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 Mère des vices -Adam-

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date d'arrivée : 01/07/2013
mensonges : 167
crédits : Babine
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MessageSujet: Mère des vices -Adam-   Jeu 29 Aoû - 11:23

-Qu’est ce que tu fous là ? La bonne humeur d’Aël s’envole aussitôt qu’il pose ses yeux sur le visage creusé de l’intrus. Si sa voix est neutre, son sang bout déjà dans ses veines. Il n’aime pas ça. Elle n’a rien à faire là. Rien à faire à son travail et ce n’est même pas le jour où elle a prit l’habitude de venir. Il tique, sa langue heurtant son palais. Heureusement que le boss est partie se prendre un café, c’est déjà ça de moins à gérer.
Il n’attendant pas la réponse de la femme qui lui fait fasse pour poursuivre, son regard revenant vers les lames qu’il nettoyait avec application. – Dégage. Tout de suite. Il articule chaque mot pour qu’elle en perçoive bien le sens. Que son cerveau de camé est le temps et la matière pour bien intégrer ce qu’il vient de dire. Il tente de maîtriser la sensation brulante de colère qui se répand dans tout son corps alors qu’elle préfère avancer plutôt que de partir. – Aël… C’est moi. Voilà maintenant qu’elle le prend pour un con. Évidemment qu’il sait qui elle est, et il sait même pourquoi elle est venu, va pas falloir qu’elle joue avec ses nerfs comme à son habitude parce que ça risque de mal finir.
En temps normal, il a le temps de se préparer à sa venue. Elle passe généralement une fois par mois, le même jour. Toujours pour la même raison. Elle vient, elle quémande, elle couine, tentant de réveiller son empathie pour obtenir ce qu’elle veut. Sauf qu’elle ne le connait pas et que ça se finit toujours par des menaces, jusqu’à ce qu’elle ait de quoi se payer sa dose et qu’elle se tire aussi rapidement qu’elle est arrivée.

Et dire que la journée avait bien commencée. Il adorait son travail, même le patron était fun. Pas qu’ils étaient particulièrement proches mais… Aël se sentait bien en sa compagnie. Un peu comme avec les morts. Ils partageaient quelques paroles, passaient beaucoup de temps à travailler ensemble et ne comptaient plus les heures supplémentaires. Suffisamment pour que l’Irlandais ne le voit plus comme un étranger ou un type à éviter. Y avait des corps à disséquer, des papiers à remplir et des questions qui devaient trouver des réponses. En bref, une journée comme il les aimait. Ici, il s’était toujours sentit bien. Comme à sa place. Et elle, elle venait tout gâcher.

- Faut que tu m’dépannes… J’suis malade… J’ai… Plus de fric, faut… Qu’tu me dépannes…
Encore un pas et elle se saisit du bras de l’Irlandais. – S’il te plait. Il la repousse sans ménagement, sans même un regard tandis que son seuil de tolérance commence à être usé. – Ne me touche pas. Son ton est plus sec, beaucoup plus glacial et la colère commence à percer dans sa voix. – Mais… J’suis ta mère. Le poing de l’Irlandais se ferme et vient s’écraser contre le mur, à quelques centimètres du pâle visage de la femme qui lui fait fasse, la douleur de ce geste, il ne la ressent pas, pas plus que la culpabilité si il venait à lever la main sur elle. – Non. Tu es juste la salope camé qui s’est fait engrossé par son patron avant de lâcher le bébé à Ma’. Si j’ai une mère, c’est elle. L’expression sur les traits tirés de l’importune change et un léger sourire passe sur ses lèvres. – Alors c’est peut être à elle que je devrais aller taxer des tunes, j’suis sur que ça lui fera plaisir de me revoir… Elle touche combien de pension déjà ?
Sans aucun égard pour celle qu’il devrait appeler Maman, Aël la plaque violemment contre le mur derrière elle, son poing toujours serré. – Tu laisses Ma’ en dehors de tout ça. De nouveau sa langue claque contre son palais. Il est à court de patience, comme toujours avec elle. – Oh… Tu protèges la pauvre Ma’ qui a élevé à bout de bras son petit fils attardé… Elle est pas toute blanche ta petite Ma’, j’te rappelle que c’est elle qui m’a mise à la porte ! Aël n’écoutes plus. Aël n’entend plus. Et ceux depuis qu’elle a glissé un seul petit mot. Attardé. Qu’elle mêle sa grand-mère à tout ça, c’était déjà beaucoup pour les humeurs du jeune homme, mais ça… Il oublie le reste. Il oublie qu’ils sont sur son lieu de travail et que son boss peut revenir d’une minute à l’autre, il oublie les risques et les conséquences. Il ne voit qu’elle, et son horrible sourire amusé. Tout son être le dégoute, les rides tracés par l’usure et la drogue, ses bras squelettique parsemé de piqure, son corps frêle marqué par des années d’excès, son regard tellement semblable aux siens. C’est bien tout ce qu’il a hérité d’elle d’ailleurs. Ses yeux.

