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 Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »

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MessageSujet: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mar 30 Juil - 16:53

La sonnette retentit plusieurs fois, le téléphone aussi, alors que tout était silencieux quelqu’un venait troubler le calme qui régnait. Je ne voulais pas répondre, la tête sous l’oreiller j’avais l’impression que chacun de ces bruits étaient synonymes d’un poignard enfoncé dans mon crane, encore et encore la même douleur qui me transperçait les tempes. Mais mon repos était troublé, si l’on pouvait appeler ça du repos. Je n’avais pas dormis plus de trois heures cette nuit-là, entre mon travail au bar et les petits extras avec les clients les plus généreux je ne pouvais m’empêcher de trouver les nuits très courtes. Surtout, que je n’avais pas lésiné sur les doses d’alcool et de drogue pendant la soirée pour tenir le coup fasse aux assauts des hommes qui passaient quelques heures avec moi. J’étais brisée, autant physiquement que moralement et ainsi, je dus faire patienter une bonne dizaine de minutes la personne qui attendait en bas de l’immeuble. Sous les coups de sonnette incessants je finis par me lever, pleine de courbatures et la tête douloureuse pour aller ouvrir la grande porte de l’immeuble et lui permettre de monter sans même regarder qui était en bas, les mauvaises rencontres, j’en avais l’habitude, et j’avais marre de regarder toujours derrière moi pour voir si une personne mal attentionnée me suivait. Et, lorsque j’eus remarqué le post-it collé sur mon réfrigérateur m’indiquant que j’avais un repas chez mon père et sa nouvelle… copine. J’aurais dû me douter qu’il ne me laisserait pas tranquille si facilement, après avoir trahis ma mère il me forçait à être complice de ses crimes. J’étais déjà de mauvaise humeur avant même d’avoir de les avoir rencontrés. Mais je me devais tout de même de faire au minimum bonne impression, parce que mon père n’était pas réellement au courant de ma situation actuelle, je ne devais pas arriver totalement défoncée en jogging à peine maquillée. « Lula t’es là ? » Demanda une voix derrière la porte. Laissant échapper un léger soupir je lâchai un grognement qui lui laisserait comprendre que c’était bien le cas avant de rejoindre la salle d’eau pour prendre une douche, espérant que mon mal de tête me quitterait avec le savon. Mais ce ne fut pas le cas et lorsque je ressortis de la douche je découvris mon meilleur ami, affalé sur le lit m’attendant impatiemment : « On est encore en retard Lula tu aurais pu faire un effort ! » Lâcha-t-il en me voyant m’allumer une cigarette tout en choisissant une tenue convenable pour l’occasion. Soupirant je ne pris même pas la peine de lui répondre, dans tous les cas il estimerait toujours avoir raison et nous allions encore nous engueuler et je ne voulais pas ça. J’allais avoir besoin de lui pour supporter le repas que nous allions vivre. Je m’attendais déjà à voir la copine de mon père me jauger de son regard hypocrite avant de me serrer dans ses bras d’une manière tellement fausse que j’en avais déjà la nausée… Il n’allait pas falloir qu’ils me cherchent trop, ni l’un ni l’autre et le bébé qu’attendait cette femme ne changeait rien à la donne. Je les détestais tous autant qu’ils étaient.

Bientôt, habillée d’un pantalon en jean brut et d’un débardeur blanc tout simple je récupérai une veste en cuir dans mon armoire avant d’enfiler des escarpins cloutés et de le rejoindre sur le lit déposant mes lèvres sur les siennes doucement : « On devrait y aller… » Reprit il doucement en déposant ses doigts sur mes joues, faisant la moue je me redressai et l’entrainai en bas de l’immeuble, la maison de mon père n’était pas très lointaine alors nous pouvions y aller à pieds et ce même si il ne fallait pas particulièrement chaud à cette période de l’année. Je m’en accommodais facilement. Quelques minutes après nous sonnions à la porte et les secondes se comptèrent sur les doigts d’une main avant qu’une jolie femme au ventre bien arrondis par la grossesse ne nous ouvre. Faisant un léger sourire je la laisser m’enlacer sans prononcer un seul mot. Je n’étais pas en état de faire la conversation, ma tête me faisait toujours autant souffrir à mon grand désespoir. Mais je souriais, comme je devais faire le plus souvent, sur mon podium dans le bar ou lorsque j’étais dans les bras de ces hommes qui me dégoutaient plus que tout, et voilà que même dans le cercle privé je devais faire semblant, cela ne me plaisait pas mais il le fallait. « Lula ! Tu es radieuse ! » S’exclama mon père en sortant du salon. Serrant les mâchoires sentant la douleur s’immiscer à nouveau et lui fit la bise avant de dire doucement pour ne pas me faire mal encore plus au crane :  « Si tu le dis… » Avant de rejoindre le salon dans l’espoir de m’asseoir tranquille. Mais le canapé était déjà pris par quelqu’un, fronçant les sourcils j’observai de haut en bas l’homme avant de demander simplement passant une main dans mes cheveux : « Et vous êtes ? » Le vouvoiement ne m’allait pas à la peau mais pourquoi pas, surtout sachant que je ne connaissais pas cet homme.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mar 30 Juil - 21:42

Du bruit…

Une paupière se lève un moment, la pupille traverse le voile de brume pour s’assurer de repère ici et là. Un canapé, une table basse non loin…Des photos étalées un peu partout…Des dossiers ou des moitiés de dossiers…Lentement les liens se forment entre les neurones pour former une idée. Un concept simple : Je suis dans mon salon. Le mal de crâne qui cisaille mes sens vient probablement de l’abus d’alcool.

Ce qui expliquerait aussi pourquoi j’ai une bouteille vide entre les bras. La lumière du jour filtre entre les persiennes provoquant une vague grimace. Intolérance à la lumière doublée d’une migraine intense. Félicitation, vous avez tous les symptômes de la gueule de bois. La conclusion qui s’imposait alors c’était de continuer à dormir encore quelques heures de plus. Je n’avais aucune idée de l’heure ou même du jour et le plus étrange c’est que je m’en foutais éperdument. Je n’avais qu’une envie, attendre que cela passe.

//Sonnerie//

Je relevais un œil en me demandant d’où cela pouvait bien venir. Il me fallut une longue minute avant de comprendre qu’il s’agissait de mon téléphone. J’abandonnais mon amante pour tendre un bras mal assuré et une main tremblante jusqu’à la table basse, réussissant à me vautrer sur le sol au passage. Je décidais d’y rester pour le moment, regardant l’écran de mon portable.

Un numéro que trop bien.

La meilleure amie de ma mère…

Je pris mon visage entre mes mains, hésitant sur la conduite a tenir avant de simplement toucher l’écran en soupirant.

‘‘Salut..Oui…non…Non non je cherchais pas a t’éviter’’

La conversation s’éternisa alors qu’elle cherchait à déterminer si je mangeais correctement, si je m’occupais bien de moi…J’avais l’impression d’être revenu dix ans en arrière. Je n’écoutais déjà plus que d’une oreille en me rendant compte qu’on était déjà dimanche. Pas loin de midi en plus. Etrangement je fis rapidement le lien dans ma tête et alors que mes lèvres remuèrent pour trouver une excuse, l’impensable arriva.

‘‘Pourquoi je devrais veiller sur elle ? Même si tu me le demande, j’ai pas forcement le temps. J’ai pas mal de…’’

Les doigts trouvèrent un paquet de cigarette. Le cylindre de nicotine se porta a mes lèvres alors que j’écoutais les paroles de cette femme. Son venin se distilla dans mes oreilles alors que trop de mauvais souvenirs remontaient lentement à la surface. La dernière chose que je voulais, c’était parler famille mais ce n’était pas comme si je pouvais tirer un trait sur la vie que j’avais vécu ici. Elle avait toujours été tendre avec moi, lui refuser une faveur…

‘‘Ok, t’a gagné…J’veux bien la rencontrer au moins une fois’’

Je coupais le téléphone de manière abrupte pour ne pas en écouter plus, laissant ma main tomber a pic sur le sol. Mes yeux se fermèrent à nouveau. J’avais moins d’une heure pour trouver un moyen de ressembler à un être humain. Ce qui incluait au minimum une douche et trouver une chemise propre.

‘’…’’

D’accord, quelque chose de pas chiffonné

‘’…’’

Il allait vraiment falloir instaurer le principe de la chemise d’urgence en cas de coup dur. Je me relevais tant bien que mal, manquant de me vautrer sur le sol si je m’étais pas rattrapé in extremis a une commode. Je laissais tomber mon Tshirt puis mon pantalon au sol alors que je marchais dans le couloir pour aller me coller sous la douche. Au bout de vingt minutes je ressemblais un peu plus à un humain.

Vingt de plus pour trouver quelque chose de propre dans mes affaires. Un jean, chemise noire…Pas le temps de me raser, ni d’essayer de trouver un moyen de discipliner ma chevelure rebelle. Un petit gilet d’un costume trois pièce et j’étais partis.

Quelques minutes plus tard, j’étais dans un salon entrain de me demander si j’étais pas encore entrain de me mettre dans un merdier pas possible. Du moins jusqu’à ce que cette très jeune femme entre dans le salon. Pas vraiment ravie d’être là, visiblement un peu perdue…

‘’Un vieil ami de la famille’’

Je me levais pour lui tendre la main.

‘’ou alors je suis probablement un rapace venu profiter de la bouffe parce qu’il est trop pauvre. A moins que je ne me suis perdu et que j’ai atterris ici totalement par hasard. Probablement un peu des trois je dirais’’

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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mar 30 Juil - 22:43

En réalité, la personne assise sur le canapé dans lequel j’avais passé mes jeunes années à regarder les dessins animés était plutôt bel homme et que si j’avais su que mon père convie une telle personne à notre repas dominical, j’aurais pris un peu plus de temps pour m’apprêter. Mais après tout, je m’en foutais aussi un peu, j’aurais juste voulu éviter le mal de tête que j’avais à cette heure-ci. Je n’allais surement pas être de bonne compagnie. Mais, je me demandais toujours ce qu’il faisait par ici, enfin, nous n’avions pas l’habitude d’inviter n’importe qui à nos séance hebdomadaires d’engueulade gratuite, entre le jardinier soumis, la femme enceinte insupportable, la droguée et la pièce rapportée qui tentait de ne pas se prendre un couteau, on ne pouvait pas cacher le fait qu’il y avait de l’ambiance chaque dimanche chez les Hepburn. Les voisins se plaignaient souvent des cris dans la maison, ils avaient cas ne pas écouter, et se payer du double vitrage, je pense qu’une fois, je finirai au commissariat pour avoir énoncé ses quatre vérités à ces fils et filles de riches qui avaient toujours tout eut et qui se prenaient pour les rois du monde. J’avais envie de leur dire qu’ils n’étaient les rois de rien, nous étions à Caswell ce n’était pas Los Angeles… Et puis il y avait tous ces gens qui pensaient un jour pouvoir quitter la ville, avoir une meilleure vie, eux n’étaient pas moins insupportables, car en plus d’être des emmerdeurs de première ils étaient idiots et tout le monde savait très bien qu’il était beaucoup plus facile de se débarrasser des idiots que des personnes moyennement intelligentes. Car à Caswell il n’y avait pas de génies, sinon, la ville serait connue et personne ne voulait apparemment de ça à Caswell, surtout pas le conseil…

