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 « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet

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MessageSujet: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Lun 5 Aoû - 21:31


Velvet Rose Archdeacon
&
Shirley Lesley Anderson


Il devait être environ dix heures, le soleil... quel soleil ? Ce dernier était caché par de nombreux nuages ne laissant apparaître qu'un peu de luminosité. Ce qui n'était rien de vraiment inhabituel pour un mois de novembre. Il ne neigeait pas encore, les températures commençaient à baisser et c'était souvent gris. Assez déprimant comme température. Par chance, la température jouait rarement sur le moral de Shirley. Peut-être parce qu'elle n'avait pas besoin de travailler à l'extérieur ou que son moral tenait juste le coup. Là, elle se rendait chez les Archdeacon pour la deuxième fois. De nouveaux clients. Comme tout le monde. Ça faisait un peu plus d'une semaine qu'elle était de retour à Caswell, alors, elle n'avait pas vraiment de vieux clients. Elle faisait le ménage chez eux. Ça ne la gênait pas de faire ça. Il était vrai qu'il lui en fallait beaucoup pour la gêner, même si on pouvait souvent penser le contraire avec le manque de conversation qu'elle pouvait avoir. Elle n'était pas timide, loin de là. Elle avait juste une incapacité lorsqu'il s'agissait de parler. Elle avait l'impression qu'elle s'améliorait, mais elle était loin d'être la plus douée niveau conversation. M'enfin, on ne la payait pas pour parler. Heureusement. On la payait pour faire du ménage et pour ça, elle était assez douée. Pas de coin ronds pour elle, ah que non. Ça ne lui était jamais arrivée, mais elle était sûre que si elle faisait ça, elle en cauchemarderait. Bien que ce genre de cauchemar ferait changement de ceux qu'elle pouvait faire habituellement.

Une fois arrivée chez les Archdeacon, elle écouta ce qui était à faire, ne tardant pas à s'y mettre. Elle n'était pas une invitée. Environ une trentaine de minutes plus tard, quelqu'un sonna à la porte. Elle n'était pas seule, alors elle n'avait aucune raison d'y aller. Ce qu'elle préférait, elle n'aimait pas ouvrir la porte de chez elle (ce qui n'arrivait pas très souvent heureusement), alors elle aimait encore moins ouvrir la porte chez les autres. Une chance que cela aussi ça n'arrivait pas très souvent. C'était souvent des colis et non pas des visiteurs impromptus. Il venait sûrement d'y en avoir un parce qu'un cri se fit entendre quelque instant après que la sonnette ait retenti. Elle faillit en échapper le vaporisateur contenant le produit qui nettoyait les vitres qu'elle avait dans la main. Elle le déposa plutôt sur la table pas très loin d'elle, enlevant les gants qu'elle portait qui allèrent à côté du produit, allant voir ce que c'était ce cri. On ne savait jamais. Des fous, il y en avait partout. Quelques pas plus tard, elle entendit un 'faites-le sortir' assez hystérique. Qui était entré ? Il ne fallait pas ouvrir la porte si c'était pour avoir une telle réaction. C'était pourtant simple. Elle continua tout de même son chemin jusqu'à l'entrée. Entrée où il y avait beaucoup de mouvement.

« Il se passe quoi ?» demanda-t-elle, une fois près du lieu du cri, assez clairement pour que quelqu'un lui réponde. Parce que c'était assez fouillis. Ils bougeaient dans toutes les directions et ils regardaient partout aussi. Si c'était un jeu, elle ne le comprenait pas. Elle ne voyait pas trop comment on pouvait faire sortir quelqu'un en faisant ça. Elle remarqua qu'il y avait un type habillé en uniforme. Câble ? Électricité ? Plomberie ? Autre ? Ce dernier ne devait pas être le bienvenu pour se faire dire qu'il devait aller dehors. Oh, et bah, non, ce n'était pas ça. Ce dernier avait fait rentrer un... écureuil. C'est ce qu'on lui dit. Il fallait donc trouver l'écureuil et le faire sortir. Ça ne pouvait pas avoir la rage ses trucs ? Elle n'allait pas y toucher. Ça n'entrait pas dans ses tâches de toute façon. Elle était femme de ménage, pas chasseuse d'écureuil. Il y avait peut-être quelques lettres en commun dans les deux descriptions, mais c'était tout. Ça ne ressemblait pas du tout. Bon, on pouvait dire qu'elle chassait la poussière et les saletés, mais elle ne courait pas après. Sauf quand il y avait du vent. Elle ne s'aidait pas du tout niveau ça ne se ressemblait pas. Bref, il y avait un écureuil dans la maison. Elle continuait de ne pas voir en quoi ça la concernait, elle ne pensait pas qu'il mette le bordel partout, ce n'était qu'un tout petit animal. Tout petit animal qui sortit d'en-dessous du meuble où il était, sautant sur le haut, accrochant un vase qu'il renversa. Au revoir les fleurs, bonjour l'eau sur le sol et coucou le vase brisé. Ah bah oui, effectivement, ce n'était qu'un petit animal, ça ne pouvait pas faire de dégât. Ou l'art de se tromper et pas seulement un peu. Ce serait donc la course au petit rongeur pour éviter qu'il ne mette toute la maison à sac. Il fallait commencer par le retrouver.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Mar 6 Aoû - 9:31

La nocturne N°20 de Chopin à plein volume derrière moi, j’avais failli ne pas entendre la sonnerie de la porte d’entrée. Un soupir m’échappa. Encore ? C’était la deuxième fois ce jour-là, beaucoup trop pour moi. Vers dix heures, c’était la nouvelle femme de ménage, une certaine Shirley Anderson, de retour à Caswell depuis peu. Je l’avais accueillie avec un de mes plus beaux sourires et je lui avais fait faire moi-même le tour de la propriété. Je dois avouer qu’elle m’a plut tout de suite, discrète, c’était le genre de personne qui sait ce qu’elle a à faire, et plus important encore, qui sait où est sa place. Des qualités qui distinguent les excellents employés. Cette Shirley Anderson ne poserait pas de problèmes. Je lui donnais pièce après pièce les instructions presque sacrées aux yeux de mes parents et si futiles aux miens. Elle m’écouta avec attention puis se mit au travail. Efficace. Pragmatique. Parfaite. Je pouvais retourner me plonger dans les papiers de l’entreprise, tâche ennuyeuse et assommante mais que je n’aurais confié à personne d’autre.