- Ta gueule.
Il a encore suffisamment de retenu pour ne pas lui exploser le visage à coup de poing, mais à ce rythme là, il aura bientôt oublié toute trace de raison. – Tu devrais prendre tes cachets, mon garçon. Ça serait dommage qu’tout le monde apprenne ton petit secret. Elle se rapproche légèrement, ses lèvres proches de son oreille. – Files moi du fric ou j’serai obligée d’aller voir mes très chers parents. Une belle petite réunion de famille. Elle le touche encore, à défaut de ses avertissements répétés, à défaut de toute prudence et de toute raison. C’est trop. Une énième goutte d’eau qui vient faire déborder le vase de l’Irlandais.


those hells bells, my temperature's high, hells bells, across the sky, hells bells, they're taking you down, hells bells, they're dragging you down, hells bells, gonna split the night, hells bells, there's no way to fight
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âge : ❖ thirty-two y.o.
adresse : ❖ northern hills.
humeur : ❖ énergique mais sombre.

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What about the town ?: Indiquez ici si votre personnage est au courant ou non du secret de la ville.
Pouvoir: Uniquement pour les infectés.


MessageSujet: Re: Mère des vices -Adam-   Jeu 29 Aoû - 22:17




❝ time to do or die.
and the story goes on.


Tu regardes la fumée s’échappant du gobelet de café, l’air pensif. Tu renifles doucement le parfum amer, fronçant les sourcils, détournant finalement tes yeux légèrement vairons du contenu brun du breuvage. Ouais. Tu n’appuies pas sur expresso, sauf quand les machines qui font autre chose sont en panne. Ton truc, c’est plutôt le café au lait. Quand tu es chez toi, tu peux le boire noir. Mais ce n’est pas du tout la même qualité. Ceci explique probablement cela. Tu portes le gobelet à tes lèvres, relevant les pages d’un rapport sous tes yeux. Le dossier d’un patient. Un vivant, pour une fois. Victime d’un grave accident. Il va falloir que tu évalues les séquelles. Que tu décides s’il peut ou non reprendre le volant un jour dans sa vie. Une responsabilité qui t’est incombée régulièrement. On croit que tu ne t’occupes que des cadavres. Bien loin de là. Tu as aussi affaire aux vivants. Et en ce qui te concerne, tout particulièrement, tu as probablement bien plus affaire aux vivants qu’aux morts. Les cadavres, ce sont les amis d’Aël. Pour toi, ce ne sont que de simples connaissances. Malgré tout, en lui confiant la plupart des autopsies que ton bras handicapé ne peut que difficilement effectuer, tu sais que tu ne laisses pas nos amis les morts entre de mauvaises mains. Il a du talent. Il est doué. Il est intelligent, et malin. S’il a besoin de toi, il t’appelle. Votre binôme fonctionne bien. Il n’y a rien à redire sur ce point.