Sortant de mes pensées alors qu’il me tendait la main pour me la serrer je posai la mienne sur son épaule et lui fis la bise, s’il était si proche que ça de la famille, je ne voyais pas pourquoi nous nous comporterions comme des étrangers. « Oh… Etrangement je ne vous ai jamais rencontré, enfin, la famille est un sujet quelque peu compliqué par chez nous, vous devez le savoir si vous êtes si proches de ça de ma famille, enfin si l’on peut appeler ça comme ça. » Dis-je avec un léger sourire. Pas que je fasse des sous-entendus foireux, je n’étais honnêtement pas en état de jouer les pestes, en plus, mon père avait toujours dis que dans la maison, la paix devait régner… Quel hypocrite cet homme… Comment avait il réussit à séduire ma mère ? Cette femme merveilleuse, pleine de bonté, la plus belle femme que je n’avais jamais vue, intérieurement et extérieurement. Putain de maladie… Pourquoi n’avait-elle pas emportée toutes les mauvaises personnes de la ville avant elle ? Comment voulait elle que je conserve la foi après ce qu’il m’ait enlevé le plus bel ange sur cette terre ? Levant les yeux au ciel pour ne pas me laisser submerger par l’émotion je tournai le dos à l’invité pour me reprendre avant de dire un peu plus enjouée malgré mon lancinant mal de crane : « Je pense que je peux vous comprendre, je ne comprends même pas moi-même ce que je fais ici. » Oui, j’étais perdue, comme d’habitude quand j’avais la gueule de bois ou que j’avais trop pris de substances. Même en général j’étais perdue, c’était connu… Tout le monde le savait en ville, tout le monde me prenait pour folle, j’estimais qu’ils parlaient sans savoir. Je les détestais pour cela, tous sans exception. « Nous allons donc apparemment nous côtoyer au moins le temps d’un repas... » Repris je en m’approchant de la fenêtre espérant pouvoir m’échapper de cet endroit. Je ne me sentais pas bien. « Mon dieu qu’est-ce que cela ne me va pas de me la jouer polie. » Lâchai-je comme pour moi-même en laissant échapper un léger rire ironique. Je n’étais pas connue pour mon langage soutenu, ça c’était clair mais je n’étais pas non plus totalement irrespectueuse… Si ? Peut-être… « Cela ne vous dérange pas si je fume ? » Repris-je en ouvrant la fenêtre pour ne pas déranger la femme enceinte avec l’odeur de fumée. Je me souvenais bien ne plus avoir supporté l’odeur de la cigarette pendant que j’étais moi-même enceinte… Etrange pour quelque qui était accro à la nicotine depuis ses douze ans. Fouillant dans mon sac pour récupérer une cigarette je déplorai l’absence de briquet : « Putain mais qu’est-ce que j’en ai fait ? Vous n’avez pas un briquet ? » Demandai-je soudain en m’adressant pour la première fois directement à lui face à face.

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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mar 30 Juil - 23:21

Je n’étais pas l’homme le plus sociable du monde…C’était un fait, j’appréciais ma solitude et plus encore le manque de contact avec le genre humain. Si on m’avait dit il y a deux minutes encore qu’une femme rentrerait dans cette pièce et qu’elle m’embrasserait sur la joue sans la moindre gêne alors qu’elle ne me connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, j’aurais eu du mal à le croire. Plus encore à l’idée que je venais de laisser quelqu’un me toucher.

C’était assez perturbant.

Un peu comme l’idée de devoir participer a un repas dominical en famille. J’avais tué ma mère, fuit à l’autre bout de l’Amérique, j’étais rentré dans l’armée, je fuyais mon père et…Je me retrouvais maintenant orphelin dans la ville la plus conservatrice qui était. Et l’ironie de la situation voulait me faire participer à un banquet d’une famille dont je ne partageais absolument rien.

*Life is a Bitch*

Constat régulier de ma vie. Même si en l’occurrence, il était quand même assez agréable d’avoir une présence féminine un Dimanche que subir sa nuit de débauche dont je n’avais aucun souvenir. Mais bonne nouvelle, j’avais pas mal au cul, pas de nouveau tatouage et je n’étais pas sur un bateau a destination de Rio. Ou en prison a essayer de défendre ma virginité…

‘‘Disons que je n’ai pas été très présent ces derniers temps. Je suis partis il y a longtemps et pour tout avouer, je ne pensais pas vraiment rentrer un jour.’’

Dix ans de fuite pour en revenir au point de départ. La sagesse populaire de Caswell avait raison sur ce point : On fini toujours par revenir. Par un moyen ou un autre, il était impossible d’échapper à cette ville. Un triste constat pour moi et des espoirs brisés pour les autres. Si je n’étais pas au courant de mes possibilités, j’aurais pu dire qu’il y avait quelque chose de surnaturel dans cette ville. Quelque chose qu’il valait mieux éviter avant de rester pour toujours dans ce bled paumé au milieu de nulle part.

Mais retour au présent. La jeune femme avait pour lui des symptômes reconnaissables entre milles : Une gueule de bois carabinée. Visiblement, je n’étais pas le seul à vivre une vie de débauche éhonté. Je me tournais vers le mini bar pour trouver une petite bouteille d’eau fraiche.

‘‘La fatalité ne s’arrête pas à un repas. Si vous avez envie de me voir, il suffit simplement de décrocher votre téléphone. ’’

Je me rapprochais de la jeune femme prête a fumer. Elle avait assez de considération pour ouvrir la fenêtre bien qu’elle détestait visiblement sa belle mère de ce que j’avais cru comprendre. C’était étrange. Il y avait quelque chose que je ne comprenais pas vraiment…De la considération pour l’enfant innocent à naître ? Pour moi ? Alors qu’elle demandait un briquet, je lui mis la bouteille d’eau entre les mains et m’emparait de la cigarette.

‘‘Boire beaucoup d’eau fait mieux passer la gueule de bois’’

Je coinçais la cigarette entre mes lèvres…C’était un petit tour que j’avais appris d’un pote dans l’armée. J’inspirais et comme par enchantement, une braise s’activa au bout du clou de cercueil. J’en profitais pour fumer une latte avant de lui tendre la cigarette.

‘‘Je m’appelle Trent…Et t’inquiète pas pour les histoires de famille. Les Wade ne se sont pas taillés une réputation de bon voisin ni d’une famille heureuse.’’
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mer 31 Juil - 0:10

Comme ça, il avait quitté Caswell ? Cela n’arrivait pas souvent… Mais bon, il était revenu, c’était beaucoup moins étonnant. « Oh… Je vois… Cela doit être les joies de Caswell, on y vit, on y meurt, quelle saloperie cette ville… » Personnellement, je n’avais jamais pensé à quitter cette ville, j’y étais née, toute ma vie était présente dans l’enceinte de cette ville et même si parfois je voulais l’oublier ou tenter de le faire oublier, j’avais ma famille ici, j’avais surtout Eva… Mais je n’en parlerai pas, cela entrainerai surement une énième dispute et je ne voudrais pas que notre invité subisse les foudres de ma belle-mère et de mon meilleur ami qui réagissaient tous deux, toujours plutôt violemment à l’évocation de ma fille. Seul mon père donnait l’impression de me soutenir même si, comme d’habitude, il n’exposait jamais son point de vue. Il était lâche, tout l’inverse de moi qui me battais pour mes idées… Il me disait souvent que j’étais le portrait craché de ma mère, paix à son âme, j’espérais bien pour elle qu’elle n’était pas tombée aussi bas que moi… Peut-être dans sa jeunesse, dans ce cas, je pouvais avoir l’espoir de remonter un jour la pente, mais j’avais la sérieuse impression que le schéma ne se répèterait pas… Jamais ma mère n’aurait fait ce que j’ai fait, ce que je fais. Je ne souhaitais ma situation à personne, même pas à la personne que je haïssais le plus au monde, parfois je me disais que je préfèrerai mourir et puis mes pensées m’amenaient jusqu’à Eva et je savais bien que je ne pouvais pas l’abandonner, tout mais pas elle. C’était la chair de ma chair, en dehors de moi elle n’avait personne, elle était si fragile, je ne pouvais pas mourir en la laissant là, dans ce monde trop violent pour elle. Je savais ce que cela faisait de perdre une mère, je refusais qu’elle vive la même chose que moi.

Plongeant mes yeux dans le reflet du feu qui était allumé dans la cheminée, réchauffant légèrement la demeure dans laquelle l’atmosphère restait tout de même plutôt glaciale vu les personnes qui se trouvaient de l’autre côté de la maison, je soupirai doucement. J’entendais déjà la discussion entre ma belle-mère et mon meilleur ami, ils étaient toujours en train de comploter contre moi, comme si j’étais folle et qu’ils préparaient le fait de m’enfermer à l’asile… Pourtant, lui, avait toujours été de mon côté, pourquoi cela changeait il à chaque fois qu’il entrait dans cette maison ? C’était surement le venin de la blonde qui lui faisait tourner la tête, si elle le touchait, rien qu’un cheveu, je lui ferai avaler ses implants mammaires... J’étais tout de même très possessive même si nous n’étions vraiment pas en couple… Malgré les baisers et les câlins, nous restions amis… Sa phrase m’arracha un sourire, haussant les épaules je répondis : « Nous verrons cela à la fin du repas, pour voir si vous voulez réellement côtoyer la fille folle des Hepburn ! » Puisque généralement les gens partaient en courant après avoir passé un repas avec la famille… Me retrouvant avec la bouteille d’eau dans les mains, délestée de ma cigarette sans que mon cerveau en sale état ne puisse avoir le temps de  comprendre ce qu’il se passait je m’appuyai contre le mur avant d’en boire quelques gorgées. Je savais bien que c’était quelque chose qui ne pouvait faire que du bien mais je pense que je m’étais habituée à ne pas me sentir bien après une soirée pendant laquelle j’avais fait trop d’excès… Peut-être voulais-je me punir moi-même sans même m’en rendre compte, seul le temps le dira… « Vous avez l’air de vous y connaitre, habitué de l’état ? » Demandai-je en haussant un sourcil l’observant du coin de l’œil. Faisant un léger sourire je remarquai qu’il avait l’air fatigué et que ses sourcils étaient froncés dénotant une indisposition certaine à la lumière synonyme de gueule de bois, comme moi. « Je dirais même… Gueule de bois actuellement ? Tant mieux je me sentirai surement moins seule… »  Il serait surement le seul à comprendre que les éclats de voix n’étaient pas pour moi aujourd’hui…

Finalement, il se présenta, pendant que je tirai une latte sur la cigarette qu’il m’avait rendue. J’avais observé la manière dont il l’avait allumée et étais plutôt surprise… « Comment faites-vous ça ? » Demandai-je en montrant le bout de ma cigarette, faisant tomber la cendre sur l’herbe de l’autre côté de la fenêtre je déposai la bouteille d’eau, à peine entamée, sur le rebord de cette dernière avant de dire simplement : « Je suis Lula, enfin mon père m’appellera Diana mais il n’a toujours pas compris que seule maman avait le droit de m’appeler ainsi… Je m’égare… » Secouant la tête, déclenchant une nouvelle douleur je tiquai sur le fait que sa famille n’était pas particulièrement appréciée non plus en ville, intéressant, dommage pour eux, même triste pour eux, mais intéressant, parce que je finissais par me sentir seule à être mise à l’écart à cause de mon nom : « Nous avons donc plus de points communs que j’aurais pu le croire… » Finis je simplement en lui proposant ma cigarette.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mer 31 Juil - 12:34

Je n’y avais jamais vraiment fait attention avant. Il avait fallut que je vive bien des choses et devenir journaliste pour prendre conscience que les mots n’étaient pas uniquement des lettres vides de sens. De ces expressions que l’on pouvait utiliser tout les jours, servant à combler le vide de certaines conversations. Leurs utilisations répétées faisaient que bien souvent on oubliait…

‘‘Oui…On y meurt’’

…Mon père, ma mère et s’il y avait véritablement quelque chose de suspect, il y avait fort à parier que je ne vivrais pas assez longtemps pour offrir un héritier au nom des Wade. Une glorieuse famille de pêcheur, de militaire et probablement de bandits qui s’éteindraient. L’histoire de Caswell serait orpheline d’une vieille famille qui n’était ni reconnu, ni glorieuse.

