteste ce monde d’enculé. Je te déteste toi, Bonnie, de me foutre dans des états pareils.

Je hais les sentiments. Je hais l’attachement.

Je deviens fou. Le temps ne passe pas. Et la peur est comme un animal enragé qui me gratte les côtes. Je veux sortir. Je me suis levé, j’ai rallumé, taper du pied sur le tapis, j’ai pris la manette. J’ai attendu que le menu s’ouvre. Trop long pour moi, je repose l’objet et me relève. C’était à en devenir fou. Je n’avais la patience de RIEN. Même pas pour 3 secondes d’attente. RIEN. J’veux juste savoir où elle putain de merde. J’vais la tuer. J’le sais déjà que quand elle va rentrer, j’vais la tuer. Et qu’elle ne s’avise même pas de me gueuler dessus, sinon je l’a ressuscite pour la tuer à nouveau.
Ethan, t’es qu’un putain de connard de penser comme ça.

Pourquoi ?

Parce qu’elle était soit entrain de refaire sa vie avec son futur ex mari… Chose qui était aussi probable que je sois gay. Soit, elle était entrain d’expulser … ce truc. Là dans son bide. Seigneur. Non, pas de seigneur. Dieu nous avait abandonné depuis des lustres. Cet enculé n’a jamais été là de toute manière. La douleur au fond de ton utérus, qu’est-ce que ça donnait ? Et toi, comment étais-tu ? L’angoisse redouble l’action, mes mains tremblent. Un shoot. Pour me calmer. J’aligne deux traînées de neige que je sniff aussi sec, là sur la table basse qui avait tant connu de partie de baise aussi sublime qu’endiablée. Je balance la tête en arrière et soupire de soulagement. Cette sensation d’apaisement et de légèreté n’est que provisoire et éphémère mais j’m’en branle. J’en avais besoin, ne serait-ce que pour ne pas perdre la boule. Je laisse ce bien-être provisoire s’insinuer entre mes veines et je reste ainsi, comme un idiot à attendre en me délectant de cette sensation.

Sensation qui s’évapora aussi finement que la fumée de cette clope que je tenais entre mes doigts. Mon regard s’y perd et s’évanouit dans la nature profonde de la réalité, pour se dissimuler derrière un imaginaire. Ses yeux. Bleus glacial. Où j’y ai noyé mon âme plus d’une fois, comme j’avais noyé mon être entre ses reins. Bonnie ou le prénom qui d’une jeune fille un peu brisée. D’une danseuse un peu éméchée qui aurait aimé danser sous les étoiles plutôt que de se déhancher contre une barre de pole-dance. Ethan, tu perds la raison ? Ethan, ne devrais-tu pas être avec elle, à la soutenir ? A jouer ton rôle de grand-frère ? Tu devrais avoir honte…

Je n’ai pas honte. Elle s’était tirée comme une pute au levée du Soleil, qu’est-ce que j’y pouvais ?

19h – Douche pour se détendre et s’éveiller un peu. Chemise et jean pour bosser. Coup de parfum pour faire style que tu es apprêter pour ces enculés. Et je sors, je dévale les escaliers. 19h30 et toujours aucunes nouvelles. Si à minuit passé elle n’était pas rentré, j’arpenterais toutes les cliniques de Caswell et des villes environnantes, peu importe le temps que ça prendra. Qui m’dit qu’elle n’était pas partie se foutre en l’air au final ? Ta gueule Alex, sors pas ce genre de connerie. Pourtant, dans un délire, dans un shoot trop chargé, dans la folie et l’angoisse… Elle aurait été prête à tout. J’la connais, avec son impulsivité. Putain, t’as pas intérêt sale garce.

Pourquoi ? Parce que j’le supporterais probablement pas. Et merde, dans quel monde je vivais ?

Mécaniquement, je plonge ma main dans mon jean alors qu’il ne me restait que deux cents mètres de marche avant que je n’arrive au bar. Sauf que … Poche vide. Deuxième poche, tout aussi vide. Pas de portable… Putain mais quel con ! J’ai pas réfléchis plus longtemps, il fallait que je le récupère. En temps normal j’aurais laissé tomber. Mais qui sait, peut-être qu’elle finira par m’appeler et me dire que tout va bien ? Foutaise. Mais je préfère ne pas prendre de risque, donc je fais demi-tour. Tant pis pour le retard, j’rattraperais ce soir gratos s’il le veut. Là, j’m’en branle ce soir. Plus rien ne compte, j’ai juste cette crainte qui me martèle le cerveau. L’air frais aurait du me faire du bien, mais j’avais toujours cette sensation de ne pas pouvoir respirer correctement. Et pendant que je fais le trajet inverse je me demande comment je vais l’aborder lorsqu’elle sera rentrée. Qu’est-ce que je vais lui dire : P’tite conne, la prochaine fois, dissimule mieux tes preuves ?

Non, j’en sais foutrement rien putain.

J’ouvre la porte de l’immeuble mais parfois, le cerveau dans un élan de conscience, observe des détails qui, jusque là, seraient passé inaperçue. Pourtant, c’était bien le reflet de SA bagnole que je voyais dans la vitre. Je me retourne et observe la carrosserie, durant quelques secondes histoires de bien assimiler l’information. Parce que, s’il y avait la bagnole, c’est qu’au moins elle n’avait pas décidé de faire la connerie de se jeter du haut d’une falaise. J’eu un coup de poing au ventre. Elle était donc là haut dans l’appartement. Calme Ethan. Ne commence pas. J’enjambe les marches trois par trois avant d’ouvrir la porte à la volée. Je la claque, sans aucune discrétion et je bute sur quelque chose d’informe qui a bien failli causer ma mort, la gueule contre la table. Je regarde à mes pieds : Un gros sac de sport noir, bleu et blanc, où j’y trouve plein de fringues, qui lui appartiennent. L’odeur de mon parfum vient directement me gifler les narines. Ce n’était pas son sac d’il y a trois jours… Sans un mot, j’avance vers la chambre où j’y trouve la reconstitution d’Hiroshima. Des vêtements en pagaille, éparpillés sur le sol, sur le lit, dégueulant du tiroir. Et je l’entends. Vomir la vie. Vomir le dégoût. Vomir la douleur, en sanglotant.

Et j’attends. Derrière la porte. Parce qu’une évidence venait de me détruire la gueule. Une évidence venant confirmer toutes mes convictions, nées à mes huit ans. Souffle court, poing serré. Un monstre vient me déchirer les entrailles et me bouffer le cœur, millimètre par millimètre. Pour que je sente, ce que ça fait. Là au fond de moi. Pour me souffler que non, je n’étais pas qu’un connard insensible. Et la vérité se marquait au fer blanc sur ma gueule.

Elle voulait partir. Fuir. Loin d’ici. Loin de moi. Bonnie. Ma frangine, ma meilleure pote, mon amante. Mon autre partie de moi. Mon complément voulait prendre le large en emmenant le peu qu’il me restait d’humanité. Je déglutis et j’ai mal. Parce qu’une boule s’est formé au creux de ma gorge. Parce qu’elle voulait se tirer. Loin d’ici et loin de moi. Bonnie Black, voulait fuir comme une lâche. Je retourne dans la cuisine, récupère le sac et sans frapper, j’entre dans la salle de bain.

Choc. Vision d’horreur. Elle était là, belle et bien là, le visage plongé dans les chiottes  à vomir son âme. Et je la regarde, toujours dans l’encadrement de la porte, une main sur la poignée, l’autre tenant son sac. Ce que je ressens maintenant est un vrai bordel. L’inquiétude s’était aussi évanouie pour laisser place à une fureur sans nom. J’aurais pu aborder les choses de manières bien plus calme, bien plus sereine, si je n’avais pas trouvé ce sac.
Si je n’avais pas vu ce bordel

Si je n’avais pas compris, qu’elle voulait tout simplement se tirer.

Je peux voir d’ici son teint blafard, quasi translucide. Je peux sentir d’ici l’odeur de la culpabilité, et de la vie perdu. Je peux sentir d’ici, la mort. Mon cœur se déchaine et la colère fait bouillir mon sang dans mes veines. Ma vue se trouble tellement la fureur prenait possession de moi, de mes membres. Elle lève la tête. Le poignard s’infiltre et se glisse entre les côtes. Tu le savais pourtant, que cela arriverait. Qu’elle foutrait le camp. Geste sec et je balance le sac à ses genoux. Dans mes instants de rage intense, je pouvais être un vrai connard sans cœur.

Écharpe qui traîne. Trench encore sur le dos... J'ai envie de gerber, moi aussi, devant cette putain d'évidence.

« Tu comptais te tirer ? »

Pas de réponse.

« Ou peut-être venir chercher des affaires de rechange pour repartir avec Tyler… Ah non ! J’suis con. T’es pas partie avec lui, puisqu’il a débarqué ici même, hier soir, en me disant qu’il n’avait jamais été question d’un weekend entre « copines ». »

Et elle comprend. Elle assimile. Elle sait  que la supercherie n’a pas fonctionné et qu’elle a mal gérer son coup. Et moi, j’ai cette colère froide qui imprègne chaque trait de mon visage. Dur, froid, et insensible. D’extérieur. A l’intérieur, c’était un vrai carnage. Elle, elle portait la mort dans son regard. La maladie, l’épuisement. Les larmes sécher à la va vite. La peine profonde. Mais l’orage ne faisait que s’accroitre. J’étais, au plus profond de mon être, soulagé qu’elle n’ait fait aucune connerie.

Je ne bouge pas d’un millimètre, contemplant la scène de mon 1mètre 85. Le silence se faisait pesant, dérangeant. Et moi, j’étais à deux doigts de la folie.

« T’étais où ? Pourquoi tu t’es tiré trois jours avec un lamentable alibi ? »

Vas-y Bonnie. Crache moi ta putain de vérité ou ton bobard dégueulasse. Vas-y, montre moi que t’as des couilles et que t’es cette grande gueule agaçante par moment. Allez, t’attends quoi maintenant ? Tu sais que je t’ai prise au piège. Tu sais que t’es foutue. Allez enfin, parle donc à ton grand copain Ethan ! Tu sais, celui à qui tu as foutrement mentis comme à une merde.

Et tu sais quoi ? Je te hais Bonnie Jane Blacks. Je te hais de me faire ressentir pareil douleur par ta traîtrise. Tu es l’incarnation de mes peurs et la preuve que je n’avais pas tord d’être un putain d’associable…
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Dim 6 Oct - 16:29


« Tu comptais te tirer ? »

Electrisée. J’ai levé la tête, le regard planté dans le sien. Bizarrement et dans la seconde qui a suivi cette rencontre, mon corps s’est décidé à redevenir tremblements. Je ne l’ai pas entendu arriver. La tête dans les chiottes, concentrée sur ma petite pitoyable personne, j’évacuais ma douleur et n’avait pas tendu l’horreur quand la porte avait claqué. Il était bel et bien là, tendu comme un arc, me surplombait de toute sa grande taille et de cette colère qu’il irradiait. D’un coup, comme ça, j’ai eu peur. J’avais beau le connaître depuis deux dizaines d’années, il ne s’était jamais crispé de cette manière. Et son regard, si beau d’ordinaire, si peu expressif, aujourd’hui il rejetait toutes ces années à être insensible et imperturbable. J’étais prise au piège, comme une putain de louve dont la patte est enfermée et ensanglantée. La surprise se lisait clairement sur mon visage, entre mes traits tirés et le mascara dont les traces s’imprimaient encore sur mes joues. Quelque chose me disait qu’il ne tournait pas rond. Qu’un engrenage s’est à nouveau mal goupillé dans l’histoire de nos deux vies. Je n’ai pas répondu, la voix coupée, le corps plié en deux contre les chiottes. Je n’osais pas bouger. Comment te dire, Ethan, qu’effectivement, j’allais partir. Pourquoi tu me regardes comme ça. J’avais chaud, et puis j’avais froid. Ça n’allait pas. Mon seul réflexe, seul signe de vie fut celui de tirer sur le col rond de mon t-shirt, pour éviter d’étouffer dans cette putain de salle de bain, scène ou tout se jouait depuis trois jours.
Je ne comprenais pas sa réaction. Je pouvais lui mentir, lui dire que j’repartais voir un pote, que j’passais juste vite fait, et que si j’vomissais, c’est que j’avais une gastro. Puis que je n’avais pas répondu aux appels et aux messages, parce que j’ai laissé mon portable sous silence trainer au fond de mon sac, et que j’ai oublié. Que j’étais avec Tyler, qu’on a joué et qu’il m’a coiffée habillée comme une poupée. Je pouvais lui mentir. Absolument. Je devais. Que je suis désolée, j’ai un truc urgent à faire. Ou non. Je ne savais pas. Mais quelque chose à l’intérieur de moi m’interdisait d’ouvrir la bouche et de lui divulguer quelconque mensonge. La flippe jusqu’au bout des ongles. Je n’arrivais  pas à me détacher de ses yeux de glace, ce genre de regard qu’il ne m’attribuait jamais, à moi, sa Bonnie. Que s’était-il passé pour qu’il puisse être dans cet état bordel, il ne s’inquiète pas, d’habitude. Jamais. Même quand je ne réponds pas à ses messages. Y’avait une couille quelque part. Ses poings serrés, j’avais peur qu’ils s’abattent sur ma belle gueule tiraillée entre la culpabilité et le chagrin.