Tu renifles lentement, et tu fais demi-tour, retournant vers la morgue qui vous sert de lieu de travail pour le moment. Il faudra que tu aies ce patient sous les yeux pour réellement décider de sa capacité ou non à conduire, et de ses séquelles, mais à première vue, tu ne lui donnes pas grande chance d’enfoncer un jour légalement l’accélérateur à nouveau. Tu bois une nouvelle gorgée de café. Tu écartes le gobelet de tes lèvres, avale le breuvage brûlant, et tu tournes la page à l’aide de ton auriculaire. Tu attaques le compte-rendu d’un autre patient. Un autre vivant. Ta journée de demain leur sera consacrée, et comme d’ordinaire, tu t’y prépares. Trop, peut-être. On te reproche souvent de beaucoup travailler. Et ta belle-mère constate simplement avec ce naturel si agaçant que tu es un bourreau du travail. D’un ton sec, une pique venimeuse. Un bourreau du travail, qui ne sait pas s’occuper convenablement de son fils. C’est ce qu’elle dit. Du moins, dans ton dos. Parfois même face à toi. Vieille peau. C’est ce que tu voudrais lui répondre. Mais tu fermes ta gueule. Oh oui, tout simplement. Tu te tais, tu lui souris. Tu t’excuses, et tu serres Henry dans tes bras. Tu savoures le contact de ton fils, et les petites déclarations qu’il te fait à longueur de temps, sans se soucier outre mesure que tu sois toujours à ton travail ou non. Il te dit qu’il t’aime. Et à tes yeux, c’est le plus important.

Tu fais quelques pas vers la morgue. Les derniers pas qui te séparent de la porte, en réalité. Derrière le battant, tu entends des bruits. Des voix. Le contenu des propos t’échappe encore ; tu es trop loin pour le percevoir. Mais ça ne t’empêche pas de froncer les sourcils. Un mort ne serait pas mort ? Impossible, pas avec le torse fendu en trois par un scalpel. Aël a de la visite ? C’est cette perspective qui t’effleure l’esprit, et qui te fait légèrement tiquer. Aël n’inviterait pas n’importe qui. Voire personne, à vrai dire. Le travail, c’est le travail. Il le sait. Une infimière de passage ? Un docteur te cherchant, peut-être ? Non. C’est une voix féminine, éraillée. Le genre de voix qui te fait grincer des dents. Tu pousses la porte, ton gobelet de café presque vide dans une main, tes papiers dans l’autre. Ta blouse est un peu ouverte. Une chemise beige, une cravate noire légèrement rayée d’un gris foncé et presque indiscernable du jais. Tes cheveux un peu en bataille, ton allure négligée. Tu n’as pas l’air du méchant médecin. Et tu n’es pas un méchant médecin. T’es qu’un pauvre légiste. Revenant de sa pause. Et se demandant qui donc peut bien mettre l’ambiance dans cette morgue en ton absence.

Lorsque tes yeux se posent sur Aël, tes yeux s’écarquillent. Tous les muscles de ton corps se tendent. Tu es d’un naturel calme et posé, en temps normal. Pourtant, tu as quelque chose de vif. Un esprit énergique et réactif. Tu regardes la scène. Ça ne dure qu’une demie-seconde. Le temps de réaction est instantané, ou presque. Les connexions nerveuses se font à une vitesse inespérée. Des vieux réflexes, sans doute. Le meuble à côté de l’entrée reçoit un gobelet de café et un paquet de feuilles sur sa surface, alors que tu les poses avec un empressement dont on t’estimerait à peine capable. Comme mué sur des ressorts, tu fonds vers ton assistant. Il tient cette femme contre le mur. Tu ne prêtes aucune attention à la concernée. S’il est en colère, c’est qu’elle a dû le chercher. Mais la question n’est pas là. Il est en colère. C’est suffisant pour te bouger.

« AËL ! » Le cri est sorti, brutalement, sans que tu ne le réfléchisses. Tes bras s’écartent, comme pour entourer le corps de ton assistant. Mais tu ne le fais pas. Pas entièrement. Tu les serres. Autour des siens. Tu attrapes les deux bras d’Aël. Et tu le tires en arrière. Violemment. Il pourra se dégager. Sans aucune difficulté. Il pourrait même se retourner, et t’en coller une. T’en as rien à taper. Faut simplement l’empêcher de faire des conneries. Tu l’as tiré en arrière. Le plus loin possible de cette femme. Tu n’as pas saisi grand chose de leur conversation. Rien qui puisse justifier ton comportement. Si ce n’est ton instinct. La colère qui suintait hors du corps d’Aël. Palpable jusqu’à la porte de la chambre. Sa rage, sa fureur. Il la tenait plaquée contre le mur. Qui qu’elle soit, il aurait pu lui faire du mal. Trop de mal. Comme à toi, d’ailleurs.