‘‘Caswell ne me manquait pas vraiment à vrai dire. J’avais enfin réussi à pas mal de truc en partant, je n’avais plus à reprendre l’entreprise de mon père, plus de vieilles bigotes me surveillant dès que je faisais un pas dehors et j’avais enfin le câble. Je parle pas non plus de pouvoir inviter qui je voulais et m’envoyer en l’air sans que cela suscite un scandale. ’’

Je haussais un sourcil

‘‘J’ai déjà parlé des chaînes porno gratuite et d’avoir un vrai Starbuck en bas de chez soit ?’’

Je me retournais pour aller chercher autre chose dans le minibar. Combattre le mal par le mal aurait pu être l’un de mes principes. Ou juste dire que je persistais souvent dans la connerie ou que je prenais un malin plaisir à détruire ma vie. En d’autres termes un sacré masochiste et je ne pouvais pas donner tord à cette pensée. Après tout, j’étais revenu a Caswell…Même avec toutes les meilleures excuses du monde, c’était définitivement la pire décision que j’avais prise dans ma vie. Ma seule consolation c’était de me dire que ce ne serait certainement pas la dernière.

‘‘Un grand homme a dit un jour que le fou est un homme atteint d’un haut degré d’indépendance intellectuelle. Quelqu’un qui ne se conforme pas aux standards de la pensée, de la parole et de l’action déterminé par des intellectuels à partir de l’observation d’eux même…Différant bien souvent de la majorité et donc inhabituelle. Il a remarqué que les gens que l’on déclare fou le sont pas des autorités qui n’ont pas à apporter la preuve qu’elles sont elles-mêmes parfaitement saine’’

Si une chose était certaine, c’était que je n’étais pas l’homme le plus sain d’esprit qu’on pouvait trouver. Peut être même à l’échelle de cette ville. Sans parler de tout ce que j’avais pu voir, j’étais toujours sujet à ces psychoses étranges. Niveau normalité, je pouvais repasser.

Marrant

De toute les reconversions auxquelles j’avais pensé, je ne m’étais jamais dis que psychologue serait certainement un métier d’avenir dans cette ville. J’attrapais une bière avant de la reposer quand elle parla de ma gueule de bois carabinée. Je la reposais finalement. La manière dont elle en parlait laissait supposer qu’elle ne touchait pas qu’à l’alcool…C’était nettement plus grave que ce que j’avais imaginé ? Drogue ? Médicament ? Elle n’était définitivement pas bien dans sa vie mais n’avait jamais pensé a fuir cet endroit. Qu’est ce qui l’obligeait à rester finalement ici ? A quoi était elle enchainée ?

‘‘J’ai été militaire il y a pas si longtemps. Les seules manières que nous avions pour nous amuser impliquait bien souvent soit une bouteille, soit un magazine de playboy vieux de quatre ans. Forcement ça limite et certaines habitudes ont la vie dure ’’

Je fis de nouveau quelques pas vers elle, regardant à nouveau le salon avant de me rendre compte qu’elle me tendait sa cigarette. Je l’attrapais entre mes doigts avant de la porter à mes lèvres.

‘‘Je m’appelle Trent…Et je n’ais pas vraiment de surnom. Mais si tu en trouve un qui te plait, tu peux toujours te faire plaisir ’’
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mer 31 Juil - 13:23

Alors qu’il m’énonçait tout ce qu’il avait gagné en quittant Caswell je ne pus m’empêcher de me perdre dans mes pensées. Ailleurs, je pourrai tout recommencer à zéro, trouver un vrai métier et pas un qui puisse passer pour de l’esclavagisme humain, pas un où mon corps serait mon seul instrument de travail, je me mettais à rêver à nouveau des hauteurs des sphères juridiques… Je pourrai prendre un petit boulot dans un restaurant et commencer des études de droit, me sortir du cercle infernal de la drogue et de l’alcool… Sans les dettes et les fins de mois difficiles…  Mais c’était impossible, j’étais persuadée que je ne pourrais pas m’en sortir, j’avais finis par m’habituer à l’idée que je finirai ma vie à Caswell, continuant surement à tapiner alors que mon corps n’attirerait plus personne, je mourrai d’une overdose au milieu de mon salon miteux après être tombée épuisée par la faim sur un canapé défoncé… Ce n’était pas joyeux, mais je me doutais bien qu’il n’y avait plus que ça qui m’attendait dans les années à venir et même si c’était une image plutôt pessimiste. « Les joies du monde extérieur n’est-ce pas ? Je n’ai jamais eus droit à une telle liberté, mais on va dire que j’ai finis par m’accommoder de tout cela… Il faut se contenter de ce qu’on a me disait tout le temps ma mère,  même si on a presque plus rien. » Répondis-je platement. Oui, les vieilles bigotes qui épiaient les moindres faits et gestes des habitants de la ville, je connaissais plus que trop bien, j’en avais surtout fais les frais de nombreuses fois, le fait ne pas pouvoir s’envoyer en l’air avec n’importe qui correspondait d’ailleurs parfaitement à ma situation actuelle… Ma réputation de fille facile n’était plus à faire, tout le monde se doutait bien, sans toutefois le dire tout haut, que Lula Hepburn faisait le trottoir presque tous les soirs…  Sortant de mes pensées, je me retournai vers lui avant de reprendre : « Mais vous êtes à nouveau là… C’est étrange n’est-ce pas ? Y a-t-il une raison particulière ? » C’était pareil pour toutes les personnes qui tentaient de quitter la ville, quelque chose les ramenait tout aussi rapidement ici… « Je suis peut être très indiscrète… Si c’est le cas, je m’en excuse… » Repris-je soudain un éclair de bon sens s’allumant dans mon esprit. Il n’avait surement pas envie de raconter sa vie à  une gamine qu’il ne connaissait pas depuis plus de cinq minutes.

Son discours sur la folie me laissa perplexe, surtout parce que je n’avais pas réussis à en suive l’intégralité. Il avait des réflexions bien trop profondes pour moi qui arrivais à peine à garder les yeux ouverts. « Je vais devoir avouer que ma tête me fait trop mal pour que j’ai pu comprendre la totalité de votre discours, mais vous devez avoir raison… » Répondis-je en faisant un léger sourire comme plutôt désolée. Beaucoup seraient étonnés de me voir si calme et presque polie, ils avaient plutôt l’habitude de la furie haineuse et qui parlait en utilisant plus d’insultes que de  mots normaux dans ses phrases. Par la suite, il m’expliqua qu’il avait été militaire, le plus beau métier au monde d’après moi. Servir son pays, si j’avais été un homme, je n’aurais jamais hésité à m’engager, même si les femmes étaient désormais acceptées dans l’armée, je devais être un peu vieux jeu encore… Je ne me voyais pas, moi, toute fluette, protéger mon pays, je ne ferais surement pas long feu… « Vous avez donc servis notre pays ? Quelle belle vocation ! » M’exclamai-je impressionnée.  Alors que je lui avais donné ma cigarette je jetai un coup d’œil à l’autre pièce, mon père, ma belle-mère et mon meilleur ami étaient assis à la table de la cuisine et discutaient à voix basse. Serrant les poings agacée par leurs cachoteries je gardai pourtant mon calme, respirant le plus calmement possible et dis, aussi enjouée que possible : « Je n’hésiterai pas à en trouver un,  une fois que mes capacités mentales ne se limiteront pas à celles d’un fœtus. » Un fœtus totalement stone tant qu’à y être… Mais je n’allais pas énoncer mes problèmes de drogue devant lui, qui savait s’il n’allait pas me dénoncer aux policiers ? J’avais fait une promesse sur l’honneur que je décrocherai la dernière fois que j’avais été arrêtée, ils seraient surement ravis de m’envoyer en cellule s’ils me recroisaient totalement défoncée, ce n’était pas pour rien que j’évitais les poulets autant que je le pouvais, avec leur vie bien rangée il ne pouvait pas comprendre ce qui pouvait nous pousser, nous, drogués, dans un tel état. Comprenant que dans mon état, il avait raison et que l’eau ne pourrait que me faire du bien, j’en bu quelques gorgées de plus veillant à ne pas faire tomber la bouteille en la reposant, maladroite comme j’étais, c’était un miracle si je n’avais toujours pas cassé quelque chose.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Jeu 1 Aoû - 0:14

On pouvait pas vraiment dire que j’étais un spécialiste de la psyché féminine.

La plupart des femmes étaient hors de la portée de ma maigre compréhension de la chose. Je n’étais pas quelqu’un de très sociable à la base après tout. Mais là, cette femme battait tous les records. Cette question tournait sans cesse dans son esprit. Pourquoi ? Pourquoi s’acharnait-elle à rester ici ? Elle détestait visiblement sa famille et elle semblait tout faire pour fuir la réalité à coup d’alcool…Ou avec autre chose…

‘‘Si j’ai bien appris quelque chose, c’est que se contenter de ce que l’on a…C’est pas vraiment vivre. ’’

Je me penchais un peu sur elle pour attraper la bouteille d’eau et en prendre une lampée

‘‘Il faut savoir l’enrichir. Voir d’autres choses, d’autres gens. ’’

C’était une des raisons pour lesquelles je rêvais de partir. Je voulais définitivement voir autre chose. Faire autre chose de ma vie que de rester coincé et sans avenir dans une ville mourante. Je soupirais sans le vouloir avant d’être surprit par la question suivante. La question de mon retour inopiné qui n’avait pas manqué de surprendre tout le monde. Moi en tête de liste.

J’eu un sourire affecté. Je ne voulais pas vraiment répondre à cette question qui en aurait entrainé bien des autres. Je n’avais vraiment pas envie d’en parler…Mon oncle, les flics, les voisins. C’était la dernière chose que je voulais faire. Dans le même temps, si je voulais qu’elle s’ouvre un minimum, il fallait nécessairement que je fasse quelques concessions. Elle était mal en point et je ne pouvais pas vraiment la laisser dans cet état.

‘‘Disons...Que je suis le dernier membre de ma famille actuellement en vie. ’’

Je me rabattis sur la clope, laissant un nuage de nicotine emporter une partie de mes sentiments contraires sur la question. Je m’amusais de la voir galérer plus que moi sur les questions philosophique et la laissait reprendre son souffle. Quelque part, j’étais assez inquiet de son état de santé. Peut être savait elle titillé mon instinct protecteur avec brio. Elle semblait si faible et désemparée en cet instant que s’en était presque insupportable pour moi.

‘‘Et oui j’ai servis dans l’armée. Je sais pas si on peut dire que c’est une belle vocation. J’ai fais des choses que je ne pensais pas possible…Et j’ai rapidement appris qu’il n’y avait aucune gloire a mourir dans le désert a plus de 10.000 kilomètres de sa maison. On veut juste rentrer en vie. Survivre un jour de plus et on est prêt a tout pour cela. ’’

Je détournais la tête pour ne pas la regarder dans les yeux en disant cela. Il suffisait pour moi de l’évoquer pour entendre le bruit des rafales d’arme automatique. Les râles des mourants. Les pleurs des femmes et des hommes perdant un frère ou un fils. Mes yeux se posèrent sur la belle mère me faisant signe que la table était mise. J’écrasais la cigarette dans un coin avant de tendre la main a Lula.