Et puis, de nouveau, cette sonnerie. Je me rappelais qu’on attendait le plombier, mais cette pensée n’enleva rien à mon irritation. Je détestais ouvrir cette porte, principalement parce que si je savais souvent qui se tenait derrière, l’inverse n’était pas vrai. On se préparait au regard froid de Monsieur, au brushing parfait de Madame, mais pas à Velvet Rose Archdeacon ; alors on était surpris, déconcerté ou totalement perdu et on ne le cachait pas. C’est exactement ce qui arriva au plombier ce matin-là et c’est pendant ces quelques secondes d’absence que l’écureuil entra. Une bestiole rousse qui avait traîné je ne sais où et qui n’avait visiblement pas appris qu’entrer comme cela chez les gens ne se faisait pas et qu’entrer comme cela chez les Archdeacon était un crime de lèse-majesté. J’ai hurlé et l’homme, debout, sa caisse à outils à la main est sorti doucement de sa léthargie. Tout doucement. Je l’aurais insulté. "Mais faites-le sortir !". Tout en me mettant en chasse, je me promettais de lui jeter l’animal au visage si je l’attrapais la première. Cet abruti de plombier pouvait s’estimer heureux, avec Blue, il serait peut-être déjà mort.

Au début, la femme de ménage qui était venue aux nouvelles, ne semblait pas décidé à nous aider dans nos recherches. Il est vrai que Courir après les animaux sauvages ne devait pas être inclus dans son contrat. Cependant, après un vase brisé et deux ou trois cadres renversés, elle sembla changer d’avis. Je pense qu’elle avait compris que cette clause n’était inscrite dans aucun des contrats des employés de la maison et que, par contre, le sien l’engagerait à s’occuper des dégâts causés par ce fou furieux d’écureuil.

Soudain, j’entendis un bruit à l’étage, et je me retournais vers Shirley, une lueur de panique dans les yeux. "Oh mon Dieu. Il est dans la chambre de Blue !".



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Jeu 8 Aoû - 16:27

C'était une situation des plus inattendues. Shirley n'était pas aller travailler chez les Archdeacon en se disant qu'il y allait avoir une bestiole qui allait entrer et tout saccager dans la maison. Elle ne pensait même pas que ça pouvait arriver. Elle pensait que les animaux étaient trop farouches pour rentrer dans une maison avec des humains à l'intérieur. Dans une maison vide, peut-être, mais là, il était entré par une porte ouverte où il y avait deux humains pas très loin. Elle pensait aussi qu'en novembre, ils hibernaient. Bien qu'elle était loin d'être une experte. Elle se souvenait aussi d'en avoir déjà vu en plein mois de janvier, il y avait de ça une éternité. Avant de ne plus savoir les saisons, les années, les mois, les semaines et les jours. Bref, elle ne connaissait pas grand-chose au mode de vie des écureuils (et de la plupart des animaux). Elle regarda autour d'elle, essayant de voir si elle ne voyait pas un bout de museau, des oreilles ou bien une queue (ou n'importe quelle autre partie de la petite bête). Puis, un bruit provenant de l'étage ce fit entendre. Un bruit d'un objet qui venait de tomber. C'était assez mauvais signe. L'écureuil venait de faire une autre bêtise.

Il était dans la chambre de Blue. Blue ? C'était vraiment un prénom ? M'enfin, ce n'était pas trop le temps de se poser des questions comme ça. Il fallait faire quelque chose avant que cette Blue aille une mauvaise surprise dans sa chambre. M'enfin... il était mignon, mais il saccageait tout. Il n'était donc pas très pratique. Elle ne savait pas où était la chambre de cette Blue. Enfin, elle savait qu'il y avait des chambres, elle savait ce qu'elle devait faire dans ces dernières, mais elle n'avait pas retenu à qui quelle chambre appartenait. Elle avait trouvé que de se souvenir des tâches étaient plus importants plutôt que de se remplir la mémoire avec des détails qu'elle trouvait inutiles. Avant de suivre la jeune femme qui n'était pas Blue, elle retourna là où elle était précédemment. Une idée venait de lui traverser l'esprit, en cherchant comment faire pour essayer d'attraper la petite boule de poils. Elle prit le seau qu'elle avait rempli d'eau, allant vers la cuisine où elle vida le seau dans l'évier, montant ensuite rapidement vers la chambre où était caché l'animal. Comme ça, il pourrait être enfermé dedans. Ça serait toujours mieux que de le toucher, alors qu'on ne savait pas trop où il était passé ni quelles sortes de maladies il avait. Arrivée à la chambre, elle regarda autour d'elle, encore une fois. Elle vit une lampe renversée ; ça devait être ça qui avait fait du bruit en tombant.