T’es con, Adam. Tu le savais, pourtant, qu’il valait mieux ne pas le toucher. L’arracher à sa proie encore moins.

Mon dieu, Adam. Mais qu’est-ce que tu viens de faire ?


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MessageSujet: Re: Mère des vices -Adam-   Ven 30 Aoû - 17:22

On le touche. On ose le toucher. C'est l'affront de trop. Il ne tilte pas que ce n'est pas sa mère, il ne tilte pas qu'il puisse s'agir de son patron. Il ne tilte rien. Rien d'autre que le faîte qu'on le touche et que dans son état actuel, c'est ni plus ni moins perçu comme une attaque. On l'agresse. C'est bien comme ça qu'il le prends. Alors oui, il doit se défendre. Sa raison est occulté, il n'a plus que cette idée fixe de menace imminente et que la seule solution qu'il a, c'est de frapper en premier.
L'origine de sa colère est en face de lui, mais c'est tout juste si il la voit quand on le tire en arrière. Elle n'est plus qu'une partie du décor, ce n'est plus elle qui représente un danger immédiat. C'est l'autre. Derrière lui. Elle, n'est plus rien.
Il se retourne, se dégageant les bras sans aucun problème. Son coeur tambourine à la chamade et son souffle est court. Dans son esprit, il n'y a plus que la colère. Une râge sombre, noire, incontrôlable qui transpire par tout les pores de sa peau. Son poing part sans même qu'il y pense, il ne sait même pas où il vise, il se contente juste de frapper. Une fois, deux fois, trois fois.
Pas de remord, pas d'hésitation, même pas un bref éclair de lucidité. Il ne le reconnait pas. Il ne le voit pas. Il est qu'une ombre qui l'a agressé. Juste ça.

La mère, Maureen, ne perd pas une seconde de plus, elle sourit comme une gosse fier de son mauvais coup et s'éclipse du mur où elle était maintenue. Tranquillement, sans se presser, elle se dirige vers le porte manteau. Un coup d'oeil et elle repère la veste de son fils. Elle y plonge la main et en sort son portefeuille. Elle continue de regarder la scène, secouant légèrement la tête. Elle ne félicite jamais autant de son choix d'abandon que lorsqu'elle le voit ainsi. Qu'aurait elle fait d'un fils pareil ? Mais en même temps... La jalousie perce son corps. Son fils... Son propre fils lui préfère sa grand mère. Cette sainte. Cette si parfaite femme que tout le monde admire pour sa force et son courage. Qu'elle la déteste. Qu'elle l'envie. C'est elle qui l'a consolé, elle qui la bercé, elle qui a assisté à ses premiers. Elle, elle et toujours elle.
Elle finit par ouvrir le bien d'Aël et en sortir les billets qui s'y trouvaient. Elle sourit, les comptes avant de les ranger dans la poche de son jean. - Bon courage avec le taré. Un rire léger et elle s'échappe.

C'est ce même rire qui tire un moment d'égarement dans l'esprit brouillé par la colère de l'Irlandais.Ce rire. Il le déteste, il le haïs... Mais il est loin. Et si ce n'est pas l'origine de ce bruit qu'il frappe... Alors qui ? Lucidité passagère qui transperce légèrement la brume de sa fureur. Il se recule, passant ses deux mains dans ses cheveux. Il a fait une connerie, il le sait. Oui, mais quoi ? Il continue sa marche vers le mur, s'y adossant, son bras se tend comme pour prévenir l'ombre de ne pas se rapprocher, de ne pas recommencer. Il faut qu'il se calme. Il faut qu'il se calme. Mais en même temps, les ténèbres sont toujours là. Il déglutie, sa paume frappant contre le mur. Il n'y a pas de douleur pour le ramener à la réalité, alors il recommence, refermant cette fois ci le poing.


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MessageSujet: Re: Mère des vices -Adam-   Ven 30 Aoû - 18:40




❝ wake me up.
and the story goes on.