« Ou peut-être venir chercher des affaires de rechange pour repartir avec Tyler… Ah non ! J’suis con. T’es pas partie avec lui, puisqu’il a débarqué ici même, hier soir, en me disant qu’il n’avait jamais été question d’un weekend entre « copines ». »

J’ai ouvert les yeux, l’alarme s’est mise à sonner dans mon esprit. Ma bouche en o, le corps soudainement soulevé par une respiration irrégulière. Il faisait décidément très chaud dans cette pièce. J’ai repoussé d’une main tremblante les quelques cheveux qui se sont posés devant mes yeux, le regard implorant. Pas ça, je te connais trop bien Ethan. Putain. Tout tombait à l’eau, voilà donc l’argument de sa fureur. Cette putain de salope qui faisait de son corps un arc en acier. Il ne bougeait pas, se contentait d’ouvrir les lèvres pour parler et pour charcuter mon âme en proie à la confusion et à la panique. Tyler s’était pointé. Evidemment, putain, j’ai été trop conne. Bien sur qu’il vient régulièrement. Bien sur qu’il s’est pointé, pour me voir, ou voir Alex pour jouer un peu, peut-être. Et dans la précipitation, évidemment, espèce d’abrutie, t’as pas pensé à le foutre au courant. Putain Tyler, j’ai l’envie soudaine de t’écraser entre mes griffes de sorcière rousse. Ophélia se transforme en vampire. Mais en vampire apeuré, collée aux chiottes, à deux doigts de suffoquer tant l’air lui manque. C’est pas de ta faute je sais, je sais que c’est moi.  Mon dieu. Qu’allais-je lui dire maintenant, hein ! Je suis prise au piège. Je suis foutue. Je suis morte. Je ne pleure jamais. Et quand je dis jamais, c’est vraiment le cas. Il m’en faut énormément. Et pourtant, depuis trois jours, j’avais l’impression d’être un fleuve. Quand il eut terminé ses petites paroles tranchantes, j’ai senti les larmes gonfler mes paupières, et mes dents accrocher ma lèvre. Je ne pouvais pas avoir l’air plus coupable. Il savait. Il savait tout. C’était certain maintenant.

Mais non, qu’est-ce-que tu racontes Bonnie. Il ne peut pas être au courant de ta grossesse. Ni de la première. Putain, allez, ressaisis-toi. Comment il aurait pu être au courant, t’as pas été assez conne pour tout laisser en plan. Et puis le miroir, c’est pas grave, il te connaît, tu casses les choses sans raisons pour un coup de colère inutile. Alors ça c’est rien. Mais putain pourquoi Tyler s’est pointé. Le point noir au centre de mon regard, c’était ça qui avait foutu le bordel alors. Qu’allais-je lui dire maintenant. Oh bah j’ai lancé un pari à Tyler, je lui ai demandé de te faire croire que je n’étais pas avec lui et de te faire passer une bonne soirée pendant que je me tapais un mec trouvé sur la plage. Non, pas crédible, incohérent, stupide. Ça n’avait aucune charge respectable, j’étais vraiment piégée, au bout de ma vie, sans capacité de rebondir. Je devais trouver un mensonge. Quelque chose. Peut-être n’allait-il pas me poser la question. Ça c’était également improbable Bonnie, t’es couillon. J’ai retenu un sanglot en baissant la tête, honteusement. Comme si ça allait me sauver, et qu’il ne verrait pas les larmes à nouveau à deux doigts de s’écouler. J’étais les chutes du Niagara, rien ne pouvait m’arrêter, le fluide s’étalait déjà sur mes joues et des petites gouttes tombaient sur ma main, crispée sur ma cuisse gauche. Je ne voulais pas qu’il voit ça, foutu connard. Avec tes mots et ton tranchant, avec ta colère et ton regard. Tu devrais poser tes poings sur mon torse, cela me ferait tellement de bien. Fais moi passer de l’autre côté, je t’en supplie, je ne veux plus rien ressentir. Je te félicité d’avoir pu jusqu’à présent te passer mieux de sentiments que moi. T’es une perle en matière d’insensibilité. Et c’est aussi pour ça que j’pleure comme une connasse la maintenant, les lèvres serrées, les yeux plissées à fond, histoire de retenir les sanglots et les gémissements de douleur, fatigue, et nouvellement, de lassitude. Je voulais que tout s’arrête, et que tu me serres dans tes bras, tu vois. Que tu embrasses mon front comme tu le fais parfois, quand j’ai peur, bêtement, et me dire que t’es là, que j’ai un frère qui veille sur moi, sur mon sommeil. J’aurais voulu m’étaler sur le tapis et ne plus jamais me réveiller. Mon corps tremblant, ratatiné sur lui même, j’aurais apprécié que tu me relèves. Tu enfonçais le pic à glace loin dans le sol, et mieux que moi. Mais tu ne devais pas savoir, j’avais promis de ne pas te faire souffrir. Je savais que cela te ferait vraiment du mal. Que tu aurais voulu reconstruire ta famille. Que tu crois qu’ils sont là-haut, qu’ils t’observent te poudrer le nez. Tu fais ça pour ça, pour oublier tes nuits agitées, pour oublier le bruit atroce de la carlingue défoncée. Les phares dans la tronche. D’habitude je suis là pour me poser entre la voiture et ton grands corps rouillé. Aujourd’hui j’étais la conductrice qui virait droit sur toi. Et t’étais cet abruti de chauffard prêt à m’emboutir, nos rôles s’échangeaient en permanence.

Le temps semblait s’être alourdi, et les aiguilles marchaient à rebours. Démantelée comme un pantin auquel on aurait coupé les fils.

« T’étais où ? Pourquoi tu t’es tiré trois jours avec un lamentable alibi ? »

J’ai relevé la tête d’un geste sec, empreinte d’une colère qui se réveillait. T’en as rien à foutre, hein, connard. C’est de ta faute aussi si j’ai tant souffert. Et deux fois. Putain. Tu sais quoi, va te faire foutre, va te faire putain de merde foutre. Je suis fatiguée, pliée en deux. La nausée me secoue l’être, je me redresse d’un coup sec pour laisser échapper ma colère dans une nouvelle explosion de mes intestins. Droit dans les chiottes, je vomis encore. La tête me tourne, les larmes fusent, pitoyable merde plantée par-dessus les toilettes. Je n’ai pas la force de me relever, là maintenant. Pourtant je sens la colère donner un coup de chaud à mes muscles, qui s’articulent désormais un peu plus que quelques minutes auparavant. Un nouveau souffle de vie, pervertit et corrompu par la rage et la peine. Je devrais te la cracher au visage, je devrais te gifler. T’écraser au sol avec mes genoux, couper ta respiration comme le gosse a prit mon air, comme je suis actuellement entrain d’étouffer entre la bile, la flotte, la haine et le chagrin. Tout ce petit cocktail est en train de me faire bouillir. Chasse tirée, je tire mon corps ingrat pour le relever et je titube vers le grand meuble portant la vasque. Je sais que tu me suis du regard, et je suis contente d’avoir brisé le miroir avant de partir, ça m’évite de me prendre tes yeux en plein cœur. Un peu d’eau craché, encore une petite quantité sur le visage, de l’eau froide, glaciale pour rafraichir mes joues rougies par la honte, et la fureur. Un coup d’épaule et je me défais de mon trench, une main par une main, affaiblie, et prête à m’écrouler bêtement sur le sol. A force de faire le con, on finit s’écorcher les genoux. Moi je venais de me vautrer dans les cailloux. Je glisse ma main dans ma poche, et en ressort le flacon. C’est mauvais tout ça, ça part mal. T’as déjà pris deux cachets à trois heures du mat ce matin. Ou tout à l’heure, tu sais plus de toutes façons, c’est trop loin pour ton esprit de camée embrumé. Alors t’enfournes encore deux petites gélules blanches, sans te soucier des accusations qui te brulent le dos, il a des yeux lasers Ethan quand il veut. Et là il est en train de tracer des sillons à l’acide de la base de mon coup jusque mon talon d’Achille. Fais gaffe Ethan parce que si tu touches le talon après je m’écroule. Et ça tu sais parfaitement le faire, couper le ligament derrière ma cheville pour m’exploser la tête contre le carrelage, t’as toutes les cartes en main, et je pense qu’aujourd’hui tu n’hésiterais pas à t’en servir. C’est ça ? Tu veux me voir repentie et pleinement désolée. Non, ça ne sera pas le cas. J’me mettrais pas à genoux.

« Qu’est-ce-que tu veux. »

Je sais, c’est déplacé. D’un geste rageur j’efface les larmes qui coulent encore sur mes joues. J’oscille entre colère et culpabilité. Je ne sais pas ce que je dois faire. Retenue, là, sur le bord du meuble, je cherche un moyen de sortir de cette situation. Il n’y a pas dix mille échappatoires. Je crois que je ne peux pas partir, ou peut-être qu’il vaut mieux si. Je ne sais pas quoi faire. Putain. Je me retourne tranquillement,  en évitant de me casser la gueule puis attrape mon trench au sol, essuyant le coin de ma bouche encore plein de flotte. Je braque mon regard bleu glacial, dans le sien. Allez, bouffes-y ma haine et ma souffrance. Regarde c’que t’as fais connard. La colère me faisait penser des mots horribles. La peine me forçait à rejeter la faute sur celui a qui je voulais préserver l’esprit. Complètement paradoxale. Je tiens mal debout. Alors je passe ma main blessée dans mes cheveux, et souffle de douleur quand ceux-ci se confondent avec les fils des sutures. Conasse, putain.

« Mais qu’est-ce-que t’en as à foutre, putain ? Ouais j’étais pas avec Tyler, et alors, t’as pas à suivre mon cul partout. Tu fais parti de la police maintenant ? »

Je suis désolée. Et puis non. Je ne sais pas. Tremblante, j’te lance un ultime défi. Je t’aime et je te hais, il y’avait de tout entre toi et moi. Et ta colère me fait flipper jusqu’à l’os, mais je reste droite, autant que je le peux. Un peu de consistance Bonnie. On se dispute, il te laisse tranquille, et t’auras pas à lui dire comme ça.

Alex, ça fait deux fois j’suis enceinte de toi.
Alex, deux jolies fois ou je me ruine à cause d’une vie que t’as créée à l’intérieur de moi.
T’es comme une comptine, tu reviens chaque fois dans ma tête.
Déteste-moi, il vaut mieux.
J’t’en prie.

« Est-ce-que ça dérangerait sa seigneurie, le roi des connards, de laisser la gueuse prendre une douche ou quoi ? Va te faire foutre Alexander, et casse-toi. »

T’as brisé mes reins, j’ai détruit la vie que t’as insufflé en moi. Mais ça tu le vois pas, espèce d’abruti. Tu sais juste que j’suis partie sans rien te dire. Bonnie, t’es conne. T’aurais du courir, là, maintenant.
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Dim 6 Oct - 20:40

En temps normal, jamais j’lui aurais parlé comme ça. Jamais je ne me serais montré si froid, si désagréable, si abrupte. J’manque de délicatesse, j’suis pas un mec avec du tact mais avec Bonnie, je savais avoir la tendresse qu’il fallait. Elle était la seule à pouvoir se venter d’avoir profiter du bon côté que je m’évertue à dissimuler au jour le jour. Je me refuse à ce que quelqu’un d’autre n’effleure cette part sensible, car moi-même, je la refoule au fond du fond de ma boite. J’ai un triple fond où j’dissimule mes pires cauchemars. Parce que putain, ouais j’en ai, mais j’préfère crever que de l’avouer. Seule Bonnie avait accès à tout ça. Et regarde où on en est maintenant ? Si je n’avais pas trouvé ce putain de carton, si Tyler n’avait jamais débarqué dans cette maison hier soir, jamais je ne me serais douter de quoi que ce soit, tu vois ? Jamais je n’aurais cru que ces vomissements que tu rends aux chiottes sont dû à un probable avortement ou juste à cette grossesse que tu souhaiterais mené à terme. Jamais je n’aurais eu ce regard glacial, ce visage tiré par les traits d’une colère sans nom.

Tu veux savoir ce qu’il se serait passé si je n’avais RIEN su de tout ça. J’me serais inquiété à te voir là, en train de gerbé comme pas permis. A voir tes larmes sur tes joues blanches, presque translucide. A voir ces deux océans tourmentés, ravagé par un ouragan sans nom. J’aurais limite accouru, parce que j’aime pas quand tu souffre. J’aime pas quand t’as mal, quand quelqu’un te fais du mal, te contrarie. J’aime pas t’entends ? Parce que t’es Bonnie, t’es ma Blondie. J’serais venue te soulever du sol pour te faire prendre une douche, te secouer un peu et je t’aurais couché, placé entre deux oreillers, sous la couette, avec moi a côté qui te dis que tout va bien pendant que tu t’endormirais dans mes bras. Et c’est ce qui arrive habituellement, quand t’es pas bien. Quand tes angoisses chroniques refont surface. Et tout ça, y a que nous qui le savons. Parce que ça nous rendrait beaucoup moins crédible aux yeux de ce monde de savoir que nous étions capable à quelques gestes de tendresse. Surtout pour moi…

Revenir sur terre. Ce n’est pas ce qu’il se passera dans cette putain de salle de bain. J’en suis incapable tant la douleur fait rage. Et j’la vois cette surprise sur ton visage où le mascara se déforme sur tes joues. Tu ne sais que le premier acte Bonnie. Juste que ton mensonge à couler aussi vite qu’un poids mort dans l’océan. Et ce poids mort, c’est moi. Parce que tes lèvres en forme de rond signe la confirmation que tu m’as mené en bateau comme un pauvre connard. Donc, tu comptais vraiment te tirer, c’est ça ? Avec ton sac, avec ton gamin dans l’bide et avec ce putain d’enculé ? C’était ça hein ? Et t’en gerbe de culpabilité de faire ça à celui que tu disais être ton frangin. Mais va te faire foutre Bonnie. Toi et ta putain de décision. Va te faire foutre, putain. Et toi, t’es comme un con à faire comme si c’était pas une surprise ?! Pourtant tu l’savais, dans tes angoisses profondes que tout le monde part un jour. Et même si au fond de toi, tu es rongé par l’inquiétude de la voir gerber ainsi, de la voir aussi mal, la douleur et la colère te poussent à rester aussi impassible que possible et aussi froid qu’une porte de prison.