‘‘Au moins pour ce repas, tu aura une agréable compagnie. Un dimanche presque pas infernal…C’est ce que j’appelle enrichir un peu sa vie ’’

Je l’aidais a se lever, la tirant un peu trop fort sans le vouloir. Nos deux visages proche l’un de l’autre l’espace d’une minute.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Jeu 1 Aoû - 1:04

« Vivre… » Ce mot sonnait comme un songe dans mes oreilles… « Plutôt survivre, nous sommes à Caswell il ne faut pas non plus l’oublier… Mais, je n’ai plus les moyens de me permettre d’avoir plus, le passage à la vie d’adulte n’a pas été des plus faciles, j’ai l’impression d’en payer encore aujourd’hui le prix. » Je m’égarais dans mes réflexions, je pensais tout haut et j’eus l’espace de quelques secondes peur d’en avoir trop dis, d’avoir un peu trop émietté ma situation dans la vie actuellement, qui était loin d’être glorieuse. « Mais vous ne devez pas avoir que ça à faire d’entendre mes plaintes… D’autres sont beaucoup plus à plaindre que moi… » Repris je rapidement comme pour clore le sujet. Lorsqu’il me répondit, je m’en voulu encore plus d’avoir posé la question, comme d’habitude, je mettais les pieds dans le plat, cela devenait une habitude, je n’aimais pas ça. Surtout que je savais ce que la perte d’un être cher… « Oh… Je suis désolée… » Dis-je en baissant les yeux vers mes chaussures, un peu honteuse. C’était toujours la même réaction, personne ne savait quoi dire, ou presque personne, et j’avais toujours été plutôt maladroite avec mes mots dans l’émotion. « J’ai perdu ma mère aussi… Je ne peux pas me permettre de dire que je comprends, j’ai encore mon père, et ma fille, et mon meilleur ami, je ne suis pas seule… » Parce que pour moi, le plus dur était de supporter la solitude, ou plutôt l’absence, je n’avais pas réussis à rester seule plus de quelques minutes pendant des semaines après la mort de ma mère, j’avais bien trop peur que si je les quittais, eux aussi finiraient par mourir, que cela soit mon meilleur ami ou un vendeur de chaussures, le deuil ne m’allait pas bien au teint, j’étais devenue dépendante. A la présence des gens et à la drogue, presque en même temps… « Si vous avez besoin de compagnie, n’hésitez pas à m’appeler… » Cette phrase résonnait bizarrement dans mon esprit, cela me rappelait la phrase que je susurrais, aguicheuse, à l’oreille de mes potentiels clients… Alors que là, c’était totalement désintéressé, juste pour être gentille. Après, s’il n’en avait pas envie, j’accepterais, je n’allais pas non plus le déranger. Je remarquai quelques secondes après que j’avais énoncé ma fille, heureusement que les autres ne m’avaient pas entendue, ils ne pourraient s’empêcher de faire une réflexion désobligeante et je n’avais pas que ça à faire. Je ne voulais pas non plus être discrédité face à Trent.

Le sujet de l’armée ne m’aida pas à me refaire, je n’avais pas envisagé qu’elles étaient les conséquences de partir au combat, je n’avais pas pensé aux morts, aux blessés, à toutes les choses horribles que les médias taisaient plus qu’autre chose… Ne trouvant pas les mots pour m’excusant encore une fois je me contentai de rester un peu pragmatique malgré mon envie de dégager une émotion : « Cela ne doit pas être facile, j’en conviens… A tous ceux qui n’en sont pas revenu… Paix à leur âme… » Dis-je doucement en levant la bouteille d’eau comme j’aurais pu lever mon premier verre d’alcool dans la soirée d’hier le temps de porter un toast. Avec de l’eau cela n’avait pas la même classe, mais c’était bien moins dur pour le réveil du jour d’après. J’entendis les pas de ma belle-mère s’approcher et d’un signe elle nous invita à rejoindre la salle à manger, trop aimable à elle, elle ne désirait pas gâcher sa salive pour moi, tant mieux, je ne le voulais pas non plus. Faisant un léger sourire à ses paroles je répondis rapidement avant de prendre sa main : « Oui, j’espère que tu m’excuseras ma possible crise de colère, tous ont la fâcheuse manie de me mettre hors de moi, et quand ils sont tous ensemble, j’ai l’impression que c’est encore pire. Fourbes qu’ils sont tous les trois. » Je n’avais pas bien apprécié sa force et lorsqu’il me releva je me retrouvai presque collée à lui, la main sur son épaule, le visage à quelques centimètres du sien. Surprise je restai stoïque quelques dixièmes de seconde avant lâcher un « Merci » déposant une bise au coin de ses lèvres sans vraiment le faire exprès. M’écartant rapidement de lui par la suite, un peu gênée je repris : « Allons-y, sinon je vais encore avoir à subir les foudres de la future maman. » Je ne pouvais m’empêcher d’avoir une légère pointe d’amertume dans la voix, lorsque j’étais moi-même enceinte, personne ne faisait vraiment attention à moi, sauf le père d’Eva, mon meilleur ami, mon frère, mais lui n’avait pas vraiment le choix vu que j’habitais presque à temps plein dans sa demeure… D’ailleurs, j’avais presque oublié qu’il était là et lorsque je le trouvai assis à table je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils quelques secondes avant d’aller m’asseoir face à lui laissant Trent choisir la place qui lui plairait.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Jeu 1 Aoû - 19:04

La jeunesse de Caswell devait tous passer par là à un moment ou à un autre. Le sentiment d’être coincé dans une spirale infernale qu’on pouvait soit accepter, soit essayer de combattre. La seconde solution était probablement la plus cruel car au final on se rendait compte qu’on ne pouvait échapper à l’influence de cette ville. A vrai dire, je commençais presque à croire à l’existence du destin depuis peu.

‘‘Tout le monde a droit à une seconde chance…Tout le monde a droit à un second départ dans la vie.’’

Ce n’était pas que des mots en l’air. J’y croyais parce que je l’avais fais. J’avais pris un bus en direction de nulle part et j’avais réussi à fuir pendant une dizaine d’année. Si j’étais aujourd’hui dans ce salon entrain de consoler une jeune femme un peu paumé qui passait par les mêmes épreuves que moi il y a quelque année. Dans un élan de sympathie, je passais ma main dans les cheveux. Une manière de lui faire sentir que je ne lui en voulais pas.

La voir s’excuser me suffisait même si j’en avais pas vraiment besoin. Je m’attendais pas vraiment à être comprit un jour. D’ailleurs, je n’en n’avais aucun désir. Tout ce que je voulais, c’était la vérité.

‘‘Il n’y a pas a être désolé. Je n’étais pas vraiment en bon terme avec ma famille de toute manière. Probablement parce qu’on se ressemblait trop. Quand à l’armée…Là aussi la plupart des mecs que je connaissais et qui y sont restés étaient des trous du cul qui frappaient leurs femmes. Je déteste les brutes.’’

Par contre je ne disais pas non à réconforter les veuves. Non la seule chose qui m’avait marqué c’était de tuer un homme pour la première fois. Ramasser les cadavres. Survivre psychologiquement à une attaque sur le camp en se demandant si la prochaine roquette serait pour vous. Enfin bref, il était toujours bon d’oublier ce genre de chose, même si cela vous poursuivait toujours quelque part. Plus qu’a espérer que je ne transforme pas une partie de Caswell en champs de bataille sous le coup du stress.

Je notais néanmoins qu’elle parlait d’une enfant. C’était étrange car je n’avais vu personne d’autre dans la maison. L’avait elle laissée chez elle ? Jouait elle chez une amie ? Ca pouvait se comprendre, n’importe quel enfant détesterait d’être contrainte a quelque chose d’aussi long et barbant que ce genre de réunion. Par contre aucune mention d’un quelconque mari…Décédé ? Divorcé ? Disparut ? C’était peut être pour cela qu’elle avait fait venir son meilleur ami mais dans ce cas pourquoi m’avait on demandé de venir veiller sur elle ?

Quelque chose clochait, mon instinct me susurrait de faire attention aux apparences. Assez facile de dire quand on avait aucun indice sur ce qu’on cherchait. Tout me paraissait assez banal même si c’était un triste constat que j’avais sous les yeux.

‘‘Merci pour la compagnie. Je suis assez occupé à vrai dire, j’ai pas vraiment le temps de penser à grand-chose…Mais si tu veux discuter ou simplement disparaitre pour respirer cinq minute, j’ai une maison sur le port. Un peu a l’écart de tout et surtout des voisins’’

Je sortis une carte de visite de la poche arrière de mon pantalon. J’y rajoutais rapidement mon numéro personnel et mon adresse avec un plan sommaire au recto avant de lui tendre…Et me rendre compte qu’elle n’avait pas vraiment de poche. Je la glissais malicieusement dans le débardeur.

‘‘Tu n’aura pas d’excuse pour ne pas me trouver si tu as besoin d’aide…Et pas de soucis pour les crises. Je suis de ton côté, tu n’aura pas a t’inquiéter de cela. J’peux toujours garder un œil sur toi si tu veux’’

C’était légèrement grossier venant de ma part. J’aurais apprécié plus de finesse mais a vrai dire, rien ne me venait. De toute manière, l’heure n’était pas à la finesse quand un mal de crâne est au pas de votre porte. Je fus médusé du baiser qu’elle m’offrit. Un baiser qui n’en n’était pas un…Rien de clair…Quelque chose d’indéfinissable et qui réussissait à cacher les intentions qu’il y avait derrière.

Je la suivis en hochant bêtement de la tête. Cherchant a m’assoir, la belle mère m’indiqua d’un coup d’œil discret la place juste à côté de Lula…Je n’étais pas vraiment certain mais…Je pris une inspiration et me collait à côté d’elle. Toujours un peu troublé, j’écoutais d’une oreille distraite ce qui ce disait, regardant du coin de l’œil la jeune femme à côté de moi, une main sur ma cuisse et l’autre soutenant ma tête.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Jeu 1 Aoû - 21:45

Alors qu’il passa une main dans mes cheveux je ne pus m’empêcher de rougir légèrement. Je n’avais pas l’habitude de telles marques d’affection de la part d’une personne que je connaissais à peine et me retrouvai un peu gênée. Mais je ne le montrai pas, c’était un geste normal pour la plus part des personnes, il n’y avait que moi qui avait du mal avec le contact physique parfois, surtout lorsque l’on me prenait par surprise ainsi. Mais, en plus de ça, ses paroles aussi me surprirent tout autant. Une deuxième chance, parlait il d’expérience ? J’avais bien peur, personnellement de ne pas réussir à attraper ma seconde chance, un wagon de ma vie avait déjà filé devant moi, le second s’amorçait dangereusement et je n’étais vraiment pas en état de prendre le train en marche, échouée sur le bas-côté, comme la fille perdue que j’étais je ne pouvais m’empêcher d’être envieuse de voir qu’il avait apparemment réussis à se refaire. Je ne savais pas jusqu’où il était tombé lorsqu’il était dans la même situation que moi mais j’avais l’espoir de pouvoir faire de même, de réussir à vivre ma vie comme je l’entendais et non comme elle me tombait dans les bras. Comme cette vie de souffrance et de débauche m’était tombée dans les bras. J’aurais voulu l’envoyer balader, la lâcher, tout lâcher et me remettre à la recherche de mon idéal… Mais quel était, au fond mon idéal ? Je n’en avais même aucune idée… « J’aimerais bien que tu aies raison dans mon cas… » Dis-je simplement soupirant.