On se demande ce qui t’a pris. De foncer dans le tas, comme ça, sans réfléchir. La violence, ç’a longtemps été ta tasse de thé. À vrai dire, ça l’est toujours. Simplement, tu as appris à masquer les apparences. À dissimuler ton crochet droit féroce derrière tes sourires polis. Tu as la capacité quasi impeccable de cacher ta bestialité derrière tes bonnes manières. Mais au final, ta rage et ta colère ne sont jamais bien loin. Ta férocité non plus. Tu n’as pas peur d’asséner ton poing dans le visage de quelqu’un qui l’a bien mérité. Pourtant, ça fait une éternité que tu n’as pas cogné quelqu’un, à proprement parler. Il n’y avait rien de meilleur que de tabasser quelqu’un sur le ring, et ça tu dois l’admettre sans rougir. Tu le penses, au plus profond de ton être. C’était ton défouloir. Là où aujourd’hui se battent les chiens, autrefois c’était toi. On ne dirait pas, comme ça. On regarde ton petit costume bon marché, ta tendance qu’on estimerait portée vers les hautes sphères de la société sans savoir pourquoi, ta particularité à sembler vouloir grimper une pente glissante sans les chaussures adéquates. Tu es souriant, tu es un bosseur. Tu t’arraches pour ce que tu veux. Et on dirait que tu stagnes. Que tu n’es bon à rien. Mon pauvre.

Mais ça, tu étais prévenu. Une petite voix en ton for intérieur, et l’expérience par-dessus tout le reste, t’avaient prévenu que c’était une mauvaise idée. La pire que tu puisses certainement avoir pour l’heure. L’attraper. Le tirer en arrière. Mais mon gars, t’es tombé sur la tête ou quoi ? Tu l’sais, pourtant. Qu’Aël est autiste. Qu’il a une tendance à avoir des colères poussées. Tu le connais peu, mais suffisamment pour savoir qu’il ne faut pas faire la connerie de le foutre en colère plus que de nature. Ma’ ne t’en a pas plus dit. Mais les colères du p’tit sont terribles. Et tu sais quoi ? Ta connerie, là. De l’attraper et de penser pouvoir le maîtriser comme n’importe qui d’un peu censé. Ta putain de connerie. Bah tu vas en payer le prix.

La réaction est instantanée. La prise est perdue, et l’assaillant se retrouve victime sans que personne n’ait eu le temps de réagir. Un poing. Sous le choc, tu recules. Le coup a fait des dégâts que tu ne peux pas encore estimer. L’adrénaline pulse dans tes veines. Une fois qu’il n’y en aura plus, tu te rendras compte à quel point il t’a amoché. Mais pour le moment, prépare-toi. C’est pas encore tout à fait fini. Tu le sens, ce deuxième coup qui file cette fois droit vers ton ventre ? Non ? Maintenant oui. Ton ventre, si fragile. La cicatrice qui le couvre remonte sur tes côtes flottantes. Celles qui viennent d’être touchées. Tu hoquètes, tu recules de plus belle. La vieille peau s’échappe. La junkie, comme elle t’a eu tout l’air d’être lorsque tu es rentré, s’est précipitée vers le porte-manteau pour soutirer du fric à Aël. Toi, tu ne rêverais que de lui faire bouffer la poignée de la porte à grands coups de poings. Toi, tu sais cogner ? On dirait pas. Tu viens de te manger deux coups d’une puissance monstrueuse. Tu t’es toujours dit que la force des gens comme Aël était inhumaine, et tu ne t’es jamais trompé sur ce point. La puissance développée lors d’un coup d’une personne sous une colère dépassée par son psychisme est dix fois supérieure à un coup donné sous une colère mesurée, qu’on dit souvent. Et c’est sûrement vrai. Lorsqu’il abat son poing une troisième fois sur ton visage, c’est tout du moins comme ça que tu le ressens, que tu l’éprouves. Ouais. Ce con a une force que tu n’aurais peut-être pas soupçonnée. Ou dont tu aurais tout du moins dû te douter avant de foncer dans le tas comme un con pour essayer de l’arracher à sa victime. On t’a jamais dit de pas te mêler des affaires des autres ? De laisser les chiens bouffer leurs os à moelle sans venir leur piquer pour jouer ? T’oserais pas faire ça avec tes clébards. Tu sais qu’Hannibal te boufferait la main, et que les urgences feraient la tronche en voyant les marques de mâchoire sur ton poignet. Alors si tu le fais pas chez toi, pourquoi le faire au boulot ?