« Qu’est-ce-que tu veux. »

Tu oses ? Oui, tu oses. Tu ose me provoquer alors que tu sais que tu as commis un impair, avec moi. Avec un autre, tu n’en aurais eu rien à foutre. Mais avec moi, c’était tout autre chose. Parce qu’avec moi, tu ne pouvais pas te foutre de ma gueule comme ça. Et pourtant, tu me faisais l’affront. Je t’observe te lever et trembler, comme un faon à peine sortie du ventre de sa mère, essayant de faire ses premiers pas. Teint livide, yeux perdu. Main tremblante, tu prends deux pilules. J’ai envie de te les arracher et de les jeter aux chiottes. Parce que j’veux une Bonnie ultra-lucide en face de moi, capable de m’expliquer ce putain de bordel. Et parce que t’étais déjà complètement défoncée en vue de tes pupilles hyper dilatées.
Ton regard de glace s’implante dans le mien et nous nous transperçons mutuellement. J’ai chaud, j’ai le cœur qui va exploser tant la haine fait rage, tant elle me détruit depuis plus de 24 heures. J’me suis fais un paquet de film et t’es entrain de tout concrétiser.

« Mais qu’est-ce-que t’en as à foutre, putain ? Ouais j’étais pas avec Tyler, et alors, t’as pas à suivre mon cul partout. Tu fais parti de la police maintenant ? »

Et elle grimpe les échelons. Et elle n’est pas loin de la limite. Du paroxysme. La colère. L’orage. Je serre les poings avec violence et je serre la mâchoire. Comment tu peux oser avec le mensonge que tu porte sur tes épaules ? J’te reconnais pas putain. En cet instant précis, je te voue une haine monstrueuse et pourtant, tu l’sais combien j’tiens à toi et c’est peut-être probablement pour ça que j’suis aussi rongé. Non en faite, c’est un tout. Oui, forcément j’me suis inquiété et c’est ce qui me fou en rogne. De m’être inquiété pour toi, alors que tu as osé me mentir et que tu ose ENCORE me faire l’affront que tout est normal et que tu m’emmerde. Tu crois vraiment que c’est comme ça que tout va se terminer ? Tu me renvois chier et salut ?

Mes yeux captent tes points de suture. Mais qu’est-ce qu’il s’est passé putain… J’comprends plus rien.

« Est-ce-que ça dérangerait sa seigneurie, le roi des connards, de laisser la gueuse prendre une douche ou quoi ? Va te faire foutre Alexander, et casse-toi. »

Je lève le regard vers elle. Tranchant. Flinguant. Mes poings se serrent plus fort et d’un geste sec, je claque la porte de la salle de bain avant de me retourner vers elle. Crispé, tendu, le souffle serein malgré la rage qui me martèle le cerveau.

« Parce que tu crois que tu vas t’en sortir comme ça ? J’crois que t’as oubliée un putain de détails Jane. »

Jane. Son deuxième prénom. Et ça, c’est quand j’pouvais plus la voir en face de moi sans penser à la tuer. Parce que Bonnie, c’était trop tendre pour l’instant présent. Parce que j’ai pas envie de me montrer sympa avec elle quand elle est ouvertement entrain de se foutre de ma gueule comme un pauvre putain de connard que je suis. De l’arrière de mon jean, j’en sors deux morceaux de cartons déchirés. Parce que tu vois, pendant que t’étais partie en vadrouille sans moi, sans me faire confiance, moi j’ai eu mes propres cauchemars. Là, reposé en deux morceaux de cartons. Deux putains de morceaux de cartons où il y avait marqué en gros, en gras et en violet : Pregnancy test. Je m’approche de toi et une deux enjambées suffisent. J’associe les deux morceaux de cartons face à toi, pour qu’en gros s’affiche devant tes yeux, le titre de mon inquiétude et de ma haine envers toi. Oui, c’est ça, réalise maintenant. Que je suis au courant. Que j’sais que t’es pas partie pour t’envoyer en l’air, mais que t’es partie pour rejoindre le père ou alors te faire avorter. Sans moi. Sans ton putain d’ami de toujours.

«La prochaine fois, dissimule mieux les faits. »

Et d’un geste sec, j’envoie valser les morceaux de carton dans sa gueule. Oui, dans ta gueule a toi Bonnie. Je me retourne prêt à sortir. Non, en faite, j’ai pas finis. Parce que putain j’en ai gros en travers de la gorge là. Et d’un geste sec, d’un coup de pied rageur j’envois valser ton putain de sac droit dans le mur.

« Putain, t’es enceinte. T’es enceinte et t’as même pas été foutu d’me le dire A MOI. PUTAIN. Tu m’donne la gerbe. Avec tes promesses à la con, qu’on sera toujours là pour l’autre. Non, t’as préféré te tirer comme une voleuse, sans rien m’dire à ton soit disant frangin. »

Ouais, parce que moi aussi j’ai envie de gerber dans ces chiottes ; J’ai envie de gerber toute ma déception et toute ma colère. Je me passe les deux mains dans les cheveux en tournant en rond, devant la porte. Non tu sortiras pas, ça tu peux m’faire confiance. Tu sortiras pas de cette putain de pièce sans m’avoir expliquer POURQUOI. Rire nerveux. J’vais devenir dingue. Et tout s'explique, le miroir cassé et le bordel que tu as foutu quand tu t'es tiré. J'te regarde, de la tête au pied. Tu es frêle, prête à t'écrouler là, sur le sol et même ça, ça ne me calme pas tant la colère se fait violente et imposante. Je t'ai regardé faire tes petits gestes qui t'ont surement donné un peu de contenance. De l'eau sur le visage, de l'eau dans ta gorge pour purgé l'acidité de ta gerbe. Et dans tes yeux, la culpabilité. Je pouvais tout lire dans tes yeux Bonnie. Tu n'avais aucun secret pour moi, ou presque. Et j'le vois là, dans tes deux grands océans qu'il y a une douleur qui te bouffe, qui te ronge. Alors, qu'est-ce que c'est? Le fait d'être prête à me planter comme un grand con? Ou peut-être le fait de t'être extirpé la vie de tes entrailles.

« Alors, c’est quoi la prochaine nouvelle ? Ou tu vas m’sortir encore un putain de mensonge dégueulasse ? Et moi qui m’suis inquiété comme un pauvre grand con. A m’dire que tu t’étais peut-être foutu en l’air avec ta bagnole. »

Mon poing s’abat violemment dans la porte qui se plis sous le coup. Toute l’inquiétude qui s’était accumulé ses dernières heures, toute la colère et toute la déception, menaçait avec violence d’exploser et de me faire perdre le fil de la raison. Je secoue la main, je ne ressens aucune douleur. Rien, du vide. Un néant. Un putain de gouffre dans laquelle je me perds à cause de toi. J’enlève ma veste que je jette dans la baignoire et détache deux boutons de ma chemise. J’ai chaud, j’vais crever d’étouffement ici. Il s’est passé quoi dans ta tête pour faire ça, pour fuir et me mentir.

J’écarte les bras avec un sourire sarcastique, avec des pics à glace sans les yeux :

« Qui est le père ? Ael ? C’est lui que tu as été voir plutôt que de me mettre dans la confidence ? A voir comment tu gerbe, je suppose que tu as mis un terme à tout ça."

Et j'sais qu'elle a du en chier. Qu'elle a du souffrir, qu'elle a du avoir mal à en crever parce qu'avorter, quelqu'en soit la manière, devait être une épreuve insupportable. Détruire la vie en soi. Détruire un coeur, un souffle. Détruire un enfant. Et j'aurais pu être là. Putain, j'aurais pu l'aider, mieux qu'elle ne le croit, à passer ce cap. Tu m'connais pourtant, tu sais que j'aurais pu l'faire, que j'aurais pu apaiser cette putain de douleur.

Ca monte. Ca monte trop, trop vite, trop fort. J’vais tout balancer putain. Parce que tu sois enceinte, c’est une chose et ça encore, tu vois, j’peux l’accepter et prendre sur moi pour t’aider. Mais que tu l’ai rejoints LUI et que tu comptais te TIRER … Mais PUTAIN.

« Et le pire. Le pire dans cette putain d’histoire, c’est que tu comptais te tirer. Tu comptais me planter comme un pauvre connard ici alors que j’ai fais tout le voyage de San Francisco à cette PUTAIN DE VILLE DE MERDE pour te rejoindre  TOI. Parce qu’on est des potes. Parce qu’on se connait depuis le DEBUT. »

C’est ce qu’on s’était promis, toi et moi. Et puis merde, un bébé quoi. Ael. Non, tu peux décemment pas m’faire ça. Le Ethan calme et impassible a foutu le camp. Parce que j’supporte pas que tu te foutes de ma gueule. Les autres, j’m’en branle, j’en ai rien à foutre parce que pour moi ce ne sont que de la vermine sans intérêt. Juste des enculés bon à te pourrir la vie. Mais toi. Pas toi, merde. Pas comme eux.
Le vide s’installe, le néant prend place pour organiser une dance funeste dans mon crâne ébranlé par les sentiments confus. Je le savais, j’le sentais pas ce mec, cet ordure, ce fils de chien. Et qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ? Tu vas te tirer ? Me laisser ? Et bien tire toi, loin. Casse-toi. CASSE-TOI PUTAIN.

Tu me détruis.
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Dim 6 Oct - 21:45

« Parce que tu crois que tu vas t’en sortir comme ça ? J’crois que t’as oubliée un putain de détails Jane. »

Jane. Je tiquais. Je savais c’qu’il entamait comme danse à l’intérieur de sa tête. Il me voyait les dents sur le sol et lui derrière qui tapait avec une batte. Exactement cette image de mort qu’il souhaitait m’infliger. Je détestais quand il m’appelait ainsi. Comme si je l’appelais Alexander. Nos religions des prénoms, c’était à cause de moi ça. Je faisais toujours tout un cochon sur les nominations. Mais là n’était pas le problème. Le réel problème c’est quand il s’est ramené face à moi, qui, instinctivement me suis reculée par peur, et le voir assembler deux morceaux de cartons devant mes yeux. L’effroi qui me guettait alors s’est jeté sur moi à pleines dents. Les mots réunis se mettent à défiler devant mes yeux, et ses mains tremblantes s’activent à la même cadence que les miennes. Je fais un nouveau pas en arrière, butte contre le meuble, et attrape le bord pour ne pas défaillir. Je manque d’air, là, maintenant. Je n’arrive plus. Je ne réagis même pas quand il balance les bouts de cartons sur mon visage, je cligne juste des yeux, puis ceux-ci bien ouverts se fondent dans le vide intersidéral qu’il vient de créer entre le monde extérieur et ma petite personne. Tout mon corps s’est arrêté de bouger, seules mes jambes continuent de trembler. Je me sens nue, petite, écrasée dans l’espace infini qui s’ouvre devant mes yeux. L’horreur à l’état pur, je suis suspendue par des fils au-dessus d’un trou noir. Je n’ai plus aucune étoile à laquelle me rattacher. Pendue par les remords et la culpabilité. Par la douleur qui se matérialise en une lumière rouge qui s’échappe de mon ventre. Du sang, sur mes mains. Du sang sur mes joues. Des traces de griffures sur mon ventre. Je m’observe de haut, je me vois trembler, suffoquer, ne plus réagir. La violence d’Alexander ne m’atteint plus, je suis loin. La morphine et l’héroïne combinées font effet. J’hallucine là, je suis assez habile d’esprit et bien trop alerte sur les changements de mon corps pour le savoir. Je suis à fleur de peau, c’est ainsi que je peux sentir le léger souffle qu’a provoqué Alexander en faisant valdinguer le sac. Sac qui se perd dans l’infini des bords de la pièce. Je le regarde tomber dans le néant, disparaître dans les ténèbres, n’être plus qu’un point qui disparaît lui-même à son tour. La seule couleur qu’il m’est donné de voir, c’est toujours ce rouge qui glisse entre mes cuisses et sur mes mains. Il se déplace tout seul, sur ma peau, empli ma bouche et s’infiltre à l’intérieur de moi. Revenir aux origines, à la terre, au corps. A l’intérieur. La vie ne demandait qu’à s’infiltrer de nouveau en moi, l’air.