« Il est sorti ? » fut demandé à Velvet, lorsqu'elle ne vit la petite bête nulle part. Il était peut-être caché quelque part. Derrière un meuble, sous le lit, derrière un rideau. C'était petit, ça pouvait être partout. Elle tenait le seau à deux mains, un peu comme si elle venait de vider de l'eau pour éteindre un feu. Elle s'avança doucement, se dirigeant vers un meuble et regardant derrière celui-ci, lentement. Elle ne voulait pas vraiment se retrouver avec un écureuil sur le visage. C'était un peu fou d'être aussi inquiet à cause d'un petit truc comme ça. Par chance, il ne lui sauta pas dans le visage, mais presque, si elle ne s'était pas reculée à temps. Elle le vit tout de même de très près, cria un peu, perdit l'équilibre, mais elle le retrouva en se tenant sur le meuble. Elle n'eut pas le temps de voir par où il était passé. « Il est passé où ? » demanda-t-elle, toujours armée de son seau.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Dim 11 Aoû - 16:43

Putain elle l’avait loupé. Cet écureuil s’était jeté sur la femme de ménage qui n'avait rien pu faire, son sceau dans les mains. Mais attention, pas un sceau de merde ! Le genre de sceau sûrement fait pour toutes les situations y compris la chasse à l’écureuil. C’est du moins ce que j’espérais vu le prix que mes parents y avaient mis.

Le plombier bossait à l’étage au-dessus. Il m’avait clairement fait comprendre que son travail était de réparer la baignoire et pas de “courir après toutes les putains de bestioles sauvages même pas vaccinées qui courent les rues et font les poubelles des honnêtes travailleurs”. Super, au moins je savais maintenant que ce gros tas était aussi débile qu’il en avait l’air et qu’en plus c’était un lâche qui s’enfuyait devant le grand méchant écureuil. Bref, il n’y avait plus que Shirley et moi dans ce qui restait de la chambre de Blue. Couette déchiquetée, lampe renversée, bureau lacéré et bibelots brisés ; c’était un vrai champ de bataille.

Cette fois-ci, la boule de poils été allée trop loin. Je retournai dans le couloir, énervée ; je n’étais pas là pour me faire emmerder par un rouquin bouffeur de noisettes et il avait choisi la mauvaise maison pour venir tout saccager. J’ouvrai un placard et je saisissai un balais des deux mains. Là encore, on avait affaire à du balais de compétition : le genre avec brosse multifonctions et manche en bois indestructible. Ça tombait bien, je connaissais un écureuil qui allait se le prendre dans la gueule ce balais magique. Je claquai la porte du placard et jetai des regards dans tous les coins. Shirley m’avait suivi dans le couloir, toujours armée.

Crr, crr, crr. Qu’est-ce que c’est que ce bruit encore ? Je lève les yeux vers le plafond et je vois la bête en train de ronger le câble du lustre en vers. What the fuck ?! Est-ce qu’on était tombé sur le seul écureuil psychopathe de cette planète ? Je m’écartai d’un pas avant que le lustre ne s’écroule là où je me tenais une minute plus tôt. Mon dieu, j’allais lui démonter sa tronche. Du coin de l’œil je le vis s’engouffrer dans le bureau, dans mon bureau putain ! J’entraînai Shirley dans la pièce et je tirai vite la porte derrière nous.
Faites-moi confiance, cette petite merde est foutue maintenant.
Cette phrase sonnait tellement bizarre dans la bouche de Velvet Rose Archdeacon.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Mar 13 Aoû - 16:10

L'écureuil avait quitté la pièce. Tant qu'à savoir il était parti où, c'était une autre histoire. Shirley regarda l'état de la chambre de la dite Blue. Elle avait l'impression qu'elle allait faire des heures supplémentaires pour nettoyer tout ce barda. Tout le reste aussi... en espérant qu'il n'y ait pas trop de reste. Que le problème petit animal allait être vite réglé. À en croire Velvet et son expression, cela allait probablement être le cas. Elle va dans le couloir, ouvre un placard, en sort un balais. Elle n'aimerait pas être à la place de l'écureuil qui était sur le lustre en train de faire ses dents avec le fil. Mauvaise idée. Et au revoir lustre. Bonjour balais. Enfin, plus tard. Là, il fallait commencer par éviter le plus dégâts possible. La jeune femme l’entraîna dans un bureau, et à ce qu'elle dit, elle comprit que le rongeur était là. La porte avait été fermée. Bien qu'elle comprenait pourquoi elle l'était, elle n'était pas très sûre de vouloir être là. Elle n'était pas très sûre de vouloir rester entre l'écureuil fou et Velvet au balais. Un incident pouvait très vite arriver. Ça ne lui tentait pas vraiment de recevoir un coup de balais quelque part. Parce qu'elle pourrait se mettre au mauvais endroit au mauvais moment. Ce qu'elle essaierait autant que possible de faire.

Toujours armée de son seau, elle regarda autour d'elle. L'écureuil était en haut d'une bibliothèque. C'était vraiment dingue comme ça pouvait grimper partout ce genre d'animal. Un peu plus et la trame e film western pourrait commencer.  Ils étaient trois dans le bureau et ils n'allaient pas s'en sortir indemnes. Elle dramatisait un peu les choses, mais c'était soit elles, soit l'écureuil. Le pauvre, il devait vraiment se demander où il était tombé. Bon, en même temps, il n'était pas si à plaindre que ça. Il n'était pas dans un arbre. Enfin si, mais non. Peut-être pas. Elle n'avait pas remarqué en quoi la maison était faite. Bref, elle alla ouvrir la fenêtre. Comme ça il pourrait s'échapper sans aller dans le reste de la maison. Elles pourraient aussi le jeter par là par la suite ou essayer de l'envoyer à cet endroit. « Petit petit petit... » fit-elle, à voix basse. Elle ne savait pas trop si c'était utile ou non, mais elle n'y avait pas trop pensé. Le rongeur réagit. Pas comme elle l'aurait espéré. Elles n'étaient pas dans un Disney après tout. Il sauta de la bibliothèque au bureau. Au moins il était moins haut. Elle se dirigea rapidement vers le meuble pour essayer de mettre le rongeur dedans. Velvet elle, pensa à donner un coup. Le balais rata l'écureuil parce qu'il n'avait pas raté sa tête. Ce n'était pas très agréable. Le petit cri qu'elle fit le montra et la douleur qu'elle ressentit aussi. Le petit animal décida d'en profiter pour retourner sur la bibliothèque. La fenêtre n'était pas très loin, pourquoi il n'y allait pas ? Shir' n'y pensa pas trop. Elle était en train de se masser la tête. « Faudrait peut-être lui donner des noix. » dit-elle. Pour l'attirer.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Mar 20 Aoû - 13:59

Bon, je devais avouer que tout ne se passait pas exactement comme prévu. Maintenant que la porte était bouclée, l’écureuil ne pouvait plus aller dévaster d’autres pièces, certes. En attendant, il lui restait toujours celle là avec plein de jolies choses sur lesquelles faire ses griffes. Chouette !