Son discours sur sa famille me laissai songeuse, il n’était pas en bon rapport avec sa famille, encore un point commun qui nous rapprochait… J’étais étonnée de ne jamais l’avoir rencontré avant aujourd’hui, et ce même s’il avait quitté la ville pour un moment…  Peut-être avant, quand j’étais gamine, nos familles peu appréciées dans la ville auraient pu se connaitre. J’étais un peu perdue. Et la suite de ses paroles concernant l’armée et les hommes qui y avaient péris : « Des brutes… » Dis-je dans un soupir, les yeux perdus dans le feu de la cheminée. Je me plongeai dans mes pensées, des brutes qui frappaient leur femme, ces mêmes brutes qui les trompaient et qui frappaient la prostituée qu’ils avaient payée. C’était monnaie courante quand on faisait le trottoir. Les hommes qui avaient un peu trop abusé sur la bouteille et qui ne trouvaient pour seul moyen de se défouler de taper sur une fille à peine, ou pas majeure à mes débuts. Les séquelles que j’en gardais, physiques pendant quelques jours mais psychologiques plutôt indéfiniment. Aujourd’hui encore j’avais du mal à supporter les mouvements des hommes en ma direction, par peur des représailles envers ma personne.  Mais cela faisait tellement longtemps, j’avais l’impression que cela faisait une éternité que je tapinais, que je sentais chaque soir leurs mains poisseuses d’alcool sur ma peau, depuis ce qui devait être mes dix-huit ans, s’ils savaient tout ce que je savais sur eux, peut être me tiendraient-il un peu en considération, en y pensant, je pouvais gâcher leur vie entière en quelques mots.

Lorsqu’il glissa sa carte de visite dans mon débardeur je me mordis la lèvre pour ne pas avoir un mouvement de recul. Je ne voulais pas qu’il voit que j’avais peur, je ne voulais pas qu’il sache, au fond, j’espérais qu’il ne saurait jamais. Parce que c’était presque la seule personne qui ne me regardait pas comme la trainée que j’étais, qui ne me regardait pas comme elle regarderait une personne toute droite sortie des égouts. Avec pitié mais surtout, avec dégout… Cela faisait beaucoup de bien de voir autre chose dans un regard. Si bien que lorsqu’il me proposa de venir lui rentre visite si je le voulais je retrouvai un léger sourire avant de répondre « C’est gentil, j’y penserai, si mon boulot et Eva me laissent un peu de temps libre.. » Je voulais être polie, j’avais envie d’aller le voir un jour ou l’autre mais j’avais peur que s’il me rencontrait trop souvent, il finirait par savoir. Garder les secrets ce n’était pas mon truc mais je voulais faire une exception pour lui. Tenter de rester une fille, normale à ses yeux et pas une trainée… Lorsqu’il me proposa de garder un œil sur moi je passai par différents stades d’émotion, la gratitude, puis l’inquiétude et enfin la peur. S’il me suivait, il me trouverait avec un client, ou même avec des clients et du coup il connaitrait mon secret… Si on pouvait appeler ça un secret… « C’est une proposition que j’apprécie, mais, non, je ne préfère pas si cela ne te dérange pas… » Répondis-je simplement avant de rejoindre la salle à manger, un peu perdue, à la fois par rapport au semblant de baiser que je venais de lui donner et à la conversation que nous venions d’avoir. Alors, m’asseyant je posai ma main sur la table, arrivant presque à toucher les doigts de mon meilleur ami  de l’autre côté de la table et laissai la conversation se faire tentant de faire s’endormir du mieux que je pouvais mon mal de tête. Soudain, un mot, je ne sais même plus lequel retint mon attention et je me redressai brusquement, donnant un coup de genou dans la table et faisant se renverser un verre : « Merde ! » M’exclamai-je en me relevant soudainement sous le regard accusateur de ma belle-mère. « Quoi ? Ça arrive à tout le monde ! » M’exclamai-je mauvaise en rejoignant la cuisine pour récupérer une éponge.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Jeu 1 Aoû - 23:07

Il n’y avait plus de doute possible…Il y avait définitivement quelque chose. Ce n’était pas seulement un traumatisme d’un lointain passé ou la haine envers son père qui la poussait a boire. Il y avait quelque chose de bien ancré dans le présent qui la poussait vers la solitude.

Pourquoi j’en étais persuadé ?

Il suffisait que je me regarde dans le miroir tout les jours. La manière dont j’empêchais les gens de venir se mêler de mes affaires. Trouver des excuses pour qu’ils regardent ailleurs. L’alcool pour stabiliser un esprit malade, prêt à se briser au moindre incident. En la voyant réagir sur le mot brute…Je me demandais si c’était une histoire de femme battue. Mais cela ne collait pas avec l’absence du Mari. Le meilleur ami peut être ? Peut être étaient ils plus que des amis après tout et cela expliquerait pourquoi il se trouvait ici aujourd’hui.

Oui, cela n’aurait pas été si étonnant que cela et devant l’inaction du père, c’était à moi de mettre les poings sur les I ? C’était loin de me déranger. J’avais fais bien pire et j’en n’éprouvais pas vraiment de remords. Mais avant de faire une connerie, je devais être certain de ce que j’allais faire…Et cela commençait pas ne pas se laisser faire par Lula…Je devais la sortir de son univers pour l’obliger à parler…Et après seulement on commencerait à s’amuser.

Je n’écoutais que d’une oreille ce qui était entrain de se dire jusqu’à ce que l’amie de ma mère n’en vienne a essayer de me faire parler.

‘‘Non, je suis rentré il y a quelques mois…J’ai été pas mal occupé a essayer de retrouver un job rapidement. Mon père a laissé pas mal de dette derrière lui concernant le bateau…On l’a récupéré au large il y a trois semaines sans aucune trace de lui’’

Comment plomber l’ambiance en moins d’une minute mais bizarrement je remarquais la manière que cette femme avait de s’inquiéter pour mon paternel. Est-ce que j’avais manqué un chapitre ? Je pouvais pas vraiment en vouloir au vieux briscard d’avoir eu une aventure plus tard…Mais je l’imaginais mal s’adonner à ce genre de chose juste pour le plaisir. Est-ce que je devais en conclure qu’il ne c’était jamais rien passé et qu’au final elle le regrettait ? C’était peut être pour cela qu’elle tenait autant a me revoir. Les problèmes de la belle fille n’était qu’une excuse ?

J’eu un frisson en me disant que je ne préférais pas.

Je sentais poindre le regard du meilleur ami sur moi…A bien le regarder, il n’avait pas grand-chose pour lui. Le mec banal d’une petite ville…Le genre de mec sans avenir dont le principal souci s’arrêtait à choisir sa cravate tout les matins. Sans avenir, sans ambition et prêt a tout pour garder sa petite vie telle qu’elle était : réglée comme un métronome.

‘‘Euh oui…J’ai été blessé plusieurs fois mais c’était surtout à l’entrainement. Deux fois par balle, une autre fois on a essayé de me tuer avec un couteau mais le pire ca reste un attentat suicide. J’ai plongé pour protéger une petite fille. J’ai absorbé la plupart du choc et du shrapnel mais elle est quand même morte dans mes bras’’

Une histoire triste qui m’avait valu les honneurs…Mais qui vous hante encore des années plus tard. Surtout dans vos cauchemars…Depuis mon retour a Caswell, j’étais terrorisé a l’idée qu’elle revienne sous la forme d’une illusion. Je ne savais pas si j’étais capable d’affronter cette épreuve. L’aveu de mon impuissance. Je fus soudainement surpris par la réaction de Lula qui renversa son vin en partie sur la table et sur mon pantalon. Je pouvais pas vraiment lui en vouloir…Elle qui avait une petite fille.

Te dérange pas, je vais aller’’

Je me levais et partit à la suite de la jeune femme. Je la laissais tranquille le temps qu’elle se reprenne, mouillant un chiffon pour tamponner mon jean.

‘‘Je suis désolé si je t’ai choqué. C’était pas vraiment mon intention, j’aurais du y penser avant d’en dire plus ’’


C’était pas dans mes manières non plus de m’excuser. Je levais mon regard sur la brunette avant de reprendre avec un léger sourire.

‘‘J’ai pas eu une vie très glorieuse et j’ai fais pas mal de truc dont je suis pas vraiment fiert. Enfin c’est pour dire que je suis pas dans la meilleure situation pour te juger…Mais je veux juste que tu sache que si tu as besoin de protection, je suis pas le genre de type qui déteste qu’on s’en prenne a une femme. Je suis pas tendre avec les connards et je sais m’imposer…S’il t’arrive quoique ce soit ou même si tu as peur…J’espère que tu saura quoi faire…ok ?’’
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Jeu 1 Aoû - 23:50

Arrivée dans la cuisine je m’appuyai contre le plan de travail, tremblante sur mes talons hauts comme en manque de ma dose. Mais cette fois ce n’était pas ça, la mort de cette petite fille, l’histoire qu’il racontait, faisait remonter en moi des souvenirs auxquels je ne voulais pas penser, que j’essayais de plonger au fond de moi à jamais. Son petit corps froid, ses yeux clos, sa respiration inexistante et ses bras ballants, rien n’y faisait, elle ne se réveillait pas. J’avais beau crier, du plus fort que je le pouvais, elle ne se réveillait pas, je pleurais mais elle ne revenait pas. Les images des mois durant lesquels elle illuminé toutes mes journées malgré le travail difficile et la vie pas tout rose. Ma Eva était partie… Comme ma mère, elle était partie. Jamais je n’aurais dû la laisser seule cette nuit-là, comme d’habitude, c’était parce que je n’étais pas là qu’elle était morte, comme ma mère était morte parce que je n’avais pas réussis à payer son traitement… Eva était morte parce que je ne l’avais pas entendue pleurer, elle s’était étouffée dans son sommeil et c’était de ma faute… Je me souvenais maintenant et je comprenais que toute ma vie depuis un an n’était qu’un sombre mensonge. Je me sentais brisée, totalement brisée, comme si tout en moi avait disparu, j’avais l’impression d’avoir déjà ressentis cette sensation et pourtant, cela paraissait encore une fois totalement nouveau pour moi. Mais, lorsque Trent brisa le silence, entrant dans la pièce pour enlever la tache de vin que j’avais fait sur son pantalon, j’oubliais à nouveau, la seule chose à laquelle je pensais étant que cela aurait pu être Eva à la place de cette gamine… Et j’étais surprise que cela réussisse à me faucher les jambes ici.

Le silence resta pesant pendant quelques dizaines de secondes pendant lesquelles je tentais de me remettre et de ne pas tourner de l’œil en plein milieu de la cuisine, finalement, il prit la parole, s’excusant de ses paroles. Secouant la tête, m’appuyant encore plus contre le meuble pour ne pas tomber je dis doucement : « Ce n’est pas grave, ce n’est pas ta faute, tu ne pouvais pas savoir. » Il ne pouvait pas savoir que cela me ferait autant d’effet, il ne pouvait pas savoir que j’étais aussi mordue de ma fille et de tout c qui s’y rapprochais. Je me demandais si c’était normal au fond, d’être aussi dépendante, mais j’avais l’habitude, j’étais dépendante de chaque personne, chaque substance que je croisais dans ma minable existence. Jetant un coup d’œil vers lui je fis une moue plutôt gênée de voir la tâche que j’avais faite sur son pantalon et repris : « Je suis désolée pour ton pantalon… Ce putain de vin partira difficile, en plus… Je te rembourserai le pressing… » Même si je n’avais surement pas de quoi payer le pressing actuellement, je me débrouillerai, je me débrouillais toujours après tout, plus ou moins bien, plutôt moins mais au moins j’étais là… Pas comme ma mère, pas comme cette petite fille morte dans ses bras… Je tremblais à nouveau, à ce moment-là, j’aurais surement pris une ligne ou un joint pour me calmer, mais je ne pouvais pas, ma belle-mère m’enverrai surement chez les flics, Trent ferait peut être de même… Je me retins en fermant les yeux quelques secondes tentant de calmer mes tremblements.