Je prends une inspiration soudaine, comme si je faisais surface à nouveau, après être restée longtemps sous l’eau. C’est exactement ce genre de sensations qui me secoue le corps. Mes poumons ingurgitent une grande bouffée d’air, subite. C’est neuf, ça remplit l’espace vide, et les angles de l’appartement reviennent s’installer dans mon champ de vision comme des gros blocs de bétons. Par réflexe, j’accroche mon regard à celui d’Ethan. C’est ce que je fais toujours, quand ça ne va pas. Je m’accroche à lui, pour me rappeler que je suis bien sur Terre. Mais je détourne le regard et lui tourne le dos, de trois-quarts. Le regard halluciné, de nouveau dans le vide, tremblante, je reviens à moi. Mon esprit reprend sa place à l’intérieur de ma caboche. Allez Bonnie.

Alors oui, chérie, il est au courant maintenant. Tu l’entends qui t’aboies dessus ? Tu te sens détruite par l’utilisation du présent. « Tu es enceinte. » Non, était connard. Et de toi. Mais non, ça tu le comprends pas, tu parles d’Aël. Ah c’est ça que tu crois ? N’utilise pas le mot père. Cela signifierait que t’as commencé à faire des liens avec cette chose. Ne fais pas ça, tu vas te détruire. Tu vas me détruire. Tu le fais déjà. J’aimerais tellement que tes poings s’abattent sur moi tu sais. T’as réussi à porter la vie en mon sein, accorde-moi la fin pour réduire à néant ma souffrance. Allez, regarde-moi Ethan, et vois comme je t’implore d’abréger ce trop-plein. Renverse-moi comme t’as pu le faire dans ce lit, mais cette fois pour toujours. Je suis trop lâche, et pas assez forte pour supporter cette deuxième perte. Tu comprends pas toi. T’étais en moi putain. Dans mon ventre, j’avais cette partie de toi que tu voulais toujours poser sur terre. J’avais à l’intérieur le début de famille que tu as perdue. Tu captes pas, espèce d’enfoiré. Tu m’assommes de ton jugement. Tu ne sais rien. Si tu me regardais un peu, au lieu d’être aveuglé là, comme un connard, tu verrais les larmes à profusion partir de mes yeux pour s’écraser sur le carrelage blanc. Froid. Je déteste cette température qui fait écho à la mienne actuellement. J’me sens pas bien, j’ai la nausée. La prise de drogue n’arrange pas les choses, je suis morte défoncée. Je fais tout pour oublier. Et tes cris me ramènent à la réalité, l’horreur de ta peine et de ta fureur heurte mes côtes. Je ne sais pas quoi te dire, je voudrais t’exprimer mon regret, t’expliquer que je m’en veux, que je ne voulais pas te faire souffrir.

Mais putain, Ethan, je suis encore sous le choc.
La perte d’une vie ne se fait pas sans séquelles.
Et la colère tambourine à mes tempes comme la drogue se diffuse dans mon sang, encore.

« La ferme Alex. La ferme. »

Je porte une main à mon crâne, penchée en avant. Je ne me sens pas bien, du tout. Et il continue, faire les cent pas, à rôder autour de moi comme un traqueur sur sa proie. Il est là, et sa colère grandit autant que la mienne, qui danse sur une valse interprétée par cette douleur sourde qui m’arrache des sanglots. Qui fait trembler ma voix quand je t’intime de la boucler. Parce que t’es qu’un enfoiré, deux fois que tu piques une parcelle de mon âme. Deux fois que la vie s’est écoulée entre mes cuisses et que mon être à perdu de sa consistance. Tu ne peux pas lire dans mon esprit, pourtant t’as tout vu dans mes yeux. Qu’est-ce-que tu crois pauvre enfoiré, que j’aurais gardé ce monstre à l’intérieur de moi ? Que j’aurais laissé cette chose gangrénée par la drogue grandir ? Elle m’aurait causée des problèmes, t’as vu comme je suis frêle ? Je tiens pas debout, j’suis putain d’plate comme une limande. J’suis droguée Ethan, j’suis une camée jusqu’au bout des ongles, les fluides toxiques ont remplacés mon sang depuis longtemps. Mon cerveau n’a plus de neurones, que des bouts de cristaux. Qui s’entrechoquent et créent des connexions, parfois.

« j’te dis de la fermer putain. »
« …Parce qu’on se connait depuis le DEBUT. »
« TA GUEULE ! TA GUEULE BORDEL ! »

Je lui ai décoché une gifle. Une gifle monumentale avant de vaciller. Mon geste poussé par la colère avait été trop rapide, trop sec, trop fort pour que mon corps le supporte. Je suis retombée le dos contre le mur, les mains portées au visage. Mes yeux plissés, des sanglots ont commencés à fendre ma gorge pour s’échapper d’entre mes lèvres. Gémissante, à court de souffle, j’étais secouée par les profonds sanglots pleurs qui obstruaient tout mon être. J’étais bloquée, déséquilibrée, dans une position d’inconfort, les yeux fermés à l’extrême. Je sais ce que tu vas dire. Non, Bonnie ne pleure jamais, chéri. Tu ne m’as jamais vue faiblir ainsi. J’ai toujours fais tout en sorte pour que mon insensibilité prenne le dessus. Mais je suis trop faible, trop blessée, trop en colère et perdue. Tu crois que c’était par plaisir que j’ai fais mon putain de sac ? Tu crois que j’me suis piquée comme une bourrine toute la journée simplement pour le plaisir de la défonce ? Mais putain Ethan. Tu m’achèves. Je glisse le long du mur, dos à ce dernier, pour m’écarter de toi. J’ai trop peur que tu m’en colles une. Je ne me réveillerais pas. Je ne dois pas dormir. J’ai trop pris de drogue. Trop pour mon corps éreinté par le manque de vie, les organes dissous dans la chaleur infernale de la peine. Tu veux tout savoir c’est ça ? Alors écoute un peu.

Je n’aurais pas du commencer à parler.
Mais les mots s’écoulent de ma bouche. Trop tard. Je suis défoncée de toutes façons. Je ne te regarde pas, j’ai les yeux fermés, les mains toujours portées à mon visage. Je ne bouge plus, juste mon torse secoué par les pleurs, les sanglots commencent à se tarir et pourtant sois bien conscient Ethan, que ce que je te dis là est la chose la plus monstrueuse qu’il m’ait donnée de vivre. Pardonne moi, j’espère que tu auras mal. Aussi mal que mes coups de couteaux dans le ventre. Là, maintenant, je te hais. Je te déteste et te vous une affection profonde simultanément. Mais tu n’as pas été correct. Ta colère n’a désormais d’égale que ma froideur, interrompue seulement pas des sanglots qui se ramènent encore.

« J’te déteste Ethan. T’es qu’un connard. C’est d’ta faute. »

Petit à petit, je sens la colère qui commence à gronder de nouveau, qui fait son apparition entre les tourbillons dans ma tête, et qui vient cogner à ma cage thoracique. Je me redresse, en prenant appui sur les murs. Je sens les cris. Ils sont là, ils veulent percer l’obstacle qui les maintient hors de l’extérieur. Ils veulent passer la frontière du réel et se concrétiser dans ton esprit. Tu veux entendre ? Alors écoute ma colère qui se déverse sur mes joues, celle qui t’atteint en plein cœur.
Je ne peux m’empêcher de crier. La voix obstruée par les sanglots.

« Tout est de TA faute. Espèce de Salaud ! »

J’lui ai balancé un premier gobelet. Un shampooing, n’importe quoi. Tremblante mais tendue, je suis là, à me rattraper aux différents coins de meubles tandis que je me déplace –ou essaie- de me déplacer dans la pièce. Mes cheveux roux me collent au visage, mes yeux bleus disparaissent sous les larmes et la pupille ultra-dilatée. Je vois ton grands corps flous. La seule chose réellement concrète, c’est mon cri. Qui t’atteins en plein cœur.

« C’était toi dans mon ventre espèce d’enfoiré, t’as niqué mes organes, tu t’es faufilé, j’te déteste. J’te déteste Ethan, tu m’as détruite une deuxième fois. Putain j’ai joué la conne, j’ai TOUT fais pour que tu ne saches RIEN. Pour ne pas te faire de mal, pour te protéger de la vérité. Mais t’es qu’un salaud. JE VIS UN SECOND CAUCHEMAR, et toi, toi… T’es là à te pavaner avec ton air de bâtard sur la gueule. VA CREVER PUTAIN. VA CREVER COMME CE PUTAIN DE NOUS QUE J’AI CRACHE DANS LES CHIOTTES. Une putain de deuxième fois. J’aurais voulu t’y voir. »

Ma haine me lâche, mon corps se décrispe d’un coup et mes muscles cessent d’être tendus. D’un coup, je tombe contre le meuble, essoufflée, je me retiens sur ce bordel bancal. Et je pleure.
Comme jamais.

Tu me détruis.
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Lun 7 Oct - 20:00

Hurlement. Profond, expressif, embourbé par les sanglots et la haine. Ce cri, de me la fermer. Jamais il ne fut si désespérer. Si violent. Si perdu. Sa main sur ma joue dans un geste de violence me désarçonna. Ce fut l’effet de deux produits chimique provoquant une explosion, car à l’instant où ses doigts se sont abattus sur mon visage, j’avais une envie furieuse de destruction. Et pourtant, les gifles et les bousculades étaient monnaie courante entre elle et moi. Mais celle-ci avait un goût d’amertume. De haine. De rancune et de douleur. La surchauffe du geste me tiens en alerte d’un second coup, mais Bonnie est faible, frêle et complètement malade. Elle ne tient pas debout et tombe à la renverse contre le mur par la violence de son propre geste. Et moi je la regarde, froidement, durement. Le silence s’installe comme du plomb dans l’air et j’ai du mal à respirer. Non, j’ai du mal à ne pas me ruer sur elle, de la plaquer au sol et de lui hurler toute ma rage dessus. J’aurais pu faire tout ça … Si je n’avais pas vu tout son monde s’effondrer là, devant moi.

Des torrents de larmes. Des sanglots, plus profond que jamais. Ceux qui vous noue la gorge, vous donnant la sensation d’essayer d’avaler une balle de ping-pong. Ce genre de sanglots qui vous vient des tripes, de là où vous souffrez le plus, vous le puisez dans le gouffre que vous n’osez jamais regarder, par peur d’y tomber tête la première. Ce gouffre que nous utilisons comme une fosse sceptique à y accumuler nos merdes, jusqu’à ce que ça dégueule de partout. Que tu pleures, que tu chiales comme un gosse ayant perdu sa mère. Silence. Froid. Pleure. Bonnie en larme. Bonnie qui pleure tout ce qu’elle peut. Bonnie baisse sa garde. La petite princesse effarouchée vient de sombrer, juste devant mes yeux.
Et moi, j’me sens con. Et moi j’ai mal de la voir comme ça. LA voir se glisser contre le mur, dans un coin de la pièce, comme si j’étais son pire ennemie, comme si d’un instant à l’autre j’allais lui porter mon 45 dans la gueule. Bonnie, tu étais brisée. Et moi, je m’écorchais les doigts de tes morceaux, pour essayer de les recoller et de comprendre ce mal qui te ronge autant. Mais connard, elle vient d’avorter. Elle dégueule tripes et boyaux. Comment veux-tu qu’elle se sente ?

Oui, mais elle aurait pu venir te voir.

Tu plaisante ? Elle n’est pas venu justement parce qu’elle craignait ce genre de réaction. Pauvre con.

T’es un putain d’handicapé des sentiments et t’as même pas su prendre des gants avec elle. Tu n’y a vu que ton petit nombril, ta petite conscience d’enfoiré trop seul dans ce monde de merde. Mes yeux bleus glace qui te transperce de part et d’autre, je sens au loin galoper la furie qui menace de me prendre en traitre et de me faire hurler, d’ici quelques secondes. Un combat des sentiments se menaient comme celui des gladiateurs face à César. Et je ne le supportais pas. La détester de ne m’avoir rien dit ou accourir pour la prendre dans mes bras et lui dire que j’étais là. Mais je n’sais pas faire PUTAIN. T’es qu’un putain d’menteur Ethan. Dis juste que t’en as trop dans la gorge pour pouvoir faire quoi que ce soit. Tu devrais avoir honte… Si tes parents voyaient ça.

TA GUEULE.

Ses sanglots sont une multitude de couteaux qui viennent me trancher les veines et s’empaler droit dans mes côtes. Les pleurs en écho sur le carrelage glacial de la salle de bain deviennent insupportables pour l’amour que j’lui porte. Et pourtant, ce volcan ne cessait de me réduire en cendre, de me faire battre le cœur à mes tempes tant la tachycardie faisait ravage.

« J’te déteste Ethan. T’es qu’un connard. C’est d’ta faute. »

Je me crispe et me dresse de toute ma hauteur, toujours le visage impassible. Elle se fou de moi ? J’ai rien demandé moi putain. J’ai pas demandé à ce que tu te casse d’ici sans rien m’dire pauvre conne. Je la regarde se redresser malgré les sanglots, malgré la douleur. Je serre les poings de plus belle à m’en craquer les jointures. J’ai envie d’éclater tout ce qui me passe sous la main. Et avant que je n’ai eu le temps d’ouvrir la bouche …

« Tout est de TA faute. Espèce de Salaud ! »

J’esquive tout ce qu’elle me balance à la gueule sans forcément y réussir. La colère qui se lit sur son visage n’est pas commune. Et moi j’comprends que dall à toute cette mascarade. A toute cette putain de pièce de théâtre tragique où elle en est l’actrice principale et moi, le second role qui a visiblement oublié une partie du texte. Mais c’est quoi ce putain de bordel. J’la reconnaissais pas, c’était pas ma Bonnie. Oui, elle s’est faite avorter, OKAY. Mais cette rage non de dieu, qu’est-ce que j’t’ai fais putain.