La voix est nasillarde, moqueuse. Le taré. Ce mot t’arracherait un pincement au cœur, si tu n’étais pas à moitié recroquevillé contre le pied d’une table de travail. T’as pas pu rester vraiment debout. Pas avec la douleur qui t’es brutalement revenue dans les côtes, résonnant jusque dans ta hanche. Mais, alors que le poing s’était relevé pour une quatrième fois, alors que tu t’attendais à recevoir un nouveau coup pour te faire payer ta connerie déjà bien assumée, tout s’arrête. Aël recule. Aël tend le bras, alors que tu te prépares à encaisser sèchement cette fois-ci. On a l’impression qu’il voudrait te repousser. T’interdire de t’approcher. Il se recule, le cœur battant et la respiration haletante, tu le regardes faire. Le taré. Ces deux mots te reviennent en tête. Ton cœur se serre, malgré la douleur. Aël n’est pas taré. Il est plus intelligent que la plupart des gens, plus censé que la grande majorité de cette putain de planète. Il est d’une simplicité hors pair, qui manque à beaucoup. Et toi, t’en paies les frais. Tu l’as agressé physiquement, Adam. À quoi est-ce que tu t’attendais ?

Ta main s’appuie sur le pied de la table, t’aidant à te redresser entièrement. Ta seconde paume vient se poser sur tes lèvres, tandis que tu sens comme un mince filet liquide s’en échapper. Tu regardes ta main. C’est du sang. Une légère grimace. C’est pas le moment de s’en inquiéter. Il viendra après. Aël est dans un moment de lucidité. Aël se fait du mal. Et c’est tout ce qui importe. Lentement, t’arrives à parler. D’un début de murmure, se transformant progressivement en une réelle phrase, simple et assurée, bien qu’éraillée. « Arrête … Arrête, Aël, tu te fais mal. » Ta langue passe sur ta lèvre très légèrement fendue. Tu tressailles de douleur. Toi tu la sens. Lui, non. Faut lui donner des repères. Qu’il revienne. Faut l’aider. « Tu te fais mal. » Et toi, tu te répètes. Mais tu ne vas pas l’approcher. Tu ne vas pas tenter de l’en empêcher. Pas autrement qu’en essayant de le faire revenir à la raison. À cette pièce. À toi.

Tu gardes ta main près de ton visage. Tu empêches le sang t’en goutter par terre. Tu regardes cette main, qu’Aël te tendait pour t’empêcher d’approcher. Ça ne sert à rien. Tu as quand même fait quelques pas vers lui, te redressant comme un petit vieux en rééducation et privé de sa canne. Lentement, mais sûrement. Ta gorge se serre, ton ventre aussi. Tu bats des cils, en le regardant. T’as du sang sur la main, Aël.

Et c’est pas au sens figuré.


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MessageSujet: Re: Mère des vices -Adam-   Mer 4 Sep - 12:40

Le sang coule sur les phalanges de l’irlandais, mais il ne sent rend pas compte. La douleur ne vient pas l’alarmer d’un mal qu’il s’inflige pourtant, préférant passer ses nerfs sur le mur, plutôt que sur la silhouette qu’il ne parvient toujours pas à remettre. Il sait juste que ce n’est pas sa mère et à retrouver suffisamment de lucidité pour savoir qu’il n’a pas à la cogner. Aël est dans son état le plus régressif. Quand bien même il le voudrait, il serait incapable d’articuler la moindre phrase cohérente. Il est empli de rage, de fureur et rien d’autre ne parvient à l’atteindre. Il d’autant plus en colère qu’il sait qu’il a fait une connerie, même si il n’en mesure pas encore l’ampleur. Tu te fais mal. Les mots peine à trouver un sens dans son esprit. Tu te fais mal. Tant bien que mal, il essai de cogiter, durant plusieurs secondes, ce qui à défaut d’arrêter ses coups, les rend moins puissant. Tu te fais mal… Rideau. Pourquoi je me ferai mal ? La question est lancée et permet au jeune homme de cogiter, ou du moins, de le concentrer sur autre chose que sa rage. Que vient-il de se passer ? Il frappe une dernière fois avant de faire dos au mur, s’y appuyant en regardant autour de lui, comme si il découvrait les liens pour la première fois. Stop. Arrêt sur image. Il connait cet endroit. Il lui est familier. Il aime y venir. Mais putain, qu’est ce qu’il y fou à l’heure actuelle ?