Après ses paroles je sentis mes jambes flageoler un peu plus, me détachant du plan de travail je me tournai vers lui, sentant sans que je le veuille des larmes couler sur mes joues et dis doucement, la voix enrouée par les sanglots « Je… Je ne pense pas…» Je ne trouvais encore une fois pas les mots, et moi qui voulais devenir avocate, j’aurais été une bien piètre défenseuse des droits des innocents… Peut-être en réalité n’étais-je bonne qu’à faire ce que je faisais en ce moment, et cela n’allait pas en calmant mes sanglots. Oubliant tous mes aprioris sur les hommes je ne pus m’empêcher de m’approcher d’un pas rapide de lui et de me glisser dans ses bras m’accrochant à lui je me mis à sangloter un peu plus bruyamment laissant échapper dans un souffle : « Je ne peux rien faire… Et même si je te le demandais tu ne pourrais surement rien faire non plus… » Puisqu’après tout, c’était la vérité. Ils étaient influents, ils avaient l’argent et moi j’étais faible, que pouvait faire la salope droguée de Caswell face à tous ces hommes ? Rien du tout, et je doutais que l’ancien militaire, aussi courageux et fort qu’il pouvait être n’arrive à faire beaucoup mieux. Je ne voulais pas l’empêtrer dans mes problèmes, il devait en avoir bien assez lui-même sans avoir à se préoccuper des miens.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Ven 2 Aoû - 17:01

S’il y a bien quelque chose contre quoi je reste faible…C’est bien une femme en larme….Surtout si elle est jolie. Oui, c’est le genre de réflexion qui va me faire passer pour un connard intéressé mais ce n’était pas pour autant que je voulais me la faire ! C’est juste que quitte a faire, je préférais avoir une jolie fille entre les bras quand on sait qu’en plus on obtiendra jamais rien de plus qu’un peu de reconnaissance.

J’assume

Mes bras viennent entourer son corps bien frêle en cet instant. Je la garde serrée contre moi parce qu’elle a besoin de soutien, de se sentir protégée. Je dépose un léger baiser sur sa tempe et ma main vient caresser ces cheveux. Si j’y connaissais rien aux femmes, je connaissais deux trois trucs pour les calmer dans les moments de crises. Ca ne marchait pas toujours mais au moins, elles étaient parfois sensibles à l’effort.

’’T’inquiète pas pour le pressing…C’est toujours l’occasion pour moi d’aller changer un peu ma garde robe. J’me suis rendu compte que j’avais pas grand-chose à me mettre ces derniers temps.’’

Je lui caressais le dos tout en la berçant.

‘’Je pourrais peut être rien faire mais ca t’empêchera de tout prendre sur tes épaules. Si tu garde tout pour toi tout ce que tu va réussir c’est a te détruire…C’est l’exemple que tu veux donner a ta fille ? Terminer dans l’alcool et la drogue ? C’est pas simple de s’en sortir mais tu n’y arrivera pas de cette manière. J’peux pas t’obliger a t’ouvrir mais si tu as besoin de parler ou de protection…’’
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Sam 3 Aoû - 16:35

Je n’avais pas réfléchis aux conséquences alors que je m’étais jetée dans ses bras, j’avais l’impression que je n’en avais même pas la force. Tout se bousculait dans ma tête comme si l’écluse de mes souvenirs c’était rompu en même temps qu’il avait parlé de ses souvenirs personnels à lui… Je m’étais juste laissée aller, j’avais laissé tomber mes barrières et avais montré que je n’étais pas si forte que je laissais croire. Si je ne réalisais pas que je venais de me griller, alors que j’avais refusé son aide quelques secondes plus tôt je ne pouvais m’empêcher de me sentir un peu mieux alors qu’il me serrait contre lui. Habituellement, je ne m’autorisais pas ce genre de débordement d’affection, c’était contre tous mes principes de me laisser approcher ainsi, de me laisser déborder par mes émotions en présence de quelqu’un, de quelqu’un que je connaissais à peine en plus et qui n’était pas au courant de ma situation actuelle a part de ce qu’il avait deviné. Et il avait déjà deviné beaucoup, mon problème avec l’alcool était plutôt facile à deviner, surtout lorsque j’avais une gueule de bois carabinée mais, la drogue, je me demandais comment il en était venu à cette conclusion. A travers mes sanglots je pensais à lui demander comment il avait su, mais ça serait lui donner raison et il ne pourrait plus douter qu’il faisait face à une droguée. Alors que si je ne relevais pas, il pourrait penser s’être trompé… Ce qui m’inquiétait un peu plus, c’était que s’il arrivait à deviner ça, il n’aurait pas beaucoup de mal à deviner ce à quoi je passais mes nuits… Et je me répétais surement mais je ne le voulais pas.

Me mordant doucement la lèvre à la suite de ses paroles je me blottis contre lui, enfonçant mon visage dans son cou je tentais de faire taire mes sanglots, voulant me reprendre pour lui répondre je finis par abandonner et dis doucement, défaitiste comme d’habitude : « Je pense que je suis déjà en bonne voie d’autodestruction si tu vois ce que je veux dire… » J’avais toujours été plutôt du genre pessimiste mais depuis quelques temps, depuis la mort de ma mère et surtout depuis que je me sentais au fond du trou, ce trait de ma personnalité n’avait fait qu’exploser… Et il titillait ma corde sensible en me demandant si c’était l’exemple que je souhaitais donner à ma fille, à ma Eva… Bien sûr que je ne voulais pas lui donner cet exemple et bien sûr personne ne voudrait donner un tel exemple à son enfant, j’aurais pu tenter de sortir de tout ça à sa naissance mais au fond, c’était déjà trop tard pour moi… Trop tard pour remonter la pente, je l’avais pensé et je regrettais désormais de ne pas avoir essayé de dire stop et de me reprendre en main. Me détachant doucement de lui je repris d’une voix faible : « Ce que tu ne comprends pas, ce que tu ne sais pas c’est que… Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je ne suis pas tombée dans la… dans l’alcool, pour le plaisir, personne ne tombe aussi bas pour le plaisir… » Faisant une petite pause je bloquai une nouvelle fois mes sanglots et repris aussi vite, aussi doucement pour qu’il soit le seul à entendre : « Au fond, si j’en suis là, c’est aussi pour elle. » Restant quelques dizaines de secondes sans briser à nouveau le silence qui régnait à présent dans la cuisine je finis par relever les yeux vers lui, qui me dépassait d’une bonne dizaine de centimètres malgré mes talons et demandai doucement les yeux encore embrumés par les larmes et la voix enrouée par le chagrin : « Pourquoi veux-tu me protéger ainsi ? »
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Sam 3 Aoû - 17:25

L’autodestruction est un art. On aurait du mal à le croire comme cela et pourtant il n’est pas si simple d’emprisonner un esprit dans une spiral de destruction. Réduire a néant les espoirs les plus ténues, faire oublier tout ce qu’on avait fait jusqu’ici, ne plus voir le monde comme un vaste territoire aux multiples possibilités mais comme une cage de trois mètres sur six. Se rabaisser continuellement jusqu’à négliger son identité, négliger le fait qu’on était avant toute chose des êtres humains.

Et en chacun d’entre nous sommeille cet artiste.

J’avais connu cela à la mort de ma mère et je souhaitais cela à personne. J’avais fais des conneries en pensant que je ne valais pas mieux. Au final c’est la discipline et la rigueur de l’armée qui m’avait sauvé la vie. Des types continuellement sur votre dos pour vous trouver un truc à faire. Qui vous en mette plein la gueule pour pas un rond…L’envie de souffrir et de se faire souffrir est remplacée par l’indignation à un moment ou à un autre. On se souvient qu’on est humain et qu’on mérite un peu de respect. Marrant que ce soit une organisation qui vous empêche de réfléchir et de penser qui vous pousse a l’introspection.

‘‘Ouais…je vois très bien. Mais y a toujours moyen de faire machine arrière quand on veut. C’est une question d’environnement et de personne autour de toi’’

Je lui caressais le dos pour tenter de la calmer, la gardant fermement contre moi pour qu’elle se sente en sécurité. J’avais beau rien comprend aux femmes, je m’y connaissais un peu en psychologie depuis peu. Depuis que j’avais été forcé de revenir ici et de faire face a nouveau à mes vieux démons. Je lui pris le visage entre mes mains

‘‘Ecoute, je me doute qu’il doit y avoir toute une histoire…Mais on va faire un marché toi et moi. Je cherche pas à savoir ce qui te ronge mais en échange, dès que tu as un soucis, dès que tu te sens pas bien, tu viens me voir ou tu m’appelle. Si tu veux me parler d’un truc, tu le ferra quand tu le sentira’’

Je reculais un peu pour la laisser libre de ces mouvements, revenant vers l’évier et ma serviette mouillée. J’épongeais mon jean pour tenter de le récupérer à minima même si je sentais que je serais obligé d’aller faire du shopping les jours prochains.

‘‘Si je veux te protéger, c’est juste parce que des gens l’on fait un jour pour moi il y a très longtemps sans poser de question. C’était leurs taffs de le faire…Mais j’me suis fais une promesse un jour. Celle de protéger ceux qui me le demanderait. Toi c’est pas pareil, je sais que tu ne voudra jamais le faire…Tu me ressemble assez sur le sujet.’’

Je haussais les épaules.

‘‘Et puis quel prince pas trop charmant refuserait d’aller secourir une jolie damoiselle en détresse ? C’est toujours plus simple que de se taper un dragon et des voyages interminables.’’
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Sam 3 Aoû - 20:17

Il avait raison, et c’était ça le pire, je savais qu’il avait raison et je me confortais dans mes idées en me considérant comme un cas désespéré, me disant que malgré mes efforts, je n’arriverais a rien à part à faire ce que je faisais actuellement alors il valait mieux que je ménage mes forces à faire ce qui pourrait faire entrer de l’argent dans mon foyer, c’était la chose qui m’importait, de l’argent, pour elle, pour qu’elle puisse avoir un avenir meilleur que le mien, qu’elle ne doivent pas supporter les problèmes d’argent ou les réflexions des nombreux fils de riches de Caswell, d’être considérée comme une fille de bas étages… Soupirant doucement je continuais à me laisser bercer par ses bras puissants et à calmer mes larmes, il le fallait. « Alors l’environnement ne doit pas être particulièrement bon pour tout cela… Et concernant les personnes que je fréquente… Ils sont peu à être au courant de ma… situation et ceux qui le sont, ne cherchent pas vraiment à m’aider, ils y perdraient trop… pauvres hommes. » Me mordant la lèvre comprenant que je commençais à laisser trainer trop d’indices je me tu et laissai à nouveau planer le silence. Trent était loin d’être idiot, il comprendrait vraiment rapidement ce que je cachais même si je ne voulais pas le dire.  Sa proposition me toucha beaucoup, et lorsqu’il prit mon visage entre ses mains je ne pus m’empêcher d’apprécier ce contact et finit par capituler, il devait être plus doué que moi pour convaincre les gens et je finis par dire doucement : « D’accord… Mais ne te plains pas si je t’appelle en pleine nuit en pleurs visiblement pas dans mon état normal… C’est toi qui l’auras cherché. » Parce que c’était le genre de chose que j’étais totalement capable de faire, dans un moment de désespoir, après avoir quitté un client un peu trop entreprenant, un peu trop violent, défoncée et triste avec pour seul accessoire mon téléphone, j’aurais eus bien vite l’envie de composer son numéro ou de tituber jusqu’à chez lui avant de m’écrouler au pas de sa porte épuisée et dans un autre monde à cause de ma dernière ligne de coke. Il ne saurait pas quel fardeau il aurait récupéré… Un cas désespéré, c’était connu.