La petite calamité avait trouvé refuge en haut de la bibliothèque. Intouchable, au sommet des étagères, il semblait nous narguer moi et la femme de ménage qui avait entre temps eu l’idée d’ouvrir la fenêtre, histoire d’offrir à l’écureuil une alternative à la mort par coups de balais je suppose. Assez pertinent. Elle glissa également un “Petit, petit, petit...”, le genre d’appel qui laisse, généralement, les animaux totalement indifférents. Cependant, cet écureuil, lui, réagit ; décidément, on avait affaire à un spécimen ! Le voyant sauter de la bibliothèque au bureau, mon sang ne fit qu’un tour et j’abaissais rapidement le balai, pas assez vite cependant, laissant le temps à la tête de la femme de ménage de se mettre entre moi et l’écureuil qui lui, eut le temps de retourner sur son perchoir qu’était devenue la bibliothèque. Je me confondais à mi-voix en excuses pendant que la femme de ménage se frottait la tête. Je comprenais déjà qu’elle se souviendrait longtemps de son premier jour chez les Archdeacon et je me promettais de me faire pardonner plus tard pour ces violences involontaires.

Pour l’instant, nous devions trouver le moyen de déloger ce foutu écureuil de là-haut. “Faudrait peut-être lui donner des noix.
Qu’on soit d’accord, je ne m’y connais pas vraiment en en matière d’écureuils, mais moi, on m’a toujours dit que ces bestioles là bouffaient des noisettes. Après, celui-ci était un peu plus gros que la moyenne et après les multiples péripéties de la matinée, la vision de ce petit monstre explosant des noix avec son crâne ne m’aurait même pas étonnée. Oui, Shirley avait peut-être raison. Cependant, est-ce qu’on avait des noix ? C’était une autre question. Après tout, je ne me charge ni des courses, ni de la liste des courses, ni même des repas, non pas que je ne veux pas mais plutôt parce que mes parents y voient des tâches ingrates d’une demoiselle Arcdeacon. Vraiment, mes parents auraient un choc lorsqu’ils se réveilleraient au XXIème siècle, comme les trois quarts cette ville d’ailleurs. Bref, je ne savais pas s’il y avait des noix ici, et la maison en fût-elle pleine que je n’aurais même pas su où chercher. Quant à aller jusqu’à l’épicerie pour en acheter, et bien non, je ne me donnerai pas cette peine pour un vulgaire écureuil ravageur de maison.

Je regardai Shirley : “Non, nous allons attendre.”.
Je me doutais bien qu’elle n’avait pas que ça à faire et moi non plus à vrai dire, mais bon, nous allions devoir prendre notre mal en patience et attendre que l’animal se décide à bouger. J’essayai de mettre mes affaires les plus fragiles en sécurité dans les tiroirs du bureau puis je m’assis au sol, dos contre le mur. J’attendis quelques instants. La femme de ménage n’avait pas bougé, ni parlé. Pas très bavarde. Je lui fis signe de s’asseoir à son tour et je réfléchis à comment amorcer la conversation. Quitte à rester enfermées toutes les deux dans cette pièce, autant se mettre à l’aise.

Alors, qu’est-ce qui vous a poussé à revenir à Caswell ?
Je n’avais pas vraiment réfléchi et j’avais posé la première question qui m’étais passé par la tête. Je le savais. Je le savais peut-être même mieux qu’elle-même ce qui l’avait poussé à revenir. J’espérais simplement que ma question n’entraînerait pas un autre silence, ponctué des petits cris de l’écureuil.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Ven 23 Aoû - 0:07

Velvet s'était excusée du coup de balais et Shirley avait secoué la tête. Ce n'était pas grave. C'était douloureux, mais ce n'était pas vraiment la faute de la brunette. Elles avaient toutes les deux réagi rapidement à la bête qui était à portée et voilà ce qui était arrivé. Elle n'allait pas lui en vouloir. Ça faisait mal, mais elle avait connu pire. Le plus important à présent était d'attraper cet écureuil afin d'éviter d'autres blessures. Raison pour laquelle elle proposa des noix. Les écureuils aimaient les noix. Les arachides, les amandes, les noisettes, les glands, alouette. Ce que ne semblait pas penser Velvet. Elle voulait attendre l'écureuil. Attendre un écureuil ? On pouvait faire ça ? Enfin si, mais il n'avait pas de montre l'écureuil. En même temps, ça devait être presque du même genre que le ''petit petit'' qu'elle venait de faire. Un peu désespéré. Elle ne dit rien, se contentant d'hocher la tête. Si la miss voulait faire ça, elles allaient le faire. Si elle n'avait rien d'autre à faire, elle pouvait très bien passer le temps comme elle le voulait. Et puis, elle, et bien, elle était payée à l'heure, alors ça ne la dérangeait pas trop de ne rien faire durant un certain temps. Pas qu'elle ne pensait qu'à l'argent, mais elle était loin d'être riche comme crésus et un petit supplémentaire ne la dérangerait pas du tout. Si ça lui évitait d'avoir moins mal côté financier à la fin du moins, de ne pas se tirer les cheveux pour essayer d'arriver, et bien, ça serait déjà ça de prit. En même temps, elle était habituée. Pas seulement à cause des deux dernières années, mais à cause de son enfance, de son adolescence aussi (avant qu'elle ne s'interrompre et qu'elle n'aille plus eu besoin de s'occuper d'argent durant un bout de temps). Ses parents dépensaient tout dans le jeu, et elle, elle s'était mise à travailler pour les aider. C'était loin maintenant, très loin. Elle n'était pas dépendante à rien (sauf peut-être à la propreté, mais il y avait pire comme addiction non ?), elle économisait donc comme elle pouvait.