Mais tu n’aurais jamais voulu savoir. Parce que ce qu’elle te crache maintenant dans la gueule, tu vas aller le vomir. Tu vas le cauchemardé, tu vas le retourner dans tous les sens. Tu vas vouloir tuer. Tu vas vouloir te défoncer. Tu vas vouloir t’oublier, te salir, la salir. Tu vas vouloir hurler et saccager. Tu n’es qu’un putain de coupable…

« C’était toi dans mon ventre espèce d’enfoiré, t’as niqué mes organes, tu t’es faufilé, j’te déteste. J’te déteste Ethan, tu m’as détruite une deuxième fois. Putain j’ai joué la conne, j’ai TOUT fais pour que tu ne saches RIEN. Pour ne pas te faire de mal, pour te protéger de la vérité. Mais t’es qu’un salaud. JE VIS UN SECOND CAUCHEMAR, et toi, toi… T’es là à te pavaner avec ton air de bâtard sur la gueule. VA CREVER PUTAIN. VA CREVER COMME CE PUTAIN DE NOUS QUE J’AI CRACHE DANS LES CHIOTTES. Une putain de deuxième fois. J’aurais voulu t’y voir. »

Je sens le sang quitter mon visage au fur et à mesure de ses mots qui s’encastrent un a un dans ma compréhension. Tout va trop vite. Ton débit va trop vite. Laisse-moi le temps d’analyser tout ça s’il te plait. Et dit moi que tu mens. Dis moi que tu mens juste pour me faire crever de douleur comme moi je l’ai fais.

Un nous. Dans son ventre. Un moi et un Elle. Un Alexander et une Bonnie. En une seule et même personne.

Deux fois.

Deux nous. Nos cellules s’unissant pour créer la vie. Pour créer le cœur. Pour créer le souffle. Pour créer un être.

Deux fois.

Le temps se suspend. Bonnie disparait. La pièce devient un amas de brume, de couleur, d’une palette d’un peintre fou essayant de multiple mélange. Les bruits s’estompent et mes yeux se perdent dans le vide. Ses cris s’évanouissent dans un gouffre de l’espace temps pendant que mon corps chute dans un rien avec ma conscience pour enclume, accrochée à ma cheville. Je manque d’air. La vie s’échappe de moi, de mon corps. Je la sens me quitter, s’écouler le long de mes veines pour venir s’évaporer au bout de mes doigts, de mes pieds. La réalité venait par flash. Bonnie enceinte. De moi. L’incompréhension … A quel moment tout cela a-t-il pu arriver ? Et mon pauvre con, tu te pose vraiment la question avec toutes les soirées de défoncés que vous avait fait, où vous avez terminé au pieu, bien trop camé pour vous protéger ? Tu nie à ce point la vérité ? Que toi aussi t’es un putain de coupable ? Que c’est aussi de TA faute si elle a du cracher DEUX TOI dans les chiottes. T’entends : DEUX FOIS, deux PUTAINS DE FOIS. DEUX putains de futur gamin qui aurait pu avoir ton regard et son sourire. Qui aurait pu avoir l’énergie de la princesse et la froideur du bourru que tu étais. Deux fois… La vie s’est échappé deux fois de son être à elle. Sans qu’elle ne te dise rien. Tu ne savais pas et si tu n’avais pas trouvé ce bout de carton, tu n’aurais jamais su que deux fois, tu avais créé la vie en elle.

Tu aurais pu être père.

Tu aurais pu donner ce que tes parents t’ont laissé.

Tu aurais pu enfin, reconstruire une famille… Celle que tu reni depuis des années, planqué au fond de tes pensées, à faire comme si ça te dérangeait pas de plus en avoir. Comme si c’était pas si grave que tes vieux soient morts contre ce platane en vu du monde de merde dans laquelle tu vivais, que nous vivions tous. Ils ne loupaient rien ici.
A part toi.

Le chiffre deux. Deux être pour procréer. Le destin à voulu qu’elle éjecte une Bonnie et un Ethan. Et toi, tu faisais quoi pendant ce temps ? Tu baisais, avec d’autres. Tu t’envoyais des shoots dans la gueule. Tu bossais pour ramener de la thune, tu te faisais taper la gueule dans les rues pour récolter encore plus de fric. Et elle, elle éjectait la vie. Un petit bout de toi. Et elle ne t’a rien dit… Elle ne m’a rien dit… Bonnie. Pourquoi.

« … Pourquoi… »

Les mots s’échappent, pendant que mon regard reprend vie aussi vite que mes poumons inspirent à nouveau l’air. Le sol sous mes pieds, la tête me tourne. J’ai mal. Où ? je n’sais pas. J’ai juste mal à en crever. Mal. Douleur. Souffrance. Je la déteste. Je vous déteste. Toi et elle. Toi et vous deux. Vous trois. Merde.

Et le sang dans les chiottes. Et le fœtus flottant à la surface. Il était l’étincelle, j’étais la dynamite. Un bruit sourd retentit dans la salle de bain. Je cligne des yeux et la rage me contrôle. Elle expulse mes poings partout où ils peuvent. La porte, trois fois. Trois gestes secs en hurlant comme un animal. Expulse la douleur. Expulse l’aveu qui pointe le bout de son nez pour te détruire. Expulse la haine. Expulse la rancune. Le feu… Non l’incendie ravageur. Putain. J’explose. Deux gosses.

« DEUX PUTAINS DE GOSSE. ET TU N’AS RIEN DIS MERDE. »

D’un geste violent, je renverse l’armoire où les produits viennent s’éclater au sol. Putain de merde. Allez tous vous faire enculer. Des coups de pieds dans les produits qui viennent teindre les murs. Bande de con. Bande de merde. Monde de merde. PROCREATION DE MERDE ! Me fondre dans le mur. M’éclater la gueule. Lui éclater sa gueule à elle. Tu m’as mentis.

« T’es qu’une putain de menteuse. PENDANT TOUT CE TEMPS. Tu m’as regardé DROIT DANS LES YEUX ? Comme si de rien n’étais. PUTAIN DE SALOPE. »

M’éclater ma putain de gueule sur le carrelage. D’avoir créer la vie et de l’avoir pousser à la faire crever. Ne pas lui faire de mal. NE PAS lui faire de mal. Ne la touche pas. Ne la REGARDE PAS. Le mur. A coup de poings et mon sang s’y éclate. La porte que j’achève à coup de pieds. Je suis fureur. Je suis ouragan. Je suis violence, inhumaine. Et dans cette rage, transperce la souffrance. Transperce la culpabilité. Parce que tu n’as été qu’un putain d’enculé à passer le plaisir avant la sécurité. Et elle avait fermé sa putain de gueule.

« T’es qu’une putain d’égoïste Bonnie Jane. UNE PUTAIN D’EGOÏSTE ! »

J’aurai pu être là. J’aurai pu décider avec toi. J’AURAI PU BORDEL ! J’étais aussi concerné. J’étais en TOI. Putain. C’était un bordel. J’y comprends rien. J’y comprends que dal à ce qu’il s’est passé et les yeux me brulent. Parce que j’entends au loin le cri des pneus. Le hurlement de la carrosserie qui se mélange aux leurs. Et j’entends cette fois le cri de la vie. Un gamin. Deux gamins. D’elle et moi. Et je n’avais rien su… Rien. Un silence. Un gouffre. Ils sont partie. Ils sont morts sans que je ne sache rien. Et au fil de mes pensées, mes poings s’abattent partout dans les meubles qui se détruisent au fur et à mesure. Et je ne ressens rien que de la douleur morale, psychologique. J’ai honte. Je la déteste d’avoir fait ça. De l’avoir fait sans rien me dire…

Avant que je n’eu le temps de retenir mes gestes, je me ruais déjà sur elle, l’agrippant par les bras et la soulevant du sol comme si elle n’était qu’un morceau de papier. Une plume. Une écorce d’arbre. Et je la plaque au mur avec force, sans me retenir, sans mesurer mon emprise. Mes yeux me brulent et c’est pas normal, parce que je la vois flou. Parce que ça pique. Parce que ça fait mal. Parce que j’ai cette boule dans la gorge. Et je hurle. Hurle encore.

« Pourquoi putain. Pourquoi t’as rien dis ! On était deux dans cette putain d’histoire comme ces deux foutu fœtus que t’as balancé aux chiottes !! »

Et je n’en peux plus. Ce que je sens sur mes joues, je n’en veux pas. Je les refuse. Je les gerbe. Je ne veux pas qu’elles existent. Je la plaque avec moins de force, les dents serrer, la voix tremblante. Tu vas pas faire ça. Tu vas pas l’faire. t’es qu’un putain de con.

« J’étais tout aussi concerné que toi putain.  J’étais… en toi. J’étais avec toi. Pourquoi t’as fais ça toute seule bordel. J’aurais pu être là. On aurait pu voir ça ensemble. On aurai pu prendre la décision à deux. J’étais aussi impliqué que toi… »

ma voix s’éteint, s'estompe. Ma colère avec. Un poids vient se plaquer sur mes épaules. Je n'ai plus la force, j'ai plus envie. Je suis fatigué.

Et tu crois qu’elle a subit quoi Bonnie ? Tu crois que c’était la java de son côté ? Tu crois qu’elle a prit son pieds à éjecter d’elle deux fois, des parties de vous deux. Sombres cons. Sombres idiots. Regarde là. Regarde là putain et assume ce regard. Assume sa détresse. Assume sa douleur. Parce que c’est aussi ta faute. Parce que t’es aussi responsable qu’elle. Parce que son seul tord est d’avoir voulu te préserver d’un truc que toi-même tu ne connaissais pas.
Et je la lâche. Je recule. Je la fuis. J’étouffe. Son regard m’oppresse. Ses larmes me lacèrent. J’ai honte. Je me déteste d’avoir été aussi con. Le mur dans mon dos je m’y appuis, le regard froid, noir. Terrible. Et elle me craint. Elle est englobée par la peur de moi.

Elle a avortée d’un nous. De deux nous. Elle a du expulsé la vie. Parce que tu le sais, ces gamins n’auraient jamais pu voir le jour. Parce que Bonnie, c’est pas ta meuf. Parce que vous étiez camé jusqu’ à l’os, que votre sang n’était qu’un mélange de coke, d’héro, d’excta et de shit. D’une manière ou d’une autre, ils seraient mort et il valait mieux que ça soit maintenant.

Et je prends conscience de sa douleur à elle. De ce qu’elle a dû subir. Sans moi. Du poids énorme qu’elle a du porter sur ses épaules pour ne rien me dire, pour réussir à me regarder dans les yeux sans avouer le crime commit par la force des choses. Elle a du fermer sa gueule. Elle a du ravaler tout ça et avancer avec pendant que toi, tu te pavanais comme si de rien n’était. J’ai honte pour toi. Toi qui lui voue une haine féroce alors que tes mains portent le sang d’un homme tué de sang froid. Et ça, elle n’en sait rien. Elle sait pas qu’un soir, trop défoncé, tu t’es laissé emporter par la violence et tu as abattu un mec. Peut-être qu’avec ça… tu comprendras mieux la raison de son silence, enfoiré.

Mais alors dis-moi… Dis moi pourquoi d’un coup, j’ai ce vide au creux du ventre, au creux du thorax. Pourquoi je souffre comme un pauvre con.J'étouffe. J'peux pas te regarde. J'peux pas assumer. J'peux pas rester ici.

"Pardonne moi Bonnie... Putain. J'suis désolé."

Pardonne moi d'avoir été impliqué dans ce que tu as du t'arracher de tripes. Pardonne moi d'avoir agit comme un con. Pardonne moi de n'pas savoir faire...
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Lun 7 Oct - 21:45

« T’es qu’une putain de menteuse. PENDANT TOUT CE TEMPS. Tu m’as regardé DROIT DANS LES YEUX ? Comme si de rien n’étais. PUTAIN DE SALOPE. »

Putain de salope. Menteuse. Je t’ai regardé droit dans les yeux. Parce que si j’avais fuis, tu n’aurais jamais cru au mensonge Ethan. Tes mots me lacèrent, j’ai mal, et la douleur s’infiltre de mon ventre à mon cœur en passant par ma gorge ou des bouts de verre s’y glissent. Tu me fais peur, putain. J’avais prédis la colère, mais pas cette violence et cette rage qui éclatent maintenant alors que je me maintiens debout par le meuble branlant. Je te regarde. Tes cris, violents, qui se répercutent et ricochent sur mon être en y laissant une trace bien distincte. Un trou noir à chaque impact. Je me recule dans le coin de la pièce lorsque t’envoie valdinguer le meuble. Je suffoque, une main sur la bouche, tentant de retenir la peur qui s’échappe d’entre mes lèvres. J’ai peur, putain. Et tu continues de hurler, de m’insulter, de craquer tes os sur les murs, d’exploser ta violence contre ma peau frêle. Je n’ai pas réussi à te protéger de la vérité. Je ne réussis pas non plus à me protéger de ta violence. Et comme aux temps où mon père abattait ses poings sur mes côtes, je me rétrécis dans cet angle de mur, et soulève mes bras devant mon visage. Je tremble, comme un séisme à l’intérieur qui déchire mon être en deux. Tu me fais peur Ethan, je n’ai plus assez de voix pour te le dire. Que ta fureur déchaîne mes souvenirs, qu’elle me rappelle les coups de savates sur mon dos et mes cuisses. J’accroche mes cheveux, je ferme les yeux, j’espère qu’à travers ces cris tu ne viendras pas te défouler sur moi. Je reste silencieuse, j’étouffe les sanglots, tente de me faire le plus petite possible. Comme je le faisais avec mon père. Je me cachais, dans la maison, pour éviter qu’il ne m’attrape, lui et sa ceinture. Mais il arrivait toujours à me retrouver, à attraper mes cheveux pour me tirer dans ce salon, pour déposer sa fureur sur moi comme si je n’étais qu’un simple punching-ball. Je ne trouve plus l’air autour de moi, tout se raréfie. Tu voles tout avec tes grandes inspirations, ma panique n’a plus de quoi s’alimenter. Je reste crispée au fond de cette pièce, le genou relevé dans l’attente de te voir débarquer, de te sentir rué sur ma peau. Tu continues d’hurler, à pleins poumons, d’abattre tes poings partout où bon te semble. Les bruits de casse parviennent jusqu’à mes oreilles. Je ne réagis plus, les corps secoué dans tous les sens, j’occulte tes cris comme je le peux, la puissance de ta haine me fouette le corps, je n’arrive plus à rester debout. Je me sens tomber, tourner de l’œil. Puis j’entends. J’entends tes pas colériques buter contre les carcasses de meuble au sol et venir te jeter sur moi.