Me reculant, m’asseyant sur le comptoir, l’observant pendant quelques secondes alors qu’il épongeait son pantalon je basculai ma tête contre la fenêtre et fis glisser quelques ustensiles de cuisine entre mes doigts avant de reprendre : « C’est juste que j’ai l’habitude de me débrouiller seule… »  Et ce, depuis toujours… Même lorsque ma mère était encore là je tentais de me considérer comme adulte, comme une personne qui pouvait vivre seule, sans attaches alors que c’était absolument faux, et je ne le comprenais malheureusement que maintenant : « Tu serais surpris de voir à quel point cela peut ne pas être simple justement… » Lâchai-je finalement en descendant de mon perchoir pour me rapprocher de lui tout en m’appuyant sur le plan de travail pour ne pas trop trembler: « Laisse-moi faire, tu tapotes toujours au même endroit… » Ce n’était pas une quelconque technique de drague foireuse mais juste l’envie d’être gentille. Mais, alors que mon meilleur ami entra dans la pièce il ne vit pas ça de la même manière : « Qu’est-ce que tu… » Surprise je me redressai rapidement et reposai sa serviette dans ses mains. S’approchant de nous il me jeta un regard noir auquel je ne pus que baisser les yeux, je ne voulais pas m’énerver contre lui, mais il pensait que je n’hésiterai pas à sauter sur le premier homme venu et cela me faisait assez mal : « Eh bien, tu ne perds pas ton temps Lula, alors que je suis dans la pièce d’à côté en plus, vraiment,  tu es impossible ! » Soupirant je me mordis la lèvre et m’écartai de Trent agacée par la tournure que prenaient les évènements.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Sam 3 Aoû - 20:58

En fait…Je me posais aussi la question…Pourquoi est ce que je faisais tout cela pour une femme visiblement détruite par l’alcool, la drogue et la violence ? Même pour aider une vieille amie, ce n’était pas quelque chose de facile. Cela demandait du temps et de l’investissement quand je cherchais juste à découvrir la vérité. Le jour je travaillais, la nuit je me livrais à ma paranoïa en recherchant la vérité…Je dormais quelques heures…Je vivais au lance pierre…J’étais loin d’être stable…Loin d’être un modèle à suivre.

Et je voulais l’aider ?

Il faudrait d’abord que je mette un peu d’ordre dans la mienne. Et puis, je n’avais pas encore décidé de ce que j’allais faire après avoir étanché ma soif de vengeance. Rester a Caswell ? Partir ? Je réalisais juste que l’armée c’était fini pour moi et qu’il n’y avait plus moyen de faire machine arrière. Qu’est ce que j’allais faire des prochaines années ? Je savais même pas ce que j’allais faire demain.

‘‘J’ai pas grand-chose à perdre…J’ai plus de famille…Si je venais a perdre mon travail, j’ai toujours mon bateau. Quand au reste, j’ai plus vraiment d’ami ici. Juste des connaissances a qui je rappel vaguement quelque chose’’

Cela aurait pu être triste mais à vrai dire, je m’en foutais complètement. Tout ce que je voulais c’était trouver les réponses aux questions qui me hantaient depuis la mort de ma mère. Comprendre pourquoi j’étais comme ça. Si j’étais vraiment dingue ou si j’étais innocent pour une fois.

‘‘Si tu m’appelle au milieu de la nuit, je préfèrerais plutôt que tu vienne me voir chez moi. Avec deux cafés et des beignets quitte à faire. Ca peut toujours m’aider a être de bonne humeur ’’

Je pouffais de rire

‘‘En fait pour que je sois de bonne humeur, il faudrait rajouter une tenue légère et des chandelles. Mais ca serait peut être exagéré ’’

Je ne pouvais m’empêcher de glousser de rire. Même si j’avais dis cela sur le ton de la plaisanterie, l’espace d’une seconde je la vis…Lula entrain de se déshabiller dans mon salon…Je secouais la tête vigoureusement pour ne pas y penser. J’étais pas là pour cela. Je soupirais en me disant que j’étais un peu trop stressé ces derniers temps et que je n’avais toujours pas pensé a prendre un peu de repos…Enfin plutôt un instant de détente en agréable compagnie.

‘‘Ah ? Euh…Merci ’’

Dans mes pensées, je ne réalisais pas qu’elle s’approchait pour se mettre a genoux. Difficile sur le moment de réprimer l’excitation grandissante qui me prenait. J’espérais qu’elle n’y ferait pas attention mais je devais avouer que mon cœur battait beaucoup trop rapidement. J’étais submergé par des sentiments contraires, prit entre mon sens du devoir, la luxure, la frustration et la colère. Colère envers moi-même d’être aussi faible et de penser a profiter d’une femme dans le besoin

Ah ah ah


Je relevais la tête pour regarder par la fenêtre. J’étais certain d’avoir entendu le rire d’une petite fille. C’était Eva ? Est-ce que je m’étais trompé ? Je sentis une vague de honte monter en moi, m’obligeant a me reprendre. Assez rapidement pour voir que le meilleur ami n’était pas seulement un meilleur ami. Il se comportait tel un parfait connard…Et comme si Lula lui appartenait.

Sans réfléchir, je me posais entre elle et lui, levant une main pour l’arrêter dans son délire.

‘‘Hey, elle m’a juste aidée pour la tâche que j’avais…Maintenant on se calme ou alors c’est moi qui vais m’y coller et ca va pas de déranger plus que ça de t’envoyer en arrêt maladie quelques jours. T’a si peu de confiance en elle ? Tu devrais lui faire des excuses pour commencer. T’as vraiment de la merde dans les yeux pour pas voir qu’elle est incapable de faire quoique ce soit là maintenant’’

On appelle ça un pur shoot d’adrénaline. Le genre de sensation qui me manquait depuis quelques mois…Ma vrai drogue.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Lun 5 Aoû - 13:09

« Si j’ai de quoi en apporter je le ferai, si je suis en état… » Dis-je doucement en faisant un léger sourire, je savais bien que si j’étais assez mal pour répondre à son invitation, je n’aurais pas la force d’apporter du café et des beignets… Je pouvais toujours lui dire que je pouvais le faire, cela ne m’engageait à rien. Mais, concernant la suite de ses paroles je fis la moue, s’il savait dans quelle tenue je risquais d’arriver chez lui… Cela serait peut être encore plus léger que ce qu’il pensait. Et il regretterait surement de m’avoir proposé de venir lui rendre visite. Agenouillée devant lui à éponger son pantalon j'eus soudain l'impression de me retrouver fasse a un client, et de voir la bosse qui déformait son pantalon tâché n'arrangea en rien les choses. Pourtant pour une fois je ne cédais pas à la panique, je ne montrais pas la faiblesse qui prenait possession de moi des que je me trouvais face à un homme je restai calme. Bientôt, en plus, autre chose attira mon attention, dehors, le rire d'un enfant me fit immédiatement penser à Eva... Alors que je savais très bien qu’elle ne pouvait pas être là, elle était chez sa nourrice bien au chaud comme je l’avais exigé, mais j'étais pourtant presque persuadée que c'était ses belles boucles brunes que je venais de voir passer devant la fenêtre. C'était bizarre, peut être étais je entrain de devenir folle... Je donnerai au moins raison à ma chère belle-mère et à mon meilleur ami... J’avais du mal à comprendre s’ils voulaient me faire disparaitre ou m’aider, ils avaient des réactions tellement étranges à chaque fois que je parlais de ma fille que je me posais souvent la question… Bien que je n’aimais pas ma belle-mère cela n’avait jamais été une femme bien méchante, elle savait à quel point mon père m’aimait alors je ne pense pas qu’elle veuille me faire disparaitre, et mon meilleur ami non plus… Mais c’était bizarre, très bizarre, je ne savais pas si c’était en raison d’Eva ou autre chose… « Je t’aurais prévenu… » Finis-je simplement en haussant les épaules.

C’est bien sur ce moment-là que choisis mon cher ami pour faire son entrée dans la cuisine, pour me faire regretter mon geste, bien sûr… Cela ne m’étonnait pas, c’était un garçon totalement adorable mais qui avait la furieuse impression que je lui appartenais jour et nuit et que je n’avais pas le droit de m’approcher d’autres hommes. S’il savait ce que je faisais de mes nuits il ne serait pas aussi énervé de me voir tapoter le pantalon de Trent… Ou alors il ne me laisserait même plus sortir de chez moi pour faire mon… travail. Ce qui me surpris un peu plus à l’inverse, c’était la réaction de Trent, je n’aurais pas pensé qu’il prenne ma défense ainsi et qu’il se dresse face à mon ami... Cela me fit un peu chaud au cœur et j’oubliai sa réaction précédente. Posant une main sur l'épaule de Trent qui se voulait apaisante, je m'avançais entre les deux hommes et m'exprimai avec le plus d'assurance que je pouvais avoir vu la situation : « Laisse tomber ce n'est pas grave, j'ai l'habitude ne t'inquiète pas! » Et, passant une main dans mes cheveux me retournai vers le jeune homme, jaloux : « Quand à toi, j'estime que tu auras le droit de me dire ce que je peux et doit faire avec d'autres hommes le jour où tu décideras d'officialiser tout ça, en attendant je préfèrerai que tu t'occupes de ce qui te regarde ! » Finis-je bloquant les sanglots qui me montaient à la gorge. Je devais être forte et ne pas montrer que ses réflexions m’entamaient plus qu’elles ne devaient. Qu'il me fasse une crise je m'en foutais, le fait qu'il puisse croire que j'avais si peu de respect pour lui, même si nous nous en mettions plein la gueule à longueur de journée m'énervait au plus haut point... Le pire étant qu'il expose ses problèmes ainsi devant Trent, de quoi allais je avoir l'air moi? Déjà que j'avais l'étiquette alcoolique et droguée collée sur le front...
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Lun 5 Aoû - 16:05

C'était toujours désagréable de venir s’occuper des affaires des autres…Surtout des affaires amoureuses qui tournaient au vinaigre. Quand on regarde cela de loin, on se dit toujours avec philosophie que si on en arrive là c’est que bien souvent les tords sont partagés. Après tout, s’il y avait bien quelque chose dont j’étais certain c’est qu’on possédait tous des désirs obscurs. Des murmures inassouvis hantant notre subconscient nous poussant parfois à faire des choses étranges dont on ne se savait pas capable. Bien souvent au prix d’une vie confortable.

Métier, argent, famille…

Tout cela perd de sa substance avec le temps. Comme si cela n’avait plus de sens. Pire encore, cela détruisait votre vie, votre esprit…Vous n’êtes plus vous-même. Vous devenez ce que les autres attendent de vous : Père bienveillant, Mari Aimant, le Collègue Parfait sur qui on peut toujours compter, le Voisin Charmant qui rendra la vie dans le quartier plus agréable. Pas étonnant que les gens finissent par fondre une durite sous le stress engendré.

On pourrait croire que cela sens le cynisme. Les divorces en pagaille. En vérité, je pense au contraire que le grand amour existe mais qu’il n’est pas donné a tout le monde. La plupart des couples sont malheureux et se font vivre un enfer permanant en oubliant qu’il existe d’autres solutions…A moins qu’ils aient peur de finir probablement tout seul. La solitude était le plus grand maux de ce siècle et j’en avais certainement une autre preuve sous mes yeux.

‘‘Si justement c’est grave…T’est pas en état de t’en prendre plein la gueule gratuitement. Surtout si c’est juste pour subir la frustration d’un connard pareil’’

Je lui posais la main sur l’épaule avant de me rendre compte qu’elle tremblait un peu.

‘‘Surtout s’il sait pas ce qu’il veut ’’

Ok elle avait des problèmes mais c’est justement pour cela qu’elle avait besoin de stabilité pour se reconstruire. Soit il l’aidait jusqu’au bout et il l’aimait, soit il fermait sa gueule modèle géant et probablement avec mon aide. Incluant une paire de chaussure modèle 44 fillette. En la sentant au bord des larmes, je me sentais légèrement coincé par mes choix d’action…

‘‘Ok, on va arrêter les frais ’’

Je l’attrapais par la main, bousculant l’autre abruti de l’épaule avant de fuir la cuisine…Mais aussi la salle a manger…Et même la maison. J’arrivais à grand pas près de ma voiture.