Velvet rangeait des trucs dans les tiroirs. Elle aurait bien aidé, mais elle ne voulait pas ranger n'importe quoi n'importe où. On pouvait toujours le lui reprocher par la suite si on ne retrouvait pas quelque chose. Elle préférait éviter. Elle resta donc sans bouger, continuant de regarder la petite bête. Cette dernière aussi ne bougeait pas. Elle restait sur la bibliothèque. Ça devait être un chouette coin. On voyait tout le bureau comme ça. Hum... elle regarda la jeune femme qui venait de s'asseoir par terre et qui lui fit signe de faire pareil. Elle le fit, allongeant ses jambes devant elle. Puis, une question brisa le silence (outre les sons que faisaient l'écureuil). « Je... je ne sais pas. » commença-t-elle à dire. Ouh ! toute une réponse. Mais elle était vraie. « J'ai tapé le nom de la ville dans Google et... et j'ai eu envie de revenir. » continua-t-elle de répondre. Ça ne semblait pas être très logique, mais revenir à Caswell avait été plus fort qu'elle. Elle ne pouvait pas l'expliquer. Avant, elle choisissait les villes un peu au-hasard, selon les emplois qu'il y avait. Caswell, cela avait été autre chose. « C'est pas vraiment une réponse, mais c'est ce qui est arrivé. » finit-elle. Elle ne se doutait pas que Velvet en savait plus qu'elle sur son retour. « Vous êtes déjà partie ? » l'interrogea-t-elle. Elle continuait, plus au moins, sur la même lancée. L'écureuil lui, restait sur la bibliothèque. Elle toucha doucement sa tête, vérifiant qu'elle n'avait pas trop une grosse blessure suite au coup de balais qu'elle avait reçu. Elle fit la grimace. Ce n'était pas des noix qui lui fallait, mais de la glace.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Lun 26 Aoû - 20:12

Sa réponse ne me surprit qu'à moitié. Après tout, pourquoi chercher une explication logique et rationnelle là où il n'y en avait pas. J'aurais simplement pensé que le hasard se serait montré plus créatif pour faire revenir Shirley à Caswell. "Envie de revenir", j'avoue que ça me dépasse, moi qui ai passé ma vie à rêver d'ailleurs à chaque fois que je fermais les yeux, moi qui voyais des tours du monde avec Blue puis des virées romantiques avec Trajan.

J'ai envie de la harceler de questions sur le monde en dehors de cette ville, sur la vie hors des limites de Caswell, mais je me retiens par pure politesse. J'ignore douloureusement les questions qui me brûlent la langue. C'est à son tour de m'interroger "Vous êtes déjà partie ?".

Quelques secondes de silence s'installent puis je pousse un soupir. Si c'est ce qu'elle veut savoir. Soit.

"Non jamais. J'ai beaucoup rêvé de voyager, de partir m'installer ailleurs, dans une autre ville, un autre état ou même à l'étranger, mais je suis plus ou moins coincée ici."
Plus ou moins ? Je suis carrément coincée dans cette putain de ville, comme tous ceux qui ont eu le malheur d'y naître.

Je sens un volcan qui bouillonne au fond de moi tandis que je m'efforce de garder un ton calme. Le plus calme possible. Ne rien laisser transparaître, être toujours maître de ses émotions, voilà quelque chose que je sais faire, qu'on m'a inculqué dès le plus jeune âge. Je suis formatée pour faire semblant.

"Je dois rester à cause de mes responsabilités et de ma famille, bien sûr. Je devrais un jour être prête à prendre la suite de mon père. Je suis l'aînée, c'est mon rôle."
L'excuse officielle. Je ne sais pas trop quoi dire d'autre et soudain mes paroles sonnent faux à mes oreilles, tellement faux que ça me fait sourire.

"Oui je sais ça fait très vieux jeu, mais...".
Mais ça l'est Velvet, c'est ça ta vie, amuse-toi bien.

Et voilà que je n'ai plus du tout envie de sourire. Je hais cette ville, je hais chacune des pierres de chacun de ses édifices et je voudrais cracher sur Caswell toute entière, son phare, sa bibliothèque, son cimetière, son port, ses restaurants, son église et son jardin publique. Je voudrais monter au sommet de ces aiguilles qui surplombent la plage et hurler à l'océan de m'emporter, moi, mes rêves, mes souvenirs. Au lieu de ça je suis assise au milieu d'un bureau en acajou, les yeux fixés sur un écureuil débile et racontant ma vie à une femme de ménage que je viens de rencontrer. Enfin, ma vie... La version "And they lived happily ever after".
Je me force à sourire.

"Mais on s'habitue."
Non on s'habitue pas, jamais. On garde une place au fond de sa tête a toute cette histoire et on la cache avec tout les couvertures possibles, comme quand un gamin fait une connerie. On sait très bien que comme ça, la tâche sur la moquette est encore plus flagrante mais on ne sait pas comment réagir autrement. Je regarde Shirley. Je ne dis plus rien pendant un moment puis ma langue n'en peux plus.

"C'est comment dehors ? Je veux dire, ailleurs qu'à Caswell."
Ma question est bizarre. Très bizarre. On dirait une affamée, affamée de vivre.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Ven 30 Aoû - 16:34

C'était dingue ce que parfois il pouvait arriver. Shirley en entrant chez les Archdeacon n'aurait jamais pensé finir dans un bureau à essayer de capturer un écureuil qui n'avait pas peur. Ce dernier devait bien se moquer d'elles. Une aussi petite chose contre deux humaines et les humaines n'arrivaient pas à s'en débarrasser. D'une certaine manière c'était drôle effectivement. Il faisait bien de se moquer. Pour le moment, pour elle, ce n'était pas du tout drôle. Peut-être que plus tard, elle allait rire en s'en rappelant. Plus tard, lorsqu'elle se souviendrait comment on faisait pour rire. Là, il n'était pas question de rire, mais pas de parler. Elle était partie, ce n'était pas le cas de Velvet. Elle aurait aurait bien voulu, mais non. C'était dommage. Coincée ? Elle était coincée ? Elle savait très bien ce que c'était, bien qu'elle ne connaissait pas tout de la vie de Velvet. Elle ne pensait pas qu'il était question de la même sorte de coinçage dont elles parlaient. Après tout, la jeune femme n'était pas enfermée, elle parlait et pouvait faire ce qu'elle voulait. Enfin, elle attendait qu'un écureuil daigne partir de la bibliothèque. C'était assez libre. En même temps, elle savait très bien qu'il y avait plusieurs sortes de prison. Elle hocha ensuite la tête, bien qu'elle ne comprenait pas vraiment le choix — ou plutôt l'absence de choix — de la jeune femme. Elle ne voyait pas comment on pouvait obliger notre enfant à poursuivre notre œuvre. Bien qu'elle n'était pas mère, ses grossesses avaient été interrompues par le passé, alors, elle ne comprenait peut-être pas tout. Elle ne comprenait pas non plus comment on pouvait choisir (ou pas) de poursuivre l’œuvre de nos parents volontairement (ou non). Encore une fois, elle ne comprenait peut-être pas tout. Peut-être parce que de continuer ce que ses parents avaient fait de leur vie (pas grand-chose) ne l'intéressait pas du tout. Jouer, jouer, jouer, devenir dépendant, vendre leur fille... ouais. Elle n'allait pas devenir comme eux. Elle était bien loin de pouvoir se mettre à la place de la jeune femme et des ''choix'' qu'elle avait. Elle ne laissa tout de même ne rien paraître. « Bonne chance. » fut tout ce qu'elle dit. Ouaip, parce que si elle n'aimait pas ça, elle risquait d'en avoir de besoin.

Vieux jeu ? Shir' hocha la tête, elle était bien d'accord avec ça. On s'y habituait ? Elle n'en savait rien.  « Si vous le dites... mais vous voulez pas faire autre chose ? » Rêve brisé, rêve qui pourrait peut-être être réalisé, rêve mis en attente... elle n'en savait rien. Elle regarda l'écureuil qui ne bougeait pas de la bibliothèque, il semblait avoir trouvé son coin préféré, pendant que c'était silencieux entre les deux jeunes femmes. Ce qui ne la dérangeait pas du tout. Elle préférait largement le silence. Ce dernier ne dura pas, la demoiselle le brisant, posant une question. Comment c'était ailleurs qu'à Caswell. C'était différent, c'était sûr. Sauf qu'elle ne pensait pas que cette réponse seule conviendrait. « C'est différent... » commença-t-elle à dire tout de même. Velvet n'avait pas à s'inquiéter, elle allait continuer à en dire. « On est plus libre, y'a moins de fermeture d'esprit envers les nouveaux... » Elle avait l'impression de dire que Caswell était une sorte de secte. En espérant que la miss ne le prenne pas mal. « Je pensais pas dire ça. » Ce n'était pas pour se rattraper, c'était vrai. Elle pensait décrire les palmiers de Los Angeles, l'ambiance folle de Las Vegas ou elle ne savait pas trop quoi. Pas ce qu'elle pensait de Caswell. Ouais, elle préférait largement le silence.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Dim 15 Sep - 10:01

J'avais fait semblant de pas entendre ses questions. Je ne voulais pas y répondre. A quoi bon ? Je ne pouvais pas lui expliquer pourquoi j'étais coincée à Caswell, coincée dans cette famille, coincée dans cette vie. Et là tout de suite, je me retrouvais une nouvelle fois coincée dans une bibliothèque. Je laissais échapper un nouveau soupir en regardant l'écureuil immobile sur son perchoir tandis que Shirley rassemblait ses idées pour me parler de l'extérieur. Différent. Je voulais bien le croire, je l'imaginais. Quant à l'ouverture d'esprit, ce n'était peut-être pas ce qu'elle pensait dire mais c'est ce qu'elle avait dit et là encore, je savais que c'était le stricte vérité.

A Caswell, vous ne pouvez pas faire un pas dans la rue sans que quelqu'un vous juge en bien ou plus souvent en mal. Vous ne pouvez pas vous dire : "Bah, tout le monde s'en fout.", ce n'est pas le cas. Vous pouvez ignorer l'avis des autres, mais eux ne vous ignoreront pas. Ils guettent comme des charognards le moindre de vos faux pas, ils attendent votre chute et savourent ce pouvoir qu'ils exercent sur vous sans que vous en ayez conscience.

Beaucoup finissent par se lasser de ce petit jeu et abandonne, ils décident d'effacer les autres et de vivre leur vie. En réalité, ce ne sont pas eux qui abandonnent. Ce sont les gens comme moi. J'ai eu peur, peur de me battre, peur de changer, peur des autres et peur de moi. Ils ont eu le dessus et m'ont fait rentrer dans la case qui m'étais destinée. Je n'ai pas le droit de ma plaindre, tout simplement parce que je n'ai rien tenté pour me sortir de l'impasse. Je n'ai pas eu la force de rechercher mon bonheur.

Le bonheur. Je sais ce que c'est je le goûte, par subtiles touche au quotidien. Cependant j'aimerais savoir s'il est possible de le savoure, sans que tout le reste ne vous rattrape.

Cela fait maintenant un moment que je reste silencieuse, même si ça n'a pas l'air de déranger Shirley, je ne peux m'empêcher de demander d'une voix presque inaudible "Vous étiez plus heureuse dehors ?".

Dehors. Comme si Caswell était une prison.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Mar 17 Sep - 3:19

La miss ne répondit pas. Oh. Si elle voulait faire ça, elle n'allait pas insister. Shirley ne s'intéressait pas tant que ça à sa vie, elle était là pour faire le ménage, pas pour faire amie-amie (surtout qu'elle ne savait même pas comment on s'y prenait). Sans l'écureuil, elles n'auraient jamais parlé. Enfin, à part pour le minimum. Jamais autant. Enfin, elle ne le pensait pas. Ça ne lui faisait donc rien le silence qui venait de s'installer. Elle préférait ça. À la question que lui posa Velvet, elle tourna rapidement sa tête vers elle. Elle entendit son cou craquer. Ce n'était pas du tout une question à laquelle elle s'attendait à entendre. Elle n'était pas très sûre d'avoir bien entendu puisque cela avait été dit d'un ton très bas, mais quelque chose lui disait que cela avait vraiment été posé. « Je n'étais pas malheureuse. » lui répondit-elle, après quelques secondes. Le temps d'y penser. Elle ne s'était jamais posée la question. Il y avait bien sûr la joie de ne plus avoir d'ordre à écouter, de ne plus se déshabiller devant des inconnus, de les sentir en elle, de ne plus avoir de barreaux, de manger ce qu'elle voulait, de s'habiller comme elle le voulait, de faire ce qu'elle voulait... tous ses trucs qui faisaient la vie quotidienne. Il y avait de la joie, mais était-elle heureuse ? Non, pas vraiment. Elle était inquiète, paranoïaque, avait peur, faisait des cauchemars, mentait... ce n'était pas la joie, sauf qu'elle savait très bien qu'elle n'était pas à plaindre. Il lui semblait donc que sa réponse était la plus juste possible. Sans être heureuse, elle n'était pas malheureuse. Être heureuse... elle ne savait pas ce que c'était. En même temps, elle ne savait pas ce qu'elle manquait. Ce qui n'était pas un très gros réconfort.

« Vous devriez peut-être essayer, d'y aller, à l'extérieur. Prendre des vacances. » lui conseilla-t-elle, juste comme ça. Tout le monde prenait des vacances. Une semaine, une dizaine de jours, deux semaines. Au moins une fin de semaine pour décrocher. Penser à autre chose, changer le mal de place. Ça ne voulait pas dire quitter Caswell et ne jamais revenir. C'était juste en prendre une petite pause. Même elle, elle l'avait fait, dans une autre ville, pour la fin de semaine par le passé. Elle avait juste pris une chambre dans une auberge, avait amené des livres et avait lu, sans ne penser à rien d'autre. Ça lui avait fait du bien et n'avait pas démissionné. Ce qui était arrivé un mois plus tard, mais le nouvel employé commençait à être un peu trop entreprenant avec elle. Elle avait quitté, sans quoi elle aurait amené des problèmes. Elle était loin d'être patiente à ce niveau. Sur d'autre, elle y arrivait. Après tout, elle attendait qu'une petite bébête daigne bouger. Ce qu'il fit. « Il bouge. » murmura-t-elle. Il était toujours sur le haut de la bibliothèque, mais il se déplaçait vers la fenêtre. Enfin, dans cette direction. Il allait devoir sauter en bas s'il voulait y aller. Comment prédire ?



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Sam 5 Oct - 11:38

"Je n'étais pas malheureuse."

Sa réponse me fait réfléchir, et elle aussi à soudain l'air perdue dans ses pensées. J'imagine ce qu'elle se dit. Se retrace-t-elle sa vie à l'extérieur ? Ou bien peut-être cherche-t-elle en vain le moment où elle fut heureuse, pour de vrai. Et moi assise contre le mur, je cherche aussi au fond de ma mémoire le bonheur, le vrai, et pourtant je ne le trouve pas. "Je n'étais pas malheureuse.". Ses paroles tournent en boucle dans mon esprit et je finis par me demander si je suis malheureuse. Je ne crois pas. Cependant, je n'en sais rien, mon existence a toujours était ainsi, monotone, plate et insipide. Est-ce que tout cela est forcément synonyme de malheur ?

J'ai si souvent rêvé de partir loin de Caswell. Et pourtant, je ne sais plus vraiment si c'est seulement cette ville maudite qui m'empêche de goûter au bonheur. Le problème vient peut-être d'ailleurs, de moi. Je n'arrive pas à savoir ce qui s'est brisé au fond de moi mais quelque chose, quelque part à foiré, forcément. Cette impression de passer à côté de sa vie sans pour autant la rater, ce sentiment gênant de n'être que le spectateur de sa propre existence...
"I'm floating on the surface of my own life."
Ça a forcément foiré quelque part.

"Vous devriez peut-être essayer, d'y aller, à l'extérieur. Prendre des vacances."
J'hésite à rire. Des vacances ? Est-ce que c'est seulement possible ? Bien sûr, je pourrais partir, un week-end, une semaine, un mois peut-être. Mais un jour il faudrait revenir et cette seule pensée me poursuivrai même à l'autre bout du monde. J'ai bien trop peur.

Soudain, j'aperçois un mouvement furtif du coin de l'œil.
"Il bouge."
L'écureuil. Je l'avais complètement oublié celui là. Il semble se préparer à sauter de son perchoir, mais qui sait ? Je le regarde fixement, tous mes muscles se sont instinctivement contractés comme ceux d'un animal prêt à saisir sa proie. Au lieu de sauter comme je m'y attendais, il se glisse le long du meuble et se sert de ses petites griffes pour descendre jusqu'au sol en lacérant au passage la vieille et noble bibliothèque. Je ne comprends définitivement pas les personnes s'émerveilleront devant une telle boule de poil en s'écriant "Oh c'est mignon !" comme des demeurés de trois ans et demi. La bête semble fixer ses grands yeux vers la fenêtre. Pas un mot, pas un souffle ne sort ni de mon corps ni de celui de Shirley tout près. Allez mon grand, répond à l'appel de la nature putain !