« NON, S’IL TE PLAIT ! »

Réflexe. Le regard halluciné, j’ai hurlé, t’ai craché mon angoisse au visage. J’ai fermé les yeux, me suis débattue comme je le pouvais, les bras comme je le pouvais redressés devant le visage. Je ne t’entendais pas, je ne t’écoutais plus, la panique avait pris possession de tout mon corps, je respire comme s’il n’y avait plus de quoi s’oxygéner, je fais glisser mes pieds sur le mur pour retrouver la stabilité du sol. Un long silence, des acouphènes désagréables comme l’après explosion d’une bombe peuple mon crâne. Je vois ton visage déformé par la colère, ta bouche s’articuler dans de grands et gros mots sans que je n’en saisisse le sens. Je n’arrive pas à t’entendre, je cherche un point de repère, je pleure aussi, comme toi, là, maintenant. Je vois tes petites larmes impolies et encore plus rares que les miennes caresser tes joues et apprécier leur sortie de la prison que tu t’es créée autour du corps. Je suis blessée, j’ai mal, je ne sens plus que tes bras qui sont entrain de marquer les miens, par toute cette violence que t’applique sans ménagement sur ma peau. Je crois que je crie, je ne sais pas si cela s’entend. En tout cas tout mon intérieur est chamboulé, je balance mes pieds contre tes mollets quand ils ne cherchent pas à se soulever en prenant appui sur le mur. J’ai l’impression que tu m’étrangles, que tu m’étouffes, que plus rien ne passe dans a gorge, mes poumons ne s’abreuvent plus, je ne t’entends pas. Juste des bribes de mots. Des « pourquoi » à profusion. Pourquoi j’ai pris la décision toute seule.

Pourquoi, putain d’enfoiré, à ton avis, j’ai pris la décision toute seule.

Je me sens retombée, d’un coup, et je reprends conscience du monde qui m’entoure. Je me laisse glisser le long du mur, délaissée par toute la force que j’avais pu contenir jusqu’à présent grâce à la colère que j’éprouvais à ton égard. Là, paumée contre le mur, je resserre mes genoux contre mes côtes, et je laisse échapper un sanglot lorsque je passe ma main sur mes bras, déjà constellés de petites taches bleues qui commençaient à apparaître. Je marque extrêmement vite, et ta pression, ta puissance, celle dont j’adorais m’abreuver avant venait de me blesser, de marquer ma peau, mais mon âme aussi, en passant. Je frottais par-dessus, comme si je pouvais effacer la douleur qui s’en dégageait, et je me sentais percée de part et d’autre. Oui, quelque fois nous nous étions battus. Mais pas ainsi, pas comme ça, pas pour ça. Je venais de réduire mon être à néant en tuant celui que j’avais crée, et tu venais de me marquer par ta violence et ta colère. Poser ta main sur moi, Ethan, t’as posé ta main sur moi. Oui je t’ai giflé. Mais je fais même pas cinquante kilos. A ma place t’aurais pas fais la même chose ? T’aurais pas essayé de me faire taire ? Quand tu m’inculpais des pires crimes quand tu faisais partie du problème toi aussi. Mais tu ne pouvais pas le savoir. J’t’ai jamais rien dis après tout. Oui, t’aurais pu être père. Mais toi et moi savions que ça n’était pas du tout la meilleure idée. Alors j’ai voulu te protéger en détruisant petit à petit mon humanité. En forgeant cette carapace de mensonge et de force, de fierté mal placée et de jeu d’actrice, mais ça a échoué. Pour un simple bout de carton. Et parce que j’avais mal joué mon coup. T’aurais fais quoi putain Ethan, à ma place. Je n’allais pas te demander de mettre des coups de pompes dans mon ventre pour tuer la vie qui s’y développait, merde.

Mes sanglots redoublent à nouveau. Remake de film triste de merde. J’étais la pitoyable et pathétique grognasse qui pleurait à s’en vider complètement.

Je voulais tout te dire, mais rien ne sortait de ma bouche. Je restais là à chialer comme une pauvre conne, en scrutant les bleus qui se formaient sur mes bras, la trace de ta douleur, la brulure de tes larmes sur ton visage. Si beau, si dur. Ce regard si glacial. Tout ce que j’aimais chez toi avait disparu pour montrer le démon de la colère sous son jour le plus effrayant. J’avais une putain de peur de toi, chacun de tes gestes me faisaient sursauter. Même s’il s’agissait de poser ta main devant tes yeux pour me cacher tes larmes. Je sais qu’elles sont là, qu’elles répondent aux miennes. Mais t’es silencieux. Alors que je lâche toute ma peine, ébruite ma souffrance, que mes gémissements se transforment en cris de porcins alors que ma main suturée vient frapper le sol. On a bien l’air de deux cons comme ça, tu crois pas ? Je savais que tu ne viendrais pas me sauver d’un lit de princesse, m’entourant de fleurs pour apaiser mes maux. Je ne pensais pas non plus que t’allais être la cause première de mon envie intacte de mourir, là, maintenant. De terminer tout ça. De tout laisser aller. Ça n’était pas qu’une putain d’étape à passer. Je pose ma tête sur ma main et continue de chouiner alors que tu fais silence. Tu rumines, c’est ça. Tu te dis que j’aurais pu t’apporter ta famille. Que tu me hais d’avoir ce qui aurait pu te rendre la vie plus belle. Tu ne comprends pas mon geste. Tu ne comprends pas mon mensonge. Tu sais qu’il n’y avait pas lieu que ce monstre vive. Tu sais qu’on est des cons. Tu ne comprends pas que j’ai voulu te protéger. Te blesser. Qu’on a été assez stupides pour se planter deux fois. Pour que tu me crucifies sur l’autel de l’horreur aujourd’hui. Et puis..

« Pardonne moi Bonnie... Putain. J'suis désolé. »

Et tu tournes les talons.
Moi, je me précipite.
Bancale, comme un poussin sorti de son œuf, incapable de poser un pas correct devant l’autre. En appui sur le mur, je me jette littéralement sur toi, manquant de m’écraser au sol, les yeux embrumés. L’océan aux paupières. Je me rue sur toi dans cet ultime geste désespéré.
J’ai besoin de sentir ta peau. J’ai besoin que tu ne partes pas.
Alors je te plaque au mur, j’enferme tes bras entre les miens, je me colle à toi, comme une malade à la vie. Je puise dans mes toutes dernières forces, mes jambes faillissent à leur devoir, mais je reste debout, je pose mon petit corps contre le tien. Je sais que tu veux me repousser, et que ce contact t’exècre. Alors je te plaque contre le mur derrière toi, je fais pression, je ne veux pas que tu bouges. Tu ne comprends pas comme j’ai besoin de la vie dans ton cœur pour combler celle que je viens de détruire. De consommer ta fureur et le peu d’affection qu’il te reste à mon égard pour faire rosir mes joues. Moi qui suis si pâle, qui est à deux doigts de m’étaler au sol. J’ai besoin de me fondre contre toi, de bruler ta peau à travers ton t-shirt avec ces larmes abrasives qui m’échappent. Je serre les lèvres mais les pleurs traversent mon corps et se répandent en une vague qui se répercute sur le tien. Tu ne peux pas t’échapper, je suis devenue la prison qui t’enterre et t’enchaîne à la douleur, à la vérité et à cette réalité que nous fuyons avec nos drogues. Je ne veux pas entendre tes excuses. Elles ne sont pas sincères. Je m’en contre fous, et sache que moi aussi je suis en colère contre toi. Encore du plus profond de mon cœur. Les bleus me rappellent que tu  n’es peut-être qu’un homme comme les autres. Ça me détruit.

Tu me repousses, je te plaque à nouveau contre le mur. Je resserre mon emprise. Tu te débats, un peu, peut-être est-ce pour la forme. Peut-être ne veux-tu pas apposer ta marque à nouveau sur ma peau.

« Arrête. Arrête de bouger. »

Tu ne m’échapperas pas. Tu feras face à ma douleur, à ma colère. Je soulève le regard, pose mon menton sur ton torse, manque de glisser sur un shampooing éclaté. Tu vois les larmes qui ruissellent encore, je suppose sur ma peau bien trop blanche, vidée de toute essence vitale. Tu vois c’que tu m’as fais. C’que j’subis. C’que je regrette d’avoir pu autant te faire du mal. Et à quel point je te déteste. Ce regard implorant, je le range, et je replace ma joue contre ton cœur, mordant ma lèvre pour étouffer les sursauts de l’être. J’te déteste. Et je me déteste d’avoir cette haine à ton égard. Mais j’te hais vraiment, putain.
Perdue.

« J’te déteste Ethan. Comment t’as pu me faire ça. Tu croyais quoi, que j’allais le garder. Prendre quelle putain de décision, dis-moi. J’ai voulu te protéger. Tu sais très bien qu’il était destiné à mourir. Je te hais. Plus que n’importe quel autre homme. »

J’ai serré encore, je t’ai senti te contracter. Je me fonds en toi, j’aspire ta chaleur, je m’enveloppe de ta présence. J'essaie de te voler toute ton énergie. J'ai besoin de ce contact, j'ai été si seule. Si loin. Si mal, cette morphine, et l'héroïne, ne suffisent pas à apaiser la douleur à l'intérieur. Et t'en rajoutes une putain de couche. Tu n'sais pas toi. Oui Ethan, j’te hais plus que n’importe quel homme.

« Pourtant pourquoi est-ce-que je continue à t’aimer plus que n’importe quel autre ? »
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Ven 11 Oct - 20:02

J’aime pas ce qu’il se passe, ni comment j’me sens. J’aime pas me sentir si… fragile. Démunie et complètement paumé. Mais aussi, me sentir comme ce putain d’enfoiré qui a sagement savaté sa gamine durant des années. Ressembler à cette ordure me donne la gerbe et je suis à deux doigts de rendre le peu que j’ai bouffé depuis hier. Oui, j’ai capté ce regard et oui, j’ai reconnu les gestes d’auto-défense que tu as manifestée lorsque je me suis approché de toi, comme si tu voyais en moi celui qui t’as fais vivre un cauchemar durant des années. Et ça, je ne le supportais pas. Et c’est pour ça, que je dois partie. Maintenant. Que je dois te fuir, parce que je ne supporte pas de voir cette haine que tu me portes dans ton regard. Que je ne supporte pas d’être craint comme si j’étais ton père. Que je ne supporte pas l’idée d’avoir pu semer ma propre vie en toi. Je ne supporte plus tout ça. J’aimerais que tout s’arrête, qu’il y ait un bond dans le temps et que tout aille mieux. Que je sorte de cette putain de baraque durant quelques heures et que lorsque je reviendrais, tout redeviendrait comme avant. Le miroir serait toujours là, accroché au mur. La salle de bain ne ressemblerait à pas Pearl Harbord lors de l’invasion des japonais. Que ce test de grossesse n’a jamais trainé sur ce sol, dans cette poubelle. Que tu ne sois pas là, à vomir tes tripes d’avoir expulsé pour la deuxième fois la vie hors de toi. Mais plutôt, que tu sois entrain de papouiller Ea et entrain d’me gueuler dessus parce que j’suis qu’un pauvre connard trop chiant… Et pas qu’un pauvre connard trop violent et trop … égoïste.

Parce que, moi aussi j’ai mal.

Je sais déjà que tout ça, j’irais le vomir d’ici peu et l’occulté comme j’ai si bien su me barricader derrière des murs de béton après mes 8 ans. Mais là, maintenant, j’ai mal. Et nous sommes tous les deux égoïstes de la douleur de l’autre. Tu penses à la tienne. Je pense à la mienne. Et putain, qu’est-ce que j’ai mal. Cette déchirure, là, bien au creux de mes côtes, de mes entrailles. Celle qui continue de s’agrandir au rythme de la vérité qui prend toute son ampleur. Un shoot. Trois, Six. Peu importe, tant que j’oublie. Tant que cela me donne la sensation de n’avoir rien entendu, rien appris. Me tirer. Loin. Loin d’elle et de la vie qu’elle a portée. Loin d’elle et de la douleur que j’ai provoqué, à mon insu. Loin d’elle et de cette souffrance qu’elle m’inspire parce que putain, j’m’en veux Bonnie. De tout. D’être là comme un con, les bras ballant à pas savoir quoi faire. De n’avoir rien pu faire. De t’avoir fait mal, lorsque je vois tes petites mains fébriles frotter tes bras comme si ça allait faire disparaître les bleus que j’ai surement laissés sur ta peau qui marque bien trop vite. De pas avoir compris ce qu’il se tramait.

Et je t’en veux. Je te déteste. D’avoir voulu me protéger. D’avoir cru que je serais trop faible pour t’aider à faire ce qu’il fallait. D’avoir cru que j’viendrais te bousiller… De pas avoir eu confiance en moi et de ne m’avoir rien dit.

Trop d’extrême. Trop d’ombre, trop d’émotions. J’ai envie de hurler et de me fondre droit dans le mur, de m’y fracasser le crâne. Tout ça, c’était de la connerie. De la pur connerie. J’étais le mec aux émotions inexistantes. Et pourtant, j’étais là, à chialer comme une putain de merde parce que j’me retrouvais prisonnier de tout ça. Entre la haine et la culpabilité. J’étouffe. T’avais pas à m’faire ça, comme j’avais pas à détruire cette pute de salle de bain. Mais à ma place, dans ma peau, tu n’aurais pas toi même éclaté ? 22 ans qu’on se connaît et nous en étions là… Nous étions tous les deux aussi stupide que l’autre. Deux grandes gueules soufflées par une existence. Le vide au creux du ventre était probablement aussi intersidéral que le tien et peut-être pas pour les mêmes raisons.

Casse toi Alexander. Casse toi avant de tout foutre en l’air pour de bon.

Et je tourne les talons, me ruant vers la porte complètement défoncé et bloquée par le morceau de bois gondolé et fendu. J’entends ses pas. Sa précipitation. Ses bras, sa force que je n’aurai jamais imaginé, puis le mur. La chaleur et une vague étrange dans le ventre. Le désespoir me cogne, m’assomme et ne fait qu’accentuer ma propre culpabilité. Lâche moi Bonnie, j’suis pas le meilleur réconfort qui soit pour toi, là maintenant. Veux-tu vraiment prendre dans tes bras, le père du fœtus que t’as éjectée dans les chiottes ? Je ne crois pas non…

Comme je ne crois pas avoir envie de t’avoir contre moi. Par dégoût de soi. Par tout. T’avoir contre moi me rappelle les énièmes étreintes charnelles que nous avons eu ces derniers temps, dont l’une était responsable de ce putain de carnage… Ton corps d’ordinaire si doux et léger à mes yeux, devenait le poids trop lourd, le poids de trop et fatale à mon cœur. Et je te repousse, avec bien peu de conviction… Pourquoi ? Tu l’sais, pauvre con. Que t’as besoin de son corps, d’y sentir le peu de vie sous sa poitrine. Tu as besoin de te dire que peut-être, une étreinte réussira à guérir tous ces maux. Comme chaque nuits où elle pleure d’angoisse face à ce monde qui ne détruit que les hommes, comme eux ont détruit le monde. J’insiste un peu plus, ne me touche pas. Nous ne devons pas nous toucher. Nous devons arrêter ces conneries. Nous n’étions pas en couple. Nous étions comme frère et sœur bordel. Pousse toi s’il te plait, ce n’est pas bon, ni pour toi, ni pour moi. Mais plus j’essaie et plus tu te resserres autour de moi, autour de mes bras. J’me sens vide… Je ne sais même plus ce que je ressens. Tu peux me le dire toi ?

Je ne suis qu’une coquille de chair où se trame l’ombre de moi, elle erre et se fou de tout. Elle n’attends qu’une chose au fond : La mort. Peu importe le jour ou l’heure où elle se pointera, tant qu’elle me prenne vite et bien. Et pour oublier que j’existe, pour oublier que je ne suis qu’une ombre sans aucune émotion, je me came la gueule à foison. Jusqu’à m’en faire probablement crevé. Je sniff. Je me pique. J’injecte dans mon estomac et mes poumons des substances aussi nocifs les unes que les autres. Et j’m’en branle. Parce que la vie, j’la crame. Et j’l’emmerde.
Et aujourd’hui, nous l’avons tué. A deux.

Elle nous tuera en retour, j’le sais. J’le sens.

Ton ordre, de ne pas bouger, je l’écoute. Aussi surprenant soit-il, j’ai pas envie de bouger. J’ai plus envie. Je veux juste oublier Bonnie, t’entends ? J’veux juste oublier putain… La vérité est là de toute manière, non ? Quoi que je fasse, quoi que je dise, elle restera imprimé dans ton regard, sur ton visage et elle me rappellera ce que nous avons frôlé, ce que nous avons fait. Ce qu’il s’est passé.

Puis nos regards se croisent et je flanche. J’y vois tout. Absolument. Tu n’es que le reflet de ce que je ressens, de ce que je peux endurer là, maintenant. Tu sais pas toi putain, la douleur que c’est que de se prendre pour un monstre. J’voulais pas t’faire du mal merde. J’voulais pas faire naitre ça en toi. J’voulais rien de tout ça…

« J’te déteste Ethan. Comment t’as pu me faire ça. Tu croyais quoi, que j’allais le garder. Prendre quelle putain de décision, dis-moi. J’ai voulu te protéger. Tu sais très bien qu’il était destiné à mourir. Je te hais. Plus que n’importe quel autre homme. »

Ils sont un uppercut en plein dans l’estomac. Je me raidis, me braque. Je sais pas c’que j’dois penser. Je sais pas si j’dois être touché d’avoir fait ça pour moi, je sais pas si j’dois te détester encore plus de ne pas me comprendre. J’en sais foutrement rien. Et tu sais quoi ? J’le sens que tout part de travers. Jamais tu ne m’aurais dis ces mots, jamais tu ne m’aurais avoué le fin fond de tes actes. « J’ai voulu te protéger ». J’le sais pourquoi t’as fais ça. Et le poids ce fait plus lourd et fatale. J’me déteste. J’déteste toute cette merde. PUTAIN. Et tes larmes.. Arrête, j’t’en pris. Arrête de pleurer, j’arrive pas à me concentrer sur ce que je dois faire. J’t’en pris, arrête. Pleure pas putain, j’suis désolé…

Vomis ces mots.

Jamais.

Je crois que jamais je n’oublierais ce regard. La salle de bain est trop petite et plus ça va, plus j’étouffe et je fais face à ce que je veux oublier. Tu m’obliges à voir dans tes yeux ce que je suis et ce que tu as fais, ce que nous avons fait. Je ne te réponds pas. Je ne veux pas répondre. Je me contracte, ton étreinte n’est plus un refuge mais une douleur. Une douleur qui me fait vivre malgré moi. Parce que j’aurais beau te repousser, te détester, et je ne sais quoi d’autre encore qui ressemblerait à de la haine ou a du dégout, ton corps si frêle près du mien me poussait à vouloir te protéger. J’avais ici échoué… Peut-être serait-il temps de me rattraper ? C’est ça que je dois faire ? Passer au dessus de ma haine pour toi, cette rage au creux de moi qui me hurle d’exploser, de se fendre dans l’air pour démonter tout ce que j’ai sous la main ? Prendre sur moi ? …. Prendre sur soi.

Oui, il était destiné à mourir avant même qu’il n’atteigne le stade du fœtus. Parce qu’il était déjà camé bien plus que toi et moi réuni. Je sais que c’est totalement con ce que j’ai dis… Mais j’aurais voulu être la putain. C’est ça que tu comprends pas ? J’aurais voulu être là, t’aider. Putain c’était aussi moi le concerné. J’aurai pu gérer ça. Oui, j’aurai pu. Dis le que j’aurais pu.

« Pourtant pourquoi est-ce-que je continue à t’aimer plus que n’importe quel autre ? »

Etrange malaise. Etrange sensation. Cette dernière phrase et tu m’achèves. Pourquoi les mots des autres ne m’atteignent pas ? Pourquoi les tiens me font l’effet d’une bombe ou alors celui d’un shoot ? Je me tiens bien droit et je ne te quitte pas des yeux, ton menton sur mon torse. Jamais tu ne m’aurais dis ça, dans le blanc des yeux. Jamais, si tu n’avais pas été si défoncée.

Et si elle n’avait pas été si mal, endolorie et si seule.

Je te connais tellement par cœur, Bonnie. Tu es la part de mon être qui me manque, je connais tout de toi… Du moins, à présent, je connais cette part d’ombre que tu m’as cachée durant tout ce temps. Tu ne connais pas la mienne, et c’est mieux ainsi. Ca me fait l’effet d’une paire de griffe qui me déchire les intestins. J’suis pas habitué à recevoir ce genre de mot. Ce genre de… sentiment. Et pourtant, moi aussi j’me demande pourquoi TOI tu as cet effet sur moi. Pourquoi TOI j’arrive pas à m’en foutre là maintenant et à te renvoyer te faire foutre pour c’que tu m’as fais. Parce que oui, t’en as chier, j’le sais bordel, mais moi aussi. Pourquoi j’arrive pas à te laisser en plan dans cette putain de salle de bain… Pourquoi j’arrive pas à m’écarter de toi.

« Parce que tu sais que j’partirais pas. »

Parce que tu sais que même la pire crasse au monde, j’te laisserais jamais dans la merde. Parce que tu sais que même si t’es la pire des chieuses, j’te foutrais jamais dehors. T’es Bonnie, t’es ma Blondie. Et ma Blondie a eu un gosse dans le bide. Un gosse de moi. De nous. Et j’te lâcherais pas pour autant. Parce que… c’est comme ça, c’est tout. Parce que moi, j’suis pas un de ces connards qui veulent juste te sauter pour te considérer comme la pire des putes à foutre sur les trottoirs dégueulasse de cette ville de consanguins. Et si tu regarde au fin fond de mon regard, tu pourras le lire tout ça. Parce que moi, j’pourrais jamais te le dire. Que je sois encore ici, relève du miracle. Que je ne sois pas encore entrain d’hurler toute ma rage aussi. J’ai déjà fais assez de dégâts comme ça… Cette histoire aussi.

Et oui, crétin. Fais toi maintenant une raison. C’est fait, tout ce que tu diras ne changera rien à tout ça. Elle l’a eu, par votre faute, elle l’a tué. Point. C’était nécessaire. Il n’y avait pas d’autre solution. Tu l’sais … Au fond, elle n’avait pas le choix. Est-ce que tu vas lui dire que toi aussi, tu comprends pas pourquoi tu tiens à elle plus qu'à aucune autre femme sur cette terre de chiens? Non, tu sais pas dire ça. Tu sais pas exprimé ne serait-ce qu'une once de tendresse verbale. Et si avant, tu t'en foutais... Là maintenant, tu en étais prisonnier.

Je lève une main que je viens posé avec hésitation sur ton visage et tes larmes redoublent d’intensité. Tu deviens chutes du Niagara, tu t’effondres et jamais j’t’ai vu comme ça. J’suis peut-être un mec bourru et sans compassion, ici j’me sens affreusement mal. Sa douleur est la mienne. Depuis 22 ans. Personne n’y pourra rien. Je force et me libère de tes bras pour moi même, t’emprisonner dans les miens. Te serrer aussi fort que possible, sans te faire du mal pour autant. Maintenant pleure. Fais le, une bonne fois pour toute s’il te plait, qu’on en finisse. Tu t’écroule et je t’accompagne doucement dans ta chute. Je m’affaisse contre le mur et nous voilà, comme deux idiots, moi assit par terre et toi, à genoux contre mon torse, ton visage dans mon cou à pleurer tout le reste de vie de cet enfant qui aurait pu voir le jour si nous avions été deux personnes saines d’esprits.

Je ne te lâcherais pas. Je te hais, te déteste plus que jamais, là maintenant. Mais j’te lâcherais pas. Je ne sais pas combien de temps toutes ces larmes ont durés, je ne sais pas à quoi j’ai pensé si ce n’est que je n’aime pas la voir dans cet état. Que je n’aime pas lui faire de mal. J’aurais voulu lui dire qu’à partir de maintenant, nous nous toucherions plus. Plus de sexe. Après tout, nous étions bien comme frère et sœur, non ? Alors le sexe n’était pas nécessaire. Tu as tes plans culs, j’ai les miens. Point. Et tu sais déjà que tu pourras pas réfréner l’envie de posséder ce corps qui t’as tant de fois fait devenir fou.

Foutaise.

Lorsque les larmes se calment, je m’agenouille à mon tour, faisant preuve d’une délicatesse qu’elle seule me connaissait. Je me lève et me dirige vers la baignoire où j’y fais coulé l’eau chaude pour revenir ensuite vers elle. De geste délicat, je tente de la défaire de ses vêtements. Tu te débats. Je sais. Tu ne veux plus de tes mains sur moi. Tu ne veux plus refaire cette erreur. Moi non plus, Bonnie. Et pourtant, t’es aussi consciente que moi que nous n’y pouvons rien. Je l’agrippe par les épaules avec fermeté, mais c’était sans compter le refus totale de se laisser faire. J’impose ma force, goutte que goutte, quoi que tu dise, même si tu hurles, je m’en contre fou. Tu peux me cogner, me griffer, me cracher à la gueule si tu veux, j’m’en branle.