Lentement, il se laisse glisser contre le mur et une fois assit, il ramène ses jambes contre lui, posant sa tête sur ses genoux. Il continu d’observer le décor, tandis que ses pensées commencent à se réaligner. Je travaille ici. Tous les jours. Un job qui lui plait. Des clients qui l’écoutent, sans jamais rien dire en retour, ou en tout cas, pas avec des mots. Il travaille avec les morts et c’est ce qu’il venait de finir quand… Un autre effort, considérable. Il nettoyait un scalpel et… Et elle est venue. Un léger grognement lui échappe alors qu’il rejette la tête en arrière, la heurtant durement contre le mur. Elle. Le fric. Sa came. Toujours.
Mais elle n’est plus là. Il recommence à parcourir la salle du regard, jusqu’à enfin le voir. Il l’avait occulté, il l’avait oublié… Il l’avait frappé. Ça fait tilt dans sa tête et c’est la lumière au bout du tunnel. Il. Son boss. Adam. Putain, mais qu’est ce qu’il vient de faire ? Il lui faut encore quelques minutes de silence, ou les paroles de son patron tourne en boucle dans son esprit, et pourtant, il trouve l’instant plutôt calme. Reposant. L’œil du cyclone.

Tu te fais mal. Aël relève ses mains vers ses yeux, les observant longuement en les faisant tourner devant lui. Tu te fais mal. Il observe le sang qui les souille. Ce sont ses mains. Il plie les doigts mais certains sont récalcitrant à la tâche, pourtant toujours pas de souffrance, alors pourquoi est ce qu’un sentiment le ronge au creux du ventre sans qu’il ne parvienne à l’identifié. Tu te fais mal. Il relève ses yeux vers l’homme qui se tient debout face à lui. Non Aël, tu lui as fais du mal.
Des flash, vifs, qui l’oblige à prendre sa tête entre ses mains. Réagis, cogites, penses, fais quelque chose, bordel ! Il inspire, expire plusieurs fois, calmant un souffle plus que vacillant et un cœur affolé. Mes cachets. L’une de ses mains s’enfonce fébrilement dans sa poche et en tire une petite boite. Un, deux, trois. Le compte y est. Il avale ses médocs sans broncher, refermant les yeux. C’est la furie dans un esprit qui tente de tout remettre en place. C’est maladroit, long, laborieux, mais ça finit par se faire.
Quand il ouvre de nouveau ses paupières, son regard est apaisé… Au moins jusqu’à ce qu’il comprenne, cette fois ci, l’ampleur de sa connerie.

C’est Adam qu’il a cogné, Adam qu’il a frappé. Avec force. Sans hésitation. C’est son patron qui a subit ses foudres. Pire. Il vient de voir ce que l’Irlandais tentait de lui cacher. Sa folie. Son vice. –Putain. C’est tout ce qu’il parvient à articuler avant de se redresser, péniblement.
Il s’aide du mur, y laissant une trainée vermeille qu’il ne voit pour le moment pas. Ses blessures à lui, ne sont plus qu’un vague souvenir lointain qu’il occulte. Que fait-on quand on a fauté ? ça, Ma’ le lui apprit. Il faut juste qu’il s’en rappelle. « Aël, on dit quoi ?... Pardon, Ma’ » Voilà, c’est ça. Ça qu’il faut faire, qu’il faut dire. – Pardon. Il referme la bouche, avant d’assimiler que ça ne suffira pas. Il l’a frappé, il lui a fait mal. Il se tourne presque fébrilement pour chercher le matériel médical, ça ne manque pas ici. Nouvelle idée fixe, le soigner.