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Dim 13 Oct - 17:51

Des vacances. Partir ailleurs, oublier durant quelque temps, s'éloigner de tout, foutre le camp, faire de nouvelles activités, rencontrer d'autres personnes, oser. Oser les nouveautés, les rencontres et oser partir aussi. C'était le plus important. Ça semblait être simple, mais ce n'était pas tout le temps le cas. Tout du moins, c'était ce que Shirley déduit de la réaction qu'eut Velvet. Cette dernière ne semblait pas trop croire à l'option prendre des vacances. Comme si ça lui était impossible. Il était vrai qu'elle ne connaissait pas ce qu'elle faisait comme boulot. Cependant, prendre un peu de temps pour elle ne coûtait rien. À ses yeux. M'enfin, elle n'allait pas tenter de la convaincre à tout prix d'en prendre. Elle s'en fichait bien. Elles ne faisaient que parler. De plus, elle était très mal placée pour essayer de comprendre les émotions, les sentiments des autres. Elle avait du mal avec les siens, alors, ceux des autres... surtout qu'elle n'était pas là en tant que conseillère de vacances ou de vie (ou peu importe le nom qu'on pouvait donner à quelqu'un conseillant sur ces sujets), mais en tant que femme de ménage. Il était vrai qu'elle n'en faisait pas beaucoup à cause de cet écureuil. C'était involontaire. Elle ne rajouta donc rien sur le sujet vacances puisque la jeune femme ne semblait pas être intéressée par cette idée.

À la place, comme si la petite bête avait deviné que les deux jeunes femmes ne se parlaient plus — à moins que ce soit le silence qui l'attira, leur voix ayant pu lui faire peur. Qui savait ce que pouvait penser un écureuil ? — ce dernier se remit à bouger. Il descendit de la bibliothèque, lentement, sur son passage, il plantait ses griffes dans le meuble, l’abîmant ; elle entendait ce bruit plus qu'elle ne le voyait. Elle avait murmuré, pour ensuite ne plus rien dire, la jeune femme n'ayant rien dit. Par contre, à sa manière de se tenir, elle avait l'impression qu'elle savait qu'il bougeait. Un peu comme si elle se tenait prête à toute éventualité. Elle aussi. Le rongeur arriva près de la fenêtre, ne bougeant plus, regardant par cette dernière. Allez petite chose, traverse et retourne à la nature, là où est ta place. Les secondes continuent de s’égrainer, Shir' ne pourrait pas dire combien de temps, peut-être qu'elles se sont même transformées en minutes, l'écureuil ne bougeant pas. Puis, il fit un pas (ou un bon ?) en direction de l'extérieur, et un autre quelque instant plus tard. Il bondit ensuite en direction d'un arbre tout près. La femme de ménage se leva rapidement, allant refermer la fenêtre. Elle regarda par cette dernière durant quelque instant, ne voyant déjà plus le rongeur. Elle se retourna ensuite vers Velvet. « Quelle pièce est la plus importante ? » lui demanda-t-elle. À rendre propre après le passage de ce petit monstre poilu.



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MessageSujet: Re: « Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet   Dim 3 Nov - 13:52

J'avais presque envie de pleurer en regardant les immenses lacérations sur le bois de la bibliothèque. Les muscles toujours en alerte, prête à bondir à tout instant, à côté de moi, Shirley non plus ne faisait pas mine de bouger. Au fond la situation était plutôt drôle -Enfin pas à cet instant précis, c'est vrai-, Nous étions prises en otage par un minuscule animal haut comme trois pommes et le grandiose manoir des Archdeacon n'avait su résister au passage de ce dangereux monstre de quinze centimètres et demi. Ce dernier était posté près de la fenêtre et faisait mine d'hésiter entre l'envie de vivre sa vie et celle de nous faire chié encore un peu.

Leçon du jour : Ne jamais sous-estimer le sadisme des vieux, de Blue et des vilains petits écureuils.

Mon cerveau, à l'inverse de mes membres, tournait à plein régime. Si j'avais était un peu moins modérée je me serais élancée au milieu de la pièce en hurlant mais la petite voix de la sagesse me soufflait que ce n'était pas la solution. Soit.Je détestais me sentir impuissante comme en ce moment. Soudain, la créature sembla avancer un petit peu, si peu que je me demandais si je n'avais rêvé. Enfin, l'écureuil s'élança par la fenêtre pour rejoindre un grand arbre sombre. Shirley fut la plus prompte à réagir et dès que j'entendis la fenêtre se refermer je relachai tout mes muscles en même temps et je me relevai difficilement malgré la douleur dans chaque recoin de mon corps. Si les membres de Shirley était aussi endoloris que les miens, elle n'en laissa rien paraître.

"Quelle pièce est la plus importante ? "

Elle avait donc si hâte de se mettre au travail ? Je devinais déjà que nous venions certainement d'avoir une des conversations les plus longues que nous n'aurions jamais. Qu'est-ce qui pouvait bien l'obliger à se refermer à ce point ?
Je regardais ma montre et une grimace déforma mes traits une fraction de seconde, on avait perdu beaucoup de temps.
"Vous devriez commencer par la chambre de Blue, au fond du couloir."
Sa main avait actionner la poignée avant même que je finisse ma phrase, quoiqu'elle cache, en tant que femme de ménage, elle serait redoutable.



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« Il court il court l'écureuil, l'écureuil du bois joli » ◊ Velvet

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