« Laisse moi faire. Laisse moi m’occuper de toi. »

J’te le répèterais pas. Voix ferme mais peu importe, la douceur n’aurait servi à rien. Je t’ai eu à l’usure et je te défais de tes vêtements, un a un, même si tu te caches comme si j’étais un inconnu découvrant ton corps pour la première fois. Corps décharnés par l’épuisement, à la limite du translucide. Toujours sans aucune expression sur le visage, je te prends dans mes bras et te soulève, te serrant contre moi, avant de te déposer doucement dans l’eau chaude du bain… Ton regard dans le vide, les larmes roulant silencieusement sur tes joues tout aussi blanches que le reste de ton corps. D’un geste lent, presque automatique, je saisis un gant que je trempe dans l’eau, avant de l’essorer délicatement sur ta peau. J’pouvais pas te laisser comme ça. Il fallait mettre un terme à cette journée, à ce que tu as fais. A ces mots, cette rage et cette haine. Et je m’étonne à ce que ça soit moi qui en sois le premier décisionnaire. Je m’étonne à être aussi calme, à prendre autant sur moi.

Je t’ai un peu lavé avec l’impression de nettoyer un corps mort. Et dans ma tête, c’était le néant. Ne plus penser. Je me focalisais sur toi et ta douleur, à soigner. A réparer. Même si tu me hais, j’m’en fou, ça change rien. Le clapotis que l’eau faisait lorsque je te rinçais était étrangement apaisant. Pas de parole, juste le bruit des gestes intime, le froissement des vêtements, les souffles retenus. Parfois, quelques gémissements de ta part, que j’apaisais avec une caresse furtive sur ton bras. J’me sens con. J’me sens inutile. Mais c’est ça qu’il faut faire, je crois. Pour t’aider.
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MessageSujet: Re: PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan    Dim 20 Oct - 17:50

« Parce que tu sais que j’partirais pas. »

Il me semble m’être écroulée. Là contre toi comme une pauvre merde. La défonce et la douleur, cocktail Molotov dans l’estomac, et dans la tête. Ça y’est, je la sens à son paroxysme, gangréner mes intestins, détruire les neurones dans mon cerveau. Monde parallèle, artificiel, un ailleurs plein de couleurs et d’étranges formes qui se scindent puis qui reviennent se juxtaposer. Je ne sais plus quoi ressentir, je t’ai tout dis. J’en ai trop dis. Il n’y a rien de pire que vomir ses sentiments comme je l’ai fais. Je ne ris plus, me liquéfie seulement. Ta chaleur est la dernière chose que je sens. Je n’ai plus envie d’avoir à supporter ces tourments, et tourner cette page se fera dans la morphine. Elle m’apporte la paix, au fur et à mesure que je termine d’inonder ta peau. J’ai envie d’hurler, de balancer tout par la fenêtre, d’éclater ma rage comme tu l’as fais. Parce que toi, t’as le droit. T’as la force, pour expier ta colère, pour démonter les meubles et la porte. Qui est branlante maintenant. Elle disparaît peu à peu de mon champ de vision. Las vegas parano. Tout est loin, en fait, tout s’éloigne plutôt. Je n’ai plus rien à portée de main, et  n’arrive plus à garder main basse sur ce qui peut éventuellement me constituer encore. Quelle merde putain. Dans quel état me vois-je là ? Dans quel bassin de souffrances suis-je en train de me noyer ? Je voudrais bien, tiens, terminer comme Ophélie. Mais comment dire.

Je m’enfonce dans les méandres d’un sommeil médicalisé. Tout est parfait dans cet antre magique. Le noir si enveloppant, si chaud, un ailleurs parfait pour reposer les junkies. J’en suis une jusqu’au fond de l’âme. Cet enfant l’était plus encore. Il est loin, maintenant, et parfois j’ai l’impression de sentir des gestes à l’intérieur de moi. Comme s’il n’avait laissé qu’un vers, une ultime trace, pour me rappeler qu’il était là. Qu’il aurait pu être. Que j’ai détruit tout son espoir de respirer le même oxygène que moi. Dire maman, et papa. Mais dans quel monde impossible aurons-nous pu être parents. Nous n’étions rien, que la face rejetée du monde. Que le caractère le plus méprisable dans les gènes de l’être humain. Les déchets de l’humanité, et nous nous complaisions dans cette affaire. Je nous voyais là, las de vivre, posés comme des loques sur des trônes en carton. Piédestal d’excréments. De sang, et de petites pilules roses et bleues sur lesquelles nous nous jetions avec avidité. Nous adorons ça. La seringue, la cuillère. Entre le marteau et l’enclume, nous posions nos visages. Endoloris, marqués par la vie. Je détestais ça. Je haïssais plus que tout, plus que rien, de devoir poser mon regard sur une réalité commune. Alors je me fabriquais la mienne dans l’extase d’un joint, d’une gélule de morphine. Perdue dans les sillons du cristal. Je m’amusais à prendre des putains de blocs et à frapper dedans. Je leur donnais la forme que je voulais, et les aménageais. Cet espace infini ressemblait au creux de mes reins. Sauf qu’il était fermé à quiconque voudrait y entrer. Je possédais cet univers, comme mon seul royaume, celui qui vaille la peine d’être vécu. Là où la souffrance et l’humanité n’ont guère leur place. Là où les guerres et la faim n’existent. Ni l’absence, ni l’amour, le cœur ou la fureur n’ont de quoi s’enorgueillir. C’est chez moi, là, à cet endroit. Les images à la télé ne se matérialisent pas, les pixels ne se fabriquent pas. Seul mon corps est en droit de ressentir.

Ce soir j’y ai détruit tous les murs, les charpentes et les fenêtres. J’ai dégagé tous les meubles à la seule force de mes cris. J’ai exclu le vivant, le sentiment. J’ai décidé d’éteindre les lumières et de mettre au repos les multiples soleils que j’avais décidé de laisser en lévitation dans ce qu’on pourrait appeler de ciel. Tout s’est transformé, tout est cassé. Plus de repères, ni de sol ni d’air. J’étouffe, je n’y ai plus d’oxygène, je n’y ai plus de quoi vivre. J’ai décidé de laisser carte blanche au noir. Les ténèbres ont empli l’espace, comme une couche de peinture qui glisse sur une toile et sont venus s’infiltrer dans mes poumons, devant mes yeux. Je gravite, au centre, à gauche puis à droite. Balancée, puis statique. Je me laisse porter par  ce fluide, qui me paraît si solide. Il devient moi, je deviens lui. Prostrée. Le noir, qui fait de moi une seule petite chose blanche qui émane une seule et unique lumière. Nue et diffuse, puis amas de chair et de muscle qui se reconstitue. Je ne perçois plus la réalité qui me lie à Ethan. Je l’ai laissé en bas, là dans ce monde auquel j’ai ajouté une teinte de gris. Une teinte d’amertume qu’il ressent et respire. Sa douleur, je n’ai plus à la partager.

Inconsciente.
Déposée au centre du vide.
Mon cœur sur pause, l’esprit sur arrêt.
Je déconnecte.
T’es mon putain de lien vers la vie.
Et ce sont tes mains que je sens se poser sur ma peau.
C’est mon corps, qui, en bas, chez toi, se débat. C’est mon être qui ne veut plus se laisser toucher par ta force, et ta sécurité. Ce n’est pas moi. Je me délasse dans un univers auquel je ne voudrais même pas t’inviter. Tu ne connais pas cette parcelle d’ombre chez moi. Tu ne voudrais pas. Car il y fat trop noir, le même noir qui a guidé la voiture de tes parents droit dans la mort. Tu n’as pas le droit de me toucher, mais je ne réagis pas. C’est mon corps.

Je t’assure Ethan, c’est mon corps.
Dépossédée de toute voix.
Désaxée, défaite, je n’ai jamais été sur le droit chemin, j’ai fini par effacer avec mes pieds celui que je traçais dans le désert à tes côtés.
M’en vois-tu désolée ? Non.
Car tu n’as plus le droit de me toucher.

Peut-être est-ce de l’eau qui fluidifie l’opacité du noir dans ma tête. Peut-être entends-tu des gémissements entre mes lèvres. Mais non, ce ne sont plus les miennes. C’est un ailleurs que je ne saurai te conter qui aujourd’hui me personnifie. Qui englobe mon être comme tu as pu le faire auparavant. Je ne te donne plus l’autorisation de me posséder, d’entendre la voix, de capter mon regard. Je ne suis plus là, Ethan. M’en veux-tu de te laisser endurer la réalité quand j’ai décidé de tout laisser tomber ?

J’ai comme une musique dans la tête, qui retentissait seule contre les parois de mon esprit. Rien d’autre. Pas même ta voix que je m’évertuais tous les soirs à me répéter pour me rassurer. Tes mots, je ne les perçois plus, ils m’arrivent comme un charabia incompréhensible, comme une langue étrangère. Je me sens légère, puis debout, puis assise, puis couchée. Je ne sais pas quelles décisions tu as prises à ma place. Je ne sais pas ce que tu fais de mon corps. Peut être es tu encore une fois en train de me toucher mais je n’y prête plus d’attention. Je suis désolée Ethan , je suis découragée face à tout ça, je ne sais plus comment réagir. Je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus me tenir. Tu es là comme un tuteur, rien d’autre ne me tient debout, et je le sais. Je m’enfonce dans la culpabilité et le ressentiment. J’essaie d’oublier, je t’assure, de passer au dessus. Mais une parcelle de moi s’est évanouie, détachée comme une pièce de puzzle, dans l’obscurité profonde qui peuple mon cerveau. Plus rien n’a de consistance, à part toi. Je me contredis à chaque parole que j’entends. Que je formule. Plus rien n’a de sens, je n’espère plus avoir de sensations, celles ci sont trop assassines à chaque fois. Comme celles que tu m’as jetées en pleine figure.

« Je suis venu pour te rejoindre, mais tu n’as pas voulu me voir, pour ce marin sur son navire, il sera vieux le port ce soir. »

Tu es venu pour me rejoindre. Je n’ai pas voulu te voir. Je t’ai fermé ma porte. Je me suis détestée. Je me suis prostrée. Je me suis touchée en souvenir de nos étreintes. J’ai posé mes lèvres dans le vide pour combler cet espace illusoire. J’suis loin, putain, tu ne m’entends pas. Ethan, ouvre moi les yeux. Rappelles moi à l’ordre comme tu sais le faire. Enlève moi cette salope de drogue du sang. Ne me perds plus dans les méandres de  ton absence. J’ai voulu partir. Je n’aurais pas du. J’ai blessé ton cœur d’enfant. J’ai violé ton âme, t’as brisé la mienne, t’as crée la vie, j’ai plus la mienne.

Tu m’as crevée. Tu m’as couchée à terre, et battue. Et pourtant je t’aime. Pourtant je t’aime, vraiment, du fond de mon coeur. Je suis liée à toi, t’es mon putain d’enfoiré de connard d’amour le plus long de toute ma vie ? De ma chienne de vie. Celle ci ne sert à rien, elle n’a de valeur qu’à tes yeux. Je sais que tout ça ne sera jamais fini, je sais que tout ça ne sera jamais fini. Ecoutes moi, relève moi. Redresses toi, toi aussi, tout ça n’a plus de sens. J’n’en ai plus non plus tu sais. Je sais qu’un jour tu partiras, j’ai failli le faire moi aussi. Mais c’est pas grave. Ce jour la, je partirais aussi dans le noir.

Mais putain qu’est ce que je raconte moi ce soir. Qu’est ce que je fous là ?
Qu’est ce que tu fous à e toucher encore.
Ethan, j’ai rouvert les yeux.

J’ai entendu la porte claquer. J’ai entendu mes souvenirs s’envoler. J’ai fais semblant de dormir, j’ai senti ton corps s’éloigner. J’étais en transe.
Choc du réel.
Choc de renouveau, mon corps ne s’habitue plus aux formes de ce monde. Il ne s’adapte qu’aux tiennes. Et là, dans ce lit, éprouvée, j’ai envie de courir, mais mon corps dit non. Mon corps ne veut plus s’extirper des draps. Il veut te rejoindre, attraper ton épaule, te serrer dans mes bras une dernière fois avant de redevenir la connasse insensible, avant que tu ne refermes ton visage dans la cire de l’indifférence. J’ai envie de rejoindre Tyler, j’ai envie qu’il me parle, qu’il me coupe la parole, qu’il s’exprime sur tout et rien. Car quand il parle du rien, il parle de moi. Et j’existe. J’existe enfin, quelque part, couvée par tes regards. Je m’échappe de mon monde, je rejoins celui du sommeil. Je veux me tenir éveillée, mais il m’attaque avec une batte.

Je n’aime pas la réalité.
Je n’aime pas la réalité.
Ethan, je n’aime pas ce monde.
Ethan, j’ai perdu la vie.

« La nuit s’agite, on est pas quitte. L’horreur des injures, je te jure, on aurait du passer tout ça, recoudre un peu nos déchirure, mais la mémoire non, n’est pas neuve. Et ma violence n’est pas nouvelle. Ces écorchures au fond de moi, au goût d’enterrement parfois. »

Je me suis levée. J’ai allumé la lumière de la cuisine. J’ai pris une tasse, j’y ai mis du café, je l’ai fais chauffer. J’ai mis la cuillère, je l’ai déposé sur le comptoir. Et je me suis rallongée dans le canapé.
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PREGNANCY TEST •• DAY 2&3 ft. Ethan

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