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MessageSujet: Re: Mère des vices -Adam-   Ven 6 Sep - 14:48




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Comment arrêter la folie meurtrière d’un homme qui ne se rend pas compte de son propre état, et n’a pas plus conscience de sa cible que du lieu où il se trouve ? Le cœur lourd, les dents serrées malgré la douleur de sa lèvre fendue, Adam regardait Aël s’extirper progressivement des profondeurs de sa rage et de sa haine. Son cœur battait à tout rompre au fond de sa cage thoracique tandis qu’il goûtait consciencieusement à son propre sang. L’hémoglobine se faufilait entre ses lèvres, fluide et fourbe, de cette saveur métallique et rouillée fortement désagréable. Il tentait de l’ignorer. Rien ne comptait plus qu’Aël. Aël et ses démons, Aël et sa colère. Il fallait arrêter tout cela.

Finalement, il le vit se calmer. Les quelques derniers coups qu’il porta au mur furent plus lents, plus mesurés, moins violent. Le myocarde du légiste commença à ralentir, tandis qu’il saisissait qu’il avait partiellement gagné. Il le regarde soudain se prendre la tête entre les mains, l’air paniqué, et sent son cœur se serrer l’espace d’un instant. Merde. Il serre les poings, respirant lentement. Les colères d’Henry n’étaient pas aussi poignantes, même lorsqu’il était adolescent, et particulièrement sensible au monde. Il faisait partie de ses enfants qui n’auraient pas fait de mal à une mouche. Et qui, au contraire, se faisaient plus facilement mal eux-mêmes qu’aux autres. Il dévisagea quelques instants Aël, une certaine appréhension nichée au creux de son ventre. En fin de compte, il ignorait comment s’occuper de lui. Il ignorait quelles réactions il pourrait avoir, il ignorait comment prendre un tant soit peu soin de lui. Il savait s’occuper de Henry. Mais Aël n’était pas Henry. Ils étaient tous deux autistes. Mais tous deux si différents. Mâchoires serrées, il se rapprocha encore de quelques pas de son assistant, le laissant se relever en marmonnant une brève insulte. Il secoua la tête, l’espace d’une seconde, un sourire se voulant apaisant prenant possession de ses lèvres fines. Il avait peur de la culpabilité qui pourrait à présent envahir le jeune homme. Il refusait qu’Aël ne s’en veuille ; pas pour cela. Il était dans ses droits de s’énerver. De frapper son patron, non. Mais ce n’était qu’un accident. T’es trop gentil, Adam. On te dit souvent que ça te perdra.

« Ça va. » La réponse est immédiatement suivie d’une excuse brève d’Aël. Adam ferma les yeux, secouant très légèrement la tête. « Ce n’est pas grave. » Sa voix restait calme, calme et posée, tandis qu’il s’efforçait d’essuyer sa lèvre inférieure sans se faire trop de mal. Il déglutit lentement, l’observant fouiller la pièce du regard. Non. Faut pas s’inquiéter. « J’ai rien, t’inquiète pas. » Rien, rien. C’est un bien grand mot. Le sang perlait toujours de sa lèvre, légèrement fendue. Son nez coulait également, bien que le saignement soit apte à s’estomper relativement rapidement. Il conservait une main placée sur le haut de ses côtes. Vieilles douleurs réveillées. Il se ferma les yeux pour soupirer, l’espace de quelques instants. Ç’allait passer. « Ça va passer, c’est rien de grave. » Il se répétait. Tentait de le contrôler, de le calmer. Il aurait voulu avoir le don de persuader Aël que tout allait bien se passer, lui faire comprendre qu’il ne lui en voulait pas le moins du monde. Il n’y arrivait pas. Ses pensées se bousculaient dans sa tête. Qui était la femme qui avait provoqué cette colère ? Comment avait-elle su où le trouver ? Quel était son nom ?

Non. Non. Remets tes idées en place. Calme-toi. La femme, on s’en fiche. C’est Aël. Il n’y a qu’Aël. « Tu es beaucoup plus amoché. Laisse-moi y remédier, d’accord ? … » Son ton restait paternel, tandis qu’il couvait le jeune homme du regard, incapable de s’en empêcher. Les mots s’échappèrent une dernière fois d’entre ses lèvres. Simples. « Tu n’as rien fait de mal. »

Tu ne faisais que te défendre, Aël. Et en cela, personne ne pourra jamais t’en vouloir.

Spoiler:
 


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Mère des vices -Adam-

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