‘‘T’a pas besoin de ça aujourd’hui. Je t’offre le café en bord de mer et deux heures de tranquillité. S’il te dit quoique ce soit, tu m’appelle et on verra s’il se la joue encore devant moi. ’’

Je tirais une cigarette de mon paquet, commençant sérieusement à sentir mon niveau de patience frôler les pâquerettes. Si j’avais une envie, c’était bien de revenir à l’intérieur et briser une chaise sur sa sale tronche de fouine.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Lun 5 Aoû - 18:52

Cela faisait bien longtemps que personne n’avait ainsi pris ma défense… Même mon meilleur ami, n’était jamais là quand il le fallait… Je devais avouer que je faisais aussi en sorte qu’il ne soit pas là, je l’évitais quand je n’allais pas bien parce qu’il lisait en moi comme dans un livre ouvert et que je ne le voulais pas… Pas en ce moment. Je n’étais plus vraiment habituée… Parfois je me disais que la routine avait eu raison de notre semblant de couple. Il était loin le temps où il arrivait tel un chevalier servent malgré son mal de crâne carabiné le dimanche midi pour me faire sortir un peu… Mais je me souvenais tout de même de tout ça et je dis doucement : « Ne sois pas si dur avec lui… Il est déjà bien patient avec moi, je ne veux pas qu’il laisse tout tomber je ne pourrais pas m’en sortir sans lui... » Soupirant fatiguée de tout cela je le laissais poser sa main sur mon épaule me sentant un peu apaisée par ce contact. Je venais d’avouer que j’en étais dépendante, à un point que je n’avais jamais vraiment su évaluer… Je relevai les yeux vers les deux hommes qui se fusillaient mutuellement du regard, mais, mon meilleur ami, ne faisait pas que lancer un regard noir à Trent, mais aussi à moi. Me sentant vexée je repris un peu plus d’assurance et lui dis une pointe d’arrogance dans la voix que je n’utilisais que lorsque j’étais piquée dans mon égo mais aussi un peu de tristesse puisque je n’aimais pas m’énerver contre, avec, lui : « Ne me regarde pas comme ça toi… Je ne suis pas une salope prête à te tromper à n’importe quelle occasion. » Je ne suis pas une salope… Je faillis tourner de l’œil et m’accrochai un peu plus à Trent mais aussi au plan de travail pour tenir debout sur mes talons, je n’aimais pas mentir et celui-là était pire que tous les autres, je me sentais mal de lui mentir les yeux dans les yeux, tout en lui reprochant de me prendre pour une fille facile… L’hôpital qui se fout de la charité… Si un jour il était au courant de mes agissements, il n’arriverait surement pas à conserver son calme, du moins autant qu’aujourd’hui. Parce que oui, il était plutôt calme pour la situation, peut-être qu’être fasse à Trent dont il connaissait l’histoire, lui permettait de se calmer… Mais, dès que je reviendrai chez moi je ne me doutais pas qu’il m’attendrait déjà, bien remonté par rapport à la situation que je lui avais fait vivre… Il n’irait pas jusqu’aux coups, bien sûr que non, il ne l’avait jamais fait et je doute qu’il commence aujourd’hui puisque je ne resterai pas plus que quelques secondes avec un homme qui me bat… Il le savait bien, la violence faite aux femmes me donnait des envies de meurtres mais il ne savait pas que, malgré moi je la vivais.

Sans que je n’aie le temps de dire autre chose, Trent m’entraina, la main dans la sienne hors de la maison sous les questions de chacun de ses occupants. « Qu’est-ce que tu fais Lula ? Hey ?! » Je n’allais pas répondre, je ne savais même pas où est ce qu’il m’entrainait, tout ce que je savais c’est que je n’avais pas l’intention de résister et de sentir l’air frai sur mon visage ne me fit que me faire me sentir immédiatement mieux. Le suivant du mieux que je le pouvais, ayant du mal à suivre le rythme de ses grands pas qui m’obligeait à trottiner avant de m’arrêter près de sa voiture. Il avait l’air plutôt énervé et j’étais désolée de lui avoir fait subir nos disputes conjugales… Qui ne l’étaient même pas sachant que nous n’étions même pas un couple… Sa proposition, bien qu’alléchante me laissa dans une profonde hésitation et, baissant les yeux vers mes chaussures, comme je le faisais bien souvent je dis d’une voix faible : « Je ferais peut être mieux de repartir le voir… Je ne voudrais pas qu’il fasse une connerie, ou qu’il s’énerve contre mon père et ma belle-mère alors qu’ils n’ont rien fait pour ça. » Relevant soudain la tête, je finis avec un peu plus de conviction, rien qu’un peu, dans la voix : « C’est le père de ma fille, je ne peux pas me le mettre à dos… » Mais après tout, qu’est-ce que cela changerait ? Il s’énerverait contre moi au lieu de s’énerver contre eux ? C’était fort probable et je pouvais parier que cela finirait en pleur. Je pouvais peut être arrêter de penser aux autres pour une fois… « Je ne sais plus quoi faire… » Finis-je simplement en me tordant les doigts, mal à l’aise.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mar 6 Aoû - 15:28

Le jour où j’avais caressé l’étrange idée de revenir ici, toute une liste de possible reconversion m’était venue à l’esprit. Au sommet de la pyramide, il y avait bien sûr policier. La possibilité d’être plombier et électricien m’aurait donnée la possibilité de fureter partout et de poser des micros. Me reconvertir dans la religion était l’idée la plus absurde qui avait traversée mes pensées. J’étais bien trop attaché au sexe ainsi qu’a la violence pour faire un bon pasteur bien que j’étais certain d’avoir une somme non négligeable d’information venant des vieilles bigotes.

Finalement, je me rendais compte qu’au lieu de journaliste j’aurais du être un auteur. Mon premier livre serait sans conteste Comment passer pour un abruti en un temps record. J’étais vraiment imbattable à ce jeu là. Le triste constat de ce que je voyais.

En enfilant mon armure de chevalier blanc j’avais écartée la possibilité que la princesse ne veuille pas être sauvée. Elle tenait visiblement à son gardien. C’était souvent le cas dans des affaires pareilles, j’aurais du le savoir et m’en douter. Cependant, de le voir de mes propres yeux venait de m’en jeter un coup au moral. Sentiment d’impuissance, de frustration…De mettre mit a dos pas mal de monde pour rien.

Le point positif, c’est que je venais d’apprendre qu’on pouvait passer pour un gland même en armure et un sourire bright. On pouvait dire que cela n’avait pas de prix et que je venais d’apprendre à mes frais l’une des grandes leçons que la vie nous offrait. D’un autre côté, j’avais aussi la fâcheuse habitude d’être détesté des gens très facilement et ce n’était pas comme si je comptais revenir tout les dimanches. 

‘‘ De toute manière il doit encore être fébrile. Tout ce que tu gagneras en rentrant maintenant, c’est une scène de ménage avec un publique en prime. Peut être même pire s’il commence a s’alcooliser sous le coup de la frustration qu’il doit ressentir en ce moment ’’

C’est ce que font les hommes ordinaires quand ils sont bousculés dans leurs quotidiens. Soit on prend de face soit on baisse la tête. On avait beau dire ce qu’on voulait, il ne faisait pas partit des courageux prenant de face les problèmes. C’était plus facile de s’en prendre a une femme que mettre le nez dans ses problèmes.

Néanmoins, je fus pris de court quand elle m’apprit qu’il était le père de son enfant. Je m’étais planté sur toute la ligne depuis le début. C’était peut être vieux jeu mais je m’attendais pas à ce que ce mec ne l’ai toujours pas demandé en mariage après lui avoir fait un enfant. Cela me donnait l’impression qu’il jouait avec elle…D’être plus lâche que tout ce que je pensais.

En y regardant, il pouvait très bien la battre comme je le pensais de prime abord. Et puis cela ne changeait rien au fait qu’elle était malheureuse au point d’essayer régulièrement de se foutre en l’air par tout les moyens. Et cela ne pouvait pas simplement se limiter à une demande qui ne venait pas. C’était beaucoup trop profond, trop douloureux pour qu’il ne s’agisse que de cela.

‘‘ Tu devrais déjà arrêter de te faire du mal…Et si tu veux que je te dise quoi faire…Prendre du repos serait déjà pas mal. Monter dans la voiture, je te dépose chez toi. Tu prend une douche chaude et après tu va dormir quelques heures. ’’

Je fumais en silence, évitant de la regarder en me demandant à quoi j’avais pu penser pour la prendre par la main et la faire sortir de cet enfer. J’avais peut être envenimé les choses sans le vouloir mais dans le même temps j’avais du mal à regretter.

‘‘ Mais tu devrais commencer par éviter de te tordre les doigts. Prend le temps de respirer quelques minutes et décide de ce que tu veux vraiment là tout de suite maintenant. Je t’emmènerais où tu le souhaite. Je ferrais d’ailleurs tout ce que tu veux pour cette fois. ’’


Je tendis ma main pour la lui passer doucement dans les cheveux...Elle me rappellait moi quelque part. Quelques années de moins et des problèmes à ne plus savoir quoi en faire.
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MessageSujet: Re: Trent ♱ « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »   Mar 6 Aoû - 21:13

Lorsqu’il me dit qu’il ne valait peut être mieux pas que je rentre maintenant, qu’il restait d’être énervé je ne pus m’empêcher qu’acquiescer. Il n’était jamais violent mais il pouvait être blessant et c’était surtout que moi, je détestais le conflit et tout ce qui pouvait s’en approcher. Je finissais toujours par me mettre à pleurer ce qui l’énervait d’autant plus. Pourtant je ne fis que répondre : « Il n’oserait pas me faire de mal… Même en étant amoché par l’alcool, mais tu dois avoir raison je pense qu’il vaut peut-être mieux le laisser tranquille, qu’il finisse de s’énerver avec ma belle-mère qui se fera une joie de me rabaisser auprès de lui… » Encore une fois, cette fausse blonde revenait sur le tapis. Jamais je ne m’habituerai à sa présence, à sa petite vie trop tranquille, à sa garde-robe trop soignée et à son regard dédaigneux et toute sa personne.  Je l’écoutais attentivement, je me calmai doucement, sa voix me permettait de réfléchir à la situation, les mots qu’il disait étaient tellement vrais, il avait raison sur tout la ligne et moi je n’arriverai pourtant pas à lâcher prise et à suivre ses conseils pourtant bien judicieux. Alors qu’il  passait une main dans mes cheveux je fis un léger sourire et sortis aussi une cigarette de mon sac, retrouvant comme par magie mon briquet au fond d’une poche et l’allumai doucement, la nicotine me faisant du bien, me permettant de mettre un peu d’ordre dans mes idées et, après quelques dizaines de secondes de silence pendant lesquelles nous fumions tous deux nos cigarettes respectives sans même nous regarder, je réussis à articuler quelques mots : « Oui d’accord... Dans ce cas… » Mais, je ne savais pas ce que je voulais, j’étais totalement incapable d’avoir une réflexion correcte mais je me contentais de dire doucement, écrasant mon mégot sous mes chaussures : « Je voudrais que tu me ramènes chez moi… Ce n’est pas loin d’ici,  je ne te dérangerai pas longtemps. » Je n’allais pas abuser de sa gentillesse tout de même, parce que, la seule chose dont j’avais réellement envie c’était d’aller acheter ma dose auprès de mon dealeur pour pouvoir replonger dans un monde plus doux et moins mauvais. Mais, c’était la fin du mois et je n’avais presque pas de quoi me payer ce dont j’avais besoin et je doutais que Trent, même s’il avait dit qu’il me laisserait tout passer, veuille réellement me voir me défoncer. M’enfin, au moins, cette journée allait être finie